Voilà une série d'articles que j'ai récupéré sur internet au sujet des rétrécisseurs de sexe, chose qui m'est arrivé à moi aussi depuis que je m'adonne aux sciences irrationnelles.
Rétrécisseurs de sexe:
Psychose meurtrière au Sénégal.
La rumeur sévit depuis plusieurs semaines au Sénégal. Elle a même atteint la capitale Dakar, où, jeudi (*), sept personnes, pour la plupart des étrangers, ont été lynchées à mort, dont l'une brûlée vive, et plusieurs autres grièvement blessées. La psychose s'est également répandue dans le sud du pays, à Ziguinchor, chef-lieu de Casamance, où la foule s'en est pris à des Haoussas (ethnie d'origine nigérienne). Sept d'entre eux ont été transportés à l'hôpital, où trois se trouvaient encore hier matin dans un “état critique”. Motif; les indésirables seraient des “rétrécisseurs de sexe”.
Le scénario de ces lynchages est toujours le même: un homme, après avoir été frôlé ou avoir serré la main d'un inconnu, déclare avoir été parcouru par un frisson glacial suivi de picotements, avant de sentir “son organe s'enfoncer profondément dans le corps”. La “victime” constate alors que son sexe a disparu et alerte les passants qui tombent à bras raccourcis sur le présumé “voleur de sexe”, à la merci de la foule en furie.
“Tout cela, c'est des histoires qui ne tiennent pas debout, mais le phénomène devient très alarmant”, explique un responsable du commissariat central de Dakar, où les policiers sont débordés. “À chaque fois, nous devons renvoyer les plaignants, car, au moment du contrôle, l'organe est toujours présent, même si parfois il n'est guère très gros”.
Dans un pays où se serrer la main est une coutume bien établie, les hommes se saluent désormais à distance et de nombreux Sénégalais sont persuadés de la véracité de la rumeur, puisque les journaux et les radios en parlent, témoignages à l'appui, sans lésiner sur les détails.
Pour un psychologue dakarois, Serigne Mor Mbaye qui a déjà étudié le phénomène au Togo et au Ghana, cette psychose sanglante s'explique par l'existence d'une “angoisse de castration” inhérente à chaque individu, et par la perte du pouvoir économique en Afrique.
Article relevé dans le journal 'Sud-Ouest' du Samedi 2 Août 1997
(*) ndlr: jeudi 31 juillet 1997
La psychose des 'rétrécisseurs de sexe' se répand en Afrique
Née il y a un an en Afrique centrale, la psychose 'des rétrécisseurs de sexes' a gagné le nord du Sénégal, après avoir fait des ravages au début de l'année au Ghana et en Côte d'Ivoire, où plusieurs suspects, généralement des étrangers, avaient été lynchés par la foule et brûlés vifs.
Cette folle rumeur, porteuse de toutes les violences, avait disparu mais elle est réapparue il y a deux mois au Mali, avant de fondre sur le Sénégal, où un Ivoirien a failli être brûlé à l'essence pendant le week-end à Saint-Louis (nord).
La presse sénagalaise a fait état ces derniers jours de plusieurs cas d'hystérie collective mettant en cause des étrangers, qui ont été roués de coups dans plusieurs localités du Nord. Comme au Ghana ou en Côte d'Ivoire, ils étaient accusés d'avoir fait disparaître des sexes d'hommes, après avoir été en contact avec leur victimes.
Selon la rumeur, ces 'magiciens' ont le pouvoir, par une simple poignée de main, de faire disparaître le sexe des hommes ou les seins des femmes, qui ont toujours retrouvé leurs attributs lors des constats effectués par la police.
Depuis samedi, rapporte la presse sénégalaise, la population de Saint-Louis vit dans la 'psychose totale' des rétrécisseurs de pénis, dont plusieurs hommes, jeunes et vieux, assurent avoir été les victimes.
