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14ème 4ème partie
Duccio di Buoninsegna - Pierre 1er dit le Cruel - Alphonse XI dit le Vengeur - Henri II de Castille comte de Trastamare - John Chandos - Jean 1er de Castille- Walter Tyler- Philippe 1er de Bourgogne dit Philippe de Rouvres - Marguerite de Hainaut ou d'Avesnes - Guillaume III de Hainaut ou de Bavière - Albert Ier de Hainaut ou de Bavière - Arthur II de Bretagne - Jean III de Bretagne - Jean de Montagu ou Jean de Montaigu - Robert III d'Artois - Guillaume Durand - Venceslas III de Bohême - Louis IV de Bavière - Urbain VI - Jeanne 1ère de Naples - Étienne Douchan - Murad 1er -
Alphonse XI dit le Vengeur (1311-1350) Roi de Castille et de León de 1312 à 1350
Fils et successeur de Ferdinand IV et de Constance du Portugal, Alphonse n'a que 1 an lorsqu'il devient roi et perd sa mère l'année suivante. Sa minorité est marquée par de nombreux troubles, le gouvernement est dirigé par sa grand-mère, veuve de Sanche IV, Maria de Molina. Celle-ci dirigera le pays jusqu'a sa mort en 1321. Dès sa majorité en 1325, Alphonse XI réprima l’agitation des nobles. Il protégea et favorisa les villes, même si dès 1325 il supprima les hermandades au profit des Cortes. Lors de la Reconquista, Alphonse XI dut se mesurer aux Mérinides, branche des Banu-Mérin, 3ème lignée africaine à être appelée au secours des musulmans d'Espagne par le roi de Grenade après les Almoravides et les Almohades. Il s'allia avec son beau-père, Alphonse IV du Portugal et battit les Maures à Tarifa sur les bords du fleuve Salado en 1340 et les chassa d'Espagne. Il s'empara d'Algésiras en 1344, mais il mourut de la peste au siège de Gibraltar le 26 mars 1350. L'une des mesures les plus importante de sa politique intérieure fut l'ordonnance d'Alcala en 1348, qui donna force de loi aux “Siete Partidas” d'Alphonse X.
Duccio di Buoninsegna (1225-1319) Peintre toscan.
Il sera formé dans l'atelier de Cimabue alors que ce dernier travaillait à la basilique supérieure d'Assise. Contemporain de Giotto, il commence sa carrière à Florence puis revient à Sienne sa ville natale. Nourri d'art byzantin comme Cimabue, il fait preuve d'un souci d'élégance et d'expression assez nouveau sans pourtant s'attacher à ses personnages dans des espaces autonomes, ce que tentera Giotto. Il s'écartera du formalisme de l'art byzantin et adoptera une nouvelle linéarité et une composition de type gothique. La commune de Sienne lui passe commande dès 1278 de la décoration de tablettes de bois de la Biccherna, l'office financier de la Commune. Les premières années de la carrière du peintre illustrent la solide formation de l'artiste artisan à cette époque de même que sa polyvalence. Des commandes similaires surviendront en 1279, 1285, 1286, 1287, 1291, 1292, 1294 et 1295. Il réalisera la Maesta de la cathédrale de Sienne, en 1310. Il est considéré comme le fondateur de l'école siennoise.
Pierre 1er dit le Cruel (1334-1369) Roi de Castille et Léon de 1350 à 1365
Seul fils légitime du roi Alphonse XI et de Marie du Portugal, Pierre accéda au trône à 16 ans et fut tout d’abord soumis à l’influence de sa mère et de ses favoris. Pendant tout son règne, il fut aux prises avec la contestation de son demi-frère, Henri de Trastamare, soutenu par la France et par l’Aragon, alors qu’il avait l’appui des Anglais. Il dut aussi lutter contre son autre frère, Frédéric, qu’il fit assassiné en 1358, un meurtre qui lui valut son surnom. Bien des années plus tard, à une époque ou l'autorité royale était bien établie, il y eut une réaction en faveur de Pierre et un surnom alternatif lui fut trouve. Il devint à la mode de parler de lui comme d’El Justiciero, le Justicier. Il fut marié officiellement deux fois. Il répudia sa première femme Blanche de Bourbon, épousée en 1352 sous la pression de sa mère et des nobles castillans pour se marier avec Juana de Castro en 1354. Cette dernière fut également répudiée peu après bien qu’elle lui ait donné un fils. La seule femme de son “harem “ dont il ne se lassa jamais fut sa maîtresse Maria de Padilla. Avec l’appui de Pierre IV d’Aragon, Henri de Trastamare qui s’était réfugié en France, tenta de prendre le pouvoir avec l’aide des grandes compagnies* dont Charles V s’était débarrassé en les envoyant en Castille sous le commandement de Du Guesclin et Hugues Calveley en 1366. Pierre le Cruel réussit à obtenir l’aide du Prince Noir, gouverneur de Guyenne, et il remporta sur Du Guesclin la victoire de Najera le 3 avril 1367. Mais le Prince Noir finit par l’abandonner et il fut définitivement vaincu à Montiel le 14 mars 1369. Réfugié dans la forteresse de Montiel, il fut attiré par une ruse dans la tente de Du Guesclin. C’est là qu’il fut tué, le 23 mars 1369, par Henri qui devint roi sous le nom de Henri II.
