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Voilà une série d'articles que j'ai récupéré sur internet au sujet des rétrécisseurs de sexe, chose qui m'est arrivé à moi aussi depuis que je m'adonne aux sciences irrationnelles.

Rétrécisseurs de sexe:
Psychose meurtrière au Sénégal.


La rumeur sévit depuis plusieurs semaines au Sénégal. Elle a même atteint la capitale Dakar, où, jeudi (*), sept personnes, pour la plupart des étrangers, ont été lynchées à mort, dont l'une brûlée vive, et plusieurs autres grièvement blessées. La psychose s'est également répandue dans le sud du pays, à Ziguinchor, chef-lieu de Casamance, où la foule s'en est pris à des Haoussas (ethnie d'origine nigérienne). Sept d'entre eux ont été transportés à l'hôpital, où trois se trouvaient encore hier matin dans un “état critique”. Motif; les indésirables seraient des “rétrécisseurs de sexe”.
Le scénario de ces lynchages est toujours le même: un homme, après avoir été frôlé ou avoir serré la main d'un inconnu, déclare avoir été parcouru par un frisson glacial suivi de picotements, avant de sentir “son organe s'enfoncer profondément dans le corps”. La “victime” constate alors que son sexe a disparu et alerte les passants qui tombent à bras raccourcis sur le présumé “voleur de sexe”, à la merci de la foule en furie.
“Tout cela, c'est des histoires qui ne tiennent pas debout, mais le phénomène devient très alarmant”, explique un responsable du commissariat central de Dakar, où les policiers sont débordés. “À chaque fois, nous devons renvoyer les plaignants, car, au moment du contrôle, l'organe est toujours présent, même si parfois il n'est guère très gros”.
Dans un pays où se serrer la main est une coutume bien établie, les hommes se saluent désormais à distance et de nombreux Sénégalais sont persuadés de la véracité de la rumeur, puisque les journaux et les radios en parlent, témoignages à l'appui, sans lésiner sur les détails.
Pour un psychologue dakarois, Serigne Mor Mbaye qui a déjà étudié le phénomène au Togo et au Ghana, cette psychose sanglante s'explique par l'existence d'une “angoisse de castration” inhérente à chaque individu, et par la perte du pouvoir économique en Afrique.
Article relevé dans le journal 'Sud-Ouest' du Samedi 2 Août 1997

(*) ndlr: jeudi 31 juillet 1997

La psychose des 'rétrécisseurs de sexe' se répand en Afrique
Née il y a un an en Afrique centrale, la psychose 'des rétrécisseurs de sexes' a gagné le nord du Sénégal, après avoir fait des ravages au début de l'année au Ghana et en Côte d'Ivoire, où plusieurs suspects, généralement des étrangers, avaient été lynchés par la foule et brûlés vifs.
Cette folle rumeur, porteuse de toutes les violences, avait disparu mais elle est réapparue il y a deux mois au Mali, avant de fondre sur le Sénégal, où un Ivoirien a failli être brûlé à l'essence pendant le week-end à Saint-Louis (nord).
La presse sénagalaise a fait état ces derniers jours de plusieurs cas d'hystérie collective mettant en cause des étrangers, qui ont été roués de coups dans plusieurs localités du Nord. Comme au Ghana ou en Côte d'Ivoire, ils étaient accusés d'avoir fait disparaître des sexes d'hommes, après avoir été en contact avec leur victimes.
Selon la rumeur, ces 'magiciens' ont le pouvoir, par une simple poignée de main, de faire disparaître le sexe des hommes ou les seins des femmes, qui ont toujours retrouvé leurs attributs lors des constats effectués par la police.
Depuis samedi, rapporte la presse sénégalaise, la population de Saint-Louis vit dans la 'psychose totale' des rétrécisseurs de pénis, dont plusieurs hommes, jeunes et vieux, assurent avoir été les victimes.
La colère populaire s'est notamment abattue sur un Ivoirien de 28 ans, Yakhouba, venu chercher du travail dans l'ancienne capitale du Sénégal. Celui-ci n'a eu la vie sauve que grâce à l'intervention d'une journaliste qui l'a remis entre les mains de la police.
Texte tiré du journal la Presse au Québec depuis au mois d'août 1997.
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le web de l’humanité.

02 Août 97 - INTERNATIONAL - Brèves
SENEGAL. La psychose des 'rétrécisseurs de
sexe', qui sévit depuis plusieurs mois dans le pays et la région, a fait sept morts par lynchage, la plupart étrangers, dans la seule journée de jeudi à Dakar. Selon cette croyance, des personnes en frôlant ou en serrant la main d'une autre personne parviennent à lui faire rétrécir le sexe. La 'victime' alerte alors les passants qui, à coups de gourdin, châtient le 'jeteur de sort'. Aucune explication cohérente n'a été fournie à ce jour à ce phénomène de psychose de masse.
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Page réalisée par Intern@tif - Lundi 4 Août 1997

La psychose des 'rétrécisseurs de sexe' fait neuf morts, au Sénégal
Le ministère de l'Intérieur a appelé hier la population sénégalaise 'à faire preuve de calme, de sérénité et de discernement' dans l'affaire des 'rétrécisseurs de sexe' qui, selon la police, a fait ces derniers jours neuf morts et plusieurs blessés à Dakar et en province.
Dans un communiqué, le ministère a invité les citoyens 'à se conformer aux règles et principes qui organisent la République en évitant de se faire justice eux-mêmes'. Il a engagé la population 'à saisir les services de la police et de la gendarmerie qui pourront apporter l'assistance requise à ceux qui en feront la demande'.
Il souligne par ailleurs dans son communiqué que 'dans les différents incidents vécus les informations se sont révélées fausses' et que l'affaire des 'rétrécisseurs de sexe de solde parfois par des victimes innocentes'.
Texte tiré du journal la Presse au Québec depuis au mois d'août 1997.
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LODACE

BLOC-NOTES des CURIEUX

LES RÉTRÉCISSEURS DE SEXE

Rumeur meurtrière en Afrique: huit morts
Lynchage des “voleurs de sexe”
La psychose des “rétrécisseurs de sexe” a fait huit morts en trois jours, dont un brûlé vif, et 36 blessés dans l'agglomération dakaroise, qui est quadrillée vendredi par les forces de police. Le calme semblait revenu samedi dans la capitale sénégalaise, où la veille au soir, près du marché central, un fonctionnaire accusé d'avoir fait disparaître le sexe d'un coiffeur, a été sérieusement blessé par la foule en furie. Pour sa part, le ministère de l'Intérieur a appelé les Sénégalais à faire preuve de calme et de discernement dans cette affaire présentée comme un phénomène d'hystérie collective, mais qui a traumatisé une partie de la population prête à croire à la rumeur. Dans un communiqué, le ministère a demandé aux citoyens de ne pas se faire justice eux-mêmes, en affirmant que, dans tous les cas, les informations se sont révélées fausses.
La psychose des “rétrécisseurs de sexe”, qui sévit depuis plusieurs semaines au Sénégal après avoir fait des ravages en début d'année au Ghana et en Côte d'Ivoire, a également frappé le sud du pays, où six Haoussas et un Bissau-guinéen ont été grièvement blessés jeudi soir à Ziguinchor, chef lieu de la Casamance. Le scénario des lynchages est toujours le même: un homme, après avoir été frôlé ou avoir serré la main d'un inconnu, déclare avoir été parcouru par un frisson suivi de picotements, avant de sentir son organe s'enfoncer profondément dans le corps. La “victime” constate alors que son sexe a disparu et alerte les passants qui à l'aide de gourdins, de briques ou de coupe-coupe, tombent à bras raccourcis sur le présumé “voleur de sexe” à la merci de la foule en furie.
Le commissaire chef de la police dakaroise, a déclaré, dans une interview publiée samedi par le quotidien “L'Aurore”: Tous les sexes que j'ai vus sont à leur place et ils sont tout à fait normaux. L'homme a effectivement dû effectuer plus d'une douzaine de contrôles. Les victimes, ajoute-t-il, sont des gens qui ont des problèmes psychologiques ou même sexuels. Le chef de la police estime que cette affaire touche “des gens qui n'ont pas un (bon) équilibre mental”, et demande que les Sénégalais cessent d'accuser des étrangers ou d'en faire des boucs émissaires. Les victimes sont pour la plupart des étrangers ou des Peuls sénégalais qui peuvent ressembler à des Haoussas, ethnie originaire du Nigéria et du Niger.
(AFP.)
Information relevée dans LE SOIR Bruxelles du 4 août 1997.
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Sommaire Bloc-notes des curieux