La colère populaire s'est notamment abattue sur un Ivoirien de 28 ans, Yakhouba, venu chercher du travail dans l'ancienne capitale du Sénégal. Celui-ci n'a eu la vie sauve que grâce à l'intervention d'une journaliste qui l'a remis entre les mains de la police.
Texte tiré du journal la Presse au Québec depuis au mois d'août 1997.
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le web de l’humanité.
02 Août 97 - INTERNATIONAL - Brèves
SENEGAL. La psychose des 'rétrécisseurs de
sexe', qui sévit depuis plusieurs mois dans le pays et la région, a fait sept morts par lynchage, la plupart étrangers, dans la seule journée de jeudi à Dakar. Selon cette croyance, des personnes en frôlant ou en serrant la main d'une autre personne parviennent à lui faire rétrécir le sexe. La 'victime' alerte alors les passants qui, à coups de gourdin, châtient le 'jeteur de sort'. Aucune explication cohérente n'a été fournie à ce jour à ce phénomène de psychose de masse.
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Page réalisée par Intern@tif - Lundi 4 Août 1997
La psychose des 'rétrécisseurs de sexe' fait neuf morts, au Sénégal
Le ministère de l'Intérieur a appelé hier la population sénégalaise 'à faire preuve de calme, de sérénité et de discernement' dans l'affaire des 'rétrécisseurs de sexe' qui, selon la police, a fait ces derniers jours neuf morts et plusieurs blessés à Dakar et en province.
Dans un communiqué, le ministère a invité les citoyens 'à se conformer aux règles et principes qui organisent la République en évitant de se faire justice eux-mêmes'. Il a engagé la population 'à saisir les services de la police et de la gendarmerie qui pourront apporter l'assistance requise à ceux qui en feront la demande'.
Il souligne par ailleurs dans son communiqué que 'dans les différents incidents vécus les informations se sont révélées fausses' et que l'affaire des 'rétrécisseurs de sexe de solde parfois par des victimes innocentes'.
Texte tiré du journal la Presse au Québec depuis au mois d'août 1997.
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LODACE
BLOC-NOTES des CURIEUX
LES RÉTRÉCISSEURS DE SEXE
Rumeur meurtrière en Afrique: huit morts
Lynchage des “voleurs de sexe”
La psychose des “rétrécisseurs de sexe” a fait huit morts en trois jours, dont un brûlé vif, et 36 blessés dans l'agglomération dakaroise, qui est quadrillée vendredi par les forces de police. Le calme semblait revenu samedi dans la capitale sénégalaise, où la veille au soir, près du marché central, un fonctionnaire accusé d'avoir fait disparaître le sexe d'un coiffeur, a été sérieusement blessé par la foule en furie. Pour sa part, le ministère de l'Intérieur a appelé les Sénégalais à faire preuve de calme et de discernement dans cette affaire présentée comme un phénomène d'hystérie collective, mais qui a traumatisé une partie de la population prête à croire à la rumeur. Dans un communiqué, le ministère a demandé aux citoyens de ne pas se faire justice eux-mêmes, en affirmant que, dans tous les cas, les informations se sont révélées fausses.
La psychose des “rétrécisseurs de sexe”, qui sévit depuis plusieurs semaines au Sénégal après avoir fait des ravages en début d'année au Ghana et en Côte d'Ivoire, a également frappé le sud du pays, où six Haoussas et un Bissau-guinéen ont été grièvement blessés jeudi soir à Ziguinchor, chef lieu de la Casamance. Le scénario des lynchages est toujours le même: un homme, après avoir été frôlé ou avoir serré la main d'un inconnu, déclare avoir été parcouru par un frisson suivi de picotements, avant de sentir son organe s'enfoncer profondément dans le corps. La “victime” constate alors que son sexe a disparu et alerte les passants qui à l'aide de gourdins, de briques ou de coupe-coupe, tombent à bras raccourcis sur le présumé “voleur de sexe” à la merci de la foule en furie.
