PROTECTION SOCIALE
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PROTECTION SOCIALE

La protection sociale et singulièrement l'assurance-maladie constitue la première des identités européenne. C'est un des rares endroits du monde ou la maladie, un accident fortuit, le traitement d'une affection chronique atteignant soi même ou une personne de sa famille seront pris en charge par la société.
Cet immense avantage est menacé. La protection sociale à la française, naguère performante, vit une crise à laquelle rien ne semble pouvoir porter remède.

Malgré les ordonnances gouvernementales, les mesures d'économie, en l'absence de débat réel, sombre dans des déficits qui font planer une ombre sur son avenir.

Notre protection sociale devient de plus en plus inégalitaire . Ce système le plus coûteux d'Europe , apparaît comme le moins remboursé, sans pour cela améliorer la santé publique dans les mêmes proportions. L'accès aux soins est devenu réellement difficile pour les plus démunis, malgré un RMI qui autorise l'assujettissement à l'assurance-maladie. Le financement de l'ensemble est organisé sans le souci permanent de justice sociale. qui s'impose.

Il est, pourtant essentiel de conserver à notre pays, à nos concitoyens, un système de soins qui satisfasse à leur attente.Il faut donc impérativement le réformer. En accord avec les intéressés. Les malades d'abord, c'est dire tous les Français. Et les médecins.

Ce système, nous voulons le voir assurer l' égalité de tous les Français devant l'accès aux soins, nous voulons pour chacun d'entre eux le même accueil en ville ou à l'hopital, des praticiens de semblable valeur , des traitements identiques, un suivi : parce que telle est la vocation première de la médecine.


Nous voulons aussi doter notre pays d'une vraie politique de santé publique, efficace et responsable dans ses choix, axée notamment sur l'effort de prévention de la maladie. Nous souhaitons enfin l'organiser autour du malade, seul centre de gravité d'une architecture qui a, trop souvent, pris le parti d'ignorer ses problèmes. Le médecin est un acteur important, certes, essentiel, mais n'est qu'un acteur au service d'un malade qui doit être informé, responsabilisé sur lui-même, sur son comportement et sur ses choix. Parce qu'il en est la priorité et la raison d'être, le malade devra recevoir de ce système les conditions d'une meilleure qualité de vie qui dépassent le seul aspect du soin pour permettre la prévention, le mieux être, la lutte contre la douleur, le maintien au domicile en évitant l'hospitalisation lorsque cela est possible. Et un accompagnement des mourants digne de ce nom.

Notre projet de protection sociale, nos réflexions sont inspirés par notre attachement au civisme et à une vision républicaine qui doit consacrer la citoyenneté dans ses aspects sanitaires. Notre idée de l'homme, notre attachement aux valeurs qu'il représente, nous commandent d'agir pour le bien et la santé publique.
Parce qu'il faut avoir la santé pour apprécier la vie et rendre à la société ce qu'elle nous donne quotidiennement, nous devons construire une protection sociale saine, viable, fidèle à l'éthique sociale et la morale humaniste que nous souhaitons voir triompher.

Et pour accomplir cela, nous attacher à un mode de financement plus juste et une maîtrise nécessaire des dépenses et des orientations plus nettes en prévention et santé publique .


Si la création de la CSG avait eu le mérite de ne plus seulement faire supporter le coût de la protection sociale aux revenus salariaux, le nouvel élargissement des modes de financement décidé par le gouvernement avec la création de la RDS, va à l'encontre de l'objectif de justice sociale. Désormais étendu aux revenus des plus démunis, personnes âgées ou sans emploi, il complique inutilement la fiscalité.
La hausse inéluctable du ticket modérateur, l'augmentation récente du forfait hospitalier ignorent, de façon évidente, les difficultés quotidiennes, aggravant les risques d'exclusion.
Payer deux mille francs à la sortie de l'hospitalisation de son enfant ne constitue pas la même charge pour une famille au SMIG et un cadre moyen. Devoir dépenser mille francs à la sortie d'une consultation de gynécologie ne représente pas le même sacrifice pour un ouvrier que pour un directeur général. Nous souhaitons bousculer cette logique et faire contribuer chacun, selon ses moyens, à la vie de la protection sociale.

