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Innocent III - Saint Bonaventure - Blanche De Castille - Louis VIII le Lion - Louis IX - Thomas D'Aquin - Philippe III Le Hardi - Philippe IV Le Bel - Jaime 1er - Frédéric II de Hohenstaufen - Jean de Joinville - Gengis Khan -
Innocent III Lotario di Segni (1160-1216) Pape de 1198 à 1216.
Issu d'une famille noble, il fit ses études à Bologne puis à Paris, et acquit de solides connaissances en théologie et en droit canon. Cardinal diacre en 1190, il fut élu pape en 1198 à la mort de Célestin III. Ayant résolument adopté les concepts théocratiques de Grégoire VII, il les mit sans attendre en application. Il imposa sa suzeraineté à la veuve de l'empereur Henri VI et s'attribua la tutelle du futur Frédéric II de Hohenstaufen, cherchant par-là à éradiquer les influences allemandes en Italie. Il soutint le guelfe Othon de Brunswick contre le gibelin Philippe de Souabe dans le lutte pour le trône impérial. Il couronna lui-même Othon en 1208. Ce dernier n'en poursuivit pas moins la politique de sons prédécesseur hostile à la domination du Saint-Siège. Innocent III l'excommunia en 1210 et lui imposa Frédéric II. Il soutint Philippe Auguste contre lui. La victoire de Bouvines provoqua l'élimination d'Othon et le pape put se croire l'arbitre de l'Empire. Il sévit pareillement contre Jean sans Terre coupable d'avoir confisqué les biens de la cathédrale de Canterbury. Excommunié, Jean sans Terre fit sa soumission (pour éviter la conquête de son royaume par les français), et se déclara vassal du pape. Il exerça de même une influence politique certaine dans les Balkans, à Chypre et en Arménie. Il fut moins heureux en France; où il se heurta à la volonté de Philippe Auguste, qu'il était d'ailleurs obligé de ménager. La quatrième croisade en 1204 le déçut cruellement ; il ne pouvait admettre que les Vénitiens l'eussent détourné de son but ; il crut néanmoins que la chute de l'Empire byzantin mettrait fin au schisme grec mais ne parvint pas à ses fins. Il fut aussi un lutteur implacable contre les hérésies, surtout contre les cathares. Après avoir montré une relative patience, il prit prétexte de l'assassinat de son légat Pierre de Castelnau en 1208 pour déchaîner la croisade contre les Albigeois. Le zèle des croisés, les excès qu'ils perpétrèrent, dépassèrent ses intentions. Le concile de Latran de 1215 marqua l'apogée de son pontificat. Innocent III mourut l'année suivante, laissant, une oeuvre inachevée sans se douter que ses entreprises politiques ne lui survivront guère, et un avenir lourd de menaces. La guerre contre les Albigeois n'avait pas eu raison du catharisme. Cependant Innocent III avait compris que les ordres mendiants, Dominicains et Franciscains, seraient plus efficaces que les guerriers, et il avait soutenu leur action. Il ne comprit pas en revanche que l'éveil progressif, et déjà sensible, des nationalités battait en brèche la suprématie du Saint-siège, qui avait été la ligne de force de son Pontificat. Avec lui s'achève la phase la plus glorieuse de la chrétienté médiévale.
Saint BONAVENTURE, Giovanni Fidanza, (1221-1274)
C’est à Paris qu’il achève ses études vers 1236. Disciple d'Alexandre à Paris en 1243, il entre ensuite dans l’ordre des franciscains chez lesquels il enseigne la théologie de 1253 à 1257. Ministre général et presque second fondateur de l'Ordre des frères mineurs en 1257. En 1271 saint Bonaventure pour mettre fin à une vacance de trois ans du Saint-siège après le décès de Clément IV, mort en 1268 institue le conclave* . En 1273, il est fait cardinal. Il meurt au concile de Lyon, 15 septembre 1274.Ses travaux théologiques lui valent d’être canonisé dès 1482 et compté au nombre des docteurs de l’Église en 1587. Sa vision de l'Église est dominée par sa théologie du Christ, Verbe incarné et second Adam, de la plénitude duquel les hommes reçoivent la grâce. Non qu'il la cause, en son humanité, autrement que par le mérite : de même que les sacrements n'en sont pas cause instrumentale, sinon de façon dispositive intentionnelle. Depuis le ciel, le Christ continue d'opérer au-dedans, mais il a institué des structures de sacrements et de ministères par lesquels, en même temps que par les charismes qu'il dispense, il construit aussi extérieurement l'Église. Bonaventure a parfois des formules identifiant l'Église et le corps mystique. Il parle cependant différemment de l'une et de l'autre quand il est question de leurs membres. les deux expressions désignent la même réalité, mais pas sous le même aspect. Les pécheurs sont intra ecclesiam, parfois même ils sont appelés membres de l'Église, parfois on dénie aux pécheurs cette qualité. En tout cas on leur refuse la qualité de membres du corps mystique, ou bien on ajoute « membra putrida, mortua ». Il parle du Saint Esprit comme opérant cette communion; il ne rappelle pas « âme de l'Église », mais il lui attribue des effets semblables à ceux que l'âme opère dans le corps. Il a été, au 13ème siècle, le principal théoricien de la monarchie papale. Il cite souvent Saint Bernard, mais il lit également Cyprien en ce sens. Il tient les thèses grégoriennes dans un climat dionysien qui leur donne une allure de métaphysique sacrée. Cependant, comme Thomas d'Aquin, il est très discret sur le chapitre d'éventuelles extensions politiques de la monarchie papale. L'Église n'existe en sa vie de grâce que par le Christ ; elle n'existe en sa vie canonique ou sociale qu'à partir du pape, son vicaire. On peut dire que sa vie externe se déduit du pape, de telle sorte que s'il demeurait seul et que tout fût détruit dans l'Église, il pourrait tout refaire, et si ipse solus esset, et omnia essent destructa in ecclesia, reparare posset universa. Ce solus est significatif. Bonaventure reprend l'exégèse d'Innocent III : Pierre a reçu seul et séparément des autres apôtres la plénitude du pouvoir : les autres ne font qu'y participer. L'autorité suprême du pape est évidemment juridictionnelle ; elle est aussi doctrinale. Bonaventure n'a pas le mot « pape infaillible », mais il affirme la chose : « Au temps de la vérité et de la révélation de la grâce, on sait que la plénitude du pouvoir a été donnée au Vicaire du Christ : dès lors ce serait un mal absolument intolérable d'affirmer quelque chose de contraire à ce qu'il aurait déterminé en matière de foi et de moeurs, en approuvant ce qu'il réprouve. » Cette inerrance du pape s'accorde évidemment avec celle de Funiversalis ecclesia que Bonaventure tient avec tout le Moyen Age, sans en préciser davantage les conditions. Le joachimisme, les séquelles qu'il avait parmi les franciscains, ont incité Bonaventure à développer sa vision de l'Église dans une ligne historique : il a une théologie du devenir historique de l'Église. Une « théologie » au sens fort du mot : non seulement il existe un progrès historique dans la connaissance de Dieu, croissance vers la réalité eschatologique dans l'histoire, mais l'histoire totale se prête à des divisions ternaires*qui répondent aux Personnes de la Trinité divine et, d'une certaine façon, les manifestent. Ainsi l'exemplarisme divin et céleste, qui a tant freiné les mouvements
BLANCHE DE CASTILLE (1188-26 novembre 1252) Reine de France, régente
Née à Palencia, en Castille, elle est la fille d'Alphonse VIII de Castille et d'Aliénor d'Angleterre, elle-même descendante d'Henri II Plantagenêt et d'Aliénor d'Aquitaine. Le 23 mai 1200, pour sceller le traité du Goulet qui a été signé la veille, Louis, fils de Philippe Auguste, l’épouse. Elle apporte Evreux en dot. Elle donne au roi plus de dix enfants. Le 6 août 1223, elle est sacrée et couronnée à Reims avec son époux, le nouveau roi, Louis VIII. Après la mort subite de son époux, le 3 novembre1226, elle est nommée régente. Elle s’empresse de faire sacrer à Reims son fils, âgé de douze ans. La cérémonie, qui a lieu le 29 novembre 1226, ne réunit pas tous les grands du royaume et laisse présager des luttes à venir. Une tâche difficile pour la reine, la rébellion couve. Les grands seigneurs, vassaux du roi de France, sont certains qu’une femme ne peut leur tenir tête et qu’ils vont pouvoir reprendre tout ce qu’ils ont dû céder à la couronne. Jouant le rôle de gardienne du royaume avec énergie et austérité, elle s'appuie pour régenter le royaume sur les administrateurs de Philippe II Auguste et sur le légat du Pape, Romano Frangipani, cardinal de Saint-Ange, qui deviendra son plus proche conseiller. Blanche de Castille, qui n’a jamais porté officiellement le titre de régente, est de taille à affronter toutes les difficultés. Par la diplomatie, par les armes ou la séduction, elle exerce fermement l’essentiel du pouvoir jusqu’en 1242. Dès le début de sa régence elle doit faire face à l'hostilité des grands féodaux soutenue par Pierre Mauclerc, Duc de Bretagne, et Henri III d'Angleterre qui s'opposent à un gouvernement féminin. Elle parvient à remporter une première victoire qui se conclut par la signature du traité de Vendôme, puis elle affrontera de nouveau en 1228-1229 une deuxième coalition dont une conduite par le propre oncle du roi, le comte de Boulogne. Elle conclut avec le comte de Toulouse le traité de Paris en 1229, très avantageux pour la couronne. Elle mate vigoureusement une révolte des étudiants parisiens de 1229-1231. Elle réprime également la révolte des albigeois en Languedoc, et en 1229, le traité de Paris annexe au domaine royal plusieurs territoires du Languedoc et décide du mariage du frère du roi, Alphonse de Poitiers, avec Jeanne, la fille du comte de Toulouse, Raymond VII. Elle veille personnellement à l’éducation poussée de Louis IX pour le préparer à son métier de roi. Quand il prendra effectivement les affaires de l’État, la première régence féminine lui laissera une couronne fortifiée et un royaume agrandi. Abandonnant progressivement le pouvoir à son fils, qui ne gouvernera effectivement qu'à partir de 1242. Mais elle reprendra le royaume que lui confiera son fils lors de son départ en Terre Sainte pour la septième Croisade en 1248. Pendant l’absence du roi, elle doit affronter sans cesse la menace que fait peser sur le royaume le roi d’Angleterre, et doit affronter encore les conséquences de la fièvre mystique que provoque un personnage que l’on appelle le Maître de Hongrie. Ses exhortations lancent, sur les routes du royaume, la croisade dite des Pastoureaux, horde de près de 100 000 hommes, gueux et ribauds, qui pillent, violent et massacrent sur leur passage. Le 26 novembre 1252, la régente s'éteint, alors que le roi n’a toujours pas quitté la Terre sainte ce qui provoqua son retour, épuisée par les épreuves successives. La mort de son fils Robert d’Artois, la défaite de Mansourah et la captivité de Louis IX. C’est à l’abbaye de Maubuisson qu’elle a fondée, qu’elle sera enterrée.
