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le 13ème siècle 1ère partie
Simon IV, comte de Montfort - Saint Dominique - Grégoire IX - Ingeburge - Saint François d’Assise - Saint Pierre Nolasque - Claire - Aimeric de Peguilhan - Raymond VII - Innocent IV - Albert de Lauingen dit Albert le Grand - Alexandre de Halès - Amaury de Montfort - Honorius III - Thibaud IV de Champagne - Alphonse De Poitiers - Martin IV - Charles Ier D’Anjou - Rutebeuf - Adenet - Guillaume de Lorris - Jean de Meung - Bernard Saisset - Jean XXII - Clément V - Charles II D’Anjou - Guillaume de Nogaret - Alard de Cans - Gautier d’Epinal - Jeanne De Navarre - Adam De La Halle - Célestin V - Boniface VIII - Villard de Honnecourt - Otton IV de Brunswick - Henri III d'Angleterre - Raymond VI - Pierre des Vaux de Cernay - Arnaud Amaury - Édouard 1er d'Angleterre - Marguerite de Provence - Robert 1er d'Artois - Baïbars -
Domingo de Guzman (1170-1221) dit Saint Dominique
Castillan, issu de la vieille famille espagnole des Guzman, il devint chanoine régulier du chapitre de l'évêque d'Osma, Diego d'Azevedo, en 1198. Il accompagna celui-ci dans une mission auprès du roi de France. Traversant le Languedoc en 1203, il constata qu'une partie de la population avait adhéré au catharisme, analysa les causes de cette adhésion, et décida de convertir les hérétiques par l'exemple et par la parole. Il obtint de maigres succès. Cependant, en 1206, en pleine terre cathare, il fonda le monastère de Prouille. Pendant la croisade contre les Albigeois, à laquelle il ne prit aucune part, il tenta, au milieu de difficultés et de périls inouïs, de poursuivre ses prédications. En 1215,il groupa quelques missionnaires qui reçurent l'appui de l'évêque de Toulouse et fonda une communauté de prêtres destinés à mener une sainte vie, à la prédication itinérante et à l'enseignement. C'est une innovation que de concevoir une vie religieuse au contact des foules et non dans un monastère isolé. C’est le point de départ de l'Ordre des dominicains. Il se rendit à Rome en 1216 et obtint d'Innocent III et d'Honorius III l'officialisation de l'Ordre, le pape Innocent III donne son accord et demande l'adoption d'une règle, que Dominique empruntera à celle de saint Augustin. L'ordre est assez centralisé, mais les supérieurs sont élus. Tout un dispositif d'enseignement est mis en place. Ils mènent une vie assez rude: prière nocturne, abandon à la providence, longues prédications. Les couvents ne sont pas conçus comme des lieux de résidence mais des lieux de ressourcement et d'étude. Il poursuivit ses missions en France et en Espagne jusqu'à sa mort. Six ans après la mort de Dominique, l'ordre est présent partout en Europe.
Ugolin, comte de Segni (né vers 1160-1170, mort en 1241).
Neveu d'Innocent III, il fut successivement cardinal diacre, cardinal archevêque d'Ostie, puis légat pontifical en Allemagne. Élu pape en 1227, sous le nom de Grégoire IX, il mit en demeure l'empereur Frédéric II à partir en croisade. Devant le refus de celui-ci, il l'excommunia. Lorsque Frédéric se décida à partir, Grégoire IX releva ses sujets de leur devoir d'obéissance et envahit la Sicile. A son retour de Terre sainte, l'empereur lui imposa la paix de San Germano en1230. Frédéric ayant envahi la Lombardie, le pape l'excommunia à nouveau en 1239. Grégoire IX mourut alors que les troupes impériales assiégeaient Rome. Ami de saint François d'Assise, il ne cessa de protéger les ordre mendiants, Franciscains et Dominicains. Il canonisa François, Dominique et Antoine de Padoue. Ce fut lui qui confia les offices de l'Inquisition aux Dominicains en 1232.
Simon IV, comte de MONTFORT (vers 1150-1218) Homme d’armes
Issu d'une famille qui possédait tout l'ouest du Hurepoix depuis le Xe siècle, il était l'un des principaux vassaux du roi en Île-de-France et joignait à son titre de baron de Montfort celui de comte de Leicester qu'il tenait de sa mère Amicia de Beaumont, sœur et cohéritière de Robert de Leicester. Il prit part à la quatrième croisade en 1204 prêchée par Foulques de Neuilly, refusa de s'associer aux Vénitiens pour conquérir Constantinople et rentra en France. Il en revient auréolé par le prestige que lui vaut sa bravoure. Champion de la foi, serviteur de l’église, c’est à une autre croisade qu’il prend part en France même, celle qu’il mène contre l’hérésie cathare à l’appel du pape Innocent III. Il se signala bientôt par son zèle et par son courage. En 1208, il participe au siège de Béziers. Après le massacre de Béziers et la prise de Carcassonne, il fut élu chef de la croisade contre les Albigeois le 22 juillet 1209. Le 12 septembre 1213, après s’être emparé des châteaux d’Agen, de Moissac et d’Auterive dont les populations sont décimées comme celle de Béziers, il engage une bataille à Muret contre Pierre II d'Aragon et Raymond VI de Toulouse.. Simon de Montfort, après avoir gagné la bataille et s’être incliné devant le corps de Pierre II d’Aragon qu’il vient de vaincre, entre dans l’église de Toulouse pieds nus, pour rendre grâce à Dieu de sa victoire. Après que le concile du Latran a déposé Raymond VI et donné son comté de Toulouse à Simon de Montfort, et lui octroya les titres de comte de Toulouse, duc de Narbonne, vicomte de Béziers, de Carcassonne, la population de la ville se dresse contre celui que le roi de France, Philippe II Auguste, a pourtant investi. Les combats ne cessent dans la ville que parce que l’évêque Foulques s’est entremis. Mais les conditions imposées par Simon, le démantèlement de la cité, provoquent chez les Toulousains une rancœur que seule peut apaiser la vengeance. Le retour de Raymond VI, le 13 septembre 1217, en est l’occasion. Simon doit mettre le siège devant la ville qui a accueilli son comte par ce cri de joie : “ Toulouse ! Toulouse ! Jésus-Christ est parmi nous ! ” Le siège dure jusqu’au 22 juillet 1218. Lors d’une échauffourée, le 25 juin, Simon de Montfort, qui a juré à propos de Toulouse : “ Elle me tuera ou je la tuerai”, meurt auprès de son frère Guy, frappé à la tête par la pierre lancée par une catapulte.
