le 15ème siècle

 

 

 

La France au 15ème siècle

Un crime aux répercutions importante pour ce siècle - 1429, une année charnière - Revirement bourguignon - Le règne de Louis XI - Les États Généraux de 1484 - Une Idée neuve. l’État nation - Une politique de croissance démographique - La fin de ce siècle marquée en France par la naissance et le développement de la Poste aux chevaux - Des Régions Française en pleine évolution - La Sologne - Région d’Amboise - Château et Sires de St Sauveur Le Vicomte - Les bâtards royaux et le pouvoir - Un nouveau support pour les actes publics - Évolution de l’Écriture - Les costumes des hommes au 15ème siècle - Les costumes des femmes au 15ème siècle - Le Costume de la Renaissance Française - La confection d'une robe de cour - La chaussure Renaissance - Le Costume de la Renaissance Italienne - Architecture de la Renaissance - La Bourgeoisie - Marchands et banquiers - Artistes et artisans - Les chevaliers - Des ordonnance nouvelle pour le métier d’Épicier - Les Bouchers - Les Armuriers - Des Nouveaux jeux apparaissent - L’Église En pleine crise - L’Église et ses relations avec le pouvoir en France - Un siècle qui marque la fin de la scolastique et le début de la renaissance - L’Europe et le monde en pleine évolution - Prise de Constantinople - Un siècle de découvertes - Découvertes Espagnoles - Découvertes Anglaises - L’Inquisition - Persécution des sorcières - Édit d'expulsion des juifs d'Espagne - Bulle pontificale du pape innocent VIII

 

 

cathédrale dans le 78 Photo lj 2003

 

En ce début du 15ème siècle, l'État français n'est plus. La France est “anglaise”. Depuis le traité de Troyes signé le 21 mai 1420 qui a suivi le désastre d'Azincourt où la chevalerie française s'est enlisée dans la boue “jusque au gros des jambes”, et littéralement étouffée elle-même sous le poids de ses armures. Une hécatombe dans les rangs de la noblesse du royaume. Selon les clauses du traité, Charles VI renie et déshérite son fils le dauphin Charles et reconnaît le roi d'Angleterre Henri V comme héritier du royaume de France. A la mort de ce dernier en 1422, son fils Henri VI lui succède. C'est un bébé de six mois. Son oncle le duc de Bedford exerce en son nom la régence en France.

Quelle France ? En fait il en existe trois. La France “anglaise”: elle comprend la Normandie, la Guyenne et une partie des régions situées au nord de la Loire. La France du “royaume de Bourges”: en gros la moitié méridionale du pays dans laquelle s'est réfugié le dauphin Charles avec des partisans fidèles, qui l'ont reconnu roi après le décès de son père. Enfin la France de “l'État bourguignon” : donné en apanage au duc de Bourgogne. Ce vaste territoire s'est agrandi de l'Artois, de la Flandre, du Brabant et des Pays-Bas. De Philippe III le Hardi à Jean sans Peur et au dernier duc Philippe le Bon, tous ont contribué à consolider leur puissance en faisant de leur apanage un véritable État indépendant. Restée à l'écart des opérations militaires, la France bourguignonne est la plus riche et, malgré les malheurs des temps, la cour des ducs brille par son faste et sa magnificence.

Qui gouverne la France ? Le régent anglais le duc de Bedford ? Le petit roi de Bourges ? Le duc de Bourgogne Philippe le Bon ? Cette situation politique extrêmement confuse ajoute encore à l'état pitoyable de la France. Mais les difficultés ne datent pas d'hier. Elles sont le résultat de plusieurs facteurs conjugués: la crise dynastique, les ravages des épidémies et de la guerre, le marasme économique qui en est la conséquence. Depuis Hugues Capet, la belle continuité monarchique a été brisée. Quand le dernier roi capétien meurt sans laisser d'héritier mâle, les évêques et les barons du royaume sont alors contraints d'élire un neveu du souverain, Philippe VI de Valois. Avec lui naissait une nouvelle dynastie. Mais ce changement ne fait pas l'adhésion de tous. En France, il sert de prétexte aux prétendants évincés pour se rebeller, pour former des partis hostiles, pour faire de leurs apanages des états dans l'État, bafouant ainsi l'autorité royale. En Angleterre, le roi qui se considère également comme un prétendant possible au trône, entre en conflit avec le nouveau roi de France. C'est le début de la guerre de Cent Ans ou plus exactement de cent ans d'hostilités entre les deux royaumes. Cette longue période de conflits intermittents (en moyenne une année de guerre sur cinq), coupée de trêves et de négociations est cependant désastreuse pour le pays. Bien que n'affectant que quelques cantons successivement, la guerre est profonde et destructrice. Les campagnes sont dévastées, soit par le pillage des troupes anglaises qui vivent dans le pays, soit par les destructions tactiques des Français qui visent à priver l'ennemi de ravitaillement. De plus la guerre a changé dans ses techniques et dans la mentalité des guerriers. Les armes à poudre sont de plus en plus employées, et l'artillerie seconde les toujours redoutables archers et les nouveaux arbalétriers. Pour s'en protéger, les chevaliers endossent une armure complète, exagérément lourde (de 20 à 60 kg) qui les entrave et rend le combat à cheval quasiment impraticable. La chevalerie anglaise s'adapte mieux. Elle a introduit la lutte au sol avec des armes courtes, des poignards qui se glissent facilement dans les jointures des armures. A l'inverse des chevaliers français qui dédaignent leur aide, les Anglais s'entourent d'archers montés, donc très mobiles. Tactique qui va leur apporter une supériorité décisive et tous les succès militaires. Nouveaux moyens, nouvel esprit. Les guerriers sont désormais des spécialistes qui traitent la guerre en hommes de métier et non plus comme une joute réglée par un code de courtoisie et des gestes “chevaleresques”. Rares sont les batailles rangées où deux blocs s'affrontent toutes lances dehors. La guerre est faite d'embuscades, d'escarmouches, de chevauchées rapides. La ruse et la surprise priment. L'ennemi est harcelé par des petites bandes bien armées et d'une grande mobilité.

Ce sont exclusivement des entrepreneurs de combats. Le roi traite avec ses mercenaires, aventuriers de toutes origines (Allemands, Bretons, Comtois, Basques, Espagnols etc.). Moyennant une rémunération substantielle, ces capitaines, issus pour la plupart de la noblesse, mettent à la disposition du roi leurs “compagnies ou routes”, d'où leur nom de “routiers”. Le groupe d'une quinzaine ou trentaine d'hommes au plus est fortement solidaire sous l'autorité du chef. Mais quand viennent les trêves les compagnies se dissolvent. Dès lors les hommes astreints au chômage pillent, attaquent les caravanes, exigent tribut aux villes en échange de leur “ protection ”. Mais ceux que les citadins et les villageois appellent les “écorcheurs” ou “retordeurs” grossiront bientôt les rangs des compagnons de Jeanne d'Arc. Jamais terminée malgré les trêves, la guerre est coûteuse, dévoreuse de monnaie, ruineuse pour le trésor royal. Où trouver de nouvelles ressources pour la financer? Le temps féodal n'est plus où l'on pouvait lever une armée sans la payer, où nobles vassaux et simples soldats devaient aide au souverain. Les soldats comme les routiers ont désormais une solde. La gabelle (taxe sur le sel), la taille (impôt sur chaque feu c'est à dire sur chaque famille paysanne) ne suffisent plus. Des levées “extraordinaires”, les maltôtes, constituent des ponctions supplémentaires dans l'épargne privée des bourgeois ou dans celle des paysans. Le coût insupportable de la guerre frappe également la noblesse qui doit réunir l'argent de rançons énormes pour délivrer un seigneur prisonnier. Elle n'en a souvent plus les moyens et le combattant captif peut rester des années aux mains de l'ennemi. Par dizaines des lignages se sont ainsi éteints. Par domaines entiers les terres ont été laissées à un abandon forcé. Poussés par la guerre, les paysans se sont enfuis à l'abri des murailles des cités. Car à moins d'une ruse ou d'une trahison, la ville fortifiée demeure imprenable. Le siège, interminable pour les deux parties, est souvent abandonné. Mais les terres environnantes gardent longtemps les empreintes des exactions ennemies. Après le passage des hommes en armes, la campagne ressemble à un désert. Les bâtiments de ferme sont brûlés, les récoltes saccagées, les outils volés, les vignes, fours et moulins anéantis pour longtemps. Pour les paysans c'est le début de l'exode. En quête de sécurité ou de conditions de vie moins misérables, ils abandonnent derrière eux la terre laissée en friche, qui retourne vite à la forêt, au taillis ou en “ épines ”.