LOUIS VIII le Lion (5 septembre 1187-8 novembre 1226) Roi de France (1223-1226)
Fils de Philippe II Auguste et d’Isabelle de Hainaut, Louis VIII a déjà trente-six ans quand il se fait sacrer roi à Reims avec sa femme Blanche de Castille, La cérémonie est aussi fastueuse que l’accueil des époux à Paris, où l’on festoie pendant une semaine. Fort différent de son père, Louis est un être chétif, froid, mais un père prolifique et un guerrier intrépide. Il doit d’ailleurs son surnom à la bravoure - et la cruauté - dont il a fait preuve à la guerre, soit en secondant Philippe Auguste, soit en participant à la croisade contre les Albigeois en 1219. Élu roi d'Angleterre en 1216 par les barons anglais, il sera excommunié pour cette entreprise. Le 6 août 1223 il est sacré roi de France. Son bref règne de trois ans est marqué par deux expéditions qui vont consolider le royaume et affermir la monarchie. Contre le jeune roi d’Angleterre Henri III, qui prétend à la restitution des biens des Plantagenêt en France, Louis VIII riposte immédiatement. En 1224, il prend la tête d’une armée et le 15 juillet 1224 il mène le siège de La Rochelle. Louis VIII, soutenu par Hugues de Lusignac, répond à la demande du roi Henri III d’Angleterre qui exigeait la restitution des biens Plantagenêt en envahissant le Poitou, en prenant Niort, et en prenant la Rochelle le 3 août, mais ne peut enlever Bordeaux. Puis, le roi décide d’en finir avec les Albigeois et engage contre eux la troisième croisade le 30 janvier 1226. Après l’échec de celle de 1219, les hérétiques cathares avaient reconquis le terrain perdu. Avant de partir, “ pour que la discorde ne pu naître entre ses fils ” au cas où il trouverait la mort au combat, Louis VIII rédige un testament constituant des apanages au profit de ses fils cadets. Le 26 mai, le roi quitte Bourges, descend la vallée du Rhône et s’attaque aux possessions du comte de Toulouse. Avignon capitule la première, après un siège terrible de deux mois en septembre1226. Puis se rallient au roi les principales villes du Languedoc. Toulouse résiste encore, mais les cathares qui refusent d’abjurer leur foi sont condamnés au supplice du feu conformément à une ordonnance, la première en France, décrétée en avril 1226. Seuls subsistent quelques foyers de résistance. Réunie à Pamiers, une assemblée attribue à la couronne les fiefs confisqués. Ayant renoncé à prendre Toulouse, Louis VIII décide de rentrer à Paris. Sur le chemin de retour, il meurt le 8 novembre 1226 en Auvergne, à Montpensier. C’est une dysenterie aiguë qui emporte le roi. Les médecins, convaincus qu’une trop longue continence sexuelle est la cause du mal du roi, resté fidèle à la reine Blanche de Castille, mettent dans son lit une jeune fille. Lorsqu’au réveil il la découvre, il lui dit : “ Non, ma fille, j’aime mieux mourir que de sauver ma vie par un péché mortel. ”Il laisse son royaume à un enfant de douze ans, le futur Saint Louis.
LOUIS IX ou SAINT LOUIS (25 avril 1214-25 août 1270) Roi de France (1226-1270)
Fils de Louis VIII et de Blanche de Castille, le futur roi naît à Poissy. Le 29 novembre 1226 il est sacré à Reims. Le jeune roi n’est âgé que de 12 ans lorsque sa mère, Blanche de Castille, en raison d’une révolte des vassaux qui menace la couronne, précipite le sacre de son fils. La cathédrale est en chantier et le siège épiscopal de Reims est vacant. C’est à l’évêque de Soissons qu’il est fait appel. Seul Thibaud IV de Champagne apporte son soutien à la régente pour l’organisation de ce sacre, auquel elle a voulu qu’assistent tous les vassaux qui remettent en cause la puissance du pouvoir royal. Sa mère assurera alors la régence. En 1229, le Languedoc est annexé. La guerre dans le sud continue contre les albigeois et elle s'achèvera en 1244 avec la prise de Montségur. Le 25 avril 1234, la majorité du roi fut proclamée et il épousa, la même année, Marguerite, fille de Raimond Bérenger IV, comte de Provence, dont il eu 11 enfants. Sa mère dirigea cependant les affaires du royaume jusqu'en 1242. Malgré cela, ses biographes lui attribuent une vie quasi monastique. A ceux qui lui reprochent la rigueur de ses exercices de piété, il réplique : "On me fait un crime de mon assiduité à la prière, et on ne me dirait rien si j'employais des heures plus longues au jeu ou à la chasse".Le roi rendait lui-même la justice sous un chêne de Vincennes. Il est réputé pour avoir soigné les lépreux et reçu les plus pauvres dans les hospices qu'il fonde. Il ne deviendra véritablement un saint "international" qu'au cours du 17ème siècle, grâce à l'attachement que lui portent les jésuites. Il sera canonisé dès 1297 par le pape Boniface VIII. Face à un soulèvement des barons du l'Ouest et du Midi soutenu par le roi d'Angleterre Henri III, il vainquit ce dernier à Taillebourg et à Saintes en 1242. Alors âgé de 29 ans, il jouissait déjà d'une autorité et d'un prestige, que ses victoires, sa personnalité, sa bonté, sa justice et sa piété avait contribué à forger. Il continuera la lutte contre Henri III d'Angleterre Jusqu’en 1259. Lorsque qu’il accède au pouvoir, il trouve une couronne fortifiée par la régence de sa mère Blanche de Castille. Il songe à accomplir le vœu qu’il a fait en 1244, lorsque une grave maladie l’a atteint, celui d’aller combattre les infidèles. Il quitte Aigues-Mortes en 1248. Après avoir attendu à Chypre les croisés qui l’y rejoignent, il débarque en 1249 en Égypte et prend la ville de Damiette. Mais il laisse le temps au sultan de se ressaisir. Le 8 février 1250, il est fait prisonnier à Mansourah et son frère le plus cher, Robert d’Artois est tué. Libéré après avoir payé une très lourde rançon, le 2 mai 1250 , le roi, prisonnier des musulmans depuis le 6 avril, signe une convention avec le sultan qui le libère ainsi que ses compagnons contre une somme de 400 000 besants et la restitution de la ville de