INGEBURGE (1176-1236)
Veuf d’Isabelle de Hainaut, Philippe Auguste épouse cette fille du roi du Danemark en 1193. Mais dès le lendemain de leur mariage, le roi fait prononcer l’annulation de son mariage. Philippe Auguste la fait emprisonner. Ce qui lui vaut d’être excommunié par le pape. Ce n’est qu’après la mort d’Agnès, fille du duc de Méranie, que Philippe Auguste lui rend ses droits de reine et d’épouse.
Saint François d’ASSISE, (v. 1182-1226)
Fils d’un riche marchand de laines d'Assise. Après une jeunesse mouvementée, il rompt avec le monde en 1206, il est rejoint par onze compagnons, laïcs comme lui, il leur donna une première règle, très simple, inspirée de l'Évangile voués à la pauvreté évangélique. Il fonde en 1208 à Porticula, près d’Assise l’ordre religieux des franciscains*. Le développement d'un ordre mettant l'accent sur la pauvreté et la prédication populaire aura un retentissement considérable dans le christianisme et permettra de redresser certaines mentalités ecclésiastiques trop portées sur les richesses matérielles et intellectuelles. Innocent III approuva cette création, non sans hésitations, en 1210. Installés à Rivotorto, les premiers Franciscains vivaient de charité, prêchaient, soignaient les malades et les lépreux, travaillaient de leurs mains. François s'est dessaisi de la direction de son ordre dès 1220 pour se consacrer à la prière et à la prédication. Obsédé par le désir de convertir les musulmans, saint François se rendit en Égypte, où il rejoignit l'armée des croisés en 1219. Il impressionna fortement le sultan, mais échoua dans sa mission. Revenu en Italie, il dut rédiger une nouvelle Règle qui plaçait les Franciscains sous l'autorité du Saint-siège et les hiérarchisait, Règle qui fut approuvée en 1223 par le pape Honorius III. Dès lors, il mena une vie érémitique*, reçut les stigmates* en 1224 et mourut aveugle en 1226. Il fut canonisé en 1228. L'esprit franciscain représente un des grands courants de la spiritualité au Moyen Age. Ses disciples vont faire connaître sa vie sous forme de fioretti (petites fleurs), brins de récits qui vont faire le tour du monde. Sa légende se retrouve dans les fresques de Giotto à Assise.
Saint Pierre Nolasque, (v. 1182-1256)
Saint Pierre Nolasque naquit d'une illustre famille, à Récaud, près de Carcassonne, à la fin du 12ème siècle. Il excella, toute sa vie, dans la pratique de la charité à l'égard du prochain. Détestant l'hérésie des Albigeois, après avoir vendu son patrimoine, et se retira en Espagne, où il était appelé par le roi Jacques d'Aragon. Il se rendit ensuite à Barcelone, et y consacra toute sa fortune au rachat des captifs enlevés sur mer par les Sarrasins. Il fonda l'Ordre de Notre-Dame de la Merci pour la Rédemption des Captifs. Le caractère particulier de cet Ordre, c'est qu'il joignait aux trois voeux ordinaires de Religion un quatrième voeu: celui de se livrer en gage aux païens, s'il en était besoin, pour la délivrance des chrétiens. Il mourut au milieu de la nuit de Noël, l'an 1256.
Claire (1193-1253)
Fondatrice des clarisses en 1211, elle a été interpellée par la démarche de François d’assise et s'est sentie appelée à le rejoindre. Ensemble, ils ont construit la règle de vie de l'ordre féminin. Les sœurs clarisses sont cloîtrées.
Aimeric de Peguilhan, (av. 1195-v. 1225)
Troubadour célèbre, sa réputation tient en partie au nombre assez élevé des pièces que nous possédons de lui (une cinquantaine de chansons, chants de croisade), en partie aussi aux nombreuses mentions dont son œuvre fait l’objet chez les auteurs médiévaux.