14/08/97
Ces terribles rumeurs qui courent le monde
(MFI) Née il y a plus d'un an en Afrique centrale, la psychose sur la disparition d'organes génitaux vient de faire plusieurs morts et de nombreux blessés au Sénégal après avoir ravagé le Togo, le Ghana et la Côte d'Ivoire. Pourquoi, quelle que soit sa culture, l'homme se laisse-t-il si vite emporter par les terreurs les plus folles ?
On pourrait sourire de cette effrayante épidémie si elle n'avait déjà fait des dizaines de morts en Afrique. Des 'étrangers' comme par hasard, roués de coups, brûlés vifs. Les autorités, au Sénégal comme ailleurs, ont beau assurer que tous les contrôles effectués sur les soi-disant victimes ont permis de constater que leurs organes étaient intacts, les populations traumatisées continuent, quels que soient les faits et les preuves, de croire les rumeurs. Des rumeurs qui paraissent s'évanouir comme elles sont nées, sans explication, sans raison. Ce phénomène est bien connu des sociologues et des anthropologues qui en étudient la naissance, le contexte, le déroulement. Il n'est pas si irrationnel qu'on pourrait le croire puisque des causes semblables produisent ou ont produit dans le passé, en Corrèze comme au Zambèze, de semblables effets.
En Inde aussi, la peur du sexe qui disparaît...
Le sexe, la peur de la castration, de l'impuissance : c'est, bien sûr, une des plus grandes angoisses de l'être humain. Elle s'était emparé des Brésiliens au début des années 60 : le bruit avait couru qu'une mystérieuse maladie chez le boeuf rendait impuissants les mangeurs de viande; les femmes ont continué à savourer des steacks, mais durant plusieurs mois les hommes s'en sont privés. Beaucoup plus proche de l'actuelle psychose africaine, le 'koro' du Bengale, en Inde, qui 'fait croire aux hommes que leur organe sexuel rétrécit et risque de disparaître dans leur abdomen'. En décembre 1983, le Dr Ajita Chakraborty expliquait dans le Journal indien de psychiatrie que 'les malades traversent des crises d'angoisse aiguë, obsédés par l'hallucination que leur organe sexuel risque de disparaître et d'entraîner leur mort'. Le phénomène avait alors atteint les dimensions d'une véritable épidémie au Bengale occidental. Le commissaire chef de la police dakaroise, a déclaré entre autres au quotidien l'Aurore que les victimes 'ont des problèmes psychologiques ou même sexuels', et il a aussi demandé à ses compatriotes de 'cesser d'accuser des étrangers et d'en faire des boucs émissaires'. Car les faiblesses personnelles, l'obsession de la magie noire, le désarroi face à la crise et à un monde qui change trop vite sont la plupart du temps associés, et c'est le plus grave, à la xénophobie. Mélange explosif, meurtrier. Les juifs, les gitans, les Noirs, les Indiens, les femmes, les minorités, les 'Autres' en ont de tout temps fait les frais. 'Les rumeurs se développent dans des moments de forte tension sociale, sous l'effet de plusieurs stress cumulés, économiques et politiques', dit ce professeur d'anthropologie à la Sorbonne qui a bien étudié sur place plusieurs 'psychoses' africaines. Parmi toutes ces rumeurs et bien d'autres, celle sur les rétrécisseurs de sexe est hélas une des plus tenaces et des plus tragiques.

Trouvé sur un site internet concernant le Mali.

SOCIETE

VINDICTE POPULAIRE

Nous sommes tous coupables

Depuis le 26 mars 1991, la justice populaire, apparaît de plus en plus dans notre société comme un véritable 'acquis' de la démocratie. Cependant, le phénomène, plus vieux que 'le 26 mars; demeure aujourd'hui d'actualité et remet dangereusement en cause les principes fondamentaux de nos us et coutumes: le caractère sacré de la vie. Il y a urgence!

Il est 21 h à Kayes. Nous sommes le 12 mai 1997. Le jeune Cheick Sidiya Doumbia conversait avec son beau-frère à côté d'un rond-point dénommé 'Harlem' par les habitants de la ville des rails. Peu après, un taxi, s'immobilisa à côté des deux hommes. Le passager qui débarqua salua Sidiya et son beau-frère avant de continuer son chemin à pied. Quelques minutes plus tard, Sidiya s'écria affolé: 'mon sexe s'est rétréci!'. Du coup, une nombreuse foule se précipita sur le jeune homme. Vite, il faut retrouver 'l'étranger' qui aurait, quelques minutes plus tôt, serré la main du jeune Sidiya. 'Il portait une chemine blanche', voilà le seul indice qui a permis à la foule de retrouver au niveau d'une boulangerie, le 'coupable' ou plutôt une victime.

Le premier homme à la 'chemise blanche' rencontré a été ainsi pris d'assaut par la foule. Et il a beau soutenir n'avoir jamais rencontré le jeune Sidiya, a fortiori lui serrer la main. Peine perdue. Le pauvre homme a été battu à mort puis brûlé devant l'impuissance de deux agents de police, dépêchés sur les lieux.

Quelques jours plus tard, l'identité de la victime a été révélée à la police. L'homme s'appelait Dramane Diakité et exerçait la profession d'animateur en langue sarakolé. Il était venu à Kayes, en provenance de Bamako dans le but de communiquer les résultats des élections présidentielles du 11 mai, aux responsables locaux de son parti, le PUDP

. Cette affaire récente du malheureux 'rétrécisseur de sexe' de Kayes est loin d'être un cas isolé. Dans nombre de localités au Mali, la 'justice populaire' frappe encore à volonté. Ainsi, pour le seul district de Bamako, 68 cas de personnes victimes de vindicte populaire, ont été enregistrés de 1992 à nos jours selon des chiffres obvenus auprès d'un inspecteur à la direction nationale de la police. Des cas, 'classés' selon l'inspecteur. Toutes choses qui indiquent que la vindicte populaire n'est pas punissable.

L'on se souvient encore que le seul cas qui a fait l'objet d'une enquête et qui a été jugé, demeure l'affaire du jeune douanier Diogo Kéita battu à mort puis mutilé à Yanfolila en 1992.

Cependant, la justice populaire, en tous les cas de figure est bien punissable par le code pénal malien. M. Idrissa Sénou, juriste à la Coopération culturelle Jamana, explique: 'la notion de vindicte populaire n'est pas consacrée par notre code pénal. Littéralement, il s'agit d'une punition populaire, infligée à l'auteur d'une infraction de façon spontanée. Il s'agit en tous cas, d'un moyen illégal de rendre justice, or, nul n'a le droit de se rendre justice. Ceux qui auront porté des coups ou fait des blessures, ou commis toute autre violence ou voie de fait sur une tierce personne, tombent sous le coup de la répression. Les sanctions diffèrent selon le résultat des agissements. Dans tous les cas, la peine est encore plus sévère s'il y a préméditation ou guet-apens. La peine maximale est de 5 à 20 ans de travaux forcés. Concernant la violence collective, le code pénal, prévoit dans son article 142, le cas des associations de malfaiteurs qui se forment, peu importe leur durée et le nombre de ses membres dans le but de préparer ou de commettre un attentat contre les personnes ou leur propriété, constitue un crime contre la paix publique. Ceux qui, ayant connaissance de ce fait, se seront affiliés à une telle association ou auront participé au crime seront puni de 5 à 20 ans de travaux forcés et d'interdiction de séjour'.

'La police ne fait pas son travail'

Mais alors, pourquoi tous les cas de vindicte populaire, sont-ils 'classés', (c'est-à-dire sans suite?). Le juriste Idrissa Sénou est formel sur ce point: 'En cas de violence collective ou justice populaire, les autorités policières doivent agir pour éviter le pire, mais si cela est fait, l'officier de police se transporte sans délai sur le lieu du crime et procède à toutes constatations utiles. Il veille à la constatation des indices susceptibles de disparaître, pour la manifestation de la vérité. Il doit saisir les armes ou autres instruments qui ont servi pour accomplir le crime et doit arrêter toutes les personnes suspectes. Une enquête doit s'ouvrir et l'officier de police judiciaire peut être amener à garder à sa disposition une ou plusieurs personnes pendant 48 h. En cas de flagrant délit, si le juge d'instruction n'est pas encore saisi, le procureur de la République peut décerner un mandat d'amener contre toute personne soupçonnée d'avoir participé au crime'.

En somme, selon M. Idrissa Sénou, si les cas de vindicte populaire demeurent toujours sans suite, c'est bien parce que 'la police ne fait pas son travail'

Cependant, du coté des commissariats, même si certains refusent de se prononcer sur la question au 5e arrondissement le commissaire Youssoufa Sacko lui s'est confié à nous: 'En cas de violence collective, nous intervenons pour ouvrir une enquête, mais, nous ne procédons pas à des arrestations parce que, généralement, c'est la confusion'. Par exemple explique le commissaire, le 20 mars 1997, un jeune homme accusé de vol avait été battu à mort par des gardiens à la cité de l'ACI 2000 avant d'être abandonné sur les lieux, non loin du commissariat. Nous avons mené l'enquête et actuellement, les suspects sont aux arrêts. Chaque fois, qu'il y a des crimes, nous agissons'

Agir, c'est cela qu'il faut, mais surtout, éradiquer le crime populaire. Mais pour tuer le mal, il faut, connaître sa source.