Damiette conquise par les croisés, l’année précédente. Il reste plusieurs années en Palestine et y renforce les quelques places fortes qui sont encore aux mains des croisés, à Césarée, à Saint-Jean-d’Acre. Il ne rentre en France qu’en 1254 après la mort de Blanche de Castille. Durant la régence éclate la révolte des ''pastoureaux'', paysans qui devaient aller délivrer le roi en Égypte, mais qui finalement se livrèrent au pillage. Il s’emploie alors à rétablir la paix et à mettre en œuvre des réformes. Il renonce par le traité de Corbeil, à ses prétentions sur la Cerdagne et le Roussillon au profit du roi d’Aragon, il rend au roi d’Angleterre les terres au sud de la Charente, mais s’assure de la possession de la Touraine et de la Normandie. En 1254, année même de son retour, il réforme par une grande Ordonnance, l’organisation du domaine royal. Il fera construire la Sainte-Chapelle pour abriter des reliques : la couronne d'épines et un morceau de la vraie croix, envoyés par l'empereur de Constantinople. En 1259, le traité de Paris entre Saint Louis et Henri III donne à la France la Normandie, le Maine, l'Anjou, et le Poitou contre le Limousin, le Quercy et le Périgord. Lorsqu’il repart pour la seconde fois en croisade en 1270, c’est à l’abbé de Saint-Denis, Matthieu de Vendôme, et à Simon de Nesles qu’il confie la régence du royaume parce que son fils Philippe III le Hardi, né en 1245, l’accompagne. Le roi meurt devant Tunis le 25 août 1270 de l'épidémie de dysenterie qui décime son armée. Il déclara “ O Jérusalem ! Jérusalem ! Beau sera, Dieu, que tu aies merci de ce peuple qui ici demeure ! Qu’il ne tombe en la main de ses ennemis et ne sois pas contraint de renier ton saint nom. ” Il murmure encore : “ Mon Dieu, je remets mon esprit entre tes mains. ” Philippe III le Hardi, son fils, rapportera en France les os de son père pour les inhumer à Saint-Denis. La chair, le cœur et les entrailles du roi sont déposés par Charles d’Anjou, son frère, à l’abbaye de Monreale en Sicile. C'est son fils, Philippe III Le Hardi qui lui succéda. Après les révoltes féodales du début, Saint-Louis aura marqué son règne d'un équilibre entre la monarchie et l’organisation féodale. Son règne coïncide également avec l'enseignement de Saint Thomas d'Aquin à la Sorbonne, la construction de la Sainte Chapelle en 1257 et dont les vitraux retraceront sa vie, la sculpture de la façade de la cathédrale de Reims, l'édification ou la rénovation de grandes cathédrales: Paris, Rouen, Amiens, Auxerre, Bourges, etc...
Thomas D'Aquin (1228-1274)
C'est dans le château de sa famille lombarde que naît Thomas, près d'Aquin. Après avoir été élevé par les bénédictins du mont Cassin, il poursuit ses études à l'université de Naples, et à l'issu de celles-ci, prend la décision de rejoindre l'ordre dominicain en 1244. Riche, sa famille ne tolère pas qu'il puisse entrer dans un ordre mendiant et elle le fait emprisonner pendant plus d'une année à Roccasecca. Après cet emprisonnement, il poursuit ses études à Paris pendant trois années puis accompagne encore à Cologne l'un de ses maîtres, Albert Le Grand qui tente d'accorder la théologie à la philosophie. Il y est ordonné prêtre en 1250. Thomas revient à Paris enseigner à l'université, de 1252 à 1259. Puis c'est à Rome qu'il enseigne. Il commence d'y rédiger ses premiers écrits théologiques. Après avoir obtenu un doctorat et prêché dans plusieurs villes d'Italie, il revient à la demande du roi et de l'université à Paris où il enseigne à nouveau de 1269 à 1272. Il devient ensuite régent des études à Naples. C'est là, le 6 décembre 1273 qu'il a une vision qui provoque l'écriture de sa Somme théologique. Cet ouvrage qu'il dicte à des secrétaires, a recours à la dialectique comme à la scolastique, pour élaborer une explication de la foi qui s'accorde à la raison. La pertinence de son œuvre qui comprend encore une Somme contre les Gentils, traité sur Dieu et la création, un Commentaire des sentences, d'autres traités de théologie, lui valent d'être surnommé après sa mort le « Docteur Angélique » et d'être canonisé en 1323. Son œuvre a fondé, par sa rigueur et son autorité, la doctrine de l'Église catholique, apostolique, romaine. Mort sur la route du Concile de Lyon, il fut enterré à l'église Saint Sernin à Toulouse en 1368. Pie V l'a proclamé Docteur de l'Église en 1567. Thomas d'Aquin a mis la philosophie au service de la pensée théologique et particulièrement la philosophie d'Aristote, mais en la dépassant là où elle était historiquement conditionnée. La pensée de Saint Thomas reste l'œuvre maîtresse de la pensée théologique et on l'appelle le docteur commun. Avec un grand respect de la tradition et un grand courage intellectuel, il a cherché la clarté, la mise en ordre des idées, la réduction des problèmes particuliers aux premiers principes. Il a réussi à unir la raison et la Révélation, la nature et la grâce, le monde et l'Église. Développée par toute une école la pensée thomiste est vraiment majeure pour des questions centrales de la théologie. "Comprendre Dieu est impossible à un intellect créé quel qu'il soit ; mais que notre esprit l'atteigne de quelque manière, c'est déjà une grande béatitude, selon St Augustin. Pour en avoir l'évidence, il faut savoir que « comprendre » c'est connaître parfaitement, c'est-à-dire connaître un objet autant qu'il est connaissable. Aussi, lorsqu'une vérité est démontrable scientifiquement, celui qui ne la connaît qu'à la manière d'une opinion, pour une raison seulement plausible, ne la comprend pas. Par exemple, si quelqu'un sait par démonstration que la somme des trois angles d'un triangle est égale à deux droits, il comprend cette vérité ; mais si un autre la reçoit comme probable par le fait que des savants ou la plupart des hommes l'affirment ainsi, celui-là ne comprend pas ; car il ne parvient pas à cette manière