Pour les contemporains de Charles VII le bon temps était l'époque où tous avaient toujours de quoi manger. Ce temps est révolu. Mais l'occupant anglais et la guerre n'en sont pas les seuls responsables. Après un formidable essor, la France comme toute l'Europe subit une crise massive. Recul des espaces cultivés, mais aussi stagnation des rendements, pas d'amélioration dans l'outillage, régression de la production vivrière. Avant les méfaits de la guerre, c'était déjà le déclin des campagnes et leur dépeuplement: la courbe démographique a chuté. Les intempéries répétées et les famines qui s'ensuivent en sont les causes premières. Durant des décennies la hantise de la faim va obséder le paysan comme l'homme de la ville. Cependant le fléau majeur reste la Peste noire. Apparue au milieu du 14ème siècle, se prolongeant par poussées intermittentes au 15ème siècle, la peste a traversé la France du sud au nord. Souffrant d'une sous-alimentation chronique, la population résiste mal aux chocs de l'épidémie. Selon les régions, le quart, le tiers, la moitié, parfois 80 % de la population disparaît. De 1330 à 1450, le pays passe de 20 millions à 10 millions d'habitants ! Le mal a gagné partout en dépit des cordons sanitaires aux portes des villes, des feux d'herbes aromatiques dites “désinfectantes de l'air”, des pénitences collectives, des processions de flagellants, du massacre des Juifs rendus responsables de la calamité ou des recherches nombreuses de la Faculté de médecine. La mort qui fauche pareillement chevaliers ou vilains, pauvres ou riches, faibles ou forts, hante toute la population. La religion constitue un recours et devient plus individuelle. On appelle au repentir. Des prêcheurs haranguent les foules des villes. Pour leur édification on multiplie la représentation des Passions, des Mystères à grand renfort de machineries et de figurants. L'image de la mort est partout, dans les livres ou ornant tombeaux. On se prépare à la mort en pratiquant une religion plus profonde, moins tournée vers la contemplation de Dieu que fondée sur l'idée du péché et de la crainte de l'Enfer.

Aux malheurs des temps s'ajoute l'effondrement économique. L'économie d'échanges n'est plus regroupée autour de l'axe routier Flandre Italie. Traversant les pays français, cet axe avait fait leur étonnante prospérité aux siècles précédents. Jadis carrefour commercial, la France se situe maintenant un peu à l'écart, dans une Europe qui a créé de nouveaux foyers économiques et des itinéraires marchands par mer, en Angleterre, aux Pays-Bas, en Italie ou en Espagne. Bruges, Gand, Anvers, Gènes, Barcelone, Londres ont remplacé les foires grouillantes de marchandises de la Champagne et de la Brie. La pénurie du numéraire, les désordres monétaires, l'abaissement très net du pouvoir d'achat du haut clergé comme des seigneurs ruraux, expliquent la paralysie de l'activité commerciale autant que les déplacements des grands circuits marchands. Comme celle des campagnes, l'activité urbaine a beaucoup décliné. Ruines, maisons branlantes, quartiers désertés attestent de l'appauvrissement général. Comme en milieu rural, le nombre des habitants a parfois diminué de moitié (de 40 000 à 20 000 à Toulouse).

Les associations de métiers se durcissent et se sclérosent. Comparé à son confrère italien, le marchand des cités provinciales paraît singulièrement retardataire. Il vend un peu de tout (produits de première nécessité) sans pouvoir se spécialiser. En temps de disette, il est essentiellement pourvoyeur de grain. Symptôme des temps difficiles, la grande industrie drapière elle-même entre en décadence. Arras résiste cependant grâce à la fabrication nouvelle de la tapisserie de haute lisse, très à la mode dans les demeures nobles. Car le marasme n'est pas absolument général. En dépit du commun fléchissement de la fortune, quelques hommes s'enrichissent. Des entrepreneurs de guerre placent leurs immenses profits dans des seigneuries foncières. Des familiers du prince ou du souverain, directement branchés sur la fiscalité, font de prodigieuses ascensions. Tel Jacques Cœur, fils d'un pelletier de Bourges devenant l'homme le plus riche du royaume, maître des monnaies, grand argentier de Charles VII et anobli par lui. Il construit en moins de dix ans, son hôtel particulier à Bourges qui a coûté la somme folle pour l'époque de 100 000 écus d'or.

Quelques îlots exceptionnels de prospérité subsistent donc dans un pays politiquement cloisonné. Ainsi par exemple les capitales politiques comme Bourges mais aussi Paris ou Dijon. Les villes où résident les cours royales ou princières sont devenues des places de commerce ou d'argent. Là converge tout l'or des impôts. Levées sous prétexte de guerre, des sommes fabuleuses sont dépensées dans le luxe et les fêtes par les princes. La cour de Bourgogne est la plus brillante. Son palais de Dijon et ses châteaux de campagne regorgent d'objets et d'œuvres d'art commandés aux Pays-Bas ou en Italie. On fait appel aux meilleurs compositeurs pour élaborer un nouveau style musical ; on charge les plus habiles artistes d'éclairer de vitraux des chapelles privées. Les tombeaux des ducs de Bourgogne, avec à leurs pieds un cortège sculpté des princes du sang et des grands vassaux, ont vite fait école hors du duché. Moins fastueuse la cour de Charles VII à Bourges, va néanmoins retrouver tout son éclat à Paris, après qu'une petite paysanne sera entrée en scène, triomphera de l'Anglais et permettra le sacre du roi à Reims, le 17 juillet 1429. La France a de nouveau un vrai souverain, oint du Seigneur. En le sortant de son “ exil ”, Jeanne d'Arc semble avoir insufflé au roi l'énergie de se battre, et redonné aux Français la force de relever la tête. Ceux qui vivaient encore dans les territoires occupés ont compris que les Anglais “ne recherchaient qu'à les accabler et à les faire périr sous le poids des misères”.