Le mal vient de loin

De l'avis de nombre de citoyens rencontrés dans les grands marchés et sur les places publiques, tous sont unanimes sur le caractère sacré de la vie. Cependant, tous appréhendent les causes du phénomène sous le même angle. Comme Madou Diarra, commerçant de pièces détachées au marché Dabanani: 'C'est triste et honteux de se rendre justice jusqu'à en venir à brûler vif son prochain, fut-il un voleur ou même un assassin. Mais les gens n'ont plus confiance à la police et à la gendarmerie. Un exemple: lorsque vous maîtrisez un malfaiteur et que vous n'avez pas les moyens de l'amener à la police. Dans les différents commissariats, on vous signale toujours le manque de véhicules ou d'agents pour se charger du malfaiteur. Alors, faut-il enfermer un voleur chez soi en attendant que la police ait les moyens de s'en charger? Autre problème plus grave, même lorsque vous transportez un voleur à la police, vous le revoyez quelques jours après, sinon le même jour dans les rues. C'est bien sûr avec la complicité des policiers eux-mêmes. Voilà ce qui explique le fait que les gens préfèrent se rendre justice parce que, ils n'ont plus que la seule solution'.

Du coté des différents commissariats du district, on explique également les causes de la recrudescence de la vindicte populaire par la même thèse soutenue par l'homme de la rue. Seulement, l'on ajoute un facteur très important: selon M. Diarra, inspecteur de police, 'beaucoup de nos concitoyens pensent qu'ils suffit d'attacher un malfaiteur et le remettre à la police pour que celui-ci soit déféré. Il nous faut des témoignages des plaignants qui acceptent d'aller jusqu'au bout. Mais nous nous retrouvons plusieurs fois avec des malfaiteurs contre lesquels, aucune preuve n'est déposée et certains vont jusqu'à refuser de porter plainte. Dans ces cas, nous sommes obligés de relâcher ces malfaiteurs pour ne pas présenter un dossier vide à la justice. Les citoyens doivent comprendre cela et nous aider pour que la justice puisse punir les malfaiteurs'. Les causes de la vindicte populaire ne se limitent cependant pas aux seules raisons avancées par les uns et les autres à savoir, le manque de confiance entre autorités policières ou judiciaires et les citoyens. Certaines pratiques coutumières ont également contribué à la version actuelle de justice populaire qui consiste à battre à mort un suspect ou de le brûler vif. En effet, depuis la nuit des temps au Mali, il est coutume de faire appel aux services d'un magicien, d'un sorcier ou d'un détenteur d'un pilon magique afin d'élucider les cas de vol ou d'autres infractions. Une des méthodes plus célèbres est le 'pilon magique' qui a la propriété de 'désigner immédiatement les coupables'. Et son verdict est sans appel. L'on se souvient encore de ce mois de février 1994, lorsque, à une vingtaine de km de Bamako, à Sanankoroba, une petite boutique avait été pillée par des malfrats. Le butin emporté était de 75 000 F CFA. Du coup, ce fut le recours au pilon magique qui désigna, un jeune homme: Gaoussou Traoré expulsé de la Libye. Il avait été conduit sous 'l'arbre sacré' et battu à sang par les villageois avant qu'on lui versa de l'acide dans les yeux. Le jeune homme a perdu à jamais l'usage de ses yeux et sillonne actuellement les rues de Bamako, canne à la main, à la recherche de l'aumône. Un défi, parmi tant d'autres (du même genre) à la conscience nationale.

La situation est grave et il ne s'agit point de chercher les coupables de cette honte que constitue la vindicte populaire. Car coupables nous le sommes tous. Il est plutôt urgent pour chacun, (autorités et citoyens) de prendre ses responsabilités afin d'arrêter le crime. Cela passe nécessairement par une large sensibilisation qui devrait prendre ses racines dans les familles, dans les écoles... dans la vie.

Boubacar Sangaré


1/4 DE FINALE DE LA COUPE DU MALI


Sommaire Journal

SOCIETE

JUSTICE EXPEDITIVE

Le paradoxe dans un Etat de droit

Moyen d'expression du ras-le-bol des populations face à la recrudescence du banditisme, la justice populaire, aujourd'hui un véritable casse-tête chinois pour les autorités, donne lieu à beaucoup d'abus. Elle s'est développée véritablement dans notre pays à partir des événements de mars 91. Mais le laxisme apparent des forces de sécurité à punir les malfrats, le manque de communication sur les dispositions sont pour quelque chose dans la persistance de ce fléau. Marché de Médine ce 10 avril 1997. Trois quidams qui, semble-t-il, voulaient faire du rétrécissement de sexes leur gagne-pain, passent à la trappe après qu'ils eurent été dénoncés par un passant 'victime de leur forfait'. Deux des trois présumés 'rétrécisseurs' sont tués sur le coup. Le troisième ne devra son salut qu'aux agents du poste de police de Médine. Le visage ensanglanté et souffrant visiblement d'autres contusions, S. Thiéro (on saura par la suite qu'il s'appelle ainsi) clama son innocence devant les policiers. 'Je suis de l'ethnie bozo dont l'éthique me défend de faire du mal à mon prochain. Je suis charretier de profession', se défendait-il. Six ans auparavant: le 26 mars 1991 précisément, un responsable du gouvernement, informé de la déposition du général Moussa Traoré et qui avait tenté de prendre la clef des champs, est extrait de sa voiture avant d'être froidement abattu. La scène se passe à l'aube à Baco-Djicoroni, dans la proche banlieue de Bamako.

Le responsable en question avait eu maille à partir avec les scolaires, aile marchante du mouvement démocratique, dont l'une des exigences était l'instauration de la démocratie et du multipartisme, une doléance alors inacceptable pour les tenants du pouvoir. Le même jour, un autre cacique du régime, parent proche de l'ex-première dame, se donnait la mort, craignant sans doute les 'représailles' d'une population qui avait du mal à contenir sa haine à l'égard d'hommes qui incarnaient à ses yeux les espoirs déçus. Même mort, le beau-frère de l'ex-président, n'échappera pas cependant à la vindicte de la foule. Son corps sera traîné de quartier en quartier pour être finalement brûlé. 'Tuer, même par ressentiment politique, était presque inconnu dans la culture malienne. Cette graine de violences pouvait faire penser à une manifestation de sadisme', commente un vieil instituteur. Le phénomène continue encore de faire tache d'huile. Tant et si bien que violer, voler ou rétrécir un sexeŠ ressemble à l'heure actuelle au suicide au Mali. L'application de 'l'article 320' (prix d'un litre d'essence qui coûtait 300 F CFA à l'époque et une boîte d'allumettes qui revenait à 20 F CFA pour brûler vif les délinquants ou présumés tels) a suivi les événements de mars 1991 et fait des émules dans notre pays. Ce serait pourtant faire un pied de nez à l'Histoire en soutenant que la justice populaire nous vient tout droit des événements de mars 1991.

'Autrefois, raconte A.T., professeur d'histoire à Dravéla-Bolibana, des rois avaient une justice rudimentaire sous forme d'ordalie. On mettait par exemple les mains des suspects dans de l'huile bouillante suivant un simulacre de tirage à la courte paille. La première personne qui manifestait le moindre signe de brûlure était prise pour coupable et souvent exécutée. Les autres étant blanchis d'office. Plonger les mains de quelqu'un dans de l'huile bouillante dans le but d'établir sa culpabilité? Qui qu'il soit, on en convient, manifestera sa douleur. Rien à voir avec le stoïcisme. C'est pourquoi beaucoup de nos devanciers ont malheureusement été, à tort, victimes de cette justice de lynchage déguisé'. Aussi, la réminiscence de pratiques importées d'ailleurs (il n'y a guère longtemps le 'supplice du collier' était à la mode dans certains pays africains), l'influence négative du cinéma dans le genre Far West ont-elles favorisé l'émergence de la justice populaire, définitive et impitoyable. En dépit de l'avènement de l'Etat de droit dans notre pays, il ne passe toutefois pas de jour sans que la presse rapporte un cas de lynchage. Tantôt c'est un 'rétrécisseur' de sexe qui est battu avant d'être brûlé vif, tantôt c'est un voleur à la tire qui passe de vie à trépas, parfois c'est un drame pour une histoire de femme. Les 'rétrécisseurs' de sexes et auteurs d'autres petits larcins opèrent généralement dans les marchés ou en tout cas dans des lieux de grands rassemblements. Or, c'est s'offrir en holocauste en tentant aujourd'hui quoi que ce soit de répréhensible en ces lieux. De statistiques point, mais quel effroi! Pour le commissaire Youssoupha Sacko du 5e arrondissement, le phénomène de lynchage s'explique par la psychose que les populations vivent. 'Beaucoup de rumeurs circulent au sujet des coupeurs de têtes, des vols d'enfants, de bétail ou de motos. Et à chaque fois que les populations estiment que quelqu'un est suspect, elles ont tendance à se rendre justice elles-mêmes puisque le mal, pensent-elles, doit être éradiqué', ajoute-t-il. Le cas le plus récent de justice expéditive enregistré au 5e arrondissement a été le meurtre le 9 mai dernier d'un conseiller pédagogique qui avait été pris pour un voleur par son 'assassin'. Selon le commissaire du 5e arrondissement beaucoup de gens aujourd'hui prof.....etc....etc....

