JEUNESSE
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JEUNESSE

Banalité: la jeunesse n'est plus aujourd'hui un atout, mais plutôt un handicap, si l'on constate les ravages que provoquent la présence du chômage, les effets de la drogue, le risque du Sida.Et surtout l'absence de perspectives et de rêve possible.

En cette période charnière qui détermine l'avenir affectif ,personnel, professionnel, de très nombreux jeunes Francais apparaissent paralysés par une incertitude chaque jour plus évidente.

Quel futur, quel destin espérer quand on vit dans les banlieues, que l'on affronte l' échec scolaire, ou que l'on ne trouve pas d'emploi ?

Les situations ne sont, certes, pas uniformes, mais qu'il s'agisse d'adolescents en difficulté dans leurs cités ou d'étudiants en panne de débouchés professionnels, l'angoisse s'aggrave, le mal- être se répand, malgré l'énergie qu'ils possèdent, malgré les espoirs qu'ils nourrissent, malgré tout ce qui a été proposé, tenté, réalisé.

Il faut, pourtant, trouver une issue. Parce qu'ils sont notre avenir, parce qu'ils sont nos enfants.

Nous devons proposer des solutions. Et changer les mentalités francaises.

N' imposons plus de mesures autoritaires à notre jeunesse. Aidons-les à trouver leur place dans notre société et, pour cela, aidons-les à apprendre, donnons-leur le savoir dont ils ont besoin.

Un "savoir-être" destiné à stabiliser leur assise familiale, leur vision des valeurs affectives, amicales, leur positionnement au sein de l'environnement immédiat.

Un "savoir-vivre" leur permettant d'assumer des rapports sociaux dans le respect des autres, dans un esprit civique.

Un "savoir-faire", enfin, pour leur donner un métier et les moyens d'être autonomes.

Cette aide, nous souhaitons la leur apporter sans paternalisme , en respectant leurs attentes, en les associant à toute action qui les concerne.

Et malgré leur inexpérience de la vie, nous leur faisons confiance. Ces jeuens possêdent la vitalité, l'imagination nécessaires pour réussir.

I - Aidons les jeunes à mieux se situer dans la société

Il est essentiel, avant toute autre chose, de redonner aux jeunes le goût de la citoyenneté, en leur transmettant l'envie de participer au fonctionnement de notre société, de nos institutions. Pour cela, pour stabiliser leur vision du monde et mieux les intégrer à l'équilibre social, nous proposons d'agir dans plusieurs directions.

D'abord, il est nécessaire de revaloriser le rôle de la famille. Les soucis liés à l'emploi, à l'anxiété quotidienne conduisent trop de parents à ne plus assumer la disponibilité, la capacité d'écoute, l'affection parfois, que leurs enfants attendent d'eux. Pour pallier au manque de dialogue, à l'insuffisante chaleur des rapports familiaux, nous voulons donner aux parents l'assistance qui souvent leur fait défaut. Par une aide de proximité, un dialogue permanent au sein d'une Agora, une assemblée locale, il sera possible, dans chaque quartier, de diffuser l'information qui manque, d'échanger ses expériences, de donner aux parents la conscience de leur responsabilité dans la recherche de l'équilibre familial.Certains des travaux de proximité dont on trouvera la définition et le financement par ailleurs aideront à cet encadrement.Avec, en priorité les jeunes des quartiers eux mêmes( voir les chapitres Education et emploi).

Pour donner aux familles les moyens de trouver cet équilibre, un effort de solidarité sera nécessaire : par l'extension du congé parental, par un nouveau partage du temps de travail, chacun trouvera la solution adaptée à sa structure familiale. Cet effort permettra de donner aux jeunes une stabilité affective, une éducation aux valeurs sociales, dont la collectivité ne pourra que profiter.
Ensuite, pour aider les jeunes à renouer avec l'esprit citoyen, il faut dispenser une éducation civique, permettant de comprendre le fonctionnement des institutions. Intégrer la logique de la démocratie, du système représentatif, les amènera à ne plus vivre systématiquement les lois comme des contraintes et à adhérer à certaines réformes parfois mal interprétées.