Les dépenses de soins doivent être remboursées en fonction des revenus de chacun. En particulier le ticket modérateur et le forfait hospitalier, qui tous deux, sont appelés à augmenter doivent être acquittés sous condition de ressources. C'est la seule manière d'imposer l'égalité de tous devant les soins. Accueil, lieux, techniciens, médicaments seront les mêmes pour tous mais seront remboursés différemment. Si l'on veut échapper à la privatisation de l'assurance-maladie, l'égalité des soins entre les Français-impératif à nos yeux- imposent l'inégalité des remboursements.


Abandonnons les ponctions forfaitaires, insignifiantes pour certains, insupportables pour d'autres. Quels que soient les niveaux de cotisation et de remboursements de nos concitoyens, ils devront être considérées , non comme un impôt supplémentaire, mais comme un instrument d'intégration au système de santé publique.

Adapté à la situation de chacun, délibérément dirigé vers les personnes en difficulté grâce à l'établissement d'une Franchise de Solidarité, ce système sera en parfaite harmonie avec la justice sociale que nous appelons de nos voeux. Nous pourrions ainsi définir quatre catégories de contribuables qui contribueraient à des hauteurs différentes au remboursement des soins identiques et également délivrés...


Mais, ce rééquilibrage du financement de la protection sociale n'a de sens que s'il ne doit pas, sans cesse, s'adapter à l'accroissement des dépenses de santé et aux progrès techniques. Nous affirmons que la maîtrise de ces dépenses est une nécessité impérieuse, condition exclusive de sauvegarde d'une logique de solidarité et de maintien de la cohésion sociale.

La santé n'a pas de prix, évidemment. Sauf que tout le monde la paye! Elle fait supporter à nos concitoyens un fardeau toujours plus lourd, nourri d'une inflation inutile des actes de prescription et d'analyse, médicalement injustifiée.

Nous voulons maîtriser les dépenses de la protection sociale, parce que nous la souhaitons viable sur le long terme. Pour permettre une telle évolution, tout en améliorant l'état de santé de tous, nous devons définir une politique de santé publique, dotée d'objectifs et de choix clairs, hiérarchisés et pourvue de dotations budgétaires suffisants et adaptés.

Le cadre financier de cette architecture devra être arrêté par le Parlement, le ministre de la Santé se voyant confier un pouvoir de tutelle réel sur l'assurance-maladie.

Une conférence nationale de la santé publique permettra l'accès de tous à l'information au cours de l'année.


Nous ne voulons incriminer personne, et que les médecins ne prennent pas la mouche: il en va également de leur survie. Par ces choix majeurs, nous avons à coeur, au contraire, d' élaborer une réforme d'ampleur qui impliquera tous les acteurs et les fera profiter des vertus de mesures dictées par la sagesse, par le bon sens et la nécessité de soins égaux et adaptés pour tous. Une vertu fondée sur la solidarité et sur le choix conscient et volontaire d'une morale humaniste.

Changer l'esprit de la médecine de ville.


Le système français fonctionne sur la maladie et non sur la santé. C'est une construction en partie perverse, qui se nourrit de la maladie, attendue et insuffisement prévenue. Chaque médecin libéral est prisonnier de ce piège.. Il ne peut gagner sa vie, préoccupation légitime, que sur plus de maladies, donc plus de malades , augmentant ainsi la consommation médicale.
La médecine de ville devient ainsi, à son corps défendant, génératrice d'une croissance constante des dépenses. Pour maîtriser cette inflation, nous proposons de transformer l'esprit même de la médecine de ville.

Maitrise comptable, maitrise médicalisée: les spécialistes , les économistes , les technocrates et les syndicalistes médicaux se sont longuement livrés à une querelle de mots qui à pollué puis interdit le débat. Il nous semble, en premier lieu, primordial de découpler partiellement le prix de l'acte médical et le revenu de son prescripteur. Le lien direct actuel entre la prescription et le revenu du praticien induit, de toute évidence, une inflation naturelle de la dépense. Les effets pervers de ce système sont évidents. Pour que la maitrise médicale se mette en place il faut définir l'enveloppe financière.

Nous proposons, en conséquence, de manière expérimentale, de faire verser aux praticiens une partie de leur revenu (1/3 ou 1/4? ) par les caisses d'assurance-maladie.


Cette mesure, forte et symbolique, nous paraît de nature à briser une logique de progression des actes ne répondant à aucune réalité médicale.Nous ne pouvons pas durablement dépenser plus que nous ne gagnons.

