La papier maché
 

 

Le papier mâché

 

 

A. Introduction

Cette technique est apparue au 11ème siècle en occident, mais elle existait cependant depuis déjà fort longtemps en Orient, apparemment depuis le 8ème siècle. Les chinois l’utilisaient pour mouler, par exemple, des casques de guerriers, qu’ils recouvraient de laque.

Peu à peu, cette technique s’étend et s’exporte un peu partout dans le monde, pour arriver en Europe au 16ème siècle par des marchands portugais puis hollandais.

Mais ce fut la laque, recouvrant l’objet en papier mâché et lui donnant un poli parfait qui suscita le plus l’intérêt des européens. Cette résine provenant d’arbres d’Extrême Orient ( Rhus Verniciferas) étaient difficilement reproductibles par les artisans et ce n’est que vers la fin du 17ème siècle que ces derniers perfectionnèrent des techniques approchantes, leur permettant de fabriquer ce que l’on appela des « chinoiserie » .

Invention aujourd’hui universelle, le papier mâché a connu de nombreuses modifications quant à sa composition : d’abord chiffons de chanvre et fibres de lin broyés au pilon, il a été ensuite mélangé à des écorces, des racines, des plantes …

C’était alors un matériau onéreux et peu répandu, et les objets ainsi créés et réalisés uniquement sur commande, étaient considérés comme luxueux et destinés uniquement à une clientèle aristocratique : coiffe de guerrier chinois, masque italien incrusté de pierres précieuses, coffre français nacré, plateau russe traditionnel, bougeoir indien orné d’éléphants…Une église a même été édifiée au XVII e, en Norvège, et a accueilli les fidèles durant 37 ans !

C’est au 19ème siècle, avec le développement de la presse et l’utilisation en masse du papier, que la technique du papier mâché a évolué pour devenir le matériau que l’on connaît aujourd’hui. Particulièrement économique et simple d’utilisation, il devient très vite populaire : on récupère les journaux, on les déchire, on les détrempe et on les mélange à de la colle, de l’amidon, de l’argile… Ainsi, à moindres frais, on réalise nombre d’objets usuels et même des petits meubles, ou encore des décors de théâtre ("décors de carton-pâte "). Peint et verni, le papier mâché résiste parfaitement à l’humidité.

Mais le XX e siècle, fier de ses techniques et de ses matériaux modernes, va bouder, voire mépriser, pendant de nombreuses années, tout ce qui n’est ni plastique, ni métal, ni résolument nouveau !

Cependant, aujourd’hui, grâce à une certaine " conscience écologique " qui prône le recyclage et l’économie d’énergie, le papier mâché est jour après jour remis à l’honneur ; il semble même retrouver son prestige d’origine : œuvre d’art ou objet " déco " très onéreux, il est partout !

Exemple dans l’art contemporain :

La série « Les Nanas » de Niki de Saint Phalle (1930-2002), réalisée à partir de 1963.

 

B. Techniques

a)     Le matériel.

Supports

Il n’y a pas vraiment de limites : tous cartons, rouleaux et emballages cartonnés ; papiers froissés et ficelés… ; bouteilles en plastique, en verre ; pots de yaourt ; frigolite ; treillis ; baguette en bois, branches, fines planches, balsa…

Moulage : plats, masques, ballons, …

Isoler la surface afin de facilité le démoulage : graisser le plat avec de l’huile ou de la vaseline… ou recouvrir d’un film plastique alimentaire.

 

 

Papiers

Le papier journal : est le plus souvent utilisé (attention le papier glacé n’absorbe pas la colle).

Le papier « kraft » et « buvard » : permettent d’obtenir des surfaces très solides.

Les papiers de soies : superposés offrent des résultats très raffinés.

Colles

Colle à tapisser : La « normale » convient bien, suivre les indications, qui se trouvent sur la boite ou saupoudrer un peu de colle à la surface de l’eau, fouetter, laisser reposer. Ajouter eau ou colle selon les besoins : en pratique, elle peut être plus liquide que pour tapisser. La conserver dans un récipient avec couvercle.

Colle vinylique blanche : utilisée pure elle solidifie bien la réalisation et sèche vite ; diluée (3 mesures de colle pour une d’eau), elle peut coller, enduire et constituer une bonne base pour la peinture.

Farine : dans une casserole, mélanger 2 cuillères à soupe de farine et un verre d’eau ; quand il n’y a plus de grumeaux, ajouter 5 verres d’eau juste bouillie, cuire à feu doux pendant 2 à 3 minutes jusqu’à épaississement. Laisser refroidir.

b) Techniques :

Bandes encollées

 

Déchirer le papier journal en bandes de largeur et longueur adaptées à la dimension du travail à réaliser (il y a un sens dans lequel le papier, quel qu’il soit, ce déchire plus régulièrement).

Encollage : Déposer les bandes à la surface de la colle et les enfoncer légèrement ou « barbouiller » les bandes à l’aide de la main ou d’un large pinceau. Rem : bien lisser les bandes superposées afin de ne pas emprisonner la colle qui en séchant va créer des retraits, dénivellations et friper la surface.

Bien laisser sécher avant de peindre ou vernir.

 

Bouillie

 

Déchirer le papier journal en petits morceaux, laisser tremper 24h ou ½ h  dans de l’eau bouillante puis mixer ou encore faire bouillir puis mixer, essorer, ajouter la colle à tapisser et un peu de farine, mélanger. 

 

Finitions

L’objet est terminé,  sec et prêt à recevoir son décor. Il ne reste qu'à décider quelle méthode choisir : motif peint, décoration au pochoir, collage d'éléments tels que perles, ficelle, cordons en coton, fleurs séchées, découpages ou serviettes...

Pour la peinture, passer une couche isolant le support et réduisant l’absorption de la couleur par celui-ci, ex : latex ou colle vinylique blanche.

Peindre ensuite : à la gouache, à l’acrylique, à l’huile,…

Pour une finition cachant l’aspect papier mâché : enduire au gesso, poncer, ré-enduire, poncer, peindre, patiner,…, vernir,…

                                    Réalisation: Masques, fresque

 

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