parfaite de connaissance dont cette vérité est susceptible. Or, nul intellect créé ne peut parvenir à cette manière parfaite de connaître l'essence divine telle qu'elle est connaissable, et en voici la preuve. Un objet quelconque est connaissable dans la mesure où il est un être en acte. Dieu, dont l'être est infini, ainsi qu'on l'a fait voir, est donc infiniment connaissable. Or, nul intellect créé ne peut connaître Dieu infiniment. En effet, un intellect créé connaît l'essence divine plus parfaitement ou moins selon qu'il est pénétré d'une plus grande ou d'une moindre lumière de gloire. Puisque la lumière de gloire, qui est créée, dans quelque intellect créé qu'elle soit reçue, ne peut jamais y être infinie, il est donc impossible qu'un intellect créé connaisse Dieu infiniment. Par suite, est impossible qu'il ait de Dieu une connaissance compréhensive." Saint Thomas s'inscrit dans le grand courant de la scolastique. La scolastique commence avec Saint Anselme et fait recours à la logique et à la dialectique comme mode de connaissance philosophique et théologique. L'enseignement consiste d'abord en une lecture de la Bible suivie des commentaires du maître. L'essor urbain des 11ème et 12ème siècles conduit à un accroissement des écoles et un développement de questions (quaestiones), nouveaux problèmes théologiques suscités par l'actualité. On commence à confronter foi et raison (ce qui choque les théologiens traditionalistes comme Saint Bernard). La quaestio donne naissance à la disputatio : argumentation et recherche de conclusion. Abélard introduit systématiquement le procédé du doute en amenant des arguments dans un sens puis dans l'autre (venant de l'Écriture ou des Pères) avant de trancher et de répondre aux arguments. Un peu approximatif d'un point de vue théologique, il est condamné par le concile de Sens en 1140 à l'instigation de Saint Bernard. Pierre Lombard mettra cette technique à profit avec ses sentences, exposé d'ensemble de la foi chrétienne, qui sera pendant des années l'ouvrage de base de l'enseignement théologique. L'âge d'or de la scolastique, c'est la fin du XIIème et le XIIIème siècle. On découvre et traduit les philosophes perses, arabes (Avicenne, Averroës) et juifs (Maïmonide) qui ont été en contact direct avec Aristote, puis on dispose des textes mêmes d'Aristote. Albert le grand et Thomas d'Aquin estiment avoir trouvé chez Aristote le système philosophique le plus adéquat pour la construction d'une théologie chrétienne. La controverse s'engage avec les tenants du courant traditionnel défendu par les dominicain Bonaventure et Duns Scot fidèles au néoplatonisme de saint Augustin. Thomas d'Aquin n'a pas écrit de traité spécial sur l'Église, parfois ces études relèvent maints détails intéressants ; d'autres fois, elles recueillent nombre de textes sur des points où Thomas n'a pas d'originalité. Pour lui, Il s'agit de communier au mystère de Dieu en sa divinité. L'Église, en sa réalité la plus profonde, qui est aussi ce par quoi elle connaît son extension la plus totale et ce qui demeurera d'elle éternellement, est communion divinisante avec Dieu. Mais, dans notre situation terrestre, charnelle et historique, ceci ne se réalise que par le Christ, Verbe incarné, et par ce qu'il nous a apporté : foi, sacrements, institutions. C'est pourquoi, bien qu'il n'y ait qu'une Église, il faut en parler en deux fois. On peut en effet, et même on doit distinguer en elle comme deux registres de bien commun de loi deux critères de hiérarchie. L'Église est foncièrement et principalement union avec Dieu en sa divinité : dans le ciel, gloire et vision ; ici-bas, grâce et foi. Mais la grâce est le germe de la gloire, et la foi de la vision, en sorte qu'il y a unité de principe d'existence entre les anges et les comprehensores ou l'Église du ciel d'une part, les fidèles ou l'Église de la terre d'autre part. Tel est le sens fort que Thomas donne à la formule ecclesia = congregatio (coetus, collectio, universitas, societas, collegium) fidelium, formule fréquente à toutes les époques mais dont il fait sa définition de l'Église. Cette Église englobe tous ceux qui croient dans le Christ, soit à venir, soit venu : thème de l’ecclesia ab Abel ou de l’ecclesia universalis. Ainsi l'Église est-elle vue comme l'ensemble ou l'unité surnaturelle des esprits vivifiés par la grâce de Dieu, bref comme opus ou effectus gratiae. Et comme, étant relatif au Christ comme à sa mesure, son souverain et son principe, cet opus gratiae mérite pour autant le nom de corpus Christi, Thomas conçoit aussi le Corps mystique d'abord simplement comme societas sanctorum, sans y inclure, à ce niveau, la note de visibilité ou de structure hiérarchique. Mais il faut avouer que Thomas n'a guère détaillé cet aspect. Thomas, avec une tradition unanime (ut sancti dicunt), a vu l'Église terrestre tirer son existence de la passion du Christ : « du côté du Christ mort sur la croix ont découlé les sacrements, à savoir le sang et l'eau, par lesquels se fait l'Église. » Son originalité est d'avoir introduit l'idée de causalité instrumentale de l'humanité du Christ dans la théologie de Christo capite. L'Église militante est la voie vers celle des bienheureux, ou son commencement, totalement en dépendance du Christ, constitué son caput. Tout le bien de grâce est réalisé dans le Christ. Les hommes en deviennent participants, et pour autant sont membres de l'Église, par la foi et les sacrements de la foi, qui leur parviennent grâce à un ministère et en des formes, partie institués par le Christ, partie déterminés par l'Église elle-même. Saint Thomas a des vues et des énoncés précis sur l'Église comme institution de salut et sur l'Église comme communauté des fidèles (c'est la même Église). Mais Thomas lui-même tenait ses distances à l'égard de la hiérocratie d'un Innocent IV à la fin du pontificat duquel il écrivait.