Enfin, nous souhaitons permettre au jeune de faire un apprentissage de la vie et des réalités sociales, en participant au Service Civique National( cette "obligation civique"de trois ou six mois dont nous parlons au chapitre Emploi et Education).
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Oeuvrer à des missions de solidarité dans notre pays, à des actions humanitaires à l'étranger, ne pourra que donner conscience des devoirs de l'homme, diffuser des idées de générosité, et transmettre l'esprit de la découverte, de l'aventure.

Si l'on choisit d'accomplir cette obligation en France ou en Europe, une formation adaptée sera possible, débouchant eventuellement sur l'emploi de proximité d'un an financé par l'Etat que nous voulons pouvoir offrir à tous les jeunes Français en guise de pied à l'étrier.


Stabilisés dans leur environnement, conscients du monde qui les entoure, de leurs droits et leurs devoirs, les jeunes auront, nous le croyons, davantage de goût pour entreprendre, dans leur intérêt personnel et dans celui de la collectivité.

II - Faisons triompher le dialogue

Les politiques ont trop longtemps considéré les adolescents et les jeunes adultes comme des êtres intelligents mais trop immatures pour avoir conscience de leur propre intérêt, incapables de prendre leurs responsabilités.
Nous souhaitons que cette logique soit inversée, et qu'un véritable dialogue, porteur d'espoir, soit engagé avec la jeunesse. Pour cela, il sera impératif d'associer de manière préalable les intéressés, à toute réflexion, tout projet les concernant. Il n'est plus question de les exclure des choix responsables que doit faire un gouvernement ; bien au contraire, ils seront désormais les acteurs de leur propre destin, traités de façon similaire aux autres partenaires sociaux, institutionnellement et banalisant le dialogue entre jeunesse et pouvoir.

Mais plus encore, le dialogue doit être porté dans les quartiers pour vaincre l'incompréhension et la violence. Dans chaque cité, chaque école, dans tout endroit qui le nécessite devra naître un Cercle d'Avenir, instrument d'échange et de prévention. Constitué de jeunes formés à cette fin, placé sous l'égide de volontaires du Service Civique National, son but sera d'instaurer un dialogue permanent entre les intéressés, mais également avec les adultes, avec tout intervenant au niveau local. Ce Cercle, éventuellement soutenu par des médiateurs, pourra désamorcer les crises et restaurer les liens sociaux, en associant les jeunes à l'amélioration de leur propre cadre de vie.

Dans le même esprit, pour décloisonner les quartiers et multiplier les échanges, il serait opportun de développer les séjours des adolescents dans les pays de l'Union Européenne. Cette expérience pourra se faire dans le cadre de l'obligation civique.


Ces aventures personnelles amèneraient chacun à relativiser ses propres difficultés, et répandrait un sentiment d'unité de l'Europe, de participation à sa construction.

Mis en contact, consultés régulièrement, les jeunes pourront plus facilement, avoir conscience de participer à la marche du progrès.

Une société qui ne sait pas parler à sa jeunesse se meurt. Parce que nous voulons vivre avec les jeunes, et vivre en harmonie, développons le dialogue.

III - Adoptons une nouvelle conception de l'Education

L'éducation est un devoir, et une mission . Former sa jeunesse, c'est lui donner des armes pour affronter l'avenir, c'est diffuser une instruction, répandre une culture, c'est également le moyen de favoriser son insertion professionnelle.

Pour lui permettre de jouer un rôle pleinement, nous souhaitons réformer notre système d'éducation. Nous avons consacré un chapitre entier à ces propositions.

Nous considérons qu'il est urgent d'ouvrir les écoles à la société, à la vie. Mettre en contact les jeunes, le savoir et les milieux professionnels nécessite en effet un effort de tous les jours. De même, donner à l'école un vrai rôle dans l'intégration sociale n'est pas une chose aisée.

C'est pourquoi, nous souhaitons, au sein de chaque école, accueillir des représentants divers de la société, aptes à aider les adolescents à évoluer. L'école doit permettre la rencontre quotidienne avec des parents, des associations, avec des représentants d'administration aussi, mais surtout avec d'anciens élèves dont l'expérience devra aider les autres. Dans le même esprit, le Cercle d'Avenir mettra les interlocuteurs en contact, réglera les problèmes naissants et portera une assistance de proximité.

Pour être une école de la société, l'établissement d'enseignement doit être une représentation de cette société, la plus fidèle possible.