Le commissaire chef de la police dakaroise, a déclaré, dans une interview publiée samedi par le quotidien “L'Aurore”: Tous les sexes que j'ai vus sont à leur place et ils sont tout à fait normaux. L'homme a effectivement dû effectuer plus d'une douzaine de contrôles. Les victimes, ajoute-t-il, sont des gens qui ont des problèmes psychologiques ou même sexuels. Le chef de la police estime que cette affaire touche “des gens qui n'ont pas un (bon) équilibre mental”, et demande que les Sénégalais cessent d'accuser des étrangers ou d'en faire des boucs émissaires. Les victimes sont pour la plupart des étrangers ou des Peuls sénégalais qui peuvent ressembler à des Haoussas, ethnie originaire du Nigéria et du Niger.
(AFP.)
Information relevée dans LE SOIR Bruxelles du 4 août 1997.
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Sommaire Bloc-notes des curieux
14/08/97
Ces terribles rumeurs qui courent le monde
(MFI) Née il y a plus d'un an en Afrique centrale, la psychose sur la disparition d'organes génitaux vient de faire plusieurs morts et de nombreux blessés au Sénégal après avoir ravagé le Togo, le Ghana et la Côte d'Ivoire. Pourquoi, quelle que soit sa culture, l'homme se laisse-t-il si vite emporter par les terreurs les plus folles ?
On pourrait sourire de cette effrayante épidémie si elle n'avait déjà fait des dizaines de morts en Afrique. Des 'étrangers' comme par hasard, roués de coups, brûlés vifs. Les autorités, au Sénégal comme ailleurs, ont beau assurer que tous les contrôles effectués sur les soi-disant victimes ont permis de constater que leurs organes étaient intacts, les populations traumatisées continuent, quels que soient les faits et les preuves, de croire les rumeurs. Des rumeurs qui paraissent s'évanouir comme elles sont nées, sans explication, sans raison. Ce phénomène est bien connu des sociologues et des anthropologues qui en étudient la naissance, le contexte, le déroulement. Il n'est pas si irrationnel qu'on pourrait le croire puisque des causes semblables produisent ou ont produit dans le passé, en Corrèze comme au Zambèze, de semblables effets.
En Inde aussi, la peur du sexe qui disparaît...
Le sexe, la peur de la castration, de l'impuissance : c'est, bien sûr, une des plus grandes angoisses de l'être humain. Elle s'était emparé des Brésiliens au début des années 60 : le bruit avait couru qu'une mystérieuse maladie chez le boeuf rendait impuissants les mangeurs de viande; les femmes ont continué à savourer des steacks, mais durant plusieurs mois les hommes s'en sont privés. Beaucoup plus proche de l'actuelle psychose africaine, le 'koro' du Bengale, en Inde, qui 'fait croire aux hommes que leur organe sexuel rétrécit et risque de disparaître dans leur abdomen'. En décembre 1983, le Dr Ajita Chakraborty expliquait dans le Journal indien de psychiatrie que 'les malades traversent des crises d'angoisse aiguë, obsédés par l'hallucination que leur organe sexuel risque de disparaître et d'entraîner leur mort'. Le phénomène avait alors atteint les dimensions d'une véritable épidémie au Bengale occidental. Le commissaire chef de la police dakaroise, a déclaré entre autres au quotidien l'Aurore que les victimes 'ont des problèmes psychologiques ou même sexuels', et il a aussi demandé à ses compatriotes de 'cesser d'accuser des étrangers et d'en faire des boucs émissaires'. Car les faiblesses personnelles, l'obsession de la magie noire, le désarroi face à la crise et à un monde qui change trop vite sont la plupart du temps associés, et c'est le plus grave, à la xénophobie. Mélange explosif, meurtrier. Les juifs, les gitans, les Noirs, les Indiens, les femmes, les minorités, les 'Autres' en ont de tout temps fait les frais. 'Les rumeurs se développent dans des moments de forte tension sociale, sous l'effet de plusieurs stress cumulés, économiques et politiques', dit ce professeur d'anthropologie à la Sorbonne qui a bien étudié sur place plusieurs 'psychoses' africaines. Parmi toutes ces rumeurs et bien d'autres, celle sur les rétrécisseurs de sexe est hélas une des plus tenaces et des plus tragiques.