Vous trouverez tous ces articles sur internet en tapant “rétrécisseurs de sexe” sur les moteurs de recherche.


Voilà une pratique magique courante dans le monde dont j'ai été victime mais pas par une personne physique tel un sorcier mais par la magie négative.
Je tiens à préciser que pour me consoler la magie positive me rallonge mon sexe de temps à autre plus qu'il ne l'était au départ avant qu'il ne soit raccourci.
Ce qui fait que je sais que l'on peut raccourcir un sexe d'homme, mais aussi le rallonger, chose apparemment dont on ne parle pas dans ces articles parus sur internet. Seul le raccourcissement est en cause.
Ma magie positive augmente mon sexe de deux ou trois bons centimètres par rapport à sa taille normale quand elle en a la puissance. Elle a aussi grossie mes testicules de moitié si ce n'est du double. Ma verge a aussi pris de l'épaisseur, je pense qu'à cet instant je n'aurais pas démérité dans un film pornographique.
Par contre la magie négative fait perdre à mon sexe jusqu'à cinq bons centimètres quand elle en a la puissance et elle réduit mes testicules à une taille qui correspondrait à l'équivalent de deux pauvres billes.
Ce qui fait que selon les jours voire les instants je me retrouve soit avec une toute petite verge, comme une verge de gosse, soit je me retrouve avec ma verge normale (plus rare), soit enfin je me retrouve avec une verge digne d'un acteur de film pornographique (encore plus rare). C'est littéralement hallucinant.
Par contre cela me permet d'affirmer que si l'on peut transformer l'aspect d'un sexe par magie, on peut donc transformer l'aspect d'un bras, d'une main, d'un visage voire d'un corps tout entier. Ce qui permet d'envisager toute une foule de possibilités toutes plus folles les unes que les autres.
Je dois d'ailleurs préciser que j'arrive malgré moi à transformer mon aspect physique, mais cette transformation est dû à l’action des forces magiques. Tantôt positives, tantôt négatives.
Cela se limite à mon aspect physique, je peux me retrouver avec un gros ventre comme un obèse et puis dans les transformations les plus spectaculaires (rares), je vois mon ventre qui diminue et qui progressivement disparaît pour laisser place à un ventre plat, mes épaules grasses laissent apparaître des muscles qui se dessinent et d'un corps gras et difforme je voie devant moi dans la glace un corps tout en muscle qui me fait face.
Je pense de ce fait que les transformations sont donc possibles.
Quant à savoir si sur cette planète des êtres humains se sont transformés je n'en sais rien mais cela est possible je le sais car de mes expériences je peux conclure que si l'on peut transformer un bout de chair comme un sexe masculin, pourquoi pas un corps tout entier, et si de ce fait on peut rajouter de la chair à ce bout de chair qu'est un sexe pourquoi pas rajouter de la chair à un corps humain pour le changer.
Maintenant en quoi peut on se transformer…. pourquoi pas en super héros.

Rajout.
Depuis cette mésaventure dû aux forces du mal, à la magie négative, j'ai distribué et fait distribuer à droite à gauche cette connaissance et j'ai bien sur eu un retour de positif et cette situation gênante pour moi a presque disparue. Mon sexe a repris une taille raisonnable, à moi de continuer à distribuer et faire distribuer ce livre ou/et les feuilles en bleues du début et bientôt tout sera rentré dans l'ordre. Je compte même l'augmenter un petit peu, après tout ça lui fera bien la nique à cette salope de magie négative.
Ce que je voulais dire aussi et que si cette mésaventure m’est arrivé, ce rétrécissement de sexe, ce n’est pas parce que j’attaque cette connerie que l’on appel Dieu et cette autre connerie qu’est la religion, puisque je continu à le faire et que je retrouve une taille normale vis à vis de mon sexe progressivement. Si j’ai eu cette mésaventure c’est parce que dans la vie tout se paie, et que pour pouvoir avoir accès à la connaissance il faut avoir assez de positif, et donc de ce fait il devait m’en manquer un petit peu pour que je puisse avoir cette connaissance, d’où j’ai dû en quelque sorte “taper” dans la caisse pour pouvoir “me la payer”. Et j’ai dû de ce fait être obligé de faire un petit sacrifice. Perdre un peu de ma virilité. Mais ce n’était que reculer pour mieux sauter (sans jeux de mots) car en distribuant cette connaissance je me faisais un tel “paquet” de positif que retrouver cette virilité n’était plus qu’une formalité. Essayez de comprendre ce que peut coûter en magie positive le fait d’arriver à se “payer” une telle connaissance en partant de rien, car dans ce monde il n’existe aucune science irrationnelle qui prétend que Dieu est le mal, il était normal que je n’allais pas m’en sortir indemne aussi facilement, j’ai dû racler tous mes fonds de poches pour pouvoir sortir cette vérité des ténèbres, comprenez vous mieux comment fonctionne la vie. Tout se paie, rien dans ce monde n’est gratuit, si vous pouvez draguer des filles c’est parce que vous avez assez de positif et non pas parce que c’est normal et naturel, idem si vous mangez à votre faim etc... Donc je n’ai plus qu’à refaire de la magie positive et j’aurais de ce fait liquidé mon “crédit”. N’oubliez pas que le meilleur moyen pour se faire du positif est de ne pas faire le mal, de travailler, intellectuellement si possible, de ne pas croire de choses fausses (en Dieu par exemple), d’aider la justice, de défendre les droits de l’homme, d’aider les gens innocents qui sont attaqués, les pays innocents qui sont attaqués, de défendre l’écologie, de considérer que la terre appartient à tout le monde (bien sur que ceux qui le méritent, c’est à dire qui ne font pas le mal), et bien sur de faire connaître cette connaissance. Faire connaître cette connaissance rapporte énormément de magie positive, essayez, vous verrez. Vous pouvez distribuer ce livre en le gravant sur cédérom au format RTF, c’est un format universel, les cédéroms vendu par cent coûte deux francs cinquante pièce chez les revendeurs les moins chers, vous pouvez le faire passer sur internet, le faire imprimer si vous avez les moyens. Il y a vous voyez pas mal de solutions pour toutes les bourses, mais attention, prudence, la religion est comme je l’ai dit source de conflits et les religieux ne sont pas réputés pour leur tolérance.
Pour ceux qui n’ont pas beaucoup de moyens je vous renvoie à la fin de ce livre où il y a un résumé écrit en bleue, c’est un ensemble d’une dizaine de feuilles que beaucoup de gens actuellement font passer dans toute l’Europe. Même aux états unis. Vous pouvez le faire avec une imprimante laser, c’est assez économique. Je sais qu’en en distribuant quelque centaines d’exemplaires dans une journée (dans les boites aux lettres ou sur les pare brise de voiture, attention à la météo, évitez les jours de pluie) on sent en soi un retour de magie positive réelle, c’est littéralement dingue. Essayez vous verrez, c’est garanti et c’est réellement hyper génial, le retour est quasi instantané. Je ne sais pas si vous avez déjà sauvé des gens, mais ceux qui l’ont déjà fait doivent le savoir, on ressent quelque chose d’extrêmement fort après, c’est un peu cela mais avec beaucoup de choses en plus, car là on ne sauve pas une personne, mais des centaines en une journée. Le retour qui s’en suit est littéralement stupéfiant. Je dois avouer que c’est réellement jouissif. Et ce n’est pas que jouissif, c’est toute une partie de votre vie qui évolue pour quelques centaines d’exemplaires distribués (allez en fin de ce livre, vous y trouverez ce passage écrit en bleue), le retour est je le répète quasi instantané. Essayez vous verrez. Résultat garanti.
(Je répète ce passage car il est très important de savoir comment faire du positif).

