personnages du 14ème

 

 

Retrouvez tout les personnages qui ont marqué ce 14ème siècle

Marguerite de Bourgogne - Raymond Lulle - Marco Polo - Dante Alighieri - Gilles Li Muisis - Innocent VI - Louis X Le Hutin - Clément VI - Philippe V Le Long - Charles IV Le Bel - Philippe VI De Valois - Francesco Pétrarque - Alvarez Carillo Gil de Albornoz - Jean II Le Bon - Bertrand Du Guesclin - Nicolas ou Nicole Oresme - Jeanne d'Anjou - Philippe De Mézières - Grégoire XI - Jean Froissart - Charles V Le Sage - Jean de France, duc de Berry - Sainte Catherine de Sienne - St Vincent Ferrer - Pierre d’Ailly - Jean Charlier - Christine de Pisan - Philippe le Hardy - Jean Sans Peur - Louis D’Orléans - Charles VI - Isabeau De Bavière -
 

 

Marguerite de Bourgogne

 

 

Fille du Duc Eudes de Bourgogne et héritière du comté de Tonnerre, Marguerite avait épousé Charles 1er d’Anjou, frère de Saint Louis. Ce Prince ambitieux avait conquis, avec l’aide de la papauté, le royaume de Naples, de Sicile et de Jérusalem. Il avait une cour à Naples, où brillait dans des parures somptueuse sa jolie deuxième épouse, Marguerite. Il s’était en effet marié une première fois avec Béatrice De Provence. L’aventure sicilienne s’était achevée par les « Vêpres siciliennes » en 1282, où 8 000 soldats français avaient été massacrés sur ordre du roi d’Aragon. Veuve trois années plus tard, sans enfants, Marguerite se retire à Tonnerre en 1287, auréolée des titres de reine de Naples et de Sicile, en compagnie de deux de ses parents : Marguerite de Beaumont, princesse d’Antioche et comtesse de Tripoli et Catherine de Courtenay, impératrice titulaire de Constantinople. Ces dames résidaient au château de Tonnerre et s’occupaient à des exercices de prière et de charité.

Est-ce pour le repos de l’âme de son époux, qui avait fait tuer Frédéric d’Autriche et Conradin de Hohenstaufen, prétendant au trône de Naples, qu’elle décida la construction de l’hôpital des Fontenilles le monument le plus célèbre de la ville de Tonnerre, La charte de fondation ne le précise pas, mais l’obit de son mari figure bien dans le nécrologe conservé aux archives de l’hôpital.

Dans l’acte de fondation, elle détermine avec précision non seulement l’emplacement du futur édifice dont elle va financer la construction, mais aussi son fonctionnement. Il existait déjà auparavant à Tonnerre quelques établissements charitables comme la Maison Dieu chargée d’accueillir pour la nuit les pèlerins sur la route de Saint-Jacques-de-Compostelle, la maladrerie Saint-Blaise, qui recevait les lépreux de la ville, ou l’hospice Saint-Antoine.

Mais l’hôpital des Fontenilles, placé sous la protection de la Vierge, doit avant tout exercer les sept oeuvres de miséricorde, à savoir : " bailler à manger à ceux qui auront faim, bailler à boire à ceux qui auront soif, recevoir étrangers et pèlerins, les héberger, vêtir les nus, visiter les malades, consoler les prisonniers et ensevelir les morts ".

Le personnel était limité à vingt, sous la tutelle du maître de l’hôpital, dont le premier fut le propre confesseur de la reine, Robert de Luzarche. La reine abandonna des biens importants à l’hôpital, susceptibles de lui fournir des revenus suffisants pour satisfaire à ces tâches. Le Moyen Age Tonnerrois reste avant tout marqué par la noble et belle figure de Marguerite de Bourgogne.

 

Raymond Lulle, 1235-1315

 

 

Pour l’Inquisition, Raymond Lulle fut un hérétique, pour l’école franciscaine, il fut un saint, de son propre aveu il fut un "procureur des infidèles ". Aujourd’hui, il apparaît comme un philosophe et un penseur mystique à l’intersection de trois cultures : arabe, juive, chrétienne. Né à Majorque d’une famille noble, Raymond Lulle vit à la Cour dès l’âge de douze ans. Ardent et plein d’imagination, il se livre jusqu’à trente ans aux plus vives passions amoureuses et littéraires.

Bouleversé par une vision, il décide d’expier ses fautes en ranimant la religion chrétienne en Occident et en la portant chez les musulmans. Son projet est triple :

· écrire des livres stigmatisant les erreurs des infidèles,

· fonder des collèges de langues orientales,

· évangéliser les musulmans.

En 1266, il vend ses biens, entre dans l’ordre de saint François et se bâtit à Randa, dans le royaume de Majorque, une cabane où il se consacre pendant neuf ans à la pénitence et à l’étude philosophique. Il obtient la fondation d’un couvent de Frères mineurs, qui y apprennent l’arabe pour aller prêcher l’Évangile aux musulmans. Lui-même apprend l’arabe et l’hébreu, tout en prônant le latin comme langue universelle. Il propose d’organiser une croisade décisive et part lui-même en guerre contre Averroès.

Après d’innombrables péripéties et naufrages sur les rives orientales et méridionales de la Méditerranée, il vient à Paris où il passionne la jeunesse par son enseignement.

En 1311, il obtient du concile de Vienne la création de collèges enseignant l’hébreu, l’arabe et le chaldéen. Il veut susciter entre savants musulmans, orthodoxes et catholiques des rencontres qu’il espère profitables à l’unification du monde dont il rêve.

De retour dans son pays il rédige son oeuvre principale, “l’Arbor scientiae” avec ces seize arbres, on peut connaître toutes les sciences , reprise pédagogique de son premier "Ars magna ".