Trouvé sur un site internet concernant le Mali.
SOCIETE
VINDICTE POPULAIRE
Nous sommes tous coupables
Depuis le 26 mars 1991, la justice populaire, apparaît de plus en plus dans notre société comme un véritable 'acquis' de la démocratie. Cependant, le phénomène, plus vieux que 'le 26 mars; demeure aujourd'hui d'actualité et remet dangereusement en cause les principes fondamentaux de nos us et coutumes: le caractère sacré de la vie. Il y a urgence!
Il est 21 h à Kayes. Nous sommes le 12 mai 1997. Le jeune Cheick Sidiya Doumbia conversait avec son beau-frère à côté d'un rond-point dénommé 'Harlem' par les habitants de la ville des rails. Peu après, un taxi, s'immobilisa à côté des deux hommes. Le passager qui débarqua salua Sidiya et son beau-frère avant de continuer son chemin à pied. Quelques minutes plus tard, Sidiya s'écria affolé: 'mon sexe s'est rétréci!'. Du coup, une nombreuse foule se précipita sur le jeune homme. Vite, il faut retrouver 'l'étranger' qui aurait, quelques minutes plus tôt, serré la main du jeune Sidiya. 'Il portait une chemine blanche', voilà le seul indice qui a permis à la foule de retrouver au niveau d'une boulangerie, le 'coupable' ou plutôt une victime.
Le premier homme à la 'chemise blanche' rencontré a été ainsi pris d'assaut par la foule. Et il a beau soutenir n'avoir jamais rencontré le jeune Sidiya, a fortiori lui serrer la main. Peine perdue. Le pauvre homme a été battu à mort puis brûlé devant l'impuissance de deux agents de police, dépêchés sur les lieux.
Quelques jours plus tard, l'identité de la victime a été révélée à la police. L'homme s'appelait Dramane Diakité et exerçait la profession d'animateur en langue sarakolé. Il était venu à Kayes, en provenance de Bamako dans le but de communiquer les résultats des élections présidentielles du 11 mai, aux responsables locaux de son parti, le PUDP
. Cette affaire récente du malheureux 'rétrécisseur de sexe' de Kayes est loin d'être un cas isolé. Dans nombre de localités au Mali, la 'justice populaire' frappe encore à volonté. Ainsi, pour le seul district de Bamako, 68 cas de personnes victimes de vindicte populaire, ont été enregistrés de 1992 à nos jours selon des chiffres obvenus auprès d'un inspecteur à la direction nationale de la police. Des cas, 'classés' selon l'inspecteur. Toutes choses qui indiquent que la vindicte populaire n'est pas punissable.
L'on se souvient encore que le seul cas qui a fait l'objet d'une enquête et qui a été jugé, demeure l'affaire du jeune douanier Diogo Kéita battu à mort puis mutilé à Yanfolila en 1992.
Cependant, la justice populaire, en tous les cas de figure est bien punissable par le code pénal malien. M. Idrissa Sénou, juriste à la Coopération culturelle Jamana, explique: 'la notion de vindicte populaire n'est pas consacrée par notre code pénal. Littéralement, il s'agit d'une punition populaire, infligée à l'auteur d'une infraction de façon spontanée. Il s'agit en tous cas, d'un moyen illégal de rendre justice, or, nul n'a le droit de se rendre justice. Ceux qui auront porté des coups ou fait des blessures, ou commis toute autre violence ou voie de fait sur une tierce personne, tombent sous le coup de la répression. Les sanctions diffèrent selon le résultat des agissements. Dans tous les cas, la peine est encore plus sévère s'il y a préméditation ou guet-apens. La peine maximale est de 5 à 20 ans de travaux forcés. Concernant la violence collective, le code pénal, prévoit dans son article 142, le cas des associations de malfaiteurs qui se forment, peu importe leur durée et le nombre de ses membres dans le but de préparer ou de commettre un attentat contre les personnes ou leur propriété, constitue un crime contre la paix publique. Ceux qui, ayant connaissance de ce fait, se seront affiliés à une telle association ou auront participé au crime seront puni de 5 à 20 ans de travaux forcés et d'interdiction de séjour'.