J’ai trouvé en furetant dans les bibliothèques un livre datant du moyen âge et qui était en quelques sortes le livre de chevet des inquisiteurs de cette époque pour la chasse aux sorcières.
Ce livre a pour nom “Malleus Maleficarum” ou en français, “Le Marteau des sorcières” et contient quelques passages forts intéressant concernant justement la disparition des organes sexuels par l’action de la magie (noire dans ce cas).
Bien sur les inquisiteurs étaient de sales personnages, fous de religion qui passaient leur temps à essayer de trouver en chacun les marques de la sorcellerie pour les envoyer au bûcher.
Des dizaines de milliers d’hommes et de femmes périrent de par leur faute sous la torture et dans les flammes au nom de Dieu et de l’inquisition. Bien souvent des innocents.
Ces fous de Dieu étaient donc en présence de ce phénomène des disparitions d’organes génitaux, phénomène qui a disparu de notre continent et qui a été oublié avec le temps, mais il perdure en Afrique, en Inde et en Extrême Orient.
Surtout donc dans des pays peu développés ou la magie positive des gens est faible et où les conditions de vie extrêmes peuvent facilement faire faire des “bêtises” et de ce fait perdre le peu de positif que l’on a et entraîner de tels problèmes. Le fait aussi que pour survivre parfois l’on soit obligé de sacrifier un acquis que l’on a difficilement obtenu, ce afin de pouvoir s’en sortir. Dans ce cas effectivement, aucun mal n’a été fait mais il y a bien disparition ou rétrécissement des organes, on paie ainsi en donnant un de ses acquis pour en avoir un autre qui nous permette de sortir d’une mauvaise passe. En général les choses les premières qui sont sacrifiées touchent au plaisir. On sacrifiera en dernier lieu les choses utiles pour plus utile.
On voie que dans la vie il vaut mieux prévenir que guérir, et donc ne pas croire que la vie est un jeu, et travailler dur pour prévoir longtemps à l’avance les pépins pouvant survenir. Donc ne pas croire que cela tombe du ciel, ne pas croire en Dieu donc.

le Malleus Maleficarum.


Le Marteau des Sorcières, Malleus Maleficarum, a été le bréviaire des chasseurs de sorcières pendant deux siècles dans toute l'Europe. Michelet en avait bien saisi l'importance, qui notait en 1862: 'aux anciens pénitentiaires, aux manuels des confesseurs pour l'inquisition des péchés succédèrent les directoria pour l'inquisition de l'hérésie qui est le plus grand péché. Mais pour la plus grande hérésie qui est la sorcellerie, on fit des directoria ou manuels spéciaux, des marteaux pour les sorcières. Ces manuels ont atteint leur perfection dans le Malleus de Sprenger...'. Michelet précise, en outre, l'emploi de ce livre avec une sûre intuition de la pratique
judiciaire: 'Le Malleus, qu'on devait porter dans la poche, fut imprimé généralement dans un format rare alors, le petit in-huit. Il n'eut pas été séant qu'à l'audience, embarrassé, le juge ouvrît sur la table un in-folio. Il pouvait, sans affectation, regarder du coin de l'oeil, et sous la table, fouiller son manuel....'

Ce livre, capital pour la compréhension des contagions de sorcellerie du 16 eme au 17 eme siècle, n'avait jamais encore été traduit intégralement en français; des passages s'en retrouvent chez les dèmonologues ; mais point le texte complet qui apporte sur la vision du monde propre aux inquisiteurs et sur les fantasmes des sociétés médiévales un témoignage d'une richesse exceptionnelle.
Une traduction en a été faites et quelques passages vous sont livrés ici afin de vous montrer que la disparition des organes génitaux par la magie est chose connue depuis fort longtemps et pas que dans les sociétés africaines mais bel et bien chez nous aussi, en Europe, mais que cette pratique s'est perdue avec le temps et la civilisation.


DEUX AUTEURS, UN REDACTEUR.

Les rues du vieux Strasbourg qui, au cours de l'hiver 1486-1487, ont vu sortir des presses de Jean Prüss l'aîné les premiers ballots imprimés des in-folios du Malleus Maleficarum ne savaient pas le poids et la destinée future du nouveau livre. « La décennie 1487-1497 (serait) une date capitale dans l'histoire de la sorcellerie démoniaque et de la magie... L'imprimerie (jetant) aux quatre vents des idées et des mots qui avant son emploi n'atteignaient qu'un cercle restreint d'auditeurs.» Mais cette décennie serait décisive aussi pour la diffusion du premier guide imprimé de répression de cette « sorcellerie démoniaque »: une édition presque chaque année...
Pour le moment, le livre sortait et sortirait comme l'illustration autorisée du manifeste d'Innocent VIII, la Bulle Summis desiderantes affectibus, qui relançait la chasse aux sorcières, dans l'ouest de l'Empire. Il était simple d'en trouver la preuve en ouvrant le nouvel in-folio gothique, dont la table dès ses premiers mots accrochait toutes les questions et tous les chapitres à 'la bulle récemment sortie d'Innocent VIII' et déjà normalement connue des destinataires du livre, les gens de justice cultivés. Pareille autorité suffisait pour accréditer l'oeuvre nouvelle qui sortait sans lieu ni date ni nom d'éditeur. Pourtant une autre autorité la couvrait dès le départ aux yeux des lecteurs. Sur la première page, une 'apologie', tenant davantage de la défense que de la préface, donnait, avec le thème et l'argument du livre, le titre choisi à dessein : Marteau des Sorcières, et rendait public le nom de Jacques Sprenger comme premier responsable, laissant dans l'ombre l'autre artisan de l'oeuvre. L'un et l'autre étaient inscrits à l'Ordre des Frères Prêcheurs et chargés de la mission spéciale de l'Inquisition romaine dans les territoires de l'ouest de l'Empire.
Le second responsable devait sortir au grand jour dès 1490 avec cette approbation de l'Université de Cologne (1487) qui était, bien plus qu'un imprimatur, déjà une recommandation et une garantie. Deux noms - Jacques Sprenger, Henry Institoris - se trouvent ainsi proposés pour la paternité du traité.

Comment les sorcières savent enlever aux hommes le membre viril.