À quatre-vingts ans il part, seul, pour sa dernière croisade intellectuelle. De Jérusalem, il se rend en Égypte, en Tunisie, en Algérie, pour prêcher contre Mahomet. La légende en a fait un martyr, lapidé sur ordre du roi par les habitants de Bougie. Il s’est probablement éteint plus paisiblement dans son île natale.

 

Marco Polo (1254-1324)

 

 

Marco a 15 ans lorsque son père Niccolo et son oncle Matteo reviennent d'un long voyage aux confins de la Chine. Les deux marchands ont pu traverser la Russie méridionale et l’Asie continentale dans une relative sécurité, toutes ces contrées ayant été conquises et unifiées quelques décennies plus tôt par Gengis Khan et ses terribles guerriers mongols.

L'empire chinois obéit lui-même à un petit-fils du conquérant mongol, Kubilai Khan. Celui-ci charge les deux marchands vénitiens de lui ramener des missionnaires chrétiens.

A peine revenus dans leur patrie, les frères Polo repartent donc pour la Chine avec un message du pape. Ils emmènent avec eux le jeune Marco. Les missionnaires dominicains n'auront pas le courage de dépasser la Méditerranée. Kubilai Khan reçoit les trois voyageurs avec les honneurs. Marco devient un familier de l'empereur et obtient même le gouvernement d'une ville. Il effectue maints voyages qui lui permettent d'apprécier les richesses de l'Extrême-Orient et l'art de gouverner des Mongols.

Marco Polo dévoile des informations sur des contrées inconnues des Européens de son temps, comme Cipango (dont nous vient le mot... Japon). Il découvre aussi les pâtes de blé dur qui seront adoptées avec ferveur par ses compatriotes. Ses souvenirs font état d'un monde merveilleux où abondent les pierreries, les épices et les soieries mais aussi les belles dames, les palais rutilants et des bêtes monstrueuses.

Quelques précurseurs l'avaient précédé sans atteindre à sa notoriété, comme Jean du Plan de Carpin qui parcourût l'Asie Centrale du 16 avril 1245 au 9 juin 1247 et William de Rubruk qui en fit autant du 7 mai 1253 au 6 juin 1255.

Les Polo quittent enfin l'empereur avec quantité de cadeaux et se rendent en bateau à Ormuz, sur la côte perse. Fait prisonnier en 1295 au cours d'un combat naval entre Gênes et Venise, Marco Polo a pu dicter ses souvenirs à son compagnon de cellule, un certain Rustichello de Pise, qui en a de suite perçu l'intérêt littéraire. Ils regagnent Venise en 1295, après une absence de 24 ans.

C’est le 8 janvier 1324, que meurt Marco Polo à 70 ans, le marchand vénitien s'est déjà acquis en Europe une immense célébrité en raison de ses récits de voyage à la cour de l'empereur de Chine.

Le compte rendu a été publié en français sous le titre «Le livre des Merveilles du Monde» (1298). Mêlant le merveilleux et l'inhabituel, il a fait rêver les Européens du Moyen Age et a valu à son auteur le surnom de Messer Millione en raison de ses exagérations.

Il faudra attendre plus d'un siècle avant que d'autres voyageurs ne se lancent sur les traces des Vénitiens. Mais ces nouveaux aventuriers, comme Vasco de Gama et Christophe Colomb, préféreront la voie maritime à la voie terrestre.

C'est qu’entre-temps, l'irruption des Turcs et la chute de l'empire byzantin ont rendu très difficile aux chrétiens la possibilité de suivre l'antique «route de la Soie», de Constantinople à Pékin via l'actuel Turkestan.

 

Dante Alighieri 1265-1321

 

 

Dante vécut dans un climat de luttes sociales et de guerres régionales, où l'empire et la papauté constituaient des pôles d'engagement ou des prétextes d'alliance plus que des causes embrassées pour elles-mêmes. Quand il naquit, sa ville était depuis cinq ans aux mains des gibelins, qui en avaient chassé les guelfes; en 1266, Florence repassait aux mains de ces derniers, et les gibelins en étaient expulsés à leur tour, perdant à jamais la partie. Les guelfes allaient se diviser un peu plus tard en Noirs et Blancs, et c'est comme Blanc que Dante devait être un jour proscrit.

C'est pendant son exil que Dante écrivit la Comédie à laquelle l'admiration de la postérité ajouta l'épithète "divine", et dont le titre définit,  suivant les catégories littéraires d'alors, avec un style moins noble et soutenu que celui de la tragédie et dont le modèle est l'Énéide de Virgile. C'est un poème de l'imminence au regard du destin du monde, des chances de l'homme dans cette vie, et non seulement dans une autre, des anxiétés aussi que fait peser sur la conscience collective l'appréhension d'une "fin des temps".

Cette Comédie forme un récit vivant qui absorbe et renvoie à tout instant au dernier "vécu". Entre le centre de la Terre, où Lucifer, dans sa ténébreuse prison de glace, occupe la pointe de l'immense excavation en cône renversé qui contient l'Enfer et l'Empyrée, où Dieu est perçu comme un océan de lumière. Plus sensible que toutes est l'amplification résolue qui,  après la force pathétique et l'intensité expressionniste de l'Enfer,  s'accentue avec l'émotion plus élégiaque et plus pénétrante du Purgatoire et aboutit au miraculeux triomphe de l'imaginaire dans le Paradis.