Dans le même esprit, nous pensons confier à de jeunes praticiens, des missions de prévention médicale salariés par les mêmes caisses.


Le médecin, ainsi justement et mensuellement rétribué, suivrait l'état de santé d'une population donnée et volontaire (500 personnes, 1000 personnes? un certain nombre de familles), intervenant de façon préalable pour prévenir au mieux les problèmes médicaux. Sa rémunération pourrait d'ailleurs,dans une faible mesure, être modulée, à la hausse ou à la baisse, selon l'évolution de l'état de santé des intéressés. Cette idée est tout à fait nouvelle ; elle permettrait d'améliorer la santé publique tout en générant des économies importantes car la prévention est toujours moins coûteuse que le soin.

Ce système fonctionnerait aux cotés d'une médecine libérale maintenue et majoritaire.


Cette permanente émulation nous parait riche de progrès pour les malades, et de nature à améliorer leur rapport avec la médecine et pour la santé publique en général.
Le médecin doit soigner, il doit aussi prévenir. Conforté dans son rôle d'intervenant médical, il est également un acteur social en contact direct avec les plus démunis.

Réformer le statut du médecin


L' évolution des sciences médicales, les exigences nouvelles d'une "société mondiale", nous imposent de redéfinir la position du médecin, de réformer son statut et surtout d'adapter sa formation à la réalité de ses fonctions. La formation initiale devra être réorientée vers les aspects pratiques et sociaux de la médecine (notamment vers la prévention, la psychologie, l'approche de la toxicologie, de la douleur, de la fin de vie, l'économie sociale, l'étude des divers systèmes de soins etc...), au détriment des matières trop théoriques.,sauf pour les médecins qui se destinent à la recherche.
Il semble acceptable et même logique que certains CHU sélectionnent leurs étudiants sur les sciences sociales et psychologiques et d'autres sur les mathématiques et la chimie molléculaire. L'Etat veillera à l'équivalence des diplomes, mais la concurence des instituts de formations ne peut que renforcer la qualité de la médecine francaise.

Dans le même temps, et d'abord parce que l'harmonisation des études en Europe nous l'impose, supprimons un internat , aujourdhui isolé sur notre continent Ce concours qui n'assure plus son rôle de partition élitiste, sélectionne les généralistes par l'échec. Est-il plus facile de savoir tout sur une partie du corps iou de tout connaitre sur l'ensemble du corps? Modernisons résolument les études. Harmonisons hardiment la durée de formation des généralistes et des spécialistes. En trois cycles dont deux seraient commun aux futurs généralistes et spécialistes.

Au cours du dernier cycle, alors que les cardiologues se fomeraient dans leurs disciplines propres, les futurs généralistes seraient enseignés dans les matières qui font cruellement défaut au cursus actuel: santé publique, économie des la santé, luttes contre les douleurs, toxicologie, accompagnement de la fin de vie etc..Seule manière de faire durablement cesser les querelles fratricides et surtout de revaloriser une médecine générale qui se déprécie constament face aux diverses spécialités.

La durée des études médicales devenant la même nous proposons une réforme forte: la rémunération identique de l'acte du généraliste et de l'acte du spécialiste. C=CS


Bien sur certaines techniques indispensables, usant d'appareils très particulier pourraient parfois être rémunérées à part.

La rémunération constitue une part essentielle de la querelle entre génralistes et spécialistes. Nous voulons, par cette réforme profonde faire évoluer les mentalités médicales et construire un véritable réseau dont le généraliste serait le centre et l'interlocuteur incontournable. Pour organiser la protection sociale autour de lui, nous voulons revaloriser sa fonction, en considérant son acte au même niveau financier que celui du spécialiste. Reconnu comme responsable d'une filière médicale rationalisée, le généraliste serait ainsi responsabilisé, motivé pour la mise en oeuvre des évolutions majeures de l'information des cabinets et de la création des carnets de santé.

Aucune de ces évolutions ne seront accomplies sans la consultation de tous, la confrontations des expériences et la constitution des groupes de travail avec les représentants des intéressés. Aucune réforme en médecine ne peut durablement se faire sans les médecins. Et les représentants des malades.

Les erreurs médicales sont lourdes de conséquences et parce que le progrès est rapide en ce domaine, nous souhaitons intensifier une formation continue devenant obligatoire, organisée par les centres hospitaliers universitaires. Là encore, l'efficacité du praticien serait améliorée, permettant de nouvelles économies, la qualité des soins s'inscrivant dans un contexte de progrès humain, économique et social.

