Villes malades de leurs banlieues, campagne en voie de
désertification, telles sont les deux faces d'un même constat
paradoxal dans cette France de la fin du XXème siècle.
Une jeunesse sans emploi concentrée dans des cités sans âme, une
population rurale vieillissante ou retraitée en proie à
l'isolement dans des bourgs moribonds qui faisaient autrefois la
trame d'une France rurale vivante au tissu social fortement
structuré dans son économie pastorale.
Cinquante ans d'exode rural et d'absence d'une politique
d'aménagement de notre territoire autre qu'industrielle ont
creusé le fossé entre la ville et la campagne et mis à mal la
cohésion sociale.
Ultime paradoxe : la modernisation incontestable de
l'agriculture française aujourd'hui performante n'a nullement
enrayé cette évolution bien au contraire.
La concentration des terres pour une exploitation intensive et
productiviste a provoqué la disparition de la plupart des
petites exploitations et des métiers qu'elles faisaient vivre,
dégradé les paysages, sans créer même les conditions favorables
d'une relève correcte d'une génération d'agriculteurs-chefs
d'entreprises vieillissants.
L'économie rurale s'est ainsi dévitalisée et l'agriculture
elle-même reste l'élément le plus mal intégré dans une économie
dominée par l'industrie et la distribution où la logique d'airain
du marché a fait des agriculteurs assistés de subventions,
endettés pour exploiter un capital-terre, à quelques brillantes
exceptions près, dévalorisé.
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Longtemps élus de la France rurale, les radicaux-socialistes
sont conscients que leur responsabilité politique est
aujourd'hui à la fois dans les banlieues pour y faire vivre la
citoyenneté et dans cette France rurale où gît le potentiel-espace
de rééquilibrage de notre société, pour peu qu'on
s'attache à une politique vigoureuse et volontaire
d'aménagement du territoire.
Priorité de cette politique, au même titre que la politique de la
ville, l'aménagement rural ne bénéficie pas de conditions
économiques favorables et exige donc une politique publique
forte.
Réformer le cadre institutionnel et les procédures
Les politiques de développement rural sont aujourd'hui
éclatées dans une multitude de mesures propres à un trop grand
nombre de collectivités et d'intervenants.
Fonds structurels européens, politique nationale de
revitalisation rurale, D.G.E., politiques régionales et
départementales non concertées, rôle des syndicats de commune,
parcs régionaux, etc.
Cet éclatement de procédures engendre un saupoudrage des
mesures, une absence de soutien aux projets véritablement
structurants, et, de plus, instaure une tutelle financière entre
collectivités contraire à l'esprit des lois de décentralisation.
L'ampleur du problème du développement rural rend son
appréciation inadaptée au niveau du canton ou des groupements
de collectivités trop petites.
Le Parti Radical de Gauche propose donc qu'à côté et en liaison
avec les politiques européennes (type 5B), (programme leader),
(P.D.Z.R.), l'État développe une politique de maintien des services
publics en milieu rural et que la compétence du développement
rural soit confiée à une seule collectivité capable par sa taille,
de travailler au plan local avec de véritables "pays"
correspondant à des bassins de vie.
Il faut en effet, dans bien des cas, dépasser les frontières
administratives départementales.
C'est donc aux Régions que devrait être confiée la compétence du
développement rural, dans le cadre de "Contrats de pays"
laissant l'initiative locale libre de ses choix, libre de
contracter pour des objectifs adaptés aux réalités et aux
potentialités de terrain.
Dans le cadre de ces "Contrats de pays" seraient coordonnées les
politiques européennes et nationales. Au lieu de l'actuel F.I.D.I.L.
(Fonds pour les Initiatives Locales) d'ailleurs faiblement doté,
au lieu du saupoudrage dans l'attribution de la D.G.E. par les
Préfets, des Fonds Régionaux de développement rural seraient
créés, gérés par les conseils régionaux en liaison avec les
"syndicats de pays" regroupant les compétences de trop
nombreux syndicats à vocation multiples ou spécifiques.
Les objectifs du développement rural devraient éviter le
saupoudrage et s'organiser autour de trois priorités : le
développement économique, le logement en milieu rural, les
équipements collectifs et de santé.
La réalisation de ces objectifs s'appuierait sur le maillage assez
dense dans notre pays des petites villes moyennes régionales.
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Une politique concertée de maintien des services publics y compris de santé,
moins concentrée et mieux répartie.
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Sans service public, pas de développement rural. Certes il s'agit
là d'un prix à payer non négligeable pour la collectivité
nationale mais indispensable au maintien des populations dans
nos campagnes.
De même sans méconnaître la nécessaire rationalisation de ce
problème de santé, pas de développement rural si la
concentration des services de santé se fait exclusivement dans
les seuls grands centres urbains.
Une réflexion doit donc être menée pour inverser et aménager
l'actuelle tendance de la programmation hospitalière en
répartissant mieux sur le territoire les différents niveaux des
services de santé.
Le service public de l'éducation doit aussi s'adapter aux
nécessités du maintien des effectifs scolaires ruraux par
l'assouplissement des normes d'effectifs actuels par classe et
par le soutien des collèges ruraux en difficulté.
Partout où la présence de services publics apparaît
insuffisante, créer des "Maisons des services publics" assurant
la présence en un lieu unique des services publics relevant de
l'État, des collectivités locales, des organismes de sécurité
sociale.
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Priorité aux
projets de développement économique en milieu rural dans les zones dites
fragiles
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Comment parvenir à rendre leur population aux secteurs
ruraux ? Alors que la tendance est radicalement inverse depuis
longtemps et que les mécanismes "naturels" continuent de
concourir à la concentration de la population dans les secteurs
urbains : économie, infrastructures routières, équipements
collectifs, etc.
Le problème n'est pas de mettre la ville à la campagne. Il n'est
pas non plus d'enrayer l'exode rural. L'exode est achevé. Et nous
ne sommes de toute façon pas dans un de ces régimes totalitaires
pour pratiquer ce genre de politique de manière inefficace, mais
dans un régime libéral dont nous sommes de plus en plus
impuissants à gérer les excès.
Le problème aujourd'hui est de repartir de peu de chose. Loin
des belles constructions théoriques, de politiques bien
générales et de solutions technocratiques.
Inscrire le développement rural dans une politique
d'aménagement du territoire est une évidence mais ce ne peut
être que pour encourager les initiatives locales, les projets
économiques viables car, sauf à gérer les résidents secondaires
et les retraités, c'est bien d'emploi qu'il s'agit là aussi.
L'emploi d'abord donc mais accompagné de logements en milieu
rural et d'équipements indispensables à la population.
Cette priorité concerne tant le développement artisanal,
touristique, que l'encouragement à la création de zones
d'activités intercommunales.
- une plus grande implication des groupements de collectivités
pour favoriser l'installation de jeunes agriculteurs par des
mises à disposition de fermes relais, par un partage raisonné des
risques financiers dans certains investissements.
- encourager les politiques dites de filières agricoles.
- favoriser la pluriactivité des agriculteurs en respectant les
règles de concurrence entre les divers secteurs économiques en
milieu rural.
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En conclusion, la question reste posée de l'adaptation de nos
structures institutionnelles et de leur compétence telle que
les lois de décentralisation les ont réparties. Certes
l'agriculture reste l'élément clé du développement rural mais
celui-ci passe sans aucun doute par une réforme de la
décentralisation et du régime de la fiscalité locale actuelle qui
laisse les communes rurales sans moyens financiers suffisants.