Dante convertit son aveu d'impuissance en un prodige de poésie,  qui ouvre justement sur l'inexprimable les perspectives infinies que son imagination pressent.  Des trois "cantiques",  c'est l'Enfer qui est le plus connu,  le plus populaire peut-on dire. Le goût du pittoresque,  répandu par la critique romantique,  y est pour beaucoup.   Dante avait pourtant la conviction,  maintes fois affirmée dans son poème,  qu'en s'élevant d'un royaume à l'autre,  il élevait chaque fois sa poésie par un dépassement de niveau qui la rendait digne d'une matière sans cesse plus "haute".   Ce n'est qu'en l'embrassant en son entier,  par une lecture qui ne s'arrête pas aux moindres détails d'époque,  qu'on peut y percevoir tout à fait la puissance et

le prix de la poésie de l'ineffable auprès de celle du concret, saisi avec le plus violent réalisme. C'est pourquoi le Paradis ne doit pas être considéré seulement comme la troisième section du poème, mais comme sa conclusion. Dante sera beaucoup plus en faveur au 19ème siècle qu'au cours des trois siècles précédents.

 

GILLES LI MUISIS, Tournai, 1272-1352

Chroniqueur et poète wallon

 

 

Abbé de Saint-Martin à Tournai en 1331, il fréquenta l'université de Paris et devint intime de Dante. Il composa des poèmes religieux et moraux, plusieurs revues des "états", c'est à dire des conditions sociales, et une chronique en latin, qui témoignent d'un réalisme savoureux.

Il se signalera par des propos misogynes dans ses Annales où l'on peut lire : "Pleurer, parler, filer, femmes l'ont de nature"

ou encore, " Assez plus que les femmes on doit hommes reprendre. Car ils doivent les femmes endoctriner et apprendre."

Dans sa chronique il évoqua la peste ou feu sacré ou il dénombrait, 25000 victimes alors que la ville ne devait pas en compter plus de 20000. Il évoque également la famine dans sa chronique comme dans cet extrait transposé en français contemporain : "La même année (1316), il y eut une telle pénurie de vin en France que l'on ne buvait à Tournai que des vins de Saint-Jean. Cette année-là aussi après la disparition du roi Louis, en raison des pluies torrentielles et du fait que les biens de la terre furent récoltés dans de mauvaises conditions et détruits en maints endroits, il se produisit une disette de blé et de sel telle que la rasière de sel était vendue 6 livres ; et la disette augmentait de jour en jour, vers le milieu l'année de 1316, la pénurie et la disette avaient augmenté et il y eut dans nos régions des intempéries et des désordres atmosphériques ; la rasière de blé se vendait 60 sous, la rasière d'avoine 27 sous, la rasière de pois 45 sous et encore à peine pouvait-on s'en procurer pour de l'argent. Et le peuple commença en bien des endroits à manger peu de pain, parce qu'il n'y en avait pas et beaucoup mélangeaient comme ils le pouvaient des fèves, de l'orge, des vesces et tous les grains qu'ils réussissaient à se procurer et ils en faisaient du pain qu'ils mangeaient. En raison des intempéries et de la famine intense, les corps commencèrent à s'affaiblir et les infirmités à se développer et il en résulta une mortalité si forte qu'aucun être alors vivant n'en avait jamais vu de semblable ou n'en avait entendu parler. Je certifie qu'à Tournai il mourait chaque jour tant de personnes, hommes et femmes, appartenant aux classes dirigeantes, moyennes et pauvres que l'air en était pour ainsi dire complètement corrompu et que les prêtres des paroisses ne savaient souvent de quel côté se tourner. De pauvres mendiants mouraient en si grand nombre dans les rues, sur les fumiers et partout que les conseillers de la cité donnèrent l'ordre et confièrent le soin à certains de porter les corps pour les ensevelir en deçà de l'Escaut à Val de la Vigne et au-delà de l'Escaut dans un lieu appelé Folais, et pour chaque personne ensevelie un salaire déterminé était versé."

 

Innocent VI (Etienne Aubert)

Pape de 1352 à 1362

 

 

Etienne Aubert est né aux Monts de Beys sac, en Corrèze, en 1282. Sa famille figure parmi les premiers bienfaiteurs de la chartreuse de Glandier dès 1220. Etienne Aubert fera preuve de plus de moralité que son prédécesseur. Il réduit le train de vie de la curie; les aspirants aux charges doivent fournir les preuves de leurs aptitudes. Il rétablit la discipline chez les Franciscains et n'hésite pas à confier les plus réticents à l'Inquisition, ce qui lui vaudra les foudres de Brigitte de Suède. Afin de préparer le retour de la papauté à Rome, il donne au palais pontifical romain sa forme actuelle

Il renoua avec l'austérité de Benoît XII, de toute façon, aurait-il voulu qu'il en soit autrement, le trésor pontifical n'existait plus, en 1358, il fut même obligé de vendre argenterie et bijoux personnels. Maladroite, sa politique ne connut pas un grand succès.

De plus, c'est l'époque des grandes compagnies, qui coûtent si cher à Avignon et qui lui feront construire les remparts, de la famine et la peste qui ravagent à nouveau la ville. Accablé par tant de soucis, Innocent VI déclina rapidement et mourut le 12 septembre 1362. Son tombeau est situé à la Chartreuse de Villeneuve les Avignon, qu'il fonda en 1356, à l'emplacement de sa livrée.

 

Louis X Le Hutin (4 octobre 1289-5 juillet 1316)

Roi de Navarre (1305-1316), roi de France (1314 -1316)

 

 

Son surnom le Hutin signifie le querelleur. Fils aîné de Philippe le Bel et de Jeanne de Navarre, Louis X hérite d’un domaine agrandi par la Champagne et le royaume de Navarre, d’une souveraineté renforcée, mais aussi des problèmes qui ont freiné l’action de son père à la fin de son règne. Louis X avait 24 ans lorsque son père mourut. Il épousa Marguerite, fille de Robert II duc de Bourgogne, en 1305. Son avènement favorise une recrudescence de l’agitation. Il lutta contre la révolte des seigneurs, les grands du royaume ayant signifié leur désaccord à la mise en place des légistes dans le royaume qui, peu à peu, les privaient de pouvoirs et même d’influence. Les caisses de l'État étaient vides, Charles de Valois obtient que l’un des plus fidèles conseillers de Philippe IV le Bel, Enguerrand de Marigny, soit exécuté. Louis X le fit juger. Enguerrand de Marigny l'ancien surintendant aux finances se défendit en accusant les dépenses excessives de Philippe IV. Néanmoins Louis X le fit pendre avec une série de conseillers de l'ancien régime.