'La police ne fait pas son travail'
Mais alors, pourquoi tous les cas de vindicte populaire, sont-ils 'classés', (c'est-à-dire sans suite?). Le juriste Idrissa Sénou est formel sur ce point: 'En cas de violence collective ou justice populaire, les autorités policières doivent agir pour éviter le pire, mais si cela est fait, l'officier de police se transporte sans délai sur le lieu du crime et procède à toutes constatations utiles. Il veille à la constatation des indices susceptibles de disparaître, pour la manifestation de la vérité. Il doit saisir les armes ou autres instruments qui ont servi pour accomplir le crime et doit arrêter toutes les personnes suspectes. Une enquête doit s'ouvrir et l'officier de police judiciaire peut être amener à garder à sa disposition une ou plusieurs personnes pendant 48 h. En cas de flagrant délit, si le juge d'instruction n'est pas encore saisi, le procureur de la République peut décerner un mandat d'amener contre toute personne soupçonnée d'avoir participé au crime'.
En somme, selon M. Idrissa Sénou, si les cas de vindicte populaire demeurent toujours sans suite, c'est bien parce que 'la police ne fait pas son travail'
Cependant, du coté des commissariats, même si certains refusent de se prononcer sur la question au 5e arrondissement le commissaire Youssoufa Sacko lui s'est confié à nous: 'En cas de violence collective, nous intervenons pour ouvrir une enquête, mais, nous ne procédons pas à des arrestations parce que, généralement, c'est la confusion'. Par exemple explique le commissaire, le 20 mars 1997, un jeune homme accusé de vol avait été battu à mort par des gardiens à la cité de l'ACI 2000 avant d'être abandonné sur les lieux, non loin du commissariat. Nous avons mené l'enquête et actuellement, les suspects sont aux arrêts. Chaque fois, qu'il y a des crimes, nous agissons'
Agir, c'est cela qu'il faut, mais surtout, éradiquer le crime populaire. Mais pour tuer le mal, il faut, connaître sa source.
Le mal vient de loin
De l'avis de nombre de citoyens rencontrés dans les grands marchés et sur les places publiques, tous sont unanimes sur le caractère sacré de la vie. Cependant, tous appréhendent les causes du phénomène sous le même angle. Comme Madou Diarra, commerçant de pièces détachées au marché Dabanani: 'C'est triste et honteux de se rendre justice jusqu'à en venir à brûler vif son prochain, fut-il un voleur ou même un assassin. Mais les gens n'ont plus confiance à la police et à la gendarmerie. Un exemple: lorsque vous maîtrisez un malfaiteur et que vous n'avez pas les moyens de l'amener à la police. Dans les différents commissariats, on vous signale toujours le manque de véhicules ou d'agents pour se charger du malfaiteur. Alors, faut-il enfermer un voleur chez soi en attendant que la police ait les moyens de s'en charger? Autre problème plus grave, même lorsque vous transportez un voleur à la police, vous le revoyez quelques jours après, sinon le même jour dans les rues. C'est bien sûr avec la complicité des policiers eux-mêmes. Voilà ce qui explique le fait que les gens préfèrent se rendre justice parce que, ils n'ont plus que la seule solution'.