Henri II de Castille comte de Trastamare (1334-1379)
Fils bâtard d'Alphonse XI de Castille et d’Éléonore de Guzman, demi-frère de Pierre 1er le cruel. En 1366 à la tête d'un groupe de soldats de fortune, et avec l'aide de Bertrand du Guesclin, il détrôna Pierre 1er après la bataille de Montiel et le tua dans une entrevue en 1369. Il fut marié à Jeanne, fille de Jean Manuel de Villena héritière d'une branche mineure de la famille royale de Castille. Il eut une politique de rigueur religieuse qui annonçait l'inquisition.
Homme de guerre anglais
Sir John Chandos est le descendant des seigneurs qui suivirent Guillaume le Conquérant en Angleterre. Son nom proviendrait du village de “Candos” dans le département de l´Eure‚ près de Rouen. Très jeune‚ il était déjà connu pour sa bravoure. Présent au siège de Cambrai‚ en 1337‚ il devient conseiller du roi d’Angleterre‚ chargé de la formation militaire du dauphin Edouard‚ le futur “Prince Noir”. Il fut l’un des plus habiles capitaines de la guerre de Cent ans. Nommé par Edouard III lieutenant général des provinces conquises en France, il négocia la paix de Brétigny. Lorsque Edouard III érigea l’Aquitaine en principauté en faveur de son fils, le prince de Gales, Chandos devint son connétable en 1361 et reçu en don la place de Saint Sauveur-le vicomte .A ce titre‚ il reconstruisit un grand nombre de places fortes parmi lesquelles Niort en 1362. En 1369‚ il est nommé sénéchal du Poitou et s´installe à Poitiers. Il fit prisonnier Du Guesclin à la bataille d’Auray en 1364 et à celle de Navarette en Espagne en 1367, mais demanda lui-même sa libération. John Chandos ne pouvait voir sans une certaine “contrariété” les Français reprendre pied dans sa province. En effet‚ Jean de Kerlouet et Louis de Saint Julien seigneur de la Trimouille avaient repris Lusignan‚ la Roche-Posay‚ et Saint-Savin‚ à quelques lieues de Poitiers. Il décida donc de reconquérir l´abbaye de Saint-Savin par surprise et de nuit. Mais‚ se croyant repérée‚ la troupe rebroussa chemin en passant par Chauvigny puis en longeant la Vienne jusqu´au pont de Lussac. Les Français‚ sans se douter de leur présence‚ avaient décidé de suivre le même trajet pour harceler d´éventuelles troupes anglaises. Les adversaires se rencontrèrent au pont de Lussac où le combat s´engagea. Il fut mortellement blessé au combat et mourut le 1er janvier 1370. John Chandos était non seulement un grand homme de guerre à l´instar de Du Guesclin‚ mais aussi un administrateur habile et un sage politique. Il fut enterré dans l´église de Morthemer.
Jean 1er de Castille (1358 – 1390) Roi de Castille de 1379 à 1390
Fils de Henri II, roi de Castille et de Léon dit le Magnifique et de Jeanne. Il épouse Éléonore, fille de Pierre IV, roi d'Aragon dit le Cérémonieux et d’Éléonore de Sicile en 1375. Il est couronné roi de Castille en 1379. Il épouse Béatrice, fille de Ferdinand 1er, roi du Portugal en 1383. Il décède en 1390.