Le 11 juillet 1315, Louis se procura alors de l'argent en vendant des chartes d'affranchissement aux serfs du domaine royal et en autorisant la retour de familles lombardes et juives. Celles-ci avaient été chassées par Philippe le Bel de France en 1306, Louis leur fit miroiter non seulement le droit de faire commerce, mais leur proposa même d'acheter des terres, moyennant finances et conversion pour ceux qui souhaitaient s'installer définitivement. A peine installés les biens des juifs furent à nouveau confisqués et les familles juives obligées de repasser au-delà des frontières du royaume. En 1315 il crée la gabelle (impôt sur le sel).

L’expansion de la société féodale du 11ème au 13ème siècle atteint alors ses limites. La crise de subsistance de 1315 à 1317 marque le retournement de la conjoncture. Des milliers de personnes meurent de faim dans le nord du royaume. La hausse des prix, encore accélérée par la crise, provoque un mécontentement général. Les revendications sont surtout politiques. La petite noblesse en est le moteur. Des ligues, constituées dès 1314, pays par pays, présentent leurs doléances dans de longs rouleaux. Les nobles ruinés par la hausse des prix, n’admettent pas que l’administration royale locale empiète sur leurs pouvoirs et réduise leurs finances. Plutôt que de briser la résistance, Louis X choisit de négocier. Avec habileté, il met les abus sur le compte des officiers royaux et joue sur les particularismes locaux. Il octroie ainsi une série de chartes provinciales aux Picards, aux Bourguignons, aux Champenois dans lesquelles il prend soin de réserver ses droits de roi. Le mouvement, peu cohérent, est vite désamorcé. Ces concessions lui permettent d’obtenir l’appui dont il a besoin pour mâter le comte de Flandre qui refuse de rendre hommage au roi. Mais, si ses troupes entrent en Flandre, c’est pour s’y embourber et n’y rien obtenir.

En 1314 Marguerite, épousée en 1305, est mêlée au scandale de la tour de Nesle, accusée d’adultère elle est emprisonnée à Château Gaillard, où elle y meurt, étouffée dans des conditions mystérieuses. Le roi épouse alors Clémence de Hongrie.

Louis X, aux yeux de l’opinion largement informée, apparaît plutôt comme un roi fragile et malchanceux. En fait, face à une situation économique et politique difficile, l’apparente résignation du roi le sert. Louis X n'a pas du tout la carrure de son père, n’a pas non plus le temps de l’acquérir, et ses deux frères qui régneront après lui n'auront pas le temps de redresser la situation. La réaction est toute puissante et le trésor à sec.

Louis X meurt après seize mois de règne d'une pneumonie le 5 juin 1316. Louis a vingt-sept ans. Son épouse, Clémence de Hongrie, est enceinte de cinq mois. Elle accouchera le 15 novembre de la même année d’un fils, Jean Ier qui meurt quatre jours plus tard. Le frère cadet du roi défunt, Philippe de Poitiers, monte sur le trône et devient Philippe V le Long. Louis X est le premier Capétien à ne pas laisser d’héritier mâle. Le règne de Louis X marque le pas dans les progrès de la monarchie Même si le dialogue du roi et de la nation est devenu nécessaire. La fin de son règne aura été marqué par une période de réaction violente sur un arrière-plan de crise.

 

Clément VI (1291-1352), de son nom Pierre Roger de Beaufort,

Pape de 1342 à 1352

 

 

De petite noblesse, il est né dans le château de Maumont, sur le territoire de l'actuelle commune de Rosiers d'Égletons en Corrèze en 1290 ou 1291. Il sera le premier pape de la Nation Limousine. À l'âge de dix ans il entre au monastère bénédictin de La Chaise-Dieu (Haute-Loire), où il fait son éducation religieuse. Puis, il part étudier à Paris ou il devint professeur. Son introduction auprès du pape Jean XXII par le Cardinal Pierre Grouin de Mortemart, lui permet de s’élevé rapidement dans la hiérarchie ecclésiastique. Après de brillantes études il est abbé à Fécamp en Normandie, puis il devient évêque d’Arras et chancelier de France en 1328. Promu archevêque de Sens en 1329, puis de Rouen en 1330. ce grand orateur joua un grand rôle diplomatique et devint cardinal en 1338 avant d'être élu pape le 7 mai, 1342. Il dira après son élection: "Je planterai dans l'Église de Dieu un tel rosier de limousin, qu'après cent ans il aura encore des racines et des boutons". Dès lors, on parle limousin à la cour pontificale. Un des traits caractéristiques de sa politique menée à la tête de l'église était surtout dictée par sa dévotion excessive à ses parents et des intérêts de la France. Mais ses sympathies profrançaises ont entravées ses efforts en faveur de la paix entre l'Angleterre et la France, même si sa médiation a pu permettre à la conclusion d'une trêve générale courte dite trêve de Malestroit en 1343. La plupart des vingt-cinq cardinaux qu'il nomma étaient français, et douze d'entre eux lui étaient très liées. Il a décrété la célébration d'un jubilé chaque cinquante ans, au lieu de cent en 1343. Par contre il a refusé l’invitation de retourner à Rome. Sa tentative de renforcer le parti Guelph en Italie a rencontré l'échec, et l’a contraint de céder la ville de Bologne à l'Archevêque de Milan pour une période de douze ans.