RAYMOND VII (1197-1249)
Fils unique de Raymond VI, il passe une partie de sa jeunesse en Angleterre. Il succède à son père à la tête du conté de Toulouse en 1222 et parvient à chasser de ses états Amaury de Montfort, qui lègue ses droits à Philippe Auguste. Excommunié en 1226, Raymond VII résiste à Louis VIII, mais doit se soumettre après la mort du roi. En janvier 1229, Par le traité de Meaux, Raymond VII s'engage à détruire l'hérésie, et à restituer ses biens à l'église, à marier sa fille au frère du roi de France, Alphonse de Poitiers. Si aucun enfant ne naît de cette union, le comté de Toulouse reviendra à la couronne de France. C'est à cette assemblée que l'on fait habituellement remonter l'origine de l'Inquisition, bien que cette institution ait déjà été en germe dans quelques décisions antérieures. En 1248, Raymond VII meurt sans enfant mâle et tous ses biens passent à sa fille, mariée à Alphonse de Poitiers, frère de Louis IX. C'est ainsi, que le Languedoc sera réuni à la couronne de France.
Innocent IV Sinibaldo Fieschi (1198-1254).
Issu de la famille comtale de Lavagna, il occupa de hautes charges à la Curie avant d’être élu pape en 1243. Ami de l'empereur Frédéric II de Hohenstaufen (qui avait soutenu sa candidature), il signa avec lui la paix de Saint-Jean de Latran en 1244. L'empereur ne tint pas ses engagements et Innocent IV du se réfugier à Gênes, puis en France. Il réunit un concile oecuménique à Lyon en 1245 qui déposa Frédéric II. Cependant il ne pus entrer à Rome qu'après la mort de celui-ci en 1251 et du poursuivre sa lutte contre Conrad IV et Manfred. Pour lutter contre l'hérésie et achever notamment l'éradication du catharisme, il intensifia l'action de l'Inquisition.
Albert de Lauingen dit Albert le Grand, (v. 1206-1280) Savant et philosophe allemand
Fils d’une famille noble de militaires au service de l’Empire. Albert le grand, est né à Lauingen en Souabe. Il a joué un rôle très important en introduisant dans les universités d’Europe les sciences grecques et arabes. Albert étudie les lettres et la médecine à Venise et à Padoue et entre chez les Frères Prêcheurs vers 1220 contres l’avis de ses parents. A partir de 1233, il enseigne à Hildesheim, Fribourg, Regensburg et Strasbourg. De 1228 à 1240, il enseigna la théologie dans plusieurs villes germaniques, Vers 1240-1241, il découvre à Paris, où il est venu enseigner, les traductions des textes grecs et arabes et commence à travailler sur Aristote et son commentateur arabe Averroès. Nommé Maître de l’Université de Paris en 1245, c’est là qu’il rencontre un étudiant du nom de Thomas d’Aquin. En 1248, Albert est de retour à Cologne pour y fonder l’École supérieure de théologie (Studium generale) qu’il dirige jusqu’en 1254. La même année, Albert devient le principal de son ordre et le Pape Alexandre IV, espérant le fixer à Rome, le nomme maître du sacré palais. En 1259, il structure avec Thomas d’Aquin les études des Prêcheurs, en les ouvrant aux philosophies nouvelles. En 1260, il fut nommé évêque de Ratisbonne par le pape, il prêche la Croisade dans les pays de langue allemande à partir de 1263, à la demande du Pape Urbain IV. Mais après trois ans il demande au pape et obtient de celui-ci la permission d'abandonner sa charge. Il poursuit son enseignement de ville en ville (Würzbourg, Strasbourg, Cologne) et revient à Paris, vers 1276-1277, pour tenter d’apaiser l’hostilité des théologiens de l’université contre les philosophies grecque et arabe. Ne se contentant pas de contester ponctuellement les travaux d'Aristote, il entreprend une encyclopédie d'ambition comparable. Elle comprend : le classement de plus d’une centaine de minéraux, ainsi que toute la faune et la flore d’Europe du Nord connue de son temps ; une description détaillée de la reproduction des insectes, la croissance du poulet, des poissons et de mammifères; une étude sur les effets respectifs de la lumière et de la chaleur sur la croissance des végétaux, ainsi que la question des greffes. Il meurt en 1280 à Cologne. Reconnu par ses contemporains, Albert sera béatifié en 1622, canonisé par le pape Pie XI et proclamé docteur officiel de l’Eglise en 1931 et enfin proclamé patron des savants chrétiens en 1941.
Alexandre de Halès, (v. 1210) maître ès arts à Paris
Entré dans l'Ordre des frères mineurs en 1236, mort en 1245, il a laissé un commentaire des Sentences et la fameuse Summa. C'est un auteur de transition, un peu comme Guillaume d'Auxerre, mais plus abondant, plus documenté que celui-ci. Il est représentatif de la scolastique montante : ainsi dans les questions de Christo capite, avec insistance sur l'influentia (en dépendance de Guillaume) ; dans la définition de l'ordre comme pouvoir de consacrer l'Eucharistie : ce qui a entraîné la juxtaposition de deux façons d'énumérer les degrés de dignité : selon le sacrement de l'ordre, c'est-à-dire en relation avec l'Eucharistie, on compte sept degrés ; selon des pouvoirs relatifs au corps mystique, on compte neuf degrés et l'on ajoute l'épiscopat. Alexandre fait une distinction, dont nous avons trouvé les racines au 13ème siècle, entre membres de l'Église et membres du Christ, qui illustre le processus par lequel, contre les sectes, on a mieux dégagé un concept de l'Église pris de ses éléments extérieurs, ab externis : il y a l'unitas ecclesiae, l'unité de l'Église, la foi suffit pour en être, et l'unitas corporis ecclesiae, l'unité de ce corps qu'est l'Église et qui est le Corps mystique du Christ : il faut la charité ou la fides formata pour en être membre. Thomas d'Aquin fait allusion à cette distinction que saint Bonaventure et surtout Richard de Mediavilla semblent adopter.