Walter Tyler ou Wat Tyler (mort en 1381)
Il était le chef de la révolte des paysans Anglais de 1381. Wat a mené son armée de paysans à travers l’Angleterre dans le Kent, dans le Sussex et dans d'autres régions d'Angleterre, les paysans se soulèvent pour différentes raisons : taxe inique, oppression seigneuriale. Londres est assiégée et pillée après bien d'autres villes. Richard II rencontre Wat Tyler dans la prairie de Mile End le 14 juin 1381 et s'engage tout à la fois à affranchir les derniers serfs du royaume et accorder des hausses de salaires aux manouvriers. Il promet en sus une amnistie aux insurgés. Le lendemain cependant, des insurgés reprennent les pillages. Les représentants du roi demandent un nouveau rendez-vous à Wat Tyler pour s'en expliquer. Comme le chef rebelle se fait insolent, il est tué par le maire de Londres, Sir William Walworth. La révolte va dès lors tourner court. Une dizaine de jours plus tard, l'ordre seigneurial est rétabli.
Philippe 1er de Bourgogne dit Philippe de Rouvres (1346-1361)
Il était le fils de Philippe de Bourgogne et de Jeanne 1ère comtesse d'Auvergne et comtesse de Boulogne. Il succéda en 1349 à son grand-père le duc de Bourgogne Eudes IV. Marié en 1357 à Marguerite III de Flandre, fille et héritière de Louis II de Male, comte de Flandre, il mourut prématurément en 1361, à l'âge de quinze ans, sans avoir eu le temps de s'assurer une descendance. Avec lui s'éteignit « par les mâles » la première branche bourguignonne de la maison capétienne. Le duché fut alors repris par Jean II le Bon, roi de France, se prétendant héritier le plus proche du jeune duc en nombre de degrés civils (en tant que fils de Jeanne de Bourgogne, deuxième fille de Robert II, duc de Bourgogne). Le roi de France profita en outre de ce qu'il avait été remarié avec la mère du jeune duc pendant une dizaine d'années pour asseoir ses prétentions à un héritage éventuel. En réalité, si les lois de primogéniture (et non la proximité de parenté) avaient été respectées, c'est à Charles II le Mauvais, comte d'Évreux et roi de Navarre, qu'aurait normalement dû échoir le duché. Il était en effet le petit-fils de Marguerite de Bourgogne, fille aînée du duc Robert II.
Marguerite de Hainaut ou d'Avesnes Comtesse de Hollande (1345 - 1354)
Fille aînée de Guillaume 1er d'Avesnes, elle hérita du Hainaut à la mort sans descendance de son frère Guillaume II d'Avesnes, à la bataille de Stavoren. Elle avait épousé en 1324 l'empereur Louis de Bavière.
Guillaume III de Hainaut ou de Bavière Roi de Hollande (1354 -1358)
Quatrième fils de l'empereur Louis de Bavière et de Marguerite de Hainaut, il hérita du Hainaut à la mort de sa mère. Il devint fou en 1358 et mourut sans enfant en mars 1389.
Albert Ier de Hainaut ou de Bavière Roi de Hollande (1358-1404)
Fils de l'empereur Louis de Bavière et de Marguerite de Hainaut. Il succéda à son frère guillaume III de Hainaut. Il assura à partir de 1358 la régence des domaines de son frère jusqu’à la mort de celui-ci en 1389. Il décéda en 1404
Arthur II de Bretagne (1261-1312) Duc de Bretagne de 1305 à 1312 Pair de France
Fils de Jean II, duc de Bretagne, et de Béatrice d'Angleterre. D'abord comte de Richemont du vivant de son père, il lui succéda en 1305, laissant le comté de Richemont à son frère cadet Jean. Son règne en Bretagne fut tranquille et de courte durée. En 1275, à Tours, il épouse Marie de Limoges, vicomtesse de Limoges, fille de Guy VI le Preux, vicomte de Limoges, et de Marguerite de Bourgogne. Ils auront trois enfants. En mai 1294, devenu veuf, il se remarie avec Yolande de Dreux, comtesse de Montfort, fille de Robert IV, comte de Dreux et de Braine, et de Béatrice, comtesse de Montfort. Il meurt le 27 août 1312 au Château de L'Isle et sera inhumé aux Cordeliers de Vannes,
Jean III de Bretagne, dit le Bon, (1286-1341) Duc de Bretagne de 1312 à 1341,