PHILIPPE III LE HARDI (30 avril 1245-5 octobre 1285) Roi de France (1270-1285)
C’est à Tunis que Philippe, à la mort de son père Louis IX, devient roi de France. Peu de temps avant de mourir Louis IX lui a donné ce conseil : “Mon cher fils, je te prie de te faire aimer du peuple de ton royaume ; car, en vérité, je préférerais qu’un Écossais vint d’Écosse et gouverna le peuple du royaume bien et loyalement, plutôt qu’on le vit mal gouverné par toi.” Le retour du roi vers la France est terrible. Sa jeune épouse, Isabelle d’Aragon, meurt pendant le voyage, enceinte d’un cinquième enfant. C’est un cortège funèbre qui entre à Paris, le 20 mai 1271. Le roi dépose à Saint-Denis les os de son père, le corps de sa femme, la reine, celui d’un enfant mort-né et celui du roi de Navarre. Il est sacré le 15 août à Soissons. En octobre, il annexe au domaine royal le Poitou, l’Auvergne et le comté de Toulouse, après la mort de son oncle, Alphonse de Poitiers. Ce n’est pas cette audace qui lui fait tenir tête aux prétentions d’Henri III d’Angleterre qui vaut au roi son surnom, le Hardi, c’est à sa bravoure au combat, comme à la chasse, qu’il le doit. En 1274, il épouse Marie de Brabant. Elle lui donne deux enfants et exerce une influence forte sur le caractère souvent indécis du roi. En 1280, la Castille et l’Aragon se liguent contre la France, contestant les prétentions de Charles Ier d’Anjou sur la Sicile. Deux ans plus tard, lors du lundi de Pâques, les cloches sonnent le signal du massacre des Français, les Vêpres Siciliennes. Le pape Martin IV, en réponse à ce massacre, dépossède Pierre III d’Aragon de toutes ses terres et les donnent en réparation au fils du roi de France. Ce n’est qu’un an plus tard, en 1285, que Philippe le Hardi met le siège, le 27 juin, devant Gérone. La malaria atteint l’armée de 20 000 cavaliers et 80 000 fantassins que le roi Philippe III le Hardi commande et parachève le massacre que les assiégés ont fait des troupes françaises. Qui plus est, le 4 septembre, la flotte est coulée. Épuisées, les troupes du roi doivent quitter l’Espagne. C’est à Perpignan le 5 octobre1285 que meurt le roi qui n’a pu qu’ébaucher les réformes de l’administration du royaume, commencer de mettre en place les relais de légistes afin d’imposer l’absolutisme. Son fils, Philippe IV le Bel, lui succède.