Fils aîné de Simon de Montfort, hérita du comté de Toulouse en 1218, mais ne put soutenir la lutte contre Raymond VII et céda ses droits au roi de France. Il reçut le titre de connétable en 1231 et partit pour la Terre sainte en 1239. Capturé par les musulmans, il mourut pendant son voyage de retour en 1241. Son frère Simon s'établit en Angleterre en 1230, se fit confirmer son titre de comte de Leicester par Henri III dont il épousa la sœur. Ces faveurs ne l'empêchèrent pas de comploter contre ce roi, auquel il imposa les Provisions d'Oxford. Lors de la guerre des barons, qu'il avait largement suscité, il combattit d'abord victorieusement Henri III mais fut finalement vaincu par les troupes royalistes et périt à la bataille d'Evesham en 1260. Les Anglais le vénérèrent comme un martyr : il avait en effet tenté d'instaurer une véritable monarchie constitutionnelle.
Honorius III Cencio Savelli, pape de 1216 à 1227.
Successeur d'Innocent III, il couronna l'empereur Frédéric II et l'obligea de poursuivre l'œuvre de son prédécesseur, arbitra la querelle entre Philippe Auguste et Jacques d'Aragon, couronna Pierre de Courtenay empereur de Constantinople, soutint contre ses barons révoltés Henri III d'Angleterre. Pour lutter contre les Albigeois, il institua l'Ordre des Frères prêcheurs ou Dominicains, celui des Franciscains et celui des Carmes. Il incita Louis VIII à combattre les Albigeois. Il est l'auteur de la Compilatio. Il est le pape contemporain de St François qui accepta sa règle.
THIBAUD IV de Champagne, dit le Chansonnier (1201-1254)
Grand seigneur et grand poète, ce comte de Champagne soutient Blanche de Castille au cours de la minorité de Saint Louis. Amoureux de la reine à la manière courtoise, il l’assiste dans sa lutte contre les barons, ce qui lui vaut de voir ses états envahis par eux et d’être accusé d’avoir fait empoisonner Louis VIII, qu’il a accompagné à la Croisade albigeoise. En 1234, il succède à son oncle sur le trône de Navarre; son attitude politique se modifie et il marie sa fille au fils de Pierre Mauclerc, l’ennemi de la reine Blanche.
ALPHONSE DE POITIERS (1220-1270)
Frère cadet préféré de Saint Louis, il épouse Jeanne de Toulouse héritière de Raymond VII en1237, après avoir reçu le Poitou et le Maine en apanage*. Aussi pieux que son frère aîné, il l’accompagne à la croisade d’Égypte. A sa mort et à celle de Jeanne de Toulouse, dernière représentante de la lignée des comtes de Toulouse, le comté est incorporé au domaine royal en Octobre 1271.
MARTIN IV (1210-1285)
Pape français dévoué aux intérêts de la dynastie angevine, élu en 1281, il fait tout ce qu’il peut pour soutenir Charles Ier: il accepte la Croisade d’Aragon contre Pierre III; il reconstitue contre l’Empereur et la Sicile révoltée la ligue guelfe; il accorde au roi de Naples la sénatorerie de Rome et excommunie l’Empereur de Byzance afin de favoriser l’expédition projetée par Charles, en Orient.
CHARLES Ier D’ANJOU (1226-1285)
Frère de Saint Louis, il reçoit le Maine et l’Anjou, participe à la septième Croisade et, capturé en Égypte, n’est libéré qu’au moyen d’une forte rançon. Il prend la tête de la lutte contre Byzance et accumule les titres : prince d’Achaïe, roi d’Albanie, roi de Jérusalem (1277). Dès 1253, le pape Alexandre IV lui offre de lui inféoder le royaume de Sicile: sénateur de Rome en 1263, il accepte enfin le royaume de Sicile et parvient à abattre successivement Manfred et Conradin. Il va bénéficier désormais de la faveur des papes. Adoptant Naples pour capitale, il crée dans le royaume une administration française, s’adapte parfaitement aux mœurs du pays, mais, abusé par les apparences, croit son royaume riche et le pressure, et le 30 mars 1282 ont lieu les“ Vêpres siciliennes ”. En ce lundi de Pâques, à Palerme comme dans quelques autres villes de Sicile, les cloches sonnent pour les vêpres. Elles donnent le signal du massacre auxquelles contribuent les émissaires de Pierre III d’Aragon. Les 8 000 Français qui occupent l’île pour y soutenir les prétentions de Charles Ier d’Anjou au trône de Sicile sont passés au fil de l’épée par les Siciliens soutenus par Pierre III qui réussit à s’emparer de l’île en 1282 et forme un royaume concurrent. Charles d'Anjou perd la Sicile au profit des Aragonais il conserve Naples et l'Italie du Sud. La lutte entre les deux souverains demeure indécise et se poursuit après leur mort respective.
RUTEBEUF (vers 1230-vers 1285) Trouvère
Les dates de sa vie sont incertaines. Son nom même est peut-être un jeu de mots. Rutebeuf comme l’indique son texte Dit de l’Herberie laisse entendre qu’il faut le lire comme “ rude bœuf ” qui trace humblement son sillon. On devine qu’il a été jongleur. Les seules certitudes que l’on ait sont ses textes. Parmi eux, le premier “ miracle de Notre-dame ” qu’est Le Miracle de Théophile. Des fabliaux, un roman, Renart le Bestourné et La Complainte Rutebeuf.