Fils d’Arthur II de Bretagne, et de Marie, vicomtesse de Limoges, sa première épouse. En 1297, il épouse Isabelle de Valois, fille de Charles de Valois et de Marguerite d'Anjou. Veuf, il se remarie en 1310 à Burgos avec Isabelle de Castille, fille de Sanche IV, roi de Castille et de León et de Marie de Molina. Jean devient Duc de Bretagne et comte de Dreux en 1312. A cette occasion, il adopte définitivement les hermines comme symbole ducal. Il essaya de contester la légitimité du mariage entre son père et Yolande de Montfort. En 1315, il participa à une campagne de Louis X le hutin contre la Flandre. En avril 1317, Jean III, donne le Penthièvre à son frère Guy. Il fut fidèles aux rois de France et combattit au côté de Philippe VI de Valois à la bataille de Cassel en1328, où il fut blessé. Il se remaria en 1329 avec Jeanne, fille d'Édouard, comte de Savoie et de Blanche de Bourgogne. Édouard III d'Angleterre lui confisqua le comté de Richemont en raison de son alliance avec la France. Il tenta de léguer à sa mort le duché de Bretagne à la France, mais ses sujets s'y opposèrent, et il maria alors sa nièce Jeanne de Penthièvre avec Charles de Blois, neveu de Philippe VI. En 1338, il envoya sa flotte à l'Ecluse en soutien de celle du roi de France, mais celles ci fut détruite par les anglais. Son ascendance française est probablement à l'origine des excellentes relations qu'il entretient avec la France. Ce qui ne l'empêche pas de renforcer le pouvoir ducal en modernisant l'Etat Breton. Malheureusement, sa mort sans enfant et son refus de désigner le nouveau Duc vont plonger la Bretagne dans une terrible guerre de Succession Il n'eut aucun enfant de ses trois mariages. Il mourut à Caen en 1341 en revenant de Flandre. Sa nièce Jeanne de Bretagne, mariée à Charles de Blois, est appelée à lui succéder. Ce sera le début de la guerre de succession de Bretagne.
Jean de Montagu ou Jean de Montaigu (1349-1409) Homme politique et mécène français.
Surintendant des finances de Charles VI, il acquit une immense fortune qui lui vaudra l'inimitié du duc de Bourgogne, Philippe le Hardi et du roi de Navarre. De 1404 à 1408, pendant 4 ans, Jean de Montagu consacra une grande partie de sa fortune à édifier son château, le monastère des Célestins et il fit reconstruire le chœur de l'église de Marcoussis. Le 7 octobre 1409, il fut arrêté, sur l'ordre de Jean sans Peur, fils et successeur de Philippe le Hardi, et, après un procès sommaire, décapité aux Halles de Paris et son corps ensuite pendu au gibet de Montfaucon. Trois ans plus tard, sa mémoire fut réhabilitée et un somptueux tombeau fut érigé dans l'église du monastère des Célestins de Marcoussis.
Robert III d'Artois (1287-1342) Seigneur de Domfront, Comte de Beaumont-le-Roger, Pair de France, Seigneur de Conches et de Mehun-sur-Yevre. Comte de Richmond.
Fils de Philippe d'Artois, seigneur de Conches-en-Ouche et de Blanche, fille du duc Jean II de Bretagne. Il reçoit en 1310 le comté de Beaumont-le-Roger en dédommagement du comté d'Artois auquel il prétendait. La mort prématurée de son père Philippe d'Artois en 1298 va écarter Robert III de la succession du comté d'Artois. À la mort de Robert II, le grand-père de Robert III, c'est sa fille Mahaut qui prend possession de l'héritage, et le jeune Robert s'oppose très vite à sa tante et prend la tête du mouvement féodal en 1316. Il fait 2 procès à Mahaut devant la Cour des pairs en 1309 et 1318 mais les perd. En 1328, Robert d'Artois revendiqua de nouveau le comté d'Artois contre sa tante Mahaut. Il intenta un procès devant le parlement lors duquel il produisit des faux documents. On le soupçonna également d'avoir "aidé" à la mort de sa tante. Il fut déclaré criminel et ennemi du royaume en mars 1337, et banni. Définitivement dépossédé, sous la menace de la justice royale, c'est plein de rancœur qu'il fuit la France. Exilé en Flandre, puis en Brabant et même en Avignon, il trouve finalement refuge en Angleterre, où il incite Édouard III à déclencher la Guerre de 100 Ans. Celui-ci le fait comte de Richmond. Servant dans l'armée anglaise, il est mortellement blessé dans la guerre de Succession de Bretagne et meurt en 1342. Il est inhumé à l’Eglise Saint-Paul à Londres
Guillelmus Duranti dit Guillaume Durand (1296-1330)
Sixième évêque de Mende à porter ce prénom. Les actes de son époque le présentent sous le nom Guilhelmus III. Natif de Puimisson, ce personnage tient une place fondamentale dans l’histoire de la Chrétienté du début du 14ème siècle mais il a suivi toute cette carrière en demeurant évêque de Mende. Il possède une maison à Paris, où il séjourne souvent, rue de la Calandre, ainsi qu’un château à Argenteuil. Le 7 mars 1291, sur la requête de Paul Baussan et d’Adémar Charbonier, il obtient du pape la collation du prieuré de Saint Médard de Banassac (en Gévaudan), vacant après la mort d’un de ses parents, Hugon d’Aquisvivis. Il est chanoine et archidiacre de Mende en 1296, lors de son élection comme évêque. Le 17 décembre 1296, sur l’intervention du chapitre de Mende, des clercs, du peuple, des vassaux du diocèse de Mende et du roi de France, Boniface VIII confirme l’élection