PHILIPPE IV LE BEL (1268-29 novembre 1314) Roi de France (1285-1314)
En 1284, Jeanne de Navarre apporte en dot à celui qui n’est encore que le fils de Philippe III le Hardi, la Champagne et la Navarre. A la mort de son père, Philippe IV, a dix-sept ans. Il est beau, mais si la beauté et la régularité de ses traits sont incontestables, nul ne sait qui est ce roi qui demeure énigmatique. Le 6 juin 1286 Philippe est sacré à Reims avec la reine Jeanne. Il sait aussitôt s’imposer. Il parvient, dès l’année qui suit son accession au trône, à obtenir que le roi d’Angleterre, Édouard Ier, reconnaisse être son vassal en ce qui concerne ses terres de Guyenne et d’Aquitaine. Mais, dès 1292, une rixe entre des marins français et anglais à Bayonne devient le prétexte à une nouvelle guerre entre la France et l’Angleterre. Philippe envahit la Guyenne. Et la guerre se rallume en Flandre. Les Flamands, outrés par la déloyauté de Philippe qui retient prisonnier à Paris le comte de Flandre, Gui de Dampierre, déclenchent les mâtines brugeoises, les 17 et 18 mai 1302. Quelque trois mille Français sont massacrés à Bruges et l’armée, que le roi envoie pour mater la révolte, est défaite à Courtrai lors de “la bataille des éperons d’or”. Si le traité de Paris met fin en 1303 à la guerre avec l’Angleterre, le traité d’Athis rétablit la paix dans les Flandres, en juin 1305, c’est au pape que doit s’affronter maintenant le roi de France. Philippe a fait arrêter, en 1302, l’évêque de Pamiers qui n’a pas admis que, pour financer ses guerres, Philippe saisit les revenus de l’Eglise. Pour marquer son autorité, Philippe fait encore emprisonner le légat du pape. Une bulle Ausculta Filii somme le roi de libérer les prélats emprisonnés. Philippe veut que le royaume soit juge. Pour la première fois, il convoque les Etats généraux à Paris. Ceux-ci donnent raison au roi. Ses envoyés insultent le souverain pontife à Anagni. C’est la rupture. La mort de Boniface VIII, le 11 octobre 1303, met fin au conflit. Le roi de France provoque, après la mort de Benoît XI, qui meurt le 7 juillet 1304, l’élection d’un nouveau pape, l’évêque de Bordeaux, Bertrand de Got, qui devient Clément V. Il est le premier des papes qui fait le choix d’installer le siège de la papauté en Avignon et, soumis au roi, il permet, en prononçant l’abolition de l’ordre des Templiers, de justifier la démarche du roi qui les a fait arrêter en octobre 1307. Ni le recours que Philippe IV a pu avoir aux légistes dont il fait le relais de son pouvoir, ni les mutations monétaires qui font passer le roi pour un faux-monnayeur, ni l’expulsion des Juifs en 1306 ne permirent au roi de trouver toutes les ressources nécessaires. Lorsque Philippe IV le Bel meurt et que son fils Louis X lui succède, les grands, que le roi a écarté des affaires du royaume avec les légistes, les clercs qu’il a taxés et le peuple qu’il a imposé sont sur le point de se laisser emporter par la révolte.
Jacques 1er le Conquérant ou Jaime 1er (1208-1276) Roi d'Aragon, comte de Barcelone et seigneur de Montpellier
Né le 2 février 1208 à Montpellier, fils et successeur de Pierre II. L'année de ses cinq ans, son père meurt à la bataille de Muret, le laissant seul héritier des territoires de la couronne d'Aragon. L'enfant est déjà depuis quelques temps aux mains de Simon de Montfort, le vainqueur de Muret. En 1214, Simon de Montfort accepte sous la pression du pape de le rendre aux Catalans. Durant toute son enfance, la régence de la couronne d'Aragon est assurée par son grand-oncle le comte Sanche, puis par le fils de ce dernier, Nuno Sanche. Il chassa les Maures des îles Baléares, conquit les royaumes de Valence et de Murcie. Par le traité de Corbeil (1258) il obtint de Saint Louis la renonciation aux comtés de Barcelone et du Roussillon et renonça lui-même à ses prétentions en Languedoc, hormis Montpellier. En 1262, il partage ses possessions en deux ensembles, destinés à chacun de ses fils. L'aîné, l'infant Pierre, reçoit les royaumes d'Aragon et de Valence, ainsi que le comté de Barcelone. Le cadet, l'infant Jacques, reçoit le royaume de Majorque, les comtés de Roussillon et de Cerdagne et la seigneurie de Montpellier. La même année, il marie l'infant Pierre avec Constance, la fille de Manfred de Hohenstaufen, roi de Sicile, lui assurant des droits sur l'île. Il renforce le pouvoir royal en menant avec fermeté la normalisation du droit dans chacun des territoires de la couronne d'Aragon. Il charge ainsi l'évêque d'Osca, Vidal de Canyelles, de codifier le droit coutumier du royaume d'Aragon, entreprise qui aboutit lors des cortes d'Osca de 1247, qui imposent un droit unique au royaume au-dessus des droits particuliers. En Catalogne, ce sont les Usages de Barcelone qui s'imposent peu à peu à tout le pays. Enfin dans le royaume de Valence, le roi accorde une ordonnance de gouvernement en 1251, révisée en 1271, les Foris et consuetudines Valentiae. D'autre part, il développe le système des cortes, des sortes de parlements généraux, réunissant des délégués nobles, ecclésisastiques et citadins autour du roi. Chacun des royaumes de la couronne a ses propres cortes, exepté le royaume de Majorque, qui envoie des délégués aux cortes de Catalogne. Il meurt en 1276 lors d'une campagne contre les musulmans révoltés de Valence. Il est enterré à l'abbaye de Poblet.