ADENET (ou Adam), dit le Roi (v. 1240-v. 1300)
Trouvère, il est l’auteur de romans de chevalerie : Berthe au grand pied, Les Enfances Ogier, Cléomadès.
Guillaume de LORRIS, (début du 13ème siècle -vers 1237/1240) Poète
L’unique texte laissé par ce poète, le Roman de la Rose, suppose une connaissance profonde de L’Art d’aimer du poète latin Ovide ainsi que la connaissance des romans de Chrétien de Troyes. Le raffinement avec lequel sont mis en évidence les thèmes courtois et la dimension satirique et rationnelle du texte lui valurent un immense succès, sans nul doute parce qu’à des thèmes qui étaient à l’époque devenus des lieux communs, le poète a su donner une saveur nouvelle.
Jean Clopinel ou Chopinel de MEUNG ou de MEUN,(v. 1240-v. 1305)
Écrivain, il est l’auteur de la seconde partie du Roman de la rose.
Bernard SAISSET, (v. 1240-1313)
Premier évêque de Pamiers en 1295, il devient célèbre en prenant position en faveur du pape, dans le second conflit qui oppose Boniface VIII à Philippe IV le Bel.
JEAN XXII, Jacques Duèse (vers 1244-1334) Élu pape le 7 août 1316
Après des études à Cahors, à Montpellier, à Orléans et à la faculté de théologie de Paris, ce fils de notable, destiné au clergé, enseigne, semble t il, à Toulouse. Devenu proche de Charles II d’Anjou, il est élu évêque de Fréjus en 1300. Charles II en fait le chancelier du royaume de Sicile, au début de l’année 1308. Il assume ce rôle jusqu’à ce que le pape Clément V l’appelle à Avignon. Fait cardinal en 1312, il est nommé à l’évêché de Porto en avril 1313. A la mort de Clément V, le 20 avril 1314, le conclave se déchire, à plusieurs reprises, avant que la candidature de Jacques Duèse ne permette un compromis qui lui vaut, après vingt-sept mois de vacance du siège pontifical, d’être élu à l’unanimité, le 7 août 1316. Il est couronné le 5 septembre. Jean XXII est, dès le début de son pontificat, soucieux de maintenir le contrôle des nominations aux bénéfices ecclésiastiques. Deux bulles, "Ex debito" le 15 septembre 1316 et "Exsecrabilis" le 19 novembre 1317, donnent un essor décisif à la fiscalité pontificale. Le 7 octobre 1317, une bulle impose la hiérarchie des trois vertus religieuses. Elle place au sommet l’obéissance, avant la chasteté et la pauvreté. Cette hiérarchie provoque le désarroi et la colère des franciscains, partisans de la pauvreté absolue. En 1313, la mort de l’empereur Henri VII déchire le Saint Empire romain germanique. Le duc de Bavière, Louis, se fait couronner à Aix-la-Chapelle. Le duc Frédéric d’Autriche se fait sacrer à Bonn. Louis fait prisonnier Frédéric le 28 septembre 1322 à la bataille de Mühldorf. Jean XXII signifie qu’il ne saurait y avoir d’empereur contre la volonté papale et excommunie Louis. Celui-ci, déclaré déchu de ses domaines et hérétique, convoque une assemblée de clercs et de laïcs qui élit pape à Rome un franciscain qui prend le nom de Nicolas V. Ce “schisme” cesse, lorsque, sur le chemin du retour vers la Bavière, Louis abandonne, à Pise, le pape qu’il a fait élire. C’est en se rétractant à propos d’un problème sur la vision béatifique que meurt le pape.
CLÉMENT V, Bertrand de Got (v. 1250-1314) Archevêque de Bordeaux, pape de 1305 à 1314
Il est né en Gironde, à Villandraut. Après son couronnement qui se fait à Lyon en 1305 après un conclave de onze mois, le pape décide de rester en France, à cause des troubles qui règnent en Italie d'une part, mais surtout pour essayer de réconcilier rois de France et d'Angleterre, opposés au sujet de l'Aquitaine, afin de les unir dans une nouvelle croisade en Orient. Il gagne Bordeaux dont il avait été archevêque depuis 1299, puis, petit à petit, il se rend à Avignon. Il y entre le 9 mars 1309, où il profite de l'hospitalité des frères prêcheurs (les dominicains) dont le couvent est le plus grand de toute la ville. Successivement, il demeurera à Malaucène au pied du Mont Ventoux, Carpentras et Caromb. En 1311, il prépare le concile de Vienne au prieuré du Groseau, près de Malaucène. Il y autorise la suppression de l'ordre des Templiers, à la demande de Philippe IV le Bel. Malade tout au long de son pontificat et sentant sa fin proche, il voulut retourner dans sa Guyenne natale. Il meurt au début de son voyage, le 20 avril 1314, à Roquemaure, de l'autre côté du Rhône après avoir ingurgité un plat d'émeraudes pillées destiné à le guérir !
CHARLES II D’ANJOU, dit le Boiteux (vers 1254-1309)
Fils et héritier de Charles Ier d’Anjou, il poursuit durant quatorze ans la lutte contre le roi d’Aragon qui tient la Sicile, avant de chercher la conciliation par le traité de Caltabellotta en 1302 : Frédéric d’Aragon épouse la fille de Charles II et garde la Sicile à titre viager. De son propre mariage avec Marie de Hongrie, naissent plusieurs enfants qui tous posséderont des fonctions importantes en Europe.