de Guillaume qui succède ainsi à son oncle. Le pape accorde une dérogation en tenant compte que Guillaume n’est pas encore prêtre. Guillaume prend rapidement en main son diocèse et attache à son service des hommes qui figuraient dans l’entourage de son oncle et qu’il connaît bien. Mais il engage aussi à son service le célèbre juriste, Pierre d’Aurelhac Jacobi qui rédigera la “Pratique d’or” et qui sera son official en 1312. Le 24 juin 1297, Boniface VIII l’autorise à contracter un emprunt de trois mille livres tournois et le 29 juillet, le pape le relève de son serment, prêté au moment de sa promotion comme évêque, de se rendre à Rome en pèlerinage tous les deux ans. Le 6 décembre, avec cinq autres chanoines, il fixe un statut selon lequel les chanoines s’engagent à ne pas présenter aux prébendes vacantes ceux dont les parents jusqu’au troisième degré se sont emparés des biens de l’Église ou ont violé ses droits. Cinq ans plus tard, le 25 décembre 1302, le pape confirmera ce nouveau statut. Le 23 août 1305, sur mandat du pape Clément V, à Florence, avec Pelfort de Rabastens, abbé de Lombez, il intervient en faveur des Gibelins assiégés dans Pistoia par les Guelfes, mais ces derniers, excommuniés, triomphent en avril 1306 et consacrent l’échec de Guillaume. Ce dernier parcourt alors la Toscane, la marche d’Ancône et la Romagne. En 1307, il est en Angleterre où il enquête en vue de la canonisation de Thomas de Canteloup, évêque d’Hereford. Fidèle serviteur de Philippe le Bel, il s’engage dans la lutte contre les Templiers et devient, en août 1308, l’un des huit commissaires nommés par le pape pour instruire leur procès. En 1309, à Paris, en l’abbaye Sainte-Geneviève, il assiste à la première commission pontificale convoquée dans le cadre de cette affaire. Le 5 juin 1311, il remet un rapport dans le cadre du procès des Templiers qui lui vaut l’inimitié des partisans du Temple. Le 16 octobre 1311, lors du concile de Vienne, il livre son rapport, “Tractatus de modo generalis concilii celebrandi”, sur les remèdes à apporter à la crise de la Chrétienté, dans lequel il remet en question l’absolutisme de Rome, et il le soutient avec une telle force qu’il risque, selon Jacques Duèze (futur Jean XXII), de provoquer un schisme. Son projet de réforme est rejeté bien qu’il réponde aux aspirations de nombreux évêques. Toutefois Clément V le suit dans l’idée de supprimer l’Ordre du Temple, par mesure administrative et non par sentence judiciaire, et le concile accepte cette procédure lors d’une sentence définitive le 22 mars 1312. Le roi l’autorise alors à se constituer une garde personnelle afin d’assurer sa défense contre tout attentat. En 1313, à Paris, en présence du roi, il participe à une réunion de prélats et de barons qui délibèrent sur la formation d’une croisade. À l’occasion de ce séjour, il requiert le prévôt de Paris de faire libérer l’un de ses vassaux, Richard de Peyre, alors détenu au Châtelet. En 1316, il siège aux Enquêtes et à la Grande Chambre, à Paris. Le nouveau pape, Jean XXII, opposé aux idées du rapport qu’il a rendu au concile de Vienne, promulgue une constitution qui va en sens inverse et renforce les pouvoirs pontificaux, le 15 septembre. À la mort de Jean 1er, fils de Louis X, en novembre 1316, Guillaume joue un rôle important, en qualité de juriste, pour conforter le droit de succession de Philippe V. Comme conseiller royal, il ouvre une campagne à la cour afin de critiquer la position du pape et tend ainsi à brouiller le pape et la cour royale ce qui lui vaut l’inimitié de Jean XXII, qui diligente des enquêtes contre lui. Il échappe toutefois aux sanctions du fait du crédit dont il jouit à la cour et le pape continue à l’utiliser pour diverses missions. En 1319-1321, il part à deux reprises en Angleterre afin de conclure la paix entre les rois d’Angleterre et d’Écosse. En juillet 1321, il assiste à l’assemblée des députés de Paris, réunis sur la question des mesures et des monnaies. En 1323, avec Amauri de Narbonne, il prépare une croisade dont le projet échoue. En 1329, sur ordre de Jean XXII et de Philippe de Valois, il part en Égypte, en compagnie de Pierre de la Palu, patriarche de Jérusalem, afin de préparer une croisade. Il accompagne alors Marie, fille de Louis de Bourbon, et l’époux de celle-ci, Guidon, roi de Chypre. Le 24 avril, il obtient du pape le droit de recevoir l’absolution à l’article de la mort et une indulgence pour lui et ses familiers. Le pape renouvelle cette indulgence le 10 août suivant.