Du coté des différents commissariats du district, on explique également les causes de la recrudescence de la vindicte populaire par la même thèse soutenue par l'homme de la rue. Seulement, l'on ajoute un facteur très important: selon M. Diarra, inspecteur de police, 'beaucoup de nos concitoyens pensent qu'ils suffit d'attacher un malfaiteur et le remettre à la police pour que celui-ci soit déféré. Il nous faut des témoignages des plaignants qui acceptent d'aller jusqu'au bout. Mais nous nous retrouvons plusieurs fois avec des malfaiteurs contre lesquels, aucune preuve n'est déposée et certains vont jusqu'à refuser de porter plainte. Dans ces cas, nous sommes obligés de relâcher ces malfaiteurs pour ne pas présenter un dossier vide à la justice. Les citoyens doivent comprendre cela et nous aider pour que la justice puisse punir les malfaiteurs'. Les causes de la vindicte populaire ne se limitent cependant pas aux seules raisons avancées par les uns et les autres à savoir, le manque de confiance entre autorités policières ou judiciaires et les citoyens. Certaines pratiques coutumières ont également contribué à la version actuelle de justice populaire qui consiste à battre à mort un suspect ou de le brûler vif. En effet, depuis la nuit des temps au Mali, il est coutume de faire appel aux services d'un magicien, d'un sorcier ou d'un détenteur d'un pilon magique afin d'élucider les cas de vol ou d'autres infractions. Une des méthodes plus célèbres est le 'pilon magique' qui a la propriété de 'désigner immédiatement les coupables'. Et son verdict est sans appel. L'on se souvient encore de ce mois de février 1994, lorsque, à une vingtaine de km de Bamako, à Sanankoroba, une petite boutique avait été pillée par des malfrats. Le butin emporté était de 75 000 F CFA. Du coup, ce fut le recours au pilon magique qui désigna, un jeune homme: Gaoussou Traoré expulsé de la Libye. Il avait été conduit sous 'l'arbre sacré' et battu à sang par les villageois avant qu'on lui versa de l'acide dans les yeux. Le jeune homme a perdu à jamais l'usage de ses yeux et sillonne actuellement les rues de Bamako, canne à la main, à la recherche de l'aumône. Un défi, parmi tant d'autres (du même genre) à la conscience nationale.
La situation est grave et il ne s'agit point de chercher les coupables de cette honte que constitue la vindicte populaire. Car coupables nous le sommes tous. Il est plutôt urgent pour chacun, (autorités et citoyens) de prendre ses responsabilités afin d'arrêter le crime. Cela passe nécessairement par une large sensibilisation qui devrait prendre ses racines dans les familles, dans les écoles... dans la vie.
Boubacar Sangaré
1/4 DE FINALE DE LA COUPE DU MALI
Sommaire Journal
SOCIETE
JUSTICE EXPEDITIVE
Le paradoxe dans un Etat de droit
Moyen d'expression du ras-le-bol des populations face à la recrudescence du banditisme, la justice populaire, aujourd'hui un véritable casse-tête chinois pour les autorités, donne lieu à beaucoup d'abus. Elle s'est développée véritablement dans notre pays à partir des événements de mars 91. Mais le laxisme apparent des forces de sécurité à punir les malfrats, le manque de communication sur les dispositions sont pour quelque chose dans la persistance de ce fléau. Marché de Médine ce 10 avril 1997. Trois quidams qui, semble-t-il, voulaient faire du rétrécissement de sexes leur gagne-pain, passent à la trappe après qu'ils eurent été dénoncés par un passant 'victime de leur forfait'. Deux des trois présumés 'rétrécisseurs' sont tués sur le coup. Le troisième ne devra son salut qu'aux agents du poste de police de Médine. Le visage ensanglanté et souffrant visiblement d'autres contusions, S. Thiéro (on saura par la suite qu'il s'appelle ainsi) clama son innocence devant les policiers. 'Je suis de l'ethnie bozo dont l'éthique me défend de faire du mal à mon prochain. Je suis charretier de profession', se défendait-il. Six ans auparavant: le 26 mars 1991 précisément, un responsable du gouvernement, informé de la déposition du général Moussa Traoré et qui avait tenté de prendre la clef des champs, est extrait de sa voiture avant d'être froidement abattu. La scène se passe à l'aube à Baco-Djicoroni, dans la proche banlieue de Bamako.
