La vallée du Galeizon La vallée du Galeizon, "porte verte" d'Alès

    Les pieds dans les mines de charbon de la Grand Combe et la tête dans le Parc national des Cévennes, la vallée du Galeizon est riche de contrastes. A cheval sur le Gard et la Lozère, elle culmine à 924 mètres pour terminer à 145 mètres dans sa limite orientale. Cette vallée d'une superficie de 8 300 ha est à 5 km d'Alès, ville de 40 000 habitants, elle-même au cœur d'une agglomération de 70 000 habitants. Malgré cette proximité urbaine, une partie de la vallée connaît des problèmes de sous-densité.

    Et c'est là tout le paradoxe de ce bassin péri-urbain : s'il a tendance à se vider car il paye un lourd tribut à la fermeture des mines (30% de chômeurs dans la vallée), il est en même temps l'objet d'une fréquentation intense des habitants de l'agglomération d'Alès. En effet, ils viennent profiter d'un cadre agréable, sauvage, naturel, d'une rivière où ils peuvent se baigner. Or, ce bassin versant est un milieu naturel fragile qui mérite protection. Il possède des milieux aquatiques originaux (entre autres, la présence de castors), ainsi qu'un patrimoine culturel se distinguant notamment par l'abbaye de Cendras (Xème siècle), le château de Manjadors et des gravures rupestres de l'Age du Bronze.

    "La vallée du Galeizon est souvent le théâtre de conflits entre les urbains qui viennent en profiter et les ruraux qui y vivent. Nous devons faire attention au tourisme de proximité de l'agglomération voisine qui apporte souvent plus de nuisances aux milieux aquatiques que de ressources financières aux riverains. Pourtant, en même temps, nous devons résoudre des problèmes d'emploi et de services, faute de quoi la vallée pourrait être entraînée vers la désertification totale ou se transformer en simple zone de loisirs pour la ville toute proche", confie Yannick Louche, Président du Syndicat intercommunal d'aménagement et de conservation de la vallée du Galeizon.

    L'Unesco a su saisir les enjeux importants qui régnaient ici. Elle a classé en 1985 la vallée du Galeizon "Réserve de la Biosphère". Celles-ci, au nombre de dix en France (et plus de 300 dans le monde) sont des espaces représentatifs des principaux écosystèmes de la planète. Dans le programme d'une Réserve de la Biosphère, on peut lire que son élément clef est la participation active et la sensibilisation des habitants à la gestion du site. "C'est effectivement la voie choisie pour aménager notre vallée péri-urbaine. Former les habitants au patrimoine de leur vallée est un point fondamental pour qu'ils la protègent et la respectent. Ainsi, en 1989, l'Ecomusée de la Cévenne a été mis en place par le Parc national des Cévennes et rassemble une douzaine de sites représentatifs du patrimoine cévenol. Parmi eux, par exemple, est née la maison de la châtaigne et du châtaignier. A partir de techniques traditionnelles (séchoir, moulin en fonctionnement...), son but est de faire connaître au public le monde du châtaignier, ses techniques culturales, les produits d'utilisation de la châtaigne...", explique Didier Lecuyer, Chargé de coordination au sein de la Réserve de la Biosphère. De même, une route de la châtaigne qui passerait par la vallée du Galeizon est en préparation.

    Dans une même optique, un travail important sur l'architecture et les paysages du Galeizon (piloté par le CAUE de Lozère) a été initié. Il vient d'aboutir sur un cahier de recommandations architecturales destiné à la population, soucieuse d'intégrer au mieux les constructions aux sites naturels de la vallée. De même, les berges du Galeizon ont été nettoyées, une chapelle a été restaurée pour les concerts estivaux et une épicerie-restaurant a vu le jour dans un village excentré. Mieux, divers emplois ont été créés, dont un technicien de rivière, un animateur-biologiste, un hydrobiologiste et un gardien de l'environnement qui surveille l'ensemble de la vallée.

    Enfin, ce bassin péri-urbain a compris qu'il fallait intégrer à ses projets la ville environnante. La Maison de la Nature d'Alès organise pour les citadins des stages, des sorties nature dans la vallée du Galeizon pour les sensibiliser à sa fragilité. La volonté de cette dernière est d'appuyer un développement économique bien intégré, respectant à la fois les visiteurs, ses hôtes et le milieu naturel. En prendrait-elle irrémédiablement le chemin ?

Un exemple de curiosité

Loin de la foule, une grotte elle fut l'une des premières explorée dans le département puis oubliée par la suite, elle offre au regard de ses visiteurs de nombreuses merveilles tant par ses cristallisations que l'originalité de son circuit. Température 15° été comme hiver

Les photos de la vallée

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