Guillaume de NOGARET, (vers 1260-1313) Légiste, homme politique
C’est un professeur de droit romain que le roi Philippe IV le Bel nomme, en 1302, chancelier et garde des sceaux. Depuis un an, celui-ci s’oppose au pape avec fermeté. Le roi a arrêté le moine dont Boniface VIII a fait évêque de Pamiers et élevé au rang de siège épiscopal. Qui plus est, le pape affirme, dans la bulle du 18 novembre 1302, que “dans le domaine temporel autant que spirituel, toute créature humaine est en tout, de nécessité de salut, soumise au pontife romain”. Guillaume de Nogaret réplique en dénonçant par un réquisitoire au pape qu’il accuse d’être usurpateur, hérétique et simoniaque. Nogaret part pour Rome, la veille de la publication d’une bulle d’excommunication du roi de France. Il parvient à entrer à Agnani où réside alors le pape et l’arrête. La colère du peuple de la ville contraint Nogaret à libérer le souverain pontife, qui meurt à Rome le 15 octobre 1303. Nogaret convainc encore le pape Clément V d’ouvrir un procès en hérésie contre son prédécesseur. En 1307, c’est Guillaume de Nogaret qui est l’instigateur de l’arrestation des Templiers. Le registre du trésor des Chartes mentionne “L’an 1307, le 22 septembre, le roi étant au monastère de Maubuisson, les sceaux furent confiés au seigneur Guillaume de Nogaret ; on traita ce jour-là de l’arrestation des Templiers.” Guillaume de Nogaret, pour lequel tous les moyens, de l’enlèvement à la torture, auront toujours été bons en politique, meurt quelques mois avant que les Templiers ne soient brûlés non loin de Notre Dame de Paris.
Alard de CANS, (13ème siècle) Poète lyrique.
Des quatre pièces que les copistes du Moyen Âge lui attribuent, seul lui appartient le serventois où, partant pour la Terre sainte, il prend congé de sa dame et des “bones gens d’Arras”.
Gautier d’ÉPINAL, (mort vers 1270/1272)
Chevalier lorrain, Gautier est l’auteur d’une vingtaine de chansons d’amour, composées pour la plupart pendant le deuxième quart du 13ème siècle. Il a pour protecteurs plusieurs seigneurs de Lorraine et de Champagne orientale. Sous les lieux communs courtois, les poésies de Gautier ne manquent pas d’agrément. L’auteur manie rythmes et rimes avec maîtrise et sait, à l’occasion, donner du relief à son style.
JEANNE DE NAVARRE (1273-1305)
Femme de Philippe le Bel et fille de Henri Ier le Gros. Elle donne à la couronne la Navarre et la Champagne. En 1297, elle repoussera les Aragonais et les Castillans. Elle est la fondatrice du collège de Navarre.
ADAM DE LA HALLE ou Adam le Bossu (vers 1285/1289) Trouvère
Des bribes d’informations ne permettent d’ébaucher que le récit d’une vie entre Arras, où son père travaillait auprès des échevins, et la Sicile, où il suivit le comte Robert II d’Artois parti porter secours à Charles d’Anjou , après les Vêpres Siciliennes. Ce parcours passe par Paris. Outre les textes destinés à des spectacles comme Jeu de la feuillée ou encore Jeu de Robin et de Marion, Adam de la Halle a écrit un poème épique dont seuls demeurent les dix-neuf premières laisses d’alexandrins, Le roi de Sézile, également des controverses poétiques, une trentaine de chansons, seize rondeaux, sept motets. Il est le compositeur de quelques pièces polyphoniques, de motets et de rondels aux harmonies complexes.
Pierre de Morrone, Célestin V Pape de Juillet à Décembre 1294
C'est le seul pape à avoir démissionné! Pieux ermite bénédictin, il vit de pauvreté et de chasteté en prêchant la bonne parole. Il est poussé par Charles II d'Anjou à écrire aux cardinaux pour les inciter à élire un nouveau pape. Les cardinaux étaient divisés depuis deux ans en deux factions rivales dont aucune ne l'emportait. Ceux-ci, impressionnés par sa réputation de saint homme l'élisent pape. Pierre de Morrone se laisse difficilement convaincre, il sait qu'il n'a pas l'habileté politique pour mener à bien ce rôle. Bientôt le nouveau pape se fait manipuler par Charles II. L'idée se fait en lui de renoncer à son mandat pour rejoindre son ermitage. Il promulgue solennellement sa propre abdication. Son successeur, le politique Boniface VIII sera de ce fait accusé d'illégitimité par Philippe le Bel, Boniface VIII ayant fait mourir Célestin V en cachot où il mourut, en odeur de sainteté en 1296.