Venceslas III de Bohême (1289-1306) Roi de Hongrie (1301-1305), Roi de Bohême (1305-1306) Roi de Pologne (1305-1306).
Fils du roi Venceslas II de Bohême et de Judith de Habsbourg, fille de l’empereur Rodolphe 1er. En 1298, il devient le fiancé de la fille du roi de Hongrie André III. Après la mort du dernier représentant de la lignée des Arpad, soutenu par son père et par la plus grande partie des magnats hongrois, il est couronné roi de Hongrie le 27 août 1301, à Székesfehérvár, sous le nom de Ladislas V. Très vite, il doit faire face à une virulente opposition de Charles Robert et de ses partisans. Malgré l’aide militaire apportée par son père, il doit quitter Buda pour la Bohême en 1304, chargeant un gouverneur de le représenter en Hongrie. N’ayant plus aucune autorité dans le pays, il abdique le 6 décembre 1305 au profit d’Othon 1er de Bavière. Lorsque son père décède le 21 juin 1305, il hérite des trônes de Bohême et de Pologne. Impopulaire en Bohême, il doit aussi affronter une forte opposition en Pologne, menée par Ladislas 1er le Bref et Henri III de Głogów. Le 8 août 1305, en échange de la région de Meissen, Venceslas III cède la Poméranie de Gdańsk aux margraves du Brandebourg, pour s’assurer de leur soutien. En route vers la Pologne pour revendiquer la couronne, à la tête d’une armée, il est assassiné à Olomouc le 4 août 1306. Avec sa disparition s’éteint aussi la dynastie des Premyslides.
Louis IV de Bavière (1286-1347) Roi des Romains de 1314 à 1346 Empereur germanique de 1314 à 1347
Fils de Louis II le Sévère duc de Bavière et de Mathilde de Habsbourg. Il succéda à son père comme duc de Bavière en 1294, et fut élu empereur en 1314 contre Frédéric le Beau. A la mort d'Henri VII en 1313, les princes s'étant divisé en deux factions, le pape Jean XXII, crut sans doute pouvoir profiter de cette situation comme jadis Innocent III et, refusant de choisir entre les 2 élus, déclara l'Empire vacant et nomma vicaire pour l'Italie le roi Robert de Naples. Louis IV fit prisonnier son rival à la bataille de Mühldorf en 1322, le garda détenu jusqu’en 1325 et ne lui rendit la liberté qu’à la condition qu’il renonce à l’empire. Mais le pape Jean XXII s’opposa à cet accord, ordonna à louis d’abdiquer et, sur son refus, l’excommunia en 1324. Face à cette attitude, Louis IV depuis la chapelle Teutoniques de Sachsenhausen lança un appel au concile général pour juger le pape, accusé d'hérésie et d'usurpation de bien d'autrui. Descendant alors en Italie en 1327, il fit élire l’antipape Nicolas V et se fit couronner par celui-ci. En 1338, Louis changea de ton; il sentait que la papauté devenait impopulaire dans le pays. Le 17 mai 1338, Louis lança la manifeste “Fidem catholicam”: il y proclamait que l'empereur occupait un rang aussi élevé que le pape, qu'il tenait son mandat de ses électeurs et qu'il n'avait nul besoin de l'approbation pontificale pour remplir sa mission; enfin, il soutenait qu'un vrai concile représentant l'Église universelle était supérieur aux assemblées que le pape faisait et défaisait à son gré. Le 16 juillet, les électeurs réunis à Rhense accomplirent un geste d'une portée considérable: pour la première fois, ils agissaient en corps, non pas pour élire ou déposer un souverain, mais pour préserver les intérêts de l'empire, dont ils se prétendaient les représentants. Or, en l'occurrence, ils adoptèrent le point de vue de Louis et déclarèrent que l'élection suffisait pour faire le souverain légitime de celui que leur vote avait désigné. Le 4 août la constitution “Licet juris” affirma la même chose, au nom de l'empereur cette fois. Enfin, le 5 septembre à Coblence, au cours d'une diète solennelle, Louis fit d'Édouard VII avec lequel il venait de s'allier contre la France et qui était présent à ses côtés son vicaire pour l'empire. Jamais sans doute les positions de l'empereur n'avaient été aussi fortes qu'à ce moment-là. Dans son conflit avec le pape, Louis IV fut soutenu notamment par Occam et Marsile de Padoue. Après une pause apparente sous le pontificat de Benoît XII, le combat reprit sous Clément VI qui somma son adversaire d'abdiquer en 1342 et parvint à faire élire contre lui comme roi de Germanie Charles de Bohême. Cette intrusion dans les affaires allemandes provoqua un soulèvement contre ce nouveau monarque. Louis IV se préparait à riposter, lorsqu’il mourut d’une chute de cheval le 11 octobre 1347