Que les sorcières aient coutume de supprimer des membres virils, non pas en dépouillant réellement des corps humains mais en les faisant disparaître par quelques charmes, nous l'avons déjà montré plus haut à la question IX de la première partie. Ici nous voulons surtout apporter des exemples.
Dans la ville de Ratisbonne, un jeune homme avait une liaison avec une jeune fille. Quand il se mit à vouloir la quitter, il perdit son membre viril sous l'effet de quelque sortilège au point de ne plus avoir à toucher et à voir qu'un corps « aplati ». Anxieux à ce propos, il s'en alla dans une taverne acheter et boire du vin. S'asseyant un moment, il se mît à parler avec une femme pour lui raconter en détail la cause de sa tristesse, jusqu'à lui montrer sur son corps ce qu'il en était. Astucieuse, elle demanda s'il suspectait quelque femme. Lui dit oui, donnant le nom de la femme et racontant ce qui s'était passé. Elle alors : Si pour la décider à te rendre la santé, la gentillesse ne suffit pas, il faut user de quelque violence. Aussi le jeune homme au crépuscule se posta sur la route par où la sorcière avait l'habitude de passer; quand il la vit, il se mit à la prier de rendre la santé à son corps. Elle se déclara innocente et affirma ne rien savoir de son affaire. Alors se jetant sur elle, il lui passa un torchon autour du cou et se mît à serrer en disant: Si tu ne me rends pas la santé, tu périras de mes mains. Elle qui ne pouvait plus crier, se mit à noircir et son visage se tuméfiait : ' Libère-moi, dit-elle et je te guérirai.' Le jeune homme desserra le noeud et la pression; la sorcière le toucha alors de la main entre les cuisses, disant
'Tu as ce que tu désires.' Comme il le racontait ensuite, le jeune homme avait parfaitement senti, avant même de s'en assurer par la vue et le toucher, que son membre lui était rendu rien que par le toucher de la sorcière. C'est un exemple semblable qu'avait coutume de raconter un père vénérable du couvent de Spire, connu dans l'Ordre pour sa science et l'honorabilité de sa vie : Un jour, dit-il, pendant que j'entendais les confessions, un jeune homme s'approcha et au cours de la confession il affirma en se lamentant qu'il avait perdu son membre viril. Le père manifesta sa surprise et ne voulait pas croire si facilement sur paroles - le sage estime que croire facilement est le signe d'un coeur léger. Mais, ajoutait-il, j'en ai eu la preuve, car je ne vis rien quand le jeune homme écartant ses vêtements me montra l'endroit. Il me sembla alors de bon conseil de lui demander s'il soupçonnait une femme, qui eût pu lui jeter pareil sort. Le jeune homme me dit qu'il en soupçonnait une, mais qu'elle était absente et vivait à Worms. Je lui dis:
Et moi, je t'invite à aller la trouver le plus vite possible et à essayer de ton mieux de l'amadouer par des paroles aimables et des promesses. Ce qu'il fit Peu de jours après, il revint me remercier se disant guéri et ayant tout récupéré. Je le croyais sur paroles, mais il m'en fit la preuve de nouveau évidente à mes yeux.
Pourtant il y a diverses choses à noter pour mieux comprendre ce que nous avons déjà écrit là-dessus. Premièrement, il ne faut pas croire que les membres soient enlevés ou arrachés au corps; simplement un artifice magique du démon les cache au point que l'on ne peut plus ni les voir ni les toucher. Et pour le prouver, bien qu'on en ait déjà parlé, voici une autorité et un argument de raison.
Alexandre de Halès dit, dans la deuxième partie de sa Somme théologique : L'artifice magique proprement dit est une illusion du diable, qui n'a pas sa cause dans un changement matériel mais dans l'aperception de celui qui est trompé, soit dans ses sens internes soit dans ses sens externes. Notons néanmoins là-dessus que deux sens externes sont trompés, la vue et le toucher; mais non les sens internes que sont le sens commun, la fantaisie, l'imagination, l'estimative et la mémoire. Saint Thomas dit ailleurs qu'il ne sont que quatre. Car il réduit à une seule la fantaisie et l'imagination, la différence étant minime entre « imaginer et fantasier » . Ces sens internes sont sans changement (et non les seuls sens externes) quand rien n'est manifesté ni caché durant la veille ou durant le sommeil. Mais quand durant la veille une chose apparaît autre qu'elle n'est, par exemple quand on voit quelqu'un dévorant un cheval et son cavalier, ou un homme transformé en bête, quand on se voit transformé en bête et allant de bonne foi se joindre aux bêtes. Dans ces cas les sens externes sont trompés et possédés par les sens internes par la puissance du diable avec la permission de Dieu, les images mentales déjà mises en réserve dans le trésor de la mémoire - non pas de la mémoire intellectuelle où sont conservées les idées mais de la mémoire conservatoire des images sensibles située à l'arrière de la tête -; (ces images mentales) sont présentées à la puissance imaginative. Elles sont imprimées si fortement en elle que, comme il lui faut imaginer un cheval ou une bête quand le démon impose telle image, de même il faut se dire que l'on voit de ses yeux telle bête quand pourtant il n'y a pas de bête à voir. Seule la forte impulsion du démon impose cette vision par le moyen des images. Il ne doit pas nous paraître étonnant que les démons puissent faire pareilles choses : la nature aussi peut le faire, même quand elle est défectueuse, comme on le voit chez les fous, les mélancoliques, les maniaques, les ivrognes, incapables de juste discernement. Ainsi les fous pensent qu'ils ont vu des choses merveilleuses, qu'ils voient des bêtes et autres choses horribles, alors qu'ils ne voient rien du tout dans la réalité. (Cf. plus haut dans la question VII de la première partie : est-ce que les sorcières peuvent retourner les esprits des hommes en amour ou en haine? On y note diverses choses.) Mais finalement la raison en soi est claire puisque le démon a une puissance sur certaines choses inférieures, l'âme seule exceptée, il peut faire des changements dans ces choses, quand Dieu le permet, pour les faire apparaître autrement qu'elles ne sont. Et cela, je l'ai dit, soit en trou-blant et en illusionnant l'organe de la vue, afin qu'une chose claire apparaisse nébuleuse, comme après les larmes à cause des humeurs rassemblées la lumière apparaît autrement qu'avant; soit en agissant sur l'imagination par une transformation des espèces sensibles, comme on l'a dit; soit en agitant les humeurs de telle manière que semble feu et eau ce qui est « terre et sec », comme chez certains qui, tous, dans une maison, se déshabillent et se mettent tout nus, croyant qu'ils nagent dans les eaux.
Au sujet de ces méthodes du diable, on peut encore demander : est-ce que pareilles illusions arrivent indifféremment aux bons et aux mauvais, comme d'autres infirmités corporelles (on le verra) peuvent être infligées par les sorciers, même à ceux qui vivent dans la grâce de Dieu ? Sur quoi, pour s'en tenir aux paroles de Cassien dans ses Conférences, il faut dire que non. Tous ceux qui sont ainsi illusionnés sont présumés en état de péché mortel. Il dit en effet, selon ce qui ressort des paroles de saint Antoine, que le démon ne peut « investir » le corps et l'esprit de quelqu'un ni jouir de la faculté d'entrer profondément dans une âme, avant de l'avoir d'abord dépouillée de toutes les saintes pensées, vidée de toute contemplation spirituelle et mise totalement à nu . Disant cela il concorde avec Boèce qui écrit: Nous t'avions donné des armes telles qu'elles t'auraient gardé solidement invaincu, si tu ne les avais pas le premier rejetées. D'où Cassien, au même endroit, rapporte l'histoire de deux sorciers païens : chacun avec sa malice, ils envoyèrent par leurs maléfices des démons successifs vers la cellule du bienheureux Antoine afin de l'en faire sortir par des tentations; tout cela par haine du saint homme, parce qu'une foule de gens s'en venait chaque jour vers lui. Or ces démons, qui l'excitèrent pourtant par les pensées les plus pénibles, il les mit en fuite en se munissant de la croix, sur le front et la poitrine et en se livrant à de longues oraisons.

D'où nous pouvons dire que tous ceux qui sont ainsi joués par le démon, sans autres infirmités corporelles, ne sont pas habités par la grâce de Dieu. D'où la parole de Tobie : ceux sur qui le démon a de l'emprise, ce sont ceux qui... se livrent à la passion. Avec cette position concorde aussi ce que nous avons dit dans la question X de la première partie du traité : est-ce que les sorcières opèrent la transformation des hommes en bêtes? (Nous rappelions l'histoire) de cette jeune fille changée en jument (equa), à ses yeux et aux yeux de ceux qui la voyaient, sauf pour saint Macaire dont le démon n'arrivait pas à abuser les sens. Conduite vers lui pour être guérie, elle lui apparut comme une vraie femme et non comme une jument alors que tous les autres criaient pour eux qu'elle était une jument. Le saint, par ses prières, la délivra, elle et les autres, de pareille illusion; il l'assura aussi que cela lui était arrivé parce qu'elle n'assistait pas à la messe et ne fréquentait pas, disait-il, les sacrements de confession et d'eucharistie. D'où le jeune homme, qui l'avait honteusement sollicitée, à qui elle avait sans doute résisté par honnêteté, s'en était allé demander au sorcier juif de l'ensorceler; et celui-ci par la puissance du démon l'avait changée en jument.
Disons pour conclure sommairement dans les biens de la fortune comme sont les biens extérieurs temporels, dans la réputation, la santé du corps, par les démons et leurs « membres » les bons, eux aussi, peuvent être atteints pour leur épreuve et leur mérite, comme ce fut clairement le cas du bienheureux Job qui en tout cela fut atteint. Pourtant toutes ces atteintes se font à leur corps défendant : par ces maléfices ils ne peuvent être entraînés même violemment à aucun péché; bien qu'intérieurement et extérieurement ils puissent être éprouvés dans leur chair. Pareillement chez eux les espèces d'illusions fantasmatiques ne peuvent être déclenchées ni activement ni passivement. Ni activement, en trompant leurs sens comme ils arrivent à le faire chez ceux qui ne sont pas en état de grâce. Ni passivement, en les privant de leurs membres (virils) par quelques sortilèges. Ainsi en effet au bienheureux Job, ces deux sortes de choses le démon ne put jamais les infliger. Surtout pas cet empêchement sur l'acte vénérien, à quelqu'un qui était d'une telle continence qu'il pouvait dire : j'avais fait un pacte avec mes yeux, je n'aurais pas voulu regarder une jeune fille; a fortiori la femme d'autrui. Mais sur les pécheurs le démon sait qu'il a grande puissance (cf. la parole évangélique : Tant qu'un homme fort et bien armé veille sur son château, son bien est en sûreté). A partir de là, on pourrait encore demander à propos des « réductions » du membre viril : le démon qui, aux hommes en état de grâce ne peut infliger ce sortilège passivement, le peut-il sur le mode actif ? : l'argument étant que celui qui est en état de grâce voit bien le membre à sa place, alors que celui à qui la chose est infligée et d'autres ne le voient pas ainsi, mais le croient enlevé? Or concéder cela semble aller contre ce que l'on a dit plus haut : on peut dire, c'est évident, que moindre est l'importance du dommage sur le mode actif que sur le mode passif; prenant cet actif non pas du côté de quelqu'un qui causerait la perte, mais chez quelqu'un qui la verrait de l'extérieur. Dans ce cas celui qui serait en état de grâce se retrouverait voyant lui aussi la privation chez un autre. Mais sur ce point le démon l'illusionnerait, même s'il ne pouvait lui infliger passivement pareil dommage et le priver de son membre; vu qu'il ne s'est pas soumis à la passion (pour reprendre la parole de l'ange à Tobie : Ceux qui se livrent à la passion, c'est sur eux que le démon a pouvoir).
Enfin que faut-il penser de ces sorcières qui par ce moyen collectionnent parfois des membres virils en grand nombre (vingt ou trente) et s'en vont les déposer dans des nids d'oiseaux ou les enferment dans des boîtes, où ils continuent à remuer comme des membres vivants, mangeant de l'avoine ou autre chose comme d'aucuns les ont vus et comme l'opinion le rapporte? Il faut dire que tout cela relève de l'action et de l'illusion diaboliques: les sens des témoins ont été trompés de la manière déjà dite. Un homme rapporte en effet qu'il avait perdu son membre et pour le récupérer il avait appelé une sorcière. Elle ordonna à l'infirme de grimper sur un arbre et lui accorda, s'il le voulait, d'en prendre un dans un nid où il y en avait plusieurs. Lui ayant essayé d'en prendre un grand, la sorcière dit : ne prends pas celui-là; (ajoutant) il appartient à l'un des curés. Mais tout cela est causé par les sortilèges et les illusions des démons de la manière susdite; bouleversant l'organe de la vue en changeant les images de la puissance imaginative. Et il n'y a surtout pas à dire que les démons s'en vont se montrer avec ces membres assumés, comme il le font avec des corps aériens, apparaissant aux sorcières et parfois aux hommes et traitant avec eux. La raison, c'est qu'ils peuvent plus facilement faire cela, en bouleversant les images sensibles du conservatoire de la mémoire vers la puissance imaginative. Mais si quelqu'un voulait dire que de la même manière aussi ils pourraient procéder, là où on dit qu'ils conversent avec les sorcières ou d'autres hommes dans les corps assumés - c'est-à-dire que de telles apparitions ils les feraient en mouvant des espèces sensibles vers la puissance imaginative, si bien que les hommes penseraient que les démons sont là dans des corps assumés, alors qu'en fait il n'y aurait que des images bouleversées dans leurs puissances internes... Alors il faut dire ceci : Si le démon ne voulait rien démontrer de plus que de se présenter sous une figure humaine, en effet il n'aurait pas besoin d'apparaître dans un corps assumé; il agirait avec assez d'efficacité par le susdit bouleversement d'images. Mais cela ne suffit pas en fait, car il a mieux à faire comme de parler et de manger avec les sorciers, et de s'adonner à d'autres turpitudes. C'est pourquoi il lui faut être présent et se présenter ad extra réellement aux regards dans un corps assumé : la puissance de l'ange en effet est là où il opère, selon le Docteur. Quant à la question de savoir ce qu'il en serait là où le démon par lui-même sans la sorcière enlèverait le membre viril : y a-t-il une différence entre une ablation et une autre? Là-dessus, en plus de ce que l'on a dit dans la première partie de ce traité à la question IX : est-ce que les sorcières peuvent enlever le membre viril? on peut dire d'abord que là où le démon enlèverait par lui-même le membre viril, il le ferait vraiment et réellement et, vraiment aussi et réellement, il le restituerait quand il aurait à le restituer. Deuxièmement, de même qu'il ne l'enlèverait pas sans lésion, il ne l'enlèverait pas non plus sans douleur. Troisièmement, il ne ferait cela que forcé par le bon ange, car ce faisant il se couperait une source de bénéfice : il sait en effet exercer davantage de maléfices sur cet acte (charnel) que sur tous les autres actes humains. Dieu lui permettant de maléficier davantage cet acte que les autres actes humains, comme on l'a dit plus haut. (Il court moins de risques) là où avec la permission de Dieu il opère par les sorcières.
Si quelqu'un se demande est-ce que le démon préfère davantage blesser les hommes pieux et les créatures par lui-même ou par les sorcières ? On peut lui dire qu'il ne faut pas comparer les (deux cas) : il préfère infiniment plus les blesser par les sorcières. D'abord parce qu'il porte à Dieu un soufflet plus humiliant en s'appropriant une créature qui lui est consacrée; deuxièmement, l'offense de Dieu étant plus grande, (Dieu) lui laisse davantage de pouvoir pour nuire aux hommes; troisièmement enfin, il y trouve davantage son bénéfice, qu'il place dans la perdition des âmes.