Boniface VIII (1294-1303)
C'est un pape qui se mêle de politique pour sa perte. Il prétend que son sacerdoce spirituel lui donne autorité sur les princes de ce monde. Philippe le Bel et ses juristes s'efforcent de lui démontrer qu'il a tord et le font même accuser d'hérésie (ils tenteront encore un procès après sa mort). Dans la bulle “Inefabilis Amor”, il écrit :"Qui peut récuser le jugement et la décision du St Siège qui a autorité sur tous les chrétiens?" Il écrit dans la bulle Unam Sanctam que toute créature humaine est soumise au pontife romain" et fait ciseler une troisième couronne à sa tiare, symbolisant son pouvoir temporel. Mais sa prétention de commander aux rois et aux princes va le mener à sa perte à l'issue d'un conflit avec Philippe le Bel. En 1296 Jacques de Molay responsable des jésuites prend parti pour le pape Boniface VIII contre Philippe le Bel.l e 10 août 1297, pour apaiser le conflit qui l’oppose au roi de France Boniface VIII autorise le clergé à verser le décime au roi de France, et canonise Louis IX, qui devient Saint Louis.Brouillé avec Philippe le Bel, il se réfugie à Anagni. L’envoyé du roi, le juriste Nogaret, l'accuse d'hérésie et de simonie (commerce des biens de l'Église) et va même jusqu'à essayer de l'enlever. Boniface, ulcéré, va mourir quelques jours après. La cour de France obtiendra de son successeur Clément V l'ouverture d'un procès d'hérésie qui n'aboutira pas. On voit bien à quel point les souverains se sont dotés de structures laïques et juridiques qui leur permettent de s'affranchir de l'autorité de l'église, préfiguration des états modernes.
Villard de HONNECOURT, (13ème siècle)
Architecte et dessinateur actif au milieu du 13ème siècle (il travaille surtout en Hongrie), il reste célèbre par son album de croquis de 33 feuillets, comportant des plans de fortifications, des dessins de machines de guerre, des scènes militaires et religieuses, des figures géométriques et scientifiques, et des représentations d’animaux.
Otton IV de Brunswick (1182 -1218). Roi des Romains (1198) Empereur germanique (1209-1218).
Fils de Henri le Lion, duc de Bavière, il se fit élire roi des Romains en 1198, avec l'appui des guelfes, contre Philippe de Souabe, candidat des gibelins. Innocent III fit savoir dès 1198 qu'il lui revenait d'arbitrer la compétition entre Philippe et Otton. Des princes, ecclésiastiques aussi bien que laïcs, eurent beau protester énergiquement à Spire en 1199 contre cette intrusion du pape dans les affaires de l'empire, en 1200 le verdict tomba, formulé dans une “Délibération sur le problème de l'empire”. Comme tout le laissait prévoir, il était favorable à Otton qui avait cédé sur les droits impériaux en Italie centrale et reconnu la suzeraineté du Saint-Siège sur l'État normand. Mais Otton avait plus d'alliés au-dehors que de partisans à l'intérieur de l'Allemagne; Philippe réussit à se faire réélire et couronner à Aix-la-Chapelle. Réaliste, Innocent III se tourna vers celui qui semblait l'emporter; des négociations aboutirent en mai 1208 à une solution de compromis ; moyennant quelques arrangements imposant aux deux parties des concessions pénibles mais supportables, le pape s'apprêtait à reconnaître Philippe lorsqu'un nouveau coup du sort réduisit à néant les espoirs de ceux qui attendaient la fin du conflit. Des raisons personnelles poussèrent le comte palatin de Bavière à tuer Philippe à Bamberg, le 21 juin 1208. Le pape, le couronna à Rome, le 4 novembre 1209. Otton avait épousé la fille de son rival. Mais il envahit la Sicile, l'année suivante, et le pape l'excommunia. Les gibelins, soutenus par le roi de France Philippe II Auguste, lui opposèrent alors Frédéric II de Hohenstaufen en 1211. Otton tenta de résister, mais la défaite qu'il subit dans son entreprise anti-capétienne à Bouvines (1214) entraîna l'écroulement de son parti en Allemagne et le triomphe du pape et de Frédéric qui allait par la suite, sans qu'on le soupçonnât vraiment sur le champ, devenir le plus implacable adversaire du Saint-Siège.
Henri III d'Angleterre (1207-1272) Roi d’Angleterre de 1216 à 1272
Fils et successeur de Jean sans Terre et d'Isabelle d'Angoulême c’est à l’âge de 9 ans seulement qu’il accède au trône. Il est secrètement couronné à Westminster en 1216 par les derniers fidèles des Plantagenêt. Les barons anglais ayant choisi Louis Capet pour souverain à la suite de la déchéance de Jean d'Angleterre, ils finissent par se rallier au jeune Henri III d'Angleterre. Le comte de Pembroke assuma la régence durant la première partie du règne de 1216 à 1232. Sur le continent, il est défait en Gascogne et en Bretagne, ne récupérant pas les terres confisquées par Philippe Auguste à son père. Il signe le traité de Paris en 1259, qui confirme la paix entre la France et l'Angleterre.En Angleterre il dut faire face à la révolte des barons qui l’obligèrent à signer les “Provisions d’Oxford” limitant le pouvoir royal. Henri se refusa à respecter les Provisions et dut faire face aux barons, menés par Simon de Montfort, comte de Leicester (à ne pas confondre avec Simon de Montfort qui mena la croisade contre les Albigeois), qui, vainqueur des troupes royales, imposa au roi la confirmation de la Grande Charte de 1215. Son règne aura été sans cesse soumis aux révoltes et son autorité sera largement bafouée. Seule l’énergie de son fils Edouard 1er, qui obtient victoire sur victoire, en particulier à Evesham en 1265, et impose la paix de Kenilworth en 1266, sauvera la couronne de l’anarchie féodale. Bien qu’il fut l’initiateur de la construction de l’abbaye de Westminster sous sa forme définitive et un grand ami des arts, Henri III reste le symbole de l’incapacité et de la faiblesse.Il meurt en 1272, laissant l'Angleterre à son fils cadet Richard de Cornouailles, qui assume la régence jusqu'au retour d'Édouard 1er d'Angleterre, son fils aîné qui combattait alors à la huitième Croisade.
