INSTITUTIONS-CITOYENNETE
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INSTITUTIONS-CITOYENNETE

La crise de l'esprit citoyen :

Nombre de nos concitoyens ne sont plus fiers du lieu qui les unit aux institutions représentatives de notre société.parfois ils n'en sont plus conscients,

Progressivement, ce lien social s'est distendu et continue de se désagréger. La nation perd de vue les principes et les institutions qui la fondent, elle s'éloigne chaque jour de ce qui a fait la force de notre modèle de la Démocratie.

La tendance est évidente : les élections sont boudées, l'abstentionnisme triomphe, tandis que se développe, dominant, le sentiment selon lequel la classe politique promet toujours et ne fait jamais.

Au-delà même de l'expression politique, instrument de représentation, s'il en est, connaît une crise durable. Des mouvements sociaux, nés spontanément autour d'espérances simples, légitimes, sont à peine accompagnés, et non plus impulsés par des organisations dont la représentativité est désormais en question.

Cette crise est profonde, elle paraît durable. Elle pousse chacun d'entre nous à perdre ses convictions, à abandonner ses illusions, à ne plus se sentir représenté fidèlement et efficacement dans ses aspirations.

Fondamentalement, cette crise de société détache les individus de nos institution, en brisant leur confiance naturelle. Peu à peu, le citoyen se détache d'une vie publique, dans laquelle il ne se reconnaît plus.

Cette perte d'esprit du citoyen fait courir deux risques à notre société.

Le premier est la montée en puissance de l'indifférence, du désintérêt pour toute vie politique. Une telle évolution ne peut être acceptée comme une fatalité car l'homme ne vit vraiment qu'en nourrissant des espoirs et en souhaitant concrétiser son rêve.

Le second est la critique, la défiance systématique de nos institutions, cette remise en cause permanente favorisant une dérive de l'électorat vers des choix parfois démagogiques, souvent simplistes et toujours dangereux.

Malgré tout, cette évolution n'est pas inéluctable. Aujourd'hui, redynamiser les institutions représentatives, rendre aux citoyens la confiance dans la vie politique, transmettre l'envie d'y participer, de s'y impliquer, est une nécessité. C'est également notre projet.

Parce que les problèmes économiques, sociaux, continuent de s'étendre. Et parce que, pour y porter remède, l'Etat, les institutions publiques et représentatives, sont les seuls instruments susceptibles de fédérer les souhaits, les motivations des citoyens, d'impulser des actions coordonnées, concertées, de dynamiser et sublimer les efforts individuel pour en faire une oeuvre collective.

L'homme est le fondement de toute société. Pourtant, seul, il ne peut rien. Par l'action solidaire, mise en oeuvre par des institutions qu'il a désignées et qui le représentent, il devient l'artisan du progrès : progrès pour la collectivité et l'épanouissement personnel pour lui-même.

Un pacte républicain :

Pour donner à l'homme l'envie de jouer son rôle de citoyen, nous lui proposons un pacte républicain.

Base de réflexion de tout projet politique, ce pacte est fondé sur des valeurs qui sont pour nous des priorités préalables, nécessaires à une réforme en profondeur de notre système institutionnel.

D'abord, il nous paraît primordial de souligner la finalité de toute action politique et de tout projet de société : l'homme, considéré individuellement et collectivement, l'homme est l'acteur qui décide de son propre destin, il est le fondement et le but de notre projet.

Ensuite, nous souhaitons restaurer l'humanisme et donner aux valeurs civiques un sens nouveau. Dans une société aussi égoïste que la nôtre, il est impératif de réaffirmer les droits et les devoirs de chacun. Le triomphe des droits de l'homme, des libertés individuelles doit aussi être celui d'une vie harmonieuse en collectivité. Pour ce faire, le respect de l'autre, de ses libertés, de ce qu'il représente, est fondamental. Les institutions doivent considérer les hommes comme des citoyens, détenteurs de libertés et de droits ; elles doivent aussi les pousser à se respecter eux-mêmes.

Enfin, le combat pour la démocratie doit être permanent. Les hommes doivent exercer leurs responsabilités de citoyen dans cette direction et faire reculer les thèses qui nuisent à l'humanisme, à l'expression de la Démocratie. Ils conduiront cette action dans un espace de réflexion, de débat, mais aussi de décision : notre système institutionnel.

Inciter les citoyens à participer réellement à ce débat, c'est construire une nouvelle Démocratie qui n'est plus seulement politique, administrative, mais qui se veut spirituelle.

Partager ce débat avec tous ceux, humanistes comme nous, qui se battent pour que triomphent les droits, les libertés et les valeurs civiques, c'est ériger un nouvel espace de débat qui, demain, sera le cadre d'une Europe démocratique, l'Europe des Citoyens.

La République des citoyens :

Pour appliquer ce pacte républicain, et parce que nous pensons la politique autrement, nous souhaitons réformer notre cadre institutionnel en concevant le pouvoir de manière novatrice, en permettant à l'homme de définir son propre destin. Ce projet est celui de la République des Citoyens.

Concevoir le pouvoir autrement. Une nouvelle conception du pouvoir, c'est un projet de réforme de nos institutions, destiné à les rendre plus compréhensibles, plus efficaces, plus légitimes.

Simplifier nos institutions de manière à améliorer la compréhension que nos concitoyens en ont, cela nous pousse à engager le débat des niveaux de décentralisation. Avec le rôle croissant de l'Europe, nous pensons que notre pays compte aujourd'hui trop de niveaux de démocratie (la commune, le département, la région, l'Etat, l'Union Européenne) et nous souhaitons réfléchir aux moyens de simplifier cette organisation. Quoiqu'il en soit, il sera impératif de réduire le nombre de communes, la situation actuelle étant source de rigidités et de gaspillages.