Le responsable en question avait eu maille à partir avec les scolaires, aile marchante du mouvement démocratique, dont l'une des exigences était l'instauration de la démocratie et du multipartisme, une doléance alors inacceptable pour les tenants du pouvoir. Le même jour, un autre cacique du régime, parent proche de l'ex-première dame, se donnait la mort, craignant sans doute les 'représailles' d'une population qui avait du mal à contenir sa haine à l'égard d'hommes qui incarnaient à ses yeux les espoirs déçus. Même mort, le beau-frère de l'ex-président, n'échappera pas cependant à la vindicte de la foule. Son corps sera traîné de quartier en quartier pour être finalement brûlé. 'Tuer, même par ressentiment politique, était presque inconnu dans la culture malienne. Cette graine de violences pouvait faire penser à une manifestation de sadisme', commente un vieil instituteur. Le phénomène continue encore de faire tache d'huile. Tant et si bien que violer, voler ou rétrécir un sexeŠ ressemble à l'heure actuelle au suicide au Mali. L'application de 'l'article 320' (prix d'un litre d'essence qui coûtait 300 F CFA à l'époque et une boîte d'allumettes qui revenait à 20 F CFA pour brûler vif les délinquants ou présumés tels) a suivi les événements de mars 1991 et fait des émules dans notre pays. Ce serait pourtant faire un pied de nez à l'Histoire en soutenant que la justice populaire nous vient tout droit des événements de mars 1991.
'Autrefois, raconte A.T., professeur d'histoire à Dravéla-Bolibana, des rois avaient une justice rudimentaire sous forme d'ordalie. On mettait par exemple les mains des suspects dans de l'huile bouillante suivant un simulacre de tirage à la courte paille. La première personne qui manifestait le moindre signe de brûlure était prise pour coupable et souvent exécutée. Les autres étant blanchis d'office. Plonger les mains de quelqu'un dans de l'huile bouillante dans le but d'établir sa culpabilité? Qui qu'il soit, on en convient, manifestera sa douleur. Rien à voir avec le stoïcisme. C'est pourquoi beaucoup de nos devanciers ont malheureusement été, à tort, victimes de cette justice de lynchage déguisé'. Aussi, la réminiscence de pratiques importées d'ailleurs (il n'y a guère longtemps le 'supplice du collier' était à la mode dans certains pays africains), l'influence négative du cinéma dans le genre Far West ont-elles favorisé l'émergence de la justice populaire, définitive et impitoyable. En dépit de l'avènement de l'Etat de droit dans notre pays, il ne passe toutefois pas de jour sans que la presse rapporte un cas de lynchage. Tantôt c'est un 'rétrécisseur' de sexe qui est battu avant d'être brûlé vif, tantôt c'est un voleur à la tire qui passe de vie à trépas, parfois c'est un drame pour une histoire de femme. Les 'rétrécisseurs' de sexes et auteurs d'autres petits larcins opèrent généralement dans les marchés ou en tout cas dans des lieux de grands rassemblements. Or, c'est s'offrir en holocauste en tentant aujourd'hui quoi que ce soit de répréhensible en ces lieux. De statistiques point, mais quel effroi! Pour le commissaire Youssoupha Sacko du 5e arrondissement, le phénomène de lynchage s'explique par la psychose que les populations vivent. 'Beaucoup de rumeurs circulent au sujet des coupeurs de têtes, des vols d'enfants, de bétail ou de motos. Et à chaque fois que les populations estiment que quelqu'un est suspect, elles ont tendance à se rendre justice elles-mêmes puisque le mal, pensent-elles, doit être éradiqué', ajoute-t-il. Le cas le plus récent de justice expéditive enregistré au 5e arrondissement a été le meurtre le 9 mai dernier d'un conseiller pédagogique qui avait été pris pour un voleur par son 'assassin'. Selon le commissaire du 5e arrondissement beaucoup de gens aujourd'hui prof.....etc....etc....
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