Né en 1156, il est le descendant Raymond IV, principal acteur de la première Croisade en Terre Sainte, et a été de manière involontaire le personnage central de cette période. Comte de Toulouse, dès 1194, duc de Narbonne, marquis de Provence, suzerain de comté de Foix, du vicomté de Béziers et de Carcassonne, c'est avec indépendance qu'il "régna" sur ses états du Midi. Marié cinq fois, il avait des liens de parenté, non seulement avec la France, mais aussi avec l'Aragon en Espagne et en Angleterre. A l'image du Languedoc, il cultivait la tolérance, acceptait la diversité, cela lui vaudra le reproche de protéger les cathares. Il mourut excommunié en août 1222.
Moine cistercien et neveu de l'abbé Guy des Vaux de Cernay, il accompagne son oncle dans le midi, participe à la croisade de 1212 à 1218 contre les cathares et rédige une «Histoire» albigeoise le plus souvent extrêmement lucide mais partiale.
Ancien abbé de Cîteaux, représentant d'I nnocent III en Occitanie. Chef spirituel de la croisade; archevêque et duc de Narbonne. Investigateur de la Conférence de Montpellier en 1224 en vue d'une réconciliation.C’étant écarté des instructions pontificales Innocent III nomme un nouveau légat, Pierre de Bénévent en janvier 1214.Clui-ci muni des pleins pouvoirs devra appliquer strictement les principes définis en 1209 et ne faire aucun tort à celui qui rejette spontanément la cause hérétique pour reprendre la religion catholique. De telles mesures ne vont pas dans le sens des intérêts de Simon de Montfort, obligé ainsi de rendre les terres aux hérétiques qui renient leur foi.
Édouard 1er d'Angleterre (1239 - 1307) Roi d’Angleterre de 1272 à 1307
Fils d’ Henri III, il va restaurer l’autorité monarchique en battant Simon de Montfort (il s'agit d'un comte de Leicester et non pas de Simon de Montfort qui mena la croisade contre les Albigeois) mettant ainsi fin à l’insurrection des barons. En 1281, Édouard était appelé par les nobles écossais pour maintenir l'ordre à la mort d'Alexandre III dont le décès laissait pour unique héritière, Margaret de Norvège reine d'Écosse petite-fille d'Alexandre alors âgée d'un an. Le jeune âge de l'héritière ouvrait le trône d'Écosse à la régence et se faisant à de possibles guerres intestines. Édouard, accepta à la condition que son fils, le futur Édouard II, épouse Margaret et que la jeune reine soit élevée en Angleterre. À terme, Édouard 1er obtiendrait ainsi l'unification des deux royaumes. Mais Margaret fut noyée pendant le voyage.Entre 1282 et 1284 il va soumettre le Pays de Galles. En 1296, après de longues luttes il va annexer l’Écosse, mais ne réussira pas à la conquérir entièrement; il réprima la révolte de William Wallace, chef écossais qui sera exécuté.
Reine : France de 1234 à 1270
Née en 1221 à Saint-Maime (Alpes de Haute Provence), fille de Raimond Bérenger IV de Provence et de Béatrice de Savoie et soeur de Aliénor de Provence et Sancie de Provence. Elle meurt le 21décembre 1295 à Paris
Robert 1er d'Artois (1216-1250) Comte d'Artois
Fils de Blanche de Castille et de Louis VIII, frère de: Isabelle, Philippe, Jean, Alphonse de Poitiers, Philippe Dagobert, Etienne, Charles 1er d'Anjou et Louis IX (Saint Louis).En 1237, Louis IX, fidèle aux volontés de son père Louis VIII, lui remet l'Artois. C’est la même année qu’il se marie avec Mathilde de Brabant. Il refuse en 1240 de prétendre à l'empire, comme le souhaite le pape Grégoire IX. Il prend part à la croisade de saint Louis et trouve la mort dans un assaut contre Mansourah en 1250.
Probablement né vers 1223 dans les steppes du nord de la mer noire, Baïbars a sans doute fui devant les mongols. Passé entre les mains d'un marchand d'esclaves, il est passé par un émir du roi El Salih. De haute taille, les yeux bleus mais la peau mate, d'une grande endurance physique et d'une intelligence remarquable, il passe brillamment les différentes étapes de la formation de jeune Mamelouk, et devînt officier. Sa compétence attire l'attention du Sultan, qui lui donne de nouvelles responsabilités. Le hasard des opérations militaires lui permet de prouver sa vaillance lors de plusieurs batailles, notamment à La Forbie, en 1244, ou les « égyptiens » écrasent les francs, et à Mansourah, en 1249, ou Baïbars repousse Saint LouisEn 1260, à Ayn Jalût, il figure parmi les plus prestigieux officiers. Méfiant, doué pour les intrigues, il n'hésite pas, après la victoire contre les mongols, à assassiner le Sultan Qutuzz pour s'emparer du pouvoir. En 1265 à la mort de Houlagou, Baibars en profite pour régler ses comptes avec les anciens alliés d'Houlagou. Il envahit la Galilée et s'empare de plusieurs places fortes, entre dans le territoire arménien de Hethoum et détruit plusieurs villes et la capitale SIS. Le 14 mai il prend Antioche et massacre les habitants.
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