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EMIR ABDELKADER.
EMIR ABDELKADER
PERE DU NATIONALISME ALGERIEN

CITATION :

« j’avais juré de défendre mon pays et ma religion jusqu’à ce qu’aucune force n’y put suffire, et il me semblait toujours que je n’avais pas encore fait assez » L’Emir Abdelkader 1947.

Que dire sur cet homme exceptionnel premier fondateur de la Nation Algérienne. Que dois-je ajouter après tout ce qui a été écrit et dit sur ce visionnaire des temps modernes qui avait honnoré notre région si ce n’est qu’après une longue, une très longue période de tergiversation qui a connue des hauts et des bas à l’exemple de la grande mosquée Emir Abdelkader de Constantine, la suppression de l’effigie de l’Emir des billets de banque et enfin le retour à la réalité par la création ses dernières années de la fondation Emir Abdelkader avec ses journées, ses rencontres et ses colloques.

Son Excellence L’Emir Abdelkader

TIMBRE :

Timbre à l’effigie de L’Emir Abdelkader affranchi par la poste de Tiaret le 27.12.1967


Vestiges de la dernière capitale et forteresse de l’Emir Abdelkader à Tagdempt.

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L’EMIR,

Né en 1808 à Guetna de l’Oued El Hammam (Ouest de