Clément prit une grande part au conflit existant entre la papauté et l'empereur Louis le bavarois. En effet, le précédent empereur avait offensé les sentiments religieux de plusieurs chrétiens par l’annulation arbitraire du mariage de Marguerite des prés Maultasch, héritière du Tyrol, et d’Henri, prince de Bohême. Le mécontentement populaire fut encore plus fort lorsque l'empereur Louis a autorisé son propre fils à épouser la même princesse. Devant la monté du mécontentement Louis était prêt à faire les plus grandes concessions au pape. D’ailleurs, dans une lettre de septembre 1343, il reconnaît sa prétention illégale au titre impérial, avoue sa bonne volonté d’annulé tous ses actes impériaux et de se soumettre à n'importe quelle pénalité papal. Néanmoins il souhaite être reconnu comme roi des Romains. Clément accepta et exigea comme condition qu'aucune loi ne devrait être décrétée dans l'empire sans sanction papal, que la force obligatoire des arrêtés royaux promulgués de Louis devrait être suspendue jusqu'à confirmation par le Saint-siège, qu'il dépose tous les évêques et abbés appelés par lui seul, et écarte toute réclamation à la souveraineté des états, de Sicile, de la Sardaigne, et de la Corse. Louis soumit les demandes du pape à la considération des princes allemands, à un moment où le sentiment anti-papal était très haut en Allemagne, en raison de la séparation de l'Archevêché de Prague de la province ecclésiastique de Mayence qui fut effectif le 30 avril 1344. De ce fait, les princes les ont déclarés inacceptables, mais ont également parlé de la nécessité d'élire un nouveau roi à la place de Louis, dont le règne avait été si désastreux à l'empire.

En 1343 Édouard III roi d’Angleterre c’est énergiquement plaint des exactions de la cour d'Avignon, et en la règle selon lequel le roi se réserve le droit de la présentation dans tous les cas des nominations papal fut instituée dans ce pays. Vers 1344 Clément VI accorda la souveraineté des îles Canaries au prince castillan Louis de la Cerda, à condition qu'aucune autre règle chrétienne n’existe dans cette possession.

Le nouveau souverain, qui pris le titre de prince de Fortunia, accepta. Cependant il ne pu prendre la possession efficace du territoire, qui ne fut pas converti de manière permanente, quoiqu'un évêque spécial (le Carmélite Bernard) ait été appelé sur les îles en 1351. les tentatives du pape de réunir les Grecs et des Arméniens à l'église romaine non pu aboutir. Charles du Luxembourg, candidat du pape et un de ses anciens élèves, fut élu roi de l'Allemagne le 11 juillet,

Clément VI le 7 avril 1346 déposait henry de Virneburg, de sa fonction d’archevêque de Mayence et partisan ardent de l'empereur louis et appela a sa place Gerlach de Nassau le 13 avril .Par ailleurs il invitait les électeurs à donner un successeur à l’empereur Louis. En 1346 Charles fut élu sous le nom de Charles IV. Ce dernier accepta pratiquement toutes les demandes papal, mais son autorité ne pu s’étendre dans l'ensemble de l'Allemagne.

Le pays était au bord de la guerre civile, quand Louis le bavarois meurt subitement près de Munich le11 octobre, 1347. L'opposition de Günther de Schwartzenburg à Charles IV fut de courte durée.

Clément VI s'entoura d'une cour nombreuse et brillante. Les dames de sa famille, présentes à Avignon, auront comme le souverain pontife, le privilège de porter de la fourrure d'hermine. Il fut un fervent soutien des arts et des lettres, un amoureux des banquets et des réceptions brillantes, auxquelles les dames étaient librement admises. Il aimait le faste. Il attira les artistes et les savants et fit construire et décorer la plus belle partie du Palais. Il acheta, à prix d'or, Avignon et le Comtat à la comtesse de Provence qui était aussi reine de Naples et de Sicile. Les dépenses lourdes engendrées par ce train de vie épuisèrent les fonds que Benoît XII avait économisé pour son successeur. Pour permettre de nouvelles sources de revenu, en l'absence du revenu ordinaire des états et de l'église, des impôts nouveaux ont été imposés. Ces démarches arbitraires ont mené à la résistance dans plusieurs pays.

Ce pape laissa un pontificat contester par le fait de son soutien actif à la politique du roi de France et par le népotisme brut de son règne. Clément VI était néanmoins un protecteur des opprimés. Son courage et sa charité sont de façon saisissante apparus lors de la peste noire à Avignon de 1348 à 1349. En effet, le souverain pontife rémunère plusieurs milliers de médecins, dont le sien personnel venu de Tulle, pour juguler l'épidémie, organise l'enlèvement des cadavres et leur ensevelissement avec une sépulture décente, dans un champ en dehors de la ville. Alors que dans beaucoup de pays, les nombreux juifs étaient massacrés par la population en tant que responsable de la peste, clément VI dans une bulle dénonçait ces massacre et permis à de nombreux persécuté de trouver refuge dans son petit état.

Il canonisa en juin 1347 l'avocat des orphelins Yvon de Tréguier, décédé en 1303. Il condamna les Flagellants, et en 1351 défendit courageusement les frères mendiants contre les accusations de quelques prélats séculaires. Plusieurs de ses sermons ont été préservé démontrant l’instruction de ce pape et son éloquence de tribun. Il est le quatrième pape à résider à Avignon. C'est sous son pontificat que le célèbre palais des papes sera achevé.

Il mourut le 6 décembre, 1352 à Avignon, son corps fut transféré à La Chaise-Dieu où il avait fait sa profession de foi.