Urbain VI (1318-1389) Bartolemeo Prignano Archevêque de Bari Pape de 1378 à 1389
Né, à Naples en 1318, il fut le premier pape italien élu depuis le retour du Saint-Siège à Rome le 17 janvier 1377. Le 6 avril 1378, après la mort de Grégoire XI, à Rome, le conclave envisage comme successeur un cardinal aragonais du nom de Pedro de Luna. Ce dernier semble bénéficier de l’unanimité pour recevoir la tiare pontificale. Seulement il y a un problème important, car Pedro n’est pas Italien. Cette possibilité, que le pape ne soit pas romain, provoque une nuit de terreur durant laquelle des hordes populaires menacent d'assassiner les prélats. Face à ce déchaînement, les cardinaux finissent par céder à la pression de la rue, et l’archevêque de Bari est élu sous le nom d’Urbain VI. Mais une confusion dans la proclamation des résultats déclencha une émeute populaire, si bien que plusieurs cardinaux durent se réfugier dans la grande forteresse du château Saint-Ange tandis que d'autres quittèrent Rome avec précipitation. Quant à Urbain VI il préféra s'installer à Tivoli avec de nombreux fonctionnaires de la Curie qui n'osaient même plus traverser les rues sans risquer de se faire agresser. Ouvertement hostile aux cardinaux français, ce dernier provoque leur départ. Les cardinaux français jugent alors que le pape est incohérent. De plus, ils estiment que son élection s’est effectuée sous la pression de la foule romaine, donc sous la contrainte. L’élection ne peut être considérée comme canonique. Treize cardinaux français regroupés à Agnani décidèrent le 20 avril 1378 d'annuler ce vote acquis sous la contrainte et exigèrent dès lors son abdication et élirent un pape « avignonnais », Clément VII. En quelques mois, et face à l'obstination d'Urbain VI, le monde catholique se divisa en deux camps ennemis, les Clémentistes et les Urbanistes. Cette situation qui se greffe sur la division politique de l'Europe liée à la Guerre de Cent ans conduit à des initiatives militaires en Italie qui portent atteinte durablement au prestige de la papauté. Ce sera le début du Grand Schisme d'Occident, qui verra deux et même parfois trois papes sur le trône de Saint-Pierre. Urbain VI mourra, à Rome en 1389.
Jeanne 1ère de Naples (1326-1382) Reine de Naples, duchesse des Pouilles et de Calabre, comtesse de Provence, de Foncalquier et de Piémont de 1343 à 1382
Fille de Charles d'Anjou-Sicile, duc de Calabre, et de Marie de Valois. Son grand-père Robert le Sage la maria en 1333 à son cousin André de Hongrie. A 17 ans, elle succéda à son grand-père, mais celui-ci ayant, pour devenir roi de Naples, spolié son neveu Charles Robert, le père d'André, celui ci prétendit être le roi légitime. Les partisans de Jeanne rétorquaient que la succession avait été tranchée par le pape en 1309 et qu'il n'y avait pas à la contester. Elle épousa 20 août 1346 son amant Louis de Tarente. Accusée de complicité dans l’assassinat de son 1er mari André de Hongrie, elle fut attaqué par le frère de celui-ci, le roi Louis de Hongrie, et dut s’enfuir en Provence en 1347, où, pour rester libre, elle promit aux barons Provençaux de ne rien aliéner du comté de Provence et de ne nommer que des Provençaux à tous les offices. Elle se rendit à Avignon, où le pape clément VI la déclara innocente mais l’obligea à lui vendre la ville pour 80.000 florins, qu'il ne paiera jamais. A la mort de son 2ème mari, Louis de Tarente en 1362, elle se remaria avec Jacques III roi de Majorque le 14 décembre 1363, et exerça personnellement le pouvoir. En se mariant une 4ème fois avec Othon de Brunswick le 25 mars 1376, elle s’aliéna son cousin Charles de Duras, qu’elle avait choisi pour héritier en 1370. Elle soutint l’anti-pape Clément VII contre Urbain VI, qui la déclara schismatique, hérétique et donna l’investiture du royaume de Naples à Charles de Duras le 1er juin 1381. Celui-ci conquit le royaume, s’empara de Jeanne et la fit étrangler dans la sombre forteresse de Muro, située dans les Apennins.