Le sursaut est général, enflammé par le revirement de la fortune des armes. Les soulèvements se multiplient, villes et places fortes tombent successivement aux mains des Français. Sagement conseillé, totalement transformé par ses succès, Charles VII se réconcilie avec le duc de Bourgogne qui reconnaît enfin sa légitimité. Grâce à la réorganisation complète de l'armée et son institution en corps permanent, l'Île-de-France est reconquise. Paris est libéré, puis en quelques années toute la Normandie et la Guyenne. La France en a fini avec la présence anglaise et la guerre de Cent Ans. Dès lors elle peut reprendre haleine, se reconstruire. C'est ce à quoi toute la nation s'emploie durant les vingt dernières années du règne de Charles VII. Le roi est le principal acteur de cette rénovation. Secondé par des conseillers énergiques, nobles et bourgeois, il restaure l'autorité royale en mettant fin aux intrigues de cour et aux derniers États princiers. Mais ce triomphe de la royauté ne peut être durable que par l'union de toutes les régions au domaine de la couronne. Par confiscations, par la diplomatie, la rigueur ou par héritage, le domaine finira par s'élargir au-delà des limites du royaume. Bien administrer ce vaste territoire exige des réformes. Les “gens du roi” (agents de justice, sergents d'arme et de police, auxiliaires de tous rangs, clercs et laïcs) ont considérablement gonflé l'appareil administratif. C'est une lourde machine mais capable de fonctionner par elle-même, de gouverner efficacement avec son Parlement, sa Chancellerie, sa Chambre des comptes. Voulue par le souverain, la puissance publique se met en place de façon progressive mais profonde. L'ordre est rétabli dans la justice. Nomination des magistrats, exercice de leurs fonctions, règles de procédures sont fixées. La rédaction du droit coutumier, jusqu'alors oral, est inaugurée. En province, des villes comme Grenoble, Toulouse, Bordeaux, Perpignan sont dotés d'un Parlement. Des assemblées d'état répartissent les taxes. A force d'être sans cesse renouvelés pour l'effort de guerre, les impôts “extraordinaires” sont devenus réguliers. Sans violence, presque subrepticement, une transformation essentielle s'est produite dans la fiscalité: la monarchie a instauré un système d'imposition permanent qui remplit régulièrement les caisses de l'État. Pour faciliter la perception des impôts, on crée un corps de fonctionnaires spécialisés: généraux des finances et receveurs. Priorité est donnée aux campagnes. Toutes initiatives individuelles pour repeupler et remettre en culture les terres sont fortement encouragées. Des ordonnances royales favorisent la renaissance de l'activité économique: exemption d'impôt pour les paysans revenus cultiver les terrains en friches. Le roi offre également des primes à tous ceux qui débarrasseraient les campagnes et les abords des villes des hordes de loups, qui menacent jusqu'aux portes de Paris. Dans les champs, dans les vignes, dans les bois on travaille avec une ardeur redoublée. Les progrès de l'agriculture commencent à porter leurs fruits. Des villages nouveaux surgissent. Les cités se relèvent de leurs ruines. On constate une sensible reprise industrielle. Les fabrications se raniment, des industries nouvelles se développent. Jean Gobelin pratique à Paris la teinture de tapisseries auxquelles il a légué son nom. L'imprimerie est introduite à Lyon et dans la capitale. Les gisements de plomb argentifère sont relancés. Le système monétaire est enfin assaini. L'unité de la langue devient un élément de l'unité française. De la Bretagne aux pays occitans, le français est langue officielle.

Il se substitue partout au latin dans les actes de Chancellerie et tous les actes publics dans les parlements régionaux.

Un véritable élan créateur prend son départ vers 1440. Né du gothique, l'art flamboyant transfigure le décor architectural. En même temps est née la grande peinture. Aux enluminures des livres, les amateurs préfèrent maintenant le tableau peint sur panneaux de bois. Il connaît son épanouissement dans l'œuvre de Jean Fouquet, peintre du roi et de quelques grands personnages du royaume tel le Chancelier de France Guillaume Jouvenel des Ursins. Revenus à la cour à Paris avec Charles VII, les artistes, peintres, sculpteurs et maîtres verriers contribuent également à une vraie renaissance artistique.