 

Philippe V Le Long (1294-2 janvier 1322)

Roi de France et de Navarre (1316-1322)

 

 

Frère de Louis X, deuxième fils de Philippe le Bel et de Jeanne de Navarre. En 1307 il épouse Jeanne de Bourgogne, d'abord promise à Louis, lorsqu'il n'avait que 13 ans et pendant deux ans il fût conduit en visite chez sa femme par son précepteur. Il ne pourra consommer son mariage qu'en 1308 ou 1309. Une première fille naîtra en octobre 1310, Isabelle. En 1311 il fut fait comte de Poitiers par son père. Dans la nuit du 2 au 3 juin 1313, en présence du roi d’Angleterre, il fut fait chevalier

En attendant la naissance de l'héritier de Louis X le Hutin, il se déclare régent du royaume en mai 1316. Après la mort de Jean Ier le 19 novembre 1316 Philippe V le Long, commence de régner et est sacré roi à Reims.

Dès le 9 janvier 1317, Ce sacre provoque la colère de son frère, Charles de La Marche, et de Eudes IV, duc de Bourgogne, qui soutiennent qu’il revient à la fille de Louis X de monter sur le trône et ils affirment qu'on ne doit pas couronner un nouveau roi, avant d'examiner les droits au trône de la petite princesse Jeanne fille de Louis X et de Marguerite de Bourgogne. " Femme n'existe pas en ce royaume de France " lui répond-on, bien qu'aucune loi n'existe à ce sujet.

Le 2 février 1317, aux deuxièmes États Généraux il fut convenu qu'aucune femme ne pourra succéder au trône de France. La vieille loi salique resurgissait ! Philippe V est un Lettré, il a le sens du pouvoir. Son esprit de décision l’emporte sur les oppositions qu’il rencontre.

En 1318 Le diffèrent opposant le duc de Bourgogne au roi Philippe, et concernant toujours les droits de la princesse Jeanne, est aplani . Celui-ci épousera une fille de Philippe V. Quant à la fille de Louis X le Hutin elle renonce a la succession de la couronne de France, mais elle conserve ses droits sur la Navarre en épousant Philippe d'Évreux, cousin du roi. La querelle de succession s’apaise définitivement, lorsque meurt le fils de Philippe et que cette mort fait de Charles l’héritier du trône.

À l’intérieur, Philippe V tout en confirmant les chartes provinciales accordées par son frère, centralise les institutions pour les rendre plus efficaces. En 1319 la première affirmation du droit de remontrance est exercée par le parlement. En janvier 1320, l'ordonnance de Vivier en Brie fixe le statut définitif de la cour des comptes. Dans le même temps, il institue la même année l'autonomie de la Cour des comptes, met en place des milices urbaines, organise l’Hôtel du roi et le Conseil.

Au Trésor, à Paris, convergent les recettes. Le roi tente, malgré l’opposition des seigneurs du Midi, d’imposer une monnaie commune dans l’ensemble du royaume. Mais, pour mener à bien sa tâche, il lui faut compter avec les ambitions des grands et l’avis des assemblées d’états. Vingt-quatre grands seigneurs siègent en priorité au Conseil où ils contrôlent la nomination des baillis et des sénéchaux, les donations et les mouvements de fonds. Mais, surtout, aucun progrès de l’État n’est possible sans l’accord des assemblées. Soit générales, soit partielles, celles-ci consentent aux impôts. Bureaucratisation galopante, train de vie accru, hausse vertigineuse des prix : les revenus tirés du domaine royal ne suffisent plus. La crise économique se résorbe lentement.

À l’extérieur en 1320, il règle par la paix le problème flamand le 2 juin. Philippe V encourage l’action de l’Inquisition qui réprime l’hérésie dans le midi et persécute les Juifs. Le pays connaît les révoltes de la misère, celle des pastoureaux, notamment, paysans déracinés et jeunes qui se font tailler en pièces dans une répression violente, comme les juifs et les lépreux qui sont autant de boucs émissaires. Philippe V, plus que ses prédécesseurs, est obligé de demander le consentement de ses sujets pour mettre en place une politique de revenus extraordinaires. Ces procédés, nourris aux idées démocratiques, favorisent le développement de l’opinion publique. Les assemblées d’états se mêlent aussi des affaires essentielles du royaume. C’est au cours de leurs discussions que naît l’idée de réformer le royaume. Passéiste, leur idéal est celui d’un retour à l’âge d’or du « bon roi Saint Louis ». Ainsi s’amorcent les principales revendications politiques du XIVème siècle.

En août 1321, revenant d'un voyage a Crécy, chez son frère Charles, le roi tombe soudain malade et doit s'aliter a Conflans-les-Carrieres. Dans la nuit du samedi 2 au dimanche 3 janvier 1322, Philippe V roi de France meurt rapidement de tuberculose. Comme Philippe IV il meurt en laissant seulement des filles de son mariage avec Jeanne, fille du comte palatin de Bourgogne Otton IV, ces idées trouvent dans une royauté fragile un terrain favorable à leur développement.

Sans enfant mâle, il laisse le royaume à son frère, qui devient Charles IV le Bel.

Son corps porté par 12 valets est conduit au Roule dans le faubourg Saint-honoré, puis à Notre-dame, et enfin à la basilique de Saint-Denis ou il sera inhumé le 8 janvier 1322.

Philippe le Long était le seul des trois frères à avoir la carrure de son père, mais son règne fut trop bref pour avoir retardé durablement la décadence du pouvoir royal. Il réunit momentanément au domaine royal Lille, Douai et Orchies.

 

Charles IV Le Bel (18 juin 1294-1er février 1328)

Roi de France et de Navarre (1322-1328)

 

 

A la mort de son frère Philippe V qui avait fait réformer la Loi salique et qui laissa derrière lui quatre filles, c’est à Charles comte de La Marche, troisième et plus jeune des fils de Philippe le Bel, que revient le trône. Il se fit promptement couronner à Reims le 11 février 1322 par l'archevêque Robert de Courtenay. Puis il demanda l'annulation de son mariage avec Blanche de Bourgogne, emprisonnée depuis l'affaire de Nesle dans Château Gaillard. Blanche incorrigible, venait d'avoir un enfant de son geôlier ! Elle fut cloîtrée dans l'abbaye de Maubuisson. Mais cela n’atteint pas le prestige du nouveau roi.