Un hôpital ouvert sur la ville


Une politique de santé efficace, réellement satisfaisante, ne se fera qu'avec un hôpital parfaitement intégré au sein de la protection sociale, rationalisé dans ses missions et ses moyens.

Son ouverture sur la société, sur la ville est une nécessité. Aussi, l'hôpital doit apprendre à collaborer avec le médecin de ville, à resserrer des liens parfois distendus par des objectifs qui paraissent différents mais qui sont, en fait, les mêmes. Les querelles entre les médecins hospitaliers et la médecine libérale paralysent le système. Et les patients en pâtissent.

L'hôpital doit accueillir le médecin libéral, lui donner libre accès à ses patients, lui permettre d'exercer en son sein une partie de son temps de travail, tout en lui enseignant ses techniques et en servant de support à sa formation continue.Chaque médecin doit avoir sa place à l'hopital.


Mais soyons plus ambitieux encore : l'hôpital n'est pas seulement un centre de soins, il est l'outil de la politique de santé publique qui peut servir à évaluer son efficacité. Nous sommes donc favorables au développement des mesures d'évaluation, appliquées à la gestion des établissements hospitaliers et des actes médicaux qui y sont pratiqués.
Cette politique d'évaluation servira de fondement aux décisions d'accréditation qui, dans l'avenir, permettront aux hôpitaux de pratiquer certains actes. Pour chaque acte, l'accréditation sera accordée pour une durée déterminée, avec le souci de rationaliser l'implantation géographique des établissements, les amenant à répondre aux véritables besoins et à disposer des dotations budgétaires correspondantes.Et surout à coopérer pour une prise en charge harmonieuse et complémentaire des malades.

Pour un changement de mentalité


Garantissons l'égalité de tous les citoyens francais devant les soins.
Soyons efficaces, soyons économes.


Nous en avons la volonté, et nous y parviendront en mettant en oeuvre ces réformes qui impliquent un effort de chacun, pour finalement donner plus à tous.

L'axe de nos propositions, la condition qui permettra cette évolution et rendra visible une protection sociale efficace est claire : les mentalités doivent changer.

Nous demandons au citoyen, usager du système de santé, d'être plus responsable. Il doit être conscient des avantages qui lui sont offerts et savoir en user sans excès. Limiter sa consommation médicale, accepter des règles rationnelles telles que le carnet de santé où le passage obligé par le généraliste, c'est agir dans son propre intérêt.

Ce citoyen responsable, cet usager du système de soins rénové doit être représenté au niveau du conseil des caisses d'assurances-maladies. Aux cotés de représentants des professions de santé.


Nous demandons au médecin de sortir d'une logique totalement libérale, incompatible avec les principes de solidarité et de financement neutralisé qui fondent le système. Il doit soigner en dépensant moins et en acceptant d'intégrer un réseau, une filière qui le rendra plus performant.Il doit avoir accès à l'hopital de sa région.

La médecine n'est pas une science exacte. Il existe des aléas avec faute, des préjudices sans faute, des aléas par méconnaissances et des préjudices par défaut de connaissances.

Nous mettrons en oeuvre une loi sur la risque thérapeutique qui, créant, sous la responsabilité et le financement volontaire de chacun, un fond d'indemnisation évitera les dérives procédurières à l'américaine et la dégradation des rapports médecins- malades.


L'hôpital doit accepter les principes de l'évaluation et de l'accréditation, non pas pour aliéner son autonomie et ses choix de gestion, mais pour l'intégrer avec ses caractéristiques propres dans une organisation plus rationnelle, plus économe.

La définition de ces choix et la mise en oeuvre de cette réforme, aujourd'hui, décideront de la santé des Français, demain. Impliquons tous les acteurs dans cette recherche de la meilleure santé au meilleur coût et la protection sociale sera forte, juste, solidaire.

Une Conférence annuelle de santé publique préparée par un Observatoire de l'égalité des soins auquel tous les Francais auront accès devraient le permettre.


Organisons le débat national suivi par un référendum sur ces questions essentielles.


Restons ainsi fidèles aux principes fondateurs de la République, fidèle à nos valeurs : préservons l'égalité de tous devant les soins.
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