La capitale s'embellit de nombreux hôtels particuliers en pierre, de fontaines richement décorées. Les églises sont parées d'une exubérante floraison sculpturale de feuillages et d'arabesques qui expriment l'opulence et la joie de vivre retrouvées. Paris qui a survécu au désastre de la guerre de Cent Ans est plus que jamais au 15ème siècle et bien au-delà, “ le foyer où s'élabore les modes, où s'inventent les rites sociaux, où se définit le style de vie, où se forme le goût de tous ceux qui en Europe prétendent vivre noblement. ”

 

Porte d’entrée 15ème siècle photo lj

 

Un crime aux répercutions importante pour ce siècle

 

Le fait qui fera basculer l’histoire est la folie du roi, alternativement lucide, hystérique et prostré, depuis 1392. De plus en plus souvent le roi de France Charles VI s'enfonce dans ses crises où il brise tout ce qui l'entoure, sans se rappeler de ses actes lorsqu'il retrouve la raison, il se met à pleurer. Il chasse son épouse Isabeau du lit conjugal. La reine mène des activités pieuses, soutient l'Église mais n'oublie pas de se constituer une fortune personnelle, dont l'achat d'un grand hôtel particulier à Paris pour y recevoir ses amis à sa guise !

C’est en 1403 qu’une ordonnance est créée qui institue la régence et le gouvernement pendant “ les absences ” du roi, faible mot pour parler des crises de démence du souverain. Ses oncles reprennent la régence, mais devant la déficience du roi deux partis s'affrontent autour de la reine Isabeau pour une véritable bataille du pouvoir: d'un côté Louis d'Orléans, frère du roi. De l'autre côté Philippe le Hardi, duc de Bourgogne. Mais se sera la reine de France Isabeau qui obtient du roi son époux les pleins pouvoirs durant sa maladie.

En janvier 1404 C’est la reprise des hostilités entre la France et l'Angleterre. C’est la même année que disparaissent Louis d'Anjou et Philippe de Bourgogne, à ceux-ci succèdent Louis II d'Anjou et Jean sans Peur. Le propre frère du roi, Louis d'Orléans, participe aux intrigues. Il est allié au pape d'Avignon et ennemi des Anglais, alors que le duc de Bourgogne veut éviter toute tension avec l'Angleterre à cause de la Flandre, et est allié du pape de Rome. En Angleterre, les Lancastre déposent puis assassinent Richard II, partisan de la paix, et établissent une nouvelle dynastie, qui débute par Henri IV, puis Henri V.

En juin 1405 à lieu un débarquement anglais dans le Cotentin. Le 23 novembre 1407, le duc Louis d'Orléans est assassiné par une bande de malfrats masqués. Ses valets et ses gardes, qui l'escortent, sont impuissants à le protéger. Le crime a lieu à Paris, rue Vieille du Temple, dans le quartier du Marais où se tiennent les hôtels et les palais des Grands du royaume et du roi lui-même.

Il trouve la mort en sortant de l'hôtel Barbette où réside la reine Isabeau de Bavière, sa belle-soeur. Celle-ci, encore alerte et séduisante à 39 ans malgré une douzaine de grossesses, préside le Conseil de Régence qui gouverne le pays depuis que le roi a été frappé de folie, quinze ans plus tôt.

La victime participe à ce Conseil de même que son cousin, le duc de Bourgogne Jean sans Peur, et ses oncles, les ducs d'Anjou, de Berry et de Bourbon. Ces princes du sang profitent de la maladie du roi pour mettre le pays en coupe réglée.

Mais, comme dans un roman noir, leur connivence est troublée par la complicité de Louis d'Orléans avec la reine, qui fait craindre à certains que le frère du roi ne prenne le dessus au Conseil. Les rivaux du duc d'Orléans ne se font pas faute de répandre des rumeurs sur l'inconduite d'Isabeau et sur ses relations coupables avec le séduisant Louis.

On va découvrir sans surprise que les meurtriers du prince ont agi sur ordre du duc de Bourgogne Jean sans Peur. Il a 35 ans, comme sa victime, et doit son surnom à sa participation à la bataille de Nicopolis.

Les deux hommes se haïssaient ouvertement. Jean a ajouté une ortie au houblon qui figure sur ses armoiries. Au porc-épic qui illustre les siennes (le porc-épic a la réputation de pouvoir lancer ses épines contre ses ennemis), Louis a alors ajouté un bâton pour battre son adversaire. Jean a derechef introduit... un rabot dans ses armoiries!

La population parisienne, forte de 300.000 âmes, est secouée par le drame et le commanditaire du crime se fait d'abord discret. Puis des rumeurs circulent. La veuve du duc d'Orléans, Valentine Visconti, fille du duc de Milan, n'inspire guère de confiance aux Parisiens. Le duc de Bourgogne est d'autre part très puissant et capable de beaucoup de choses imprévisibles. C'est ainsi que la ville, peu à peu, en arrive à pardonner aux assassins par crainte de plus graves ennuis. Le 23 novembre 1407 Jean sans Peur quitte Paris. Il y reviendra le 23 octobre 1411.