Mais pour être un instrument d'intégration destiné aussi à ceux qui adultes, ont quitté l'école, l'établissement doit servir de cadre à un Forum du Savoir, nouveau lieu d'acquisition de culture, d'ouverture sur les techniques bouleversantes et Internet en particulier. Ce Forum, réunissant des enseignants motivés, sera ouvert en permanence vers la société, accueillant tout citoyen désireux, par la culture, d'améliorer son intégration.

L'école ne doit plus être un ghetto, une forteresse. Elle n'aidera les jeunes à accepter les valeurs civiques que si elle est ouverte, tolérante, accueillante. Elle ne doit plus exclure, mais accepter.

L'éducation devra avoir les moyens et les méthodes adaptées pour remplir ces missions ambitieuses.

Il est d'abord prioritaire qu'elle donne à chacun l'instruction de base qui fait souvent défaut à l'heure actuelle. Demain, chaque élève devra savoir lire, écrire, compter, et avoir acquis une meilleure pratique des langues étrangères (en partie grâce à des stages dans l'Union Européenne). L'école ne doit pas éparpiller ses efforts, mais savoir se concentrer sur l'essentiel.C'est le bagage de survie dont nous parlons par ailleurs.

Parallèlement, les études doivent permettre une bonne information, et dispenser une formation pratique dans le domaine professionnel. Elles doivent privilégier l'apprentissage des métiers manuels, trop souvent déconsidérés, s'intégrer dans des filières de formation alternée et d'ouverture vers le compagnonnage.Nous précisons par ailleurs qu'un ministère de la Formation doit être crée, distinct du gigantesque ministère de l'Education nationale.
L'école sera le relais entre l'adolescence et la vie professionnelle, à la condition de développer ses relations avec les entreprises, les chambres de commerce, et d'axer les formations sur les vrais besoins du marché de l'emploi.

Cette attitude, pragmatique, devra se généraliser à tous les niveaux d'éducation ; ainsi, les jeunes ne pourront suivre dans l'avenir une formation supérieure qu'en collaboration avec des entreprises, en multipliant les stages, en anticipant leur intégration professionnelle.
La dernière année de stage sera rémunérée.
La première année d'activité dans les emplois nouveaux dits de proximité sera prise en charge financièrement par l'Etat , avec un véritable salaire, mais confiée aux collectivités locales ou aux associations idoines. (Voir le Chapitre emploi)


Enfin, au-delà de tous les raisonnements, les jeunes doivent changer, bouger, bousculer leurs vies. Ils doivent comprendre qu'ils ont quelque chose à voir avec eux-mêmes, qu'eux seuls ont les moyens de définir des objectifs, de se motiver pour les atteindre.

Dans cet esprit, nous voulons proposer à chaque jeune, notamment à celui qui est en situation d'échec scolaire, un Contrat de Parcours Educatif. Ce contrat sera conclu entre l'adolescent et ses formateurs. Il proposera au jeune de choisir lui-même sa formation, et de s'engager activement dans sa réussite. Il lui fera prendre conscience de sa propre responsabilité dans le succès de ses études, de sa recherche professionnelle, de son avenir.

Pour lui permettre de mener cette formation à son terme, pour ne pas le contraindre dans le temps et pour lui donner les clés de sa réussite, il nous paraît nécessaire de proposer à l'étudiant sous forme d'un capital etudiant d'apprentissage un prêt à taux zéro remboursable selon des modalités variables avec les revenus et dont nous parlons au chapitre éducation.
Celui-ci lui donnera un Revenu Etudiant, utile pour terminer ses études en toute indépendance par rapport à sa famille, en véritable adulte responsable. Ce capital sera, inversement, aussi destiné à accorder un Crédit de Formation aux salariés désireux de mettre leur carrière en parenthèses pour reprendre leurs études.

Les jeunes, ainsi formés avec compétence, responsables de leurs choix et de la réussite de leur parcours, pourront être intégrés et salariés dans l'univers professionnel. Cette démarche, parfois difficile, pourra encore être facilitée par la collectivité, en donnant au jeune une première expérience : le Service Civique National, ou encore une collaboration provisoire à un service public, pourront jouer ce rôle.

Aidé dans son évolution, confirmé dans ses choix responsables, l'adolescent mûrira, deviendra adulte au plein sens du terme.

Il anticipera au progrès de la société et, à son tour, aidera les plus jeunes, les plus vulnérables.
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