Les sorcières peuvent-elles illusionner
jusqu'à faire croire que le membre viril est enlevé ou séparé du corps?

Il s'agit maintenant de voir la vérité des opérations diaboliques sur le membre viril. Pour que cette vérité apparaisse davantage, on se demande si les sorcières, par la puissance du démon, peuvent vraiment et réellement enlever le membre ou seulement en donner l'impression illusoire ? Et on tient pour la réalité de la chose à cause d'un argument à fortiori : les démons peuvent faire plus comme de tuer des hommes ou les déplacer dans l'espace. Ainsi dans l'histoire de Job et de Tobie, où il y a des cadavres. Ils peuvent donc enlever les membres virils vraiment et réellement. De plus la Glose sur les visitations par les mauvais anges, dont parlent les psaumes, dit Dieu punit par les mauvais anges, comme il a souvent frappé les Israélites dans leurs corps de divers fléaux vrais et réels. Donc il peut également causer de semblables infirmités sur ce membre. Et si l'on dit: il le peut seulement avec la permission divine, on ajoutera que Dieu permet davantage le maléfice contre la puissance génitale à cause de la première corruption du péché qui nous atteint par cet acte; donc davantage aussi contre le membre de cette puissance génitale, même jusqu'à son ablation totale.
De plus : ce fut une plus grande chose de changer la femme de Loth en statue de sel que d'enlever un membre viril. Or cette mutation fut vraie et réelle et non seulement apparente puisque, dit-on, cette statue demeure visible aujourd'hui. Et cela fut fait par un mauvais ange, tout comme les bons anges frappèrent auparavant de cécité les hommes de Sodome pour qu'ils ne puissent trouver la porte de la maison de Loth. Il en fut d'ailleurs ainsi pour toute la punition de Gomorrhe; la Glose d'ailleurs sur ce texte affirme que la femme de Loth était, elle aussi, atteinte du même vice. Donc les anges mauvais peuvent également faire l'autre chose. De plus quiconque peut induire une forme naturelle peut aussi l'enlever. Or les démons plusieurs fois « introduisirent » des formes naturelles, comme il apparaît dans les mages de Pharaon qui par la vertu des démons firent des grenouilles et des serpents. Et Augustin, dans le Livre des quatre-vingt-trois questions, affirme que les choses qui sont visiblement faites par les puissances inférieures de l'air ne peuvent pas être considérées comme de pures illusions; et puis même les hommes sont capables de faire par une incision habile que le membre viril soit enlevé. Donc ce que les hommes font visiblement, les démons peuvent le faire invisiblement.
Pourtant, en sens contraire, Augustin dit, dans le livre de la Cité de Dieu: Il n'est pas croyable que par l'art et la puissance des démons le corps de l'homme puisse être changé en ressemblance de bête. Donc il n'est pas possible non plus que soit enlevé ce qui sert à la vérité du corps de l'homme; et ainsi, dit-il encore dans le livre de la Trinité : on ne peut pas penser que la substance de la matière visible soit soumise à la discrétion des anges prévaricateurs ; elle est soumise à Dieu seul. D'où la réponse :

Personne ne doute que certaines sorcières ne fassent des choses étonnantes autour des organes virils; beaucoup l'ont vu, beaucoup l'ont entendu dire. Et c'est de notoriété publique, puisque la réalité de ce membre était connue par la vue et le toucher. Quant à la manière dont cela peut se faire, il faut dire bien que cela ne puisse être fait que de deux manières, l'une vraie et réelle, l'autre illusoire, cependant les choses faites par les sorciers en ce domaine, n'ont lieu que par une sorte d'illusion trompeuse. L'illusion toutefois n'est pas dans l'imagination du patient : son imagination à lui peut vraiment et réellement estimer que « sa chose » n'est plus présente, puisque nulle opération de ses sens extérieurs, vue et toucher, ne perçoit cette présence. Ainsi à partir de là on peut dire que l'ablation du membre est vraie pour l'imagination, bien qu'elle ne le soit pas en réalité. Sur le comment de la chose, il faut noter d'abord qu'elle peut arriver de deux manières : ou bien il n'est pas impossible que le diable puisse tromper les sens externes, lui qui a le moyen de tromper les sens internes en ramenant à la perception actuelle des images en réserve dans l'imagination. Ainsi il trompe les hommes dans une opération naturelle, pour que le visible leur soit invisible, le tangible leur soit intangible, l'audible leur soit inaudible, etc. De pareilles choses ne sont pas vraies dans la réalité, puisqu'elles ont pour cause un trouble des organes (les yeux, les oreilles, le toucher), qui entraîne une erreur de jugement. Nous pourrions démontrer cela à partir de certains phénomènes naturels: par exemple le vin doux apparaît amer à la langue d'un homme fiévreux; il y a erreur de goût, non pas à cause de la chose mais à cause des humeurs. D'où, dans notre cas, la déception ne vient pas du réel puisque la verge est bien à sa place. Mais la déception vient des organes des sens. Ou bien encore, comme on a dit de la puissance génitale, que le diable peut faire obstacle à cet acte en interposant quelque autre corps de même couleur et même apparence; de même un certain corps plat, façonné avec forme et couleur de chair peut être interposé par le diable entre les yeux qui voient, les mains qui touchent et le corps réel du patient; Si bien qu'à son avis il ne peut rien voir ni sentir d'autre que ce corps plat, uni, non percé par un organe génital. Que l'on relise les paroles de saint Thomas à propos des charmes et illusions, soit dans les Sentences, la Somme de Théologie ou les Questions sur le mal ; souvent il rappelle une parole d'Augustin : ce poison du démon coule par toutes les ouvertures des sens, se prête aux formes, s'adapte aux couleurs, s'attache aux sonorités, s'incorpore aux odeurs, se fond dans les saveurs . On peut encore penser que ce n'est pas seulement par l'interposition d'un corps plat et sans verge que pareille illusion maléfique peut s imposer à la vue et au toucher; mais aussi par la remontée aux sens internes, fantaisie et imagination, de certaines formes et images en réserve ; d'où il arrive que l'on imagine la chose comme perçue pour la première fois. Les démons en effet, on y a touché dans la question précédente, qui par leur force peuvent déplacer des corps, peuvent par ce mouvement atteindre les idées et les humeurs, donc aussi la fonction naturelle, je veux dire, la manière dont certaines choses sont vues par le sens et l'imagination. Le Philosophe en effet, assignant une cause aux apparitions des songes, dit que, l'animal dormant et le sang descendant davantage vers le principe sensitif, descendent aussi les idées et impressions laissées par les expériences précédentes et mises en réserve (ces termes ont été expliqués plus haut ). De la sorte, certaines choses apparaissent comme si pour la première fois les sens se trouvaient touchés par leurs réalités externes. Cela la nature peut le faire; donc a fortiori le diable, faisant remonter à la fantaisie et imagination les formes et idées d'un corps plat, sans membre viril, de manière à ce que les sens croient que c'est ainsi dans la vérité des choses. De cette manière aussi, on le verra plus bas, des hommes donnent l'impression d'être des animaux, qui en réalité ne le sont pas.