Le 8 mars 1408, dans la grande salle de l'hôtel Saint-Pol, au cœur du Marais, un docteur en Sorbonne justifie hypocritement le meurtre de Louis d'Orléans, rangé au rang des tyrans et des adeptes en sorcellerie! Jean sans Peur pourra ensuite avouer tranquillement son crime.

Par la paix de Chartres le 9 mars1409, Jean sans Peur a le pardon du roi. L'assassinat de la rue Vieille du Temple n'en a pas moins des conséquences dramatiques pour le royaume. Il transforme en guerre ouverte les rivalités entre les factions du duc de Bourgogne et du duc d'Orléans. Le fils de la victime, le poète Charles d'Orléans, demande appui au comte Bernard VII d'Armagnac, dont il a épousé la fille Bonne. Bernard VII est un seigneur brutal et redouté. Il commande à une soldatesque nombreuse, originaire des pays de l'Adour et de la Garonne. Sans trop hésiter, il se met au service de son gendre.

Pour cette raison, les partisans de Charles d'Orléans se font connaître sous le nom d'Armagnacs et pendant des décennies, le malheureux royaume résonnera de la querelle des Armagnacs et des Bourguignons.

Le 18 mai 1412 est signé un traité d'alliance entre les Armagnacs et Henri IV d'Angleterre.

La première manche est gagnée par Jean sans Peur, qui s'est acquis une grande popularité auprès du petit peuple de Paris. Il impose sa domination sur la capitale en s'alliant à une faction populaire commandée par l'écorcheur Simon Caboche, d'où leur appellation de cabochiens ou écorcheurs. Les insurgés n'hésitent pas à attaquer la Bastille et à tuer le prévôt de Paris. Les universitaires en profitent pour préparer une réforme administrative connue sous le nom d'ordonnance cabochienne et qui tend à brider le pouvoir monarchique. Le roi est obligé de convoquer les États généraux en janvier 1413 et de signer l'ordonnance. En signe d'acceptation, il coiffe même le capuchon des cabochiens.

Mais les exactions des Bourguignons et des cabochiens entraînent bientôt les habitants à se soulever et le 27 avril 1413 débute des émeutes contre les Armagnacs à Paris. Les cabochiens sont exterminés et le duc de Bourgogne doit céder la place aux Armagnacs. Le 28 juillet 1413 la paix de Pontoise entre les Armagnacs et les Bourguignons est signée et le 1er 1413 septembre les Armagnacs chassent les Bourguignons de Paris. Le comte Bernard VII se rend maître de Paris et se fait nommer connétable par la reine Isabeau de Bavière.

Ces troubles n'ont pas échappé au nouveau roi d'Angleterre, Henri V de Lancastre. Celui-ci en profite pour reprendre la guerre contre la dynastie rivale des Valois après une interruption de plus de 35 ans. Il a repris son pays, ses vassaux et les Gallois en main. Il s'allie d'abord aux Armagnacs (contre la Bourgogne, dangereuse à cause de la Flandre). Mais les exigences anglaises (restitution de la Normandie, la Flandre, la Bretagne, l'Aquitaine, et la main de la princesse royale Catherine) sont inacceptables pour les Français, et les Anglais changent de bord. Le 23 mai 1414 est signé le traité de Leicester marquant l'alliance entre l'Angleterre et la Bourgogne.

Henri V débarque le 13 août 1415 près de Harfleur avec 1400 navires et un total de 30.000 hommes et obtient la neutralité bourguignonne. Les chevaliers français groupés autour de la faction des Armagnacs vont à sa rencontre pour lui couper la route de Calais. Ils se font battre à Azincourt au nord de la Somme, le 25 octobre 1415. Malgré l'avantage du nombre (50.000 combattants contre 15.000), les Français succombent car ils se montrent indisciplinés. Ils prétendent attaquer à cheval les lignes ennemies derrière lesquelles sont solidement retranchés les archers anglais.

Les chevaliers chargent les archers sans se soucier d'attendre la piétaille. Mais ils sont encombrés par des armures qui atteignent jusqu'à 20 kilos et peinent à se déplacer sur un sol détrempé par la pluie. Dans la panique face aux volées de flèches, beaucoup de chevaliers chutent de cheval et sont faits prisonniers.

La plupart des prisonniers (1700 environ) sont égorgés par les archers sur ordre du roi Henri V qui veut ainsi décapiter la faction des Armagnacs et renforcer ses alliés bourguignons. Les Anglais ne se soucient pas de les garder vivants pour les échanger contre rançon selon l'ancienne coutume féodale .