Le mariage étant déclaré nul, Charles épousa en 1322, Marie de Luxembourg, fille de l'empereur Henri VII. Hélas à la suite d'un accident elle accouchera avant terme d'un enfant mort-né et décédera elle-même à Issoudun le 21 mars 1324.

Voulant absolument avoir un héritier, Charles se maria avec dispense à sa cousine germaine Jeanne d'Évreux, qui lui fit deux filles. Celle-ci se retrouva enceinte lorsque Charles mourut subitement terrassé par un mal inconnu. Pendant son court règne, Charles poursuit les réformes administratives que Philippe V a entamées. Personnage chevaleresque et bon général, mais sans vision politique à long terme comme Philippe le Bel et sans talent pour gouverner, il laisse l’administration à son oncle Charles de Valois.

Son voyage en Languedoc en 1324 est une suite de fêtes royales qui contribuent à sa popularité. Pour gouverner, il doit, comme ses frères, consentir aux exigences de réformes soutenues par la noblesse et le clergé. En effet, les réformateurs généraux pour l’ensemble du royaume et surtout ceux de la ville et vicomté de Paris poursuivent leur tâche. Les charges financières et judiciaires accordées gratuitement sont restituées. Les officiers de la Chambre des comptes, du Parlement, des Requêtes de l’hôtel, de la Chancellerie et du Châtelet sont surveillés ; leur office réformé. Mais l’action des réformateurs ne freine ni la bureaucratisation, ni l’intrusion des bourgeois parisiens et auvergnats et, surtout, des compagnies italiennes dans les mouvements de fonds royaux. La recherche de moyens financiers restant un problème majeur. Mutations monétaires, impôts sur les marchandises, dîme levée avec l’accord du pape en prétendant partir à la croisade en1323, confiscation des biens des financiers italiens, octroi de chartes de communes sont autant d’expédients.

Le fait le plus important est la reprise de la guerre avec l’Angleterre, et surtout le soutien au coup d’état de la reine Isabelle et de son amant Mortimer. Le 1er juillet 1324 Charles IV envahit la Guyenne et la confisque. C’est par l’intermédiaire du pape que Charles et le roi Édouard II parviennent à la paix. Le roi Édouard II, faible, incapable et contesté, est déposé et probablement assassiné, et Édouard III, le jeune fils de celui-ci et d’Isabelle, monte sur le trône. Édouard III, au départ sous l’influence de Mortimer, qui se prend vite pour le roi, le fait finalement pendre. A l’image de son grand-père Philippe le Bel, il réorganise son royaume. La paix est signée avec la France. Édouard III reprend son duché le 31 mars 1327 contre la promesse d’une indemnité de guerre. Cet accord est draconien : 50 000 marcs d’indemnité de guerre, 60 000 livres de relief. Les terres sont occupées en attendant le paiement de la somme. Cet équilibre sera remis en cause à La mort de Charles IV, Édouard III, étant candidat à la couronne de France puisque le roi ne garde que des filles de ses deux mariages, avec Marie de Luxembourg et Jeanne d’Évreux

Le 1er février 1328 Charles meurt à trente-quatre ans. Avant de mourir, persuadé que son enfant serait (enfin) un garçon, il désigna Philippe de Valois comme régent, mais le nouveau-né fut à nouveau une fille !

Ainsi est-il le dernier des Capétiens. Son cousin, Philippe VI de Valois, fils de Charles de France, (neveu de Philippe le Bel, chef de la ligne cadette des Capétiens) lui succède ainsi débute la dynastie des Valois.

 

Philippe VI De Valois (1293-22 août 1350)

Roi de France (1328-1350)

 

 

Fils de Charles, comte de Valois et de marguerite d'Anjou, neveu de Philippe IV le Bel, Philippe de Valois est nommé régent à la mort de son oncle Charles IV le Bel, le 1er février 1328. Il est alors âgé de 35 ans. La femme du roi défunt est enceinte. C’est d’une fille qu’elle accouche le 1er avril 1328. Une assemblée de barons désigne donc Philippe de Valois comme roi de France. Le 29 mai, il est sacré à Reims. Il est le premier des Valois qui montent sur le trône et qui l’occupent pendant près de deux siècles et demi, de 1326 à 1589. Si Philippe VI devient roi de France, c’est parce que les barons et les pairs choisissent un prince français contre Édouard III d’Angleterre et contre Philippe d’Évreux, roi de Navarre. Philippe, qui plus est, s’il est Valois, descend de Philippe III le Hardi, puisque c’est celui-ci qui donna à Charles, son fils puîné, le comté de Valois en apanage. Il épousa en 1313 Jeanne de Bourgogne dit la boiteuse. Sur douze enfants qu'elle mit au monde, six survécurent. Philippe aimait la vie fastueuse.

Le 6 juin 1329 Édouard III d'Angleterre rend hommage simple au roi et enfin, deux ans plus tard, hommage lige ce qui signifie qu’il se reconnaît vassal du roi de France. Le prestige de Philippe est alors grand, d’autant qu’il a remporté, le 23 août 1328, la victoire de Cassel sur les Flamands révoltés. Le prestige du roi de France n’empêche pas Édouard III, en dépit de son allégeance, à lancer un défi à Philippe VI.

Le 24 mai 1337 Philippe VI confisque le duché de Guyenne à Édouard III d'Angleterre et le 7 octobre 1337 il revendique le trône de France.

Le 1er novembre 1337 d'Édouard III écrit une lettre de défi au roi de France qui marquera le début de la guerre de cent ans. En décembre 1338 les Flamands reconnaissent Édouard III comme roi de France. Le 20 septembre 1339 Édouard III entre dans le Cambrésis avec son armée, puis le 9 octobre 1339 il entre en France avec son armée et se retirera le 24 octobre 1339.