Mais il faut noter d'autres modes plus faciles à comprendre et à prêcher. En effet un sortilège n'est rien d'autre, selon Isidore, qu'une illusion des sens et spécialement des yeux. Prestigium vient de perstringo (resserrer, émousser), car il éblouit la puissance des yeux pour leur faire voir les choses autrement qu'elles ne sont. Et, comme dit Alexandre, le sortilège proprement dit est une illusion du diable, qui n'a pas pour cause un changement dans la matière des choses; il existe seulement dans l'esprit de celui qui est trompé, soit dans ses perceptions internes soit dans ses perceptions externes. D'une certaine manière on dira que même la magie humaine peut opérer de trois manières la première opère sans démons; et on l'appelle plutôt l'illusion (illusionnisme), car elle relève de l'habileté des hommes, qui montrent des choses et les cachent, comme dans le cas des jongleurs, mimes et ventriloques. La seconde méthode opère aussi sans le secours des démons quand des hommes peuvent user de quelque force naturelle à tel corps ou tel minéral, de manière à donner à ces choses une tout autre apparence que la leur véritable. Ce qui fait dire à saint Thomas et à d'autres aussi que le feu et la fumée d'une certaine herbe font apparaître des poutres comme des serpents. La troisième méthode d'illusion opère avec les démons, la permission de Dieu étant acquise. Les démons, en effet ont par nature un certain pouvoir sur certaines choses terrestres et ils peuvent l'exercer quand Dieu le permet, pour faire apparaître les choses autrement qu'elles ne sont. Dans cette troisième méthode, il faut noter que le diable dispose de cinq moyens pour tromper quelqu'un et le faire juger d'une chose autrement qu'elle n'est : Premièrement, par un tour de passe-passe, comme on a dit, car ce que l'homme peut faire par habileté, le démon peut le faire mieux encore. Deuxièmement, par l'application naturelle d'une chose, on l'a dit, application d'un corps pour en cacher un autre ou pour troubler l'image dans l'imagination des hommes. Troisièmement, quand assumant un corps il se présente comme étant une chose qu'il n'est pas ainsi Grégoire le raconte d'une moniale qui mangea une laitue; celle-ci cependant, le diable l'avoua ensuite, n'était pas une laitue mais le diable en forme de laitue ou dans la laitue elle-même. De même il apparut à Antoine dans un morceau d'or qu'il trouva dans le désert; ainsi encore il touche un homme réel et le fait apparaître comme un animal, ainsi qu'on l'a expliqué. Quatrièmement, quand il trouble tellement l'organe de la vue qu'une chose claire apparaît nébuleuse ou au contraire une vieille femme apparaît une jeune fille; tout comme après les larmes la lumière apparaît différente de ce qu'elle était auparavant. Cinquièmement, quand il opère dans la puissance imaginative et bouleverse les espèces sensibles en bouleversant les humeurs, faisant comme si de nouvelles images étaient apparues récemment dans les sens. Ainsi par les trois dernières méthodes, et même par la seconde, il peut jeter un charme sur les sens de l'homme. D'où il n'y a nulle difficulté à ce qu'il puisse, par un artifice magique, cacher le membre viril. Une preuve et un exemple de ceci, qui nous a été révélé en notre qualité d'Inquisiteur, sera présenté par la suite, là où nous raconterons plusieurs choses à ce sujet et à d'autres dans la deuxième partie de ce traité.
Voici une question incidente avec quelques autres difficultés : Pierre se trouve sans son membre. Il ne sait pas si c'est par maléfice ou autrement, avec la permission de Dieu par la puissance du diable, qu'on le lui a enlevé. Y a-t-il des moyens de s'y reconnaître et de discerner entre ces choses-là? On peut répondre que oui : D'abord les gens à qui ces choses arrivent sont pour la plupart des adultères ou des fornicateurs : quand ils ne s'en remettent plus à la discrétion de leurs maîtresses ou quand ils veulent les quitter pour s'attacher à d'autres, alors pour se venger elles leur causent de semblables choses ou les amputent autrement de la puissance de leur membre. Ensuite on discerne le fait à sa durée si ce n'est pas par maléfice, cela ne durera pas et le membre reviendra. Mais à nouveau resurgit le doute: est-ce de la nature du maléfice de ne pas être permanent?
On répond que ce peut être perpétuel et durer jusqu'à la mort, comme le jugent aussi les canonistes et théologiens dans le cas d'empêchement maléfique au mariage: l'empêchement temporaire peut devenir perpétuel. Ainsi Geoffroy peut dire: un maléfice ne peut pas toujours être enlevé par celui qui l'a jeté, soit parce qu'il est mort, soit parce qu'il ne sait plus comment l'enlever, soit parce que (le secret) du maléfice est perdu. D'où pareillement nous pouvons dire que le sort jeté à Pierre sera perpétuel si la sorcière qui l'a causé ne peut plus le guérir. Il y a en effet des sorcières de trois genres: certaines guérissent et blessent; certaines blessent et ne peuvent guérir; certaines paraissent seulement guérir, c'est-à-dire faire disparaître les plaies, comme on le verra plus tard. Ainsi nous avons eu ce cas : deux sorcières se battaient entre elles. Pendant qu'elles s'injuriaient, l'une dit à l'autre : je ne suis pas si mauvaise que toi; car ce que je blesse, je sais le guérir. Le sort sera donc permanent aussi là où la sorcière sera partie avant la guérison, soit parce qu'elle a changé de lieu, soit parce qu'elle a quitté la vie. En effet saint Thomas dit : un maléfice peut être perpétuel, lorsqu'il ne peut y avoir aucun remède humain, ou bien lorsqu'il y a un remède mais inconnu des hommes ou interdit, bien que Dieu puisse fournir un remède par un ange ou un démon, même sans forcer la sorcière. Cependant le plus grand remède contre le maléfice, c'est le sacrement de Pénitence, l'infirmité corporelle en effet provient souvent du péché. Comment les sorts peuvent être enlevés
on le verra dans la seconde partie de ce traité, y compris sous la deuxième question.

Restent les arguments: Pour le premier, la réponse est claire : nul doute que si les démons peuvent tuer des hommes avec la permission de Dieu, ils peuvent aussi vraiment et réellement enlever ce membre ou un autre. Mais dans ce cas les démons n'opèrent pas par les sorcières, dont on a parlé plus haut. Par là même, on donne aussi la solution du second argument; mais il faut dire encore : Dieu donne plus de pouvoir maléfique pour nuire à la puissance génitale parce que...; donc il permet aussi que ce membre soit enlevé vraiment et réellement. Mais il n'est pas vrai de dire que cela arrive toujours. Pareille méthode ne serait pas dans la manière de la sorcellerie; et les sorcières elles-mêmes, quand elles font pareilles choses, ne prétendent pas qu'elles n'ont pas le pouvoir de restituer le membre, si elles veulent et savent comment faire. D'où il ressort clairement que le membre n'est pas effectivement enlevé mais pris dans un sortilège. Face au troisième : nous disons que la métamorphose de la femme de Loth fut réelle et non un pur mirage magique; mais ici nous parlons de l'artifice magique. Au quatrième : les démons qui peuvent produire certaines formes peuvent donc aussi les supprimer. On dit cela en pensant aux mages de Pharaon qui ont fait de vrais serpents; les diables peuvent avec l'aide d'un autre agent opérer, sur des créatures imparfaites, des choses qu'ils ne peuvent opérer sur les hommes. Car Dieu a davantage soin de ceux-ci, selon la parole : Dieu se soucie-t-il des boeufs ? Toujours cependant ils peuvent, avec la permission de Dieu, nuire aux hommes vraiment et réellement ou donner une illusion maléfique du mal. Il y a là aussi la réponse pour le dernier argument.


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