Étienne Douchan (1308-1355) Empereur des Serbes et des Romains de 1346 à 1355
Par son mariage avec la sœur du tsar de Bulgarie, il réduisit pratiquement la Serbie en vassalité. Il étendit sa domination sur la macédoine à l’exception de Salonique, sur l’Albanie, sur l’Épire, et, en 1346 se fit couronner à Skoplje empereur des Serbes et des Romains. Il se prépara à faire la conquête de Constantinople, et, dans ce dessein, chercha à s’allier tantôt avec Venise, tantôt avec les Turcs. Mais il mourut au moment où il allait mettre son grand projet à exécution. C'est sous son règne que la Serbie médiévale atteint son apogée. Durant cette période l'art serbe connaît son âge d'or; de talentueux artistes grecs travaillent à la construction et à la décoration de nombreux monastères, comme ceux de Studenica, DeIani ou GraIanica. C'est aussi l'époque de l'apogée du port de Raguse.
Murad 1er (ou Murat Hüdavendiğar)
Il est né à Brousse en 1326. Son père était Orhan auquel il succéda en 1360. Sa mère était la princesse byzantine Holofira connue sous le nom turc de Nilufer Hatun. Il reçut son éducation de sa mère, puis alla à l’université de Brousse, que son père avait construite, pour y faire des études d’arts, de sciences et de théologie. Murad accomplit des réformes dans l’organisation de l’état. Il créa le divan, c’est-à-dire le conseil des ministres du gouvernement, le commandant en chef, le juge militaire et la fonction de ministre des finances et les titulaires furent choisis par Murad hors de la famille ottomane. Il créa aussi une fonction de grand vizir à la manière des souverains arabes. Murad rédigea la loi du Tımar qui donnait aux cavaliers un fief dans les territoires annexés qui pouvait rapporter de 10 000 à 100 000 akçe et apporter de 5 à 20 hommes de troupe pour l’armée. Il inaugura la politique d’intégration de force de jeunes chrétiens dans les Janissaires. Il divisa son empire en deux l'Anatolie pour la partie asiatique et Roumélie pour la partie en Europe. Dès 1360 il entra en Thrace par Gallipoli et prirent Andrinople et l’Empereur de Byzance fut complètement encerclé. En 1366, une expédition envoyée au secours de Byzance par Amédée VI de Savoie cousin de Jean VI Cantacuzène reprend aux turcs tous leurs territoires en Europe sauf Gallipoli. L’année suivante Murad reprend à son tour les territoires perdus. Murad contraignit l’Empereur de Byzance à payer un tribut en1373. Dans les années 1370, Murad étend son domaine en Europe. A la bataille de la rivière Maritza son lieutenent, Lalaşahin, détruisit l’armée du roi de Serbie Vukasin bien que celle ci, forte de 70 000 hommes fût beaucoup plus nombreuse le 26 septembre 1371. Murad nommera ce lieutenant comme premier gouverneur de Roumélie. Ce coup dur affaiblit considérablement la Serbie. Murad en profita pour pénétrer plus avant en Bulgarie prenant Sofia en 1385. Les conquêtes ottomanes cessèrent quand les Serbes remportèrent une bataille en 1387. Deux ans plus tard, Murad repartit de nouveau vers l’Ouest et ce fut la victoire de Kosovo qui fit passer la Serbie sous le contrôle ottoman. Le roi de Serbie Lazare Hrebeljanovic y fut tué. Après cette victoire, Murad fut poignardé par le gendre du roi de Serbie alors qu’il traversait à pied le champ de bataille en 1389. C'est Bayezid 1er qui lui succéda.
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