En guise de réponse à l’alliance que Philippe a faite avec les Écossais et à ses empiétements en Guyenne, Édouard III prend, en 1340, le titre de roi de France et s'allie à la Flandre, à la Bretagne et à l'empereur germanique Louis IV de Bavière. Philippe VI, maintenant engagé dans une guerre, ne connaîtra que des défaites jusqu'à la signature d'une trêve en 1348. La Flandre est le théâtre de l’opposition des deux rois. Le 24 juin 1340, la flotte française est détruite au large du petit port de l’Écluse. Le 23 septembre 1340 est signé la trêve d'Esplechin-sur-Escaut. Cette défaite ne sera pas la dernière.

Le 30 avril 1341 débute la guerre des 2 Jeanne pour la succession de la Bretagne et en juin 1342 Édouard III intervient en Bretagne. Le 18 août 1342 des renforts anglais arrivent à Brest, Charles de Blois lève le siège et le 30 septembre 1342 les armées de Charles de Blois subissent une défaite contre les Anglais devant Morlaix. C’est le 19 janvier 1343 que la trêve de Malestroit sera signé.

En août 1343 à lieu l’ouverture des États Généraux pour la levée de nouveaux impôts. Le 26 septembre 1345 décède Jean de Montfort, son fils Jean héritera du duché de Bretagne. En février 1346 Les États Généraux votent des impôts exceptionnels.

Le 7 juin 1346 Édouard III débarque en Normandie et le 21 juillet 1346 prend Caen. Le 26 août 1346, les armées du roi de France sont défaites lors de la bataille de Crécy. Les chevaliers de France comme les arbalétriers génois sont atteints par les traits des archers d’Angleterre ; qui plus est, au cours de la bataille, les cavaliers du roi de France déciment leurs alliés génois, lorsqu’ils entendent le cri du roi : “ Tuez la piétaille. ” Après la défaite, Philippe heurte à la porte d’un château et crie, lorsqu’on lui demande qui il est, qu’il est “ l’infortuné roi de France ”.

En juin 1347 Charles de Blois prétendant au duché de Bretagne est capturé à la Roche-Derrien par les Anglais et le 4 août Édouard III prend Calais. Une nouvelle trêve sera signée le 28 septembre 1347.

Une nouvelle réunion des États Généraux se tiendra à Paris en. novembre 1347.

La guerre de Cent Ans commence ainsi pour la France, ravagée par les famines. La terrible épidémie de peste noire assombrit encore davantage la fin du règne de Philippe VI. La mort de la reine Jeanne de Bourgogne de la peste en 1348, au milieu d'un Paris affolé et consterné par cette calamité qui plonge le pays entier dans le deuil et dont personne ne sait comment arrêter le fléau ou en guérir. Le 9 juin 1348 Le pape Clément VI achète Avignon à la reine de Naples.

En1349, La peste ayant emporté la reine de France, Jeanne de Valois, Philippe VI épousa en janvier, Blanche fille du roi de Navarre, il a 55 ans, elle en a 16 ! Apparemment cette union lui a été fatale puisque le roi de France est mort le 23 août 1350 à Nogent-le-Roi. Épuisé, il s'est alité et ne s'est jamais plus relevé. Son fils aîné, Jean II le Bon, lui succède.

Son règne aura été marqué par l'agrandissement de la couronne française par les comtés de Valois, de Chartres, du Maine et de l’Anjou de la Champagne et de la Brie. le Dauphiné sera rattaché au royaume le 30 mars 1349 et la seigneurie de Montpellier achetée au roi de Majorque.

 

Francesco Pétrarque ( 1304-1374 )

 

Photo archives histoire

 

Poète et humaniste Italien, né à Arrazo en Toscane, historien, archéologue, chercheur de manuscrits anciens, il est le premier grand humaniste de la renaissance. Vers 1314 il vient en Avignon avec son frère Gérard expulsé d'Italie à la suite des troubles qui agitent les familles romaines. Ce dernier prendra l'habit des Chartreux en Vaucluse.

François, pour sa part, étudie le droit à Montpellier et se fixe à Avignon en 1327. Il y fait une rencontre en l'église Sainte Claire le 6 février 1327 d’une jeune dame du nom de Laure de Noves. Il conçoit pour elle un amour violent, mais sans espoir; il lui consacrera ses meilleurs pensées et l'immortalisera par ses sonnets. Il va se retirer dans sa petite maison près de la fontaine de Vaucluse en 1341 là où habite Laure. La mort de Laure en 1348 lors de l'épidémie de peste qui ravage Avignon lui inspire ses plus beaux sonnets. Il dit la beauté physique de Laure, la pureté de ses pensées. Il décrit la mélancolie de leurs séparations successives et nous entretient aussi de cette nature où vit sa bien-aimée le Vaucluse Mais sa gloire repose surtout sur ses poèmes réunis dans la "canzonière" en 1470. Parmi ses nombreuses oeuvres, deux recueils en langue italienne ont suffi pour consacrer leur auteur comme le poète par excellence de la beauté de l'âme féminine. Son oeuvre latine a provoqué en Italie le mouvement de la Renaissance, un siècle avant que les autres nations de L'Europe n'en ressentissent les effets bienfaisants.

A la demande des pontifes avignonnais, le poète rassemble les manuscrits de Cicéron pour la bibliothèque vaticane.  Pétrarque, auteur d'un ouvrage sur les guerres puniques, recevra "la couronne lauréale" devant le sénat romain. Cette assemblée le charge d'une mission auprès de Clément VI afin de convaincre le pontife de rentrer à Rome. Il échoue dans cette mission mais consacre toute son énergie et son talent à ce but.

Il meurt en Italie, en 1374, sans voir le retour de Grégoire XI dans la ville éternelle. Avec Dante, Pétrarque jette les bases de la littérature moderne.

 

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