Pour clarifier l'exercice du pouvoir d'Etat, nous proposons, en outre, de réduire et stabiliser le nombre de ministères, de ne plus modifier leurs domaines d'attribution et les services qui leur sont attachés.

Accroître l'efficacité de nos insitutions, cela nous conduit à observer le fonctionnement de la cinquième république, à constater le rôle dominant du Président de la République et la trop fréquente soumission du Parlement.

Il faut, demain, améliorer l'efficacité de ce système, tout en redonnant vigueur au principe fondateur de la séparation des pouvoirs. Aussi, pourquoi ne pas envisager de supprimer la fonction de Premier Ministre, en transférant ses attributions au Président ? Parallèlement, la suppression du droit de dissolution de l'Assemblée Nationale, ainsi que des motions de censure adressées au gouvernement, rendrait aux pouvoirs, législatif et exécutif, leur indépendance respective.

Pour parfaire ce schémai, un Président élu pour un mandat de cinq ans, au même moment et pour la même durée que les députés, permettrait de parfaitement mettre en phase des institutions qui, si elles exercent des attributions différentes, doivent en permanence collaborer pour le bien commun.

Enfin, nous pensons que l'indépendance du pouvoir judiciaire doit être réaffirmée, et nous plaidons pour l'abandon du principe actuel de l'oppportunité des poursuites, décidée arbitrairement par le Ministre de la Justice. Pour être crédible, la justice ne doit pas être soumise à cette hiérarchie, elle pourrait au contraire être utilement mise en oeuvre par un parquet autonome, dirigé par un Procureur Général dont l'indépendance et la neutralité seraient garanties.

Ces propositions sont d'une importance capitale, leurs mises en oeuvre révolutionneraient notre système représentatif. Elles ne doivent, cependant, pas inquiéter en ce qu'elles bouleversent l'esprit de nos institutions.

La Constitution de 1958 a apporté beaucoup en stabilisant l'exercice du pouvoir. Mais aujourd'hui, il est nécessaire de rendre son indépendance à chaque pouvoir dans l'intérêt de la Démocratie.

Nous souhaitons, par ailleurs, donner une plus grande légitimité à lélu, le rapprocher de l'électeur qu'il s'engage à représenter.

Pour que le citoyen accorde sa confiance à l'élu, celui-ci doit d'abord être efficace. Il doit avoir les moyens d'exercer pleinement un mandat unique, sans pouvoir cumuler des fonctions trop nombreuses entre lesquelles il ne peut pas se partager. Il doit également recevoir la formation technique que son mandat nécessité. Pour autant, l'élu ne peut envisager le mandat comme une profession. Il nous paraît, en conséquence, indispensable de limiter la succession des mandats, tout en prenant des dispositions facilitant le retour d'un élu vers un emploi (notamment dans le secteur privé).

Mais si l'efficacité est une nécessité, la confiance et la légitimité sont des sentiments que l'élu doit éveiller chez le citoyen par son éthique, sa vertu, son civisme.

L'électeur développe, à présent, des attentes que l'élu ne doit pas décevoir. Aussi, le mandat exige une représentation fidèle des citoyens, une représentation efficace qui a pour seul objectif la satisfaction de l'intérêt général.

L'homme politique doit considérer son propre intérêt avec mépris, il n'est pas question pour lui de raisonner en terme de carrière. Pas ses convictions, il pourra reconquérir la légitimité qui trop souvent lui fait défaut. Par la permanence de ses idées, par la générosité et le civisme, il gagnera la crédibilité.

L'élection n'est aucunement un moyen d'exercer le pouvoir ; c'est bien au contraire l'exercice que l'on fait du pouvoir qui permet de se montrer digne de la confiance témoignée par l'élection.

Si servir l'Etat est un devoir, servir le citoyen est pour nous un honneur.

Permettre à l'homme de définir son destin. Nous considérons que dans une société où la plupart des décisions importantes sont nécessairement prises par des institutions, l'homme doit tout de même pouvoir être maître de son destin.

Dans ce but, nous sommes favorables au développement des suffrages et des choix démocratiques.

Pour dynamiser l'expression de l'électorat, nous souhaitons lui soumettre la désignation des Présidents de collectivité (Département et Région). Plus encore, nous proposons de donner l'initiative aux citoyens, en rendant possibles les référendums d'initiative populaire, au niveau local et au nivau national.

Enfin, il nous paraît impératif de consacrer l'esprit démocratique de nos institutions en permettant à chaque citoyen de saisir le Conseil Constitutionnel.

Ces propositions sont importantes, elles sont à même de répandre un sentiment nouveau de démocratie. Elles n'auront vraiment d'effet, que si nous choisissons de donner à la loi, et à son esprit, un sens nouveau.

La loi est, en effet, souvent perçue comme trop contraignante. Demain, nous souhaitons qu'elle se contente de poser un cadre, facilitant les initiatives individuelles et les prises de responsabilité. Dans une vie en collectivité, elle est évidemment nécessaire mais elle doit respecter la liberté individuelle.

Lui donner trop d'importance, c'est pousser l'homme à se contraindre lui-même. Nous souhaitons, au contraire, libérer l'homme dans ses actions, dans ses idées. Par son intelligence, il a construit des institutions, il a créé la Démocratie. Aujourd'hui, il imagine l'avenir.

Nous voulons lui donner l'initiative, les moyens de concevoir ses projets. Et de vivre ses rêves.
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