Frédéric II de Hohenstaufen (1194-1250), Empereur germanique de 1220 à 1250
Petit-fils de Frédéric Barberousse, fils de l’empereur Henri VI et de Constance de Hauteville, héritière des rois normands, il voit le jour le 26 décembre 1194 à Jesi. A quatre ans il sera orphelin et confié à la tutelle d’Innocent III. En 1209, Sur les conseils d’Innocent III, Frédéric épouse Constance d’Aragon qui lui donnera un fils. En 1212, à 18 ans alors soutenu par le pape il sera désigné comme roi des Romains, les princes allemands vont abandonné à son profit le parti d’Otton de Brunswick après la défaite de Bouvines en 1214 et, abusant de la faiblesse politique d’Honorius III il se fait couronner empereur en 1220 à Aix-la-Chapelle. Il réunit la Sicile à l’Empire Germanique. En 1226, Frédéric convoque la Diète de Crémone pour engager la restauration du pouvoir en Lombardie et les communes lombardes répondent en renouvelant la Ligue. En 1227-Frédéric II engage le départ de la Croisade mais une épidémie (peut-être de peste) le contraint au retour. L’expédition est reportée à l’année suivante, mais Grégoire IX ne croit pas à la bonne foi de l’empereur et l’excommunie. En 1230-Frédéric fait la paix avec la Curie romaine et le pape retire son excommunication. En 1235, il se rend en Germanie où il cherche à faire obstacle à la rébellion de son fils Henri Roi de Germanie qui s’était allié avec ses ennemis; il sera déposé et incarcéré. C’est la même année que Frédéric II épouse Isabelle d’Angleterre, sœur d’Henri III, avec l’intention de se rapprocher des riches Guelfes de l’Ile. De 1235à 1239- Frédéric II mène une campagne contre les Communes lombardes: prise de Vicenza, échec du siège de Brescia et bataille de Cortenuova. En 1239, Grégoire IX excommunie Frédéric II et convoque contre lui un Concile à Rome. II s’oppose à l’initiative et fait obstacle à l’arrivée des prélats. Sur la mer, près de l’Ile du Lys, la flotte impériale intercepte les navires qui transportent les pères conciliaires allemands et français : beaucoup d’entre eux sont tués, d’autres faits prisonniers au royaume de Sicile. En 1240, dans l’intention de résoudre définitivement par la force le contentieux avec la Curie, Frédéric II tente une marche sur Rome mais renonce à ce projet et rentre en Sicile; puis il se consacre à la campagne de la Romagne avec la prise de Ravenne et le siège de Faenza. Lorsqu’il meurt le 13 décembre 1250 au château de Fiorentino. Sa disparition provoque l’écroulement de la puissance impériale, la partie germanique qu’il avait délaissée est soumise à l’anarchie féodale et aux luttes intestines. Il sera surtout un souverain méditerranéen dans lequel on a vu un précurseur de la Renaissance. Il est connu pour sa très forte personnalité qui fit de lui l’un des souverains les plus originaux de l’histoire. Malgré l’éducation qu’il reçu d’Innocent III il fut, comme ses prédécesseurs, un adversaire acharné de la papauté. Il fait preuve d’une certaine indifférence en matière religieuse, qui n’exclut pas la poursuite des hérétiques mais l’incite à la tolérance envers les juifs et les musulmans.
Jean de Joinville (1224-1317)
Temudjin, plus connu sous le nom Gengis Khan (vers 1167-1227)
Il naît sur la rive droite de l'Onon (dans la Russie actuelle, près de la frontière avec la Mongolie). A 9 ans après l’assassinat de son père, Témudjin craignant pour sa vie, s'enfuit dans les montagnes mais il est capturé par l'ennemi de sa famille, Targutaï, du clan des Taïdjioutes. Il s'échappe. Alors, sa renommée grandit et de nombreux jeunes gens avides d'aventures le rejoignent. Ses premières victoires décisives interviennent en 1201 face aux Turcs naïmans, aux Tatars et à ses rivaux mongols, les Taïdjioutes. En 1202, les Tatars sont écrasés définitivement et incorporés à l'armée mongole. En 1203 Gengis Khan revient vers les sources de la Tola et bat les troupes Kereyit qui sont désormais incorporées dans les troupes mongoles. Il épouse Ibaqa, une des nièces de Toghril et donne l'autre, Sorgaqtani, en mariage à son fils Tului. En 1204 Gengis Khan bat les Naïman; le roi Tayang est tué, son fils Kütchlüg s'enfuit chez les Qara-Khitaï. Gengis Khan prend Gürbesü, nièce de Tayang, comme épouse. Les Ouïghour, qui étaient au service des Naïman, passent au service de Gengis Khan et lui confient le sceau royal. Les Merkit sont également battus; leur chef Toqto'a s'enfuit. En 1206 le Kouriltaï (Grand Conseil) le consacre chef suprême des Mongols. Il sera désormais connu sous le nom de Tchinkkiz Khan (Gengis Khan), le "souverain universel". La même année il se lance à l'assaut de la Chine, après s'être rendu maître de la Mongolie. Il commence par s'attaquer au peuple des Tangout, établi dans les marches du nord-ouest. En 1209, les Tangout sont vaincus et Gengis Khan cherche à s'emparer des places fortes de la Grande Muraille, qui protègent Pékin. Mais l'armée mongole, faite quasi-exclusivement de cavalerie, n'est pas habituée aux sièges et reste pendant deux ans au pied de la Grande Muraille. En 1213, Gengis Khan parvient à franchir la Grande Muraille et arrive dans la plaine de Pékin. Il saccage les campagnes, pille les villages et établit le blocus de Pékin. Au cours d'une trêve, les Jin se réfugient plus au sud, à Kaifeng. Gengis Khan en profite pour s'emparer de Pékin en 1215. La population est massacrée, la ville incendiée et presque entièrement rasée. Il se tourne alors vers l'ouest et conquiert l'empire des Turcs Kara K'itaï (Turkestan oriental) et en 1218, il est maître de toute la haute Asie. En 1219, Gengis Khan laisse ses lieutenants continuer la conquête de la Chine et se lance dans une campagne contre le Türkestan et l'Iran. En 1220, il défait les Bulgares et les Russes. La menace mongole fait trembler l’Europe. Cet homme alors âgé, bon vivant, amateur de festins, est aussi un personnage complexe. Il serait faux de voir en lui un barbare inculte: dans Karakorum, sa capitale, nestoriens, musulmans chiites et sunnites, mazdéens, bouddhistes, brahmanistes, taoïstes et même chrétiens romains viennent discuter religion et philosophie; il les écoute avec intérêt. Il revient en Chine en 1227, à cause d'une révolte Tangout. Il meurt après avoir remporté la victoire, le 18 août 1227. On ne sut jamais si ce fut de maladie ou d'empoisonnement. Gengis Khan laisse à son fils Ogodai le soin d'étendre les conquêtes vers la Perse, la Chine, l'Ukraine et la Hongrie.
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