Le maréchal Boucicaut et le duc Charles d’Orléans, neveu du roi Charles VI et chef des Armagnacs, est fait prisonnier. Il n'est pas égorgé comme ses compagnons d'armes mais devra demeurer 25 ans en Angleterre où il cultivera la poésie. Les Anglais prennent la Normandie. Henri V progresse lentement, ne voulant pas qu'une trop grande agressivité de sa part ne réunifie les Français sur son dos. Le désastre d'Azincourt relance la guerre de Cent Ans après une embellie de 35 ans consécutive aux victoires de Charles V et de son connétable Bertrand Du Guesclin. S'ajoutant aux défaites de Crécy et Poitiers, Azincourt signe la mort de la chevalerie féodale. Le vainqueur d'Azincourt est le fils d'un usurpateur, Henri de Lancastre, qui renversa, emprisonna et fit assassiner le roi Richard II.

Le 1er août 1417 Henri V débarque à Trouville et le 4 septembre 1417 il s'empare de Caen. A Paris, cependant, le mécontentement gronde contre les gens de Bernard VII qui font régner la terreur. Le 29 mai 1418, une violente émeute chasse les Armagnacs de Paris.

Des milliers d'Armagnacs sont massacrés et le comte lui-même est découpé en rondelles. Le dauphin Charles trouve moyen de s'enfuir grâce au prévôt de la capitale. Prenant le titre de régent, il va poursuivre la lutte contre les Anglais à la tête de ce qui reste du parti armagnac. Le 21 septembre 1418 il créé un pouvoir à Bourges pour contrer celui de Paris.

Paris n'en a cure et se soumet une nouvelle fois aux Bourguignons. C'est le triomphe de Jean sans Peur et de ses amis anglais. Le duc manœuvre à sa guise le pitoyable roi de France, Charles VI le Fou, et sa femme, la reine Isabeau de Bavière. Le 19 janvier 1419 la capitulation de Rouen marque la fin de la conquête de la Normandie par Henri V et le 13 juillet 1419 est signé la paix de Pouilly le Fort entre Jean sans Peur et le dauphin.

En effet, après de sanglantes querelles, le duc de Bourgogne Jean sans Peur, et l'héritier du trône de France le dauphin Charles, semblent disposer à mettre fin à leur rivalité qui ruine la France et ne sert que les intérêts du roi d'Angleterre. Ils se donnent rendez-vous sur le pont qui traverse l'Yonne à Montereau pour sceller leur réconciliation, le 10 septembre 1419. Imprudent ou téméraire, Jean sans Peur se rend sans protection armée au rendez-vous. L'atmosphère est tendue. Les compagnons du dauphin gardent rancune au duc pour l'assassinat de Louis d'Orléans, douze ans auparavant.

Le duc s'agenouille avec respect devant le dauphin. Se relevant, il cherche un appui en posant la main sur le pommeau de son épée. Robert de Loire lance au duc: “ Mettez-vous la main à votre épée en la présence de monseigneur le Dauphin ?”. A cause de cette offense, Tanneguy du Chastel frappe le duc d’un coup de hache. Les chevaliers qui entourent le Dauphin l’achèvent. Le dauphin reste impassible. L'assassinat horrifie le pays et ravive la querelle des Armagnacs et des Bourguignons, au grand dam des Français loyalistes.

Le nouveau duc de Bourgogne Philippe le Bon verse définitivement du côté anglais. Le 2 décembre 1419 une alliance est signé entre Philippe le Bon, duc de Bourgogne et Henri V d'Angleterre. Henri V n'en profite pas immédiatement. Il attend que le dauphin soit fini: celui-ci n'a plus de troupes, et sa mère la reine Isabeau déclare qu'il n'est pas le fils du roi. Les Bourguignons mènent le jeu en France. Par le traité de Troyes en 1420, les deux alliés dénient tout droit à la couronne de France au «soi-disant» dauphin. Ils poussent Charles VI et Isabeau de Bavière à renier et déshériter leur propre fils.

Ils conviennent par ailleurs qu'Henri V épousera Catherine, la fille de Charles VI de Valois et d'Isabeau de Bavière. Il sera à ce titre le seul héritier de la couronne.

Le 1er décembre 1420, Henri V fait une entrée triomphale à Paris en compagnie du roi Charles VI. L'université et les états généraux de langue d'oïl lui apportent leur soutien en enregistrant le traité de Troyes. C’est le 3 janvier 1421 que le dauphin est banni du royaume, mais celui-ci remporte la victoire de Baugé sur les Écossais et sur les Anglais le 22 mars 1421. Le 8 mai 1421 Charles et le duc Jean V de Bretagne scellent une alliance.

L'empereur d'Allemagne, Sigismond, arbitre aussi en faveur de l'Anglais dans la rivalité dynastique qui partage la France.

Les deux rois meurent en 1422 Henri V à Vincennes le 31 août, puis Charles VI le 21 octobre. On ne sait quelle affection emporte le roi Charles VI, qui meurt à cinquante-quatre ans. Alors qu’il a perdu la raison des années plus tôt, le roi est lucide au moment de mourir. Peu avant de rendre l’âme, il dit à sa fille Marguerite: “Ma fille, je te donne… Mais j’oublie que le roi de France ne possède plus rien !… Il ne peut plus donner que sa bénédiction”. Ce même jour, le fils d'Henri et Catherine, à peine âgé de dix mois, est comme prévu proclamé roi de France et d'Angleterre sous le nom d'Henri VI. Son oncle le duc de Bedford assure la régence en France. Humphrey, duc de Gloucester est nommé régent d'Angleterre. Le 30 octobre 1422 le dauphin Charles se proclame roi à Bourges et le 11 novembre 1422 Henri VI est proclamé roi de France et d'Angleterre

 

La France en 1420

 

La France est désormais divisée entre les possessions anglaises (dont Paris), les possessions bourguignonnes et les provinces du Midi restées fidèles au «petit roi de Bourges».

Ce dernier, qui s'est auto proclamé Charles VII, ne croit guère en ses chances de survie. Il se remet mal de l'accusation de lèse-majesté et de parricide dans le crime de Montereau et doute même de sa filiation. La situation de Charles VII est presque désespérée. Les Anglais, auxquels Isabeau de Bavière, mère du Dauphin, a donné le royaume de France lors du traité de Troyes, sont à Paris.

En janvier 1423 Charles VII prend Meulan. Mais le 30 juillet 1423 les Bourguignons et les Anglais remporte une victoire sur Charles VII à Cravan. Puis le 26 septembre 1423 Charles VII est vainqueur à La Gravelle et en novembre 1423 il envahit Compiègne. Le 17 août 1424 à Verneuil-sur-Avre ce sont des troupes disparates qui au nom du Dauphin font face à celles du duc de Bedford. Auprès des bandes d’Etienne de Vignolles, qu’on appelle La Hire, du comte d’Aumale, il y a là des Lombards, des Piémontais et qui plus est quelques Écossais, des Anglais même et des Normands. A peine la bataille s’engage-t-elle que les Lombards et les Piémontais se débandent. Les flèches des archers anglais pleuvent. Les Écossais sont massacrés. Aumale est tué. En quelques heures, l’armée du roi de France n’est plus rien. Fort du grenier à grain qu'est la Normandie, Jean de Lancastre, duc de Bedford, encouragé par deux récentes victoires sur l'armée de Charles, à Cravant et Verneuil conscient de sa supériorité de combat pousse son avantage en Beauce et vient mettre le siège devant la ville stratégique d'Orléans afin de s'ouvrir la route vers Bourges.

Au bout de six mois de siège héroïque, Orléans sera investie par les anglais, tandis que le dauphin Charles préférera transférer sa cour à Chinon.

Seuls résistent le Mont Saint-Michel à l'ouest et la châtellenie de Vaucouleurs à l'est. Le 28 septembre 1424 Charles VII signe une trêve avec le duc de Bourgogne.

Mais le 7 octobre 1425 par le traité de Saumur, quoiqu’il ne soit encore que Dauphin et que son royaume soit dérisoirement appelé le royaume de Bourges, Charles VII, reçoit l’hommage du duc de Bretagne Jean V. Il reste au jeune Dauphin d’autres cartes: les seigneurs du Sud haïssent les Anglais; les comtes de Foix et d'Armagnac, le Languedoc, le Lyonnais, les bandes des Gascons qui effraient tant les Parisiens lui sont fidèles, ainsi que Dunois, fils illégitime de Louis d'Orléans. Par haine des Anglais, les États Généraux locaux votent des fonds. Parallèlement, la population de la zone occupée rejette à nouveau les Anglais, qui continuent la guerre et maintiennent les impôts. Des troubles éclatent. Les Anglais sont trop peu nombreux pour tenir très longtemps, et décident d'éliminer définitivement le royaume de Bourges.

Ce n'est pas suffisant; bien d'autres puissants seigneurs sont alliés aux Anglais ou prisonniers en Angleterre (dont le fils de Louis d'Orléans, le duc poète Charles d'Orléans, père du futur Louis XII). On peut penser que la France et l'Angleterre n'auront bientôt plus qu'un seul roi... Mais le destin en décidera autrement par la grâce d'une bergère lorraine, Jeanne d'Arc.

La guerre entre les Anglais et le roi Charles VII va désormais prendre le pas sur le reste. Elle se terminera avec la bataille de Castillon, près de Bordeaux, le 17 juillet 1453. La querelle des Armagnacs et des Bourguignons trouvera son épilogue en 1435 avec le traité d'Arras. La lutte reprendra une génération plus tard entre le roi de France Louis XI et la Bourgogne riche et puissante du duc Charles le Téméraire, fils de Philippe le Bon.

La mort pitoyable du duc en 1477 et l'annexion de son duché au royaume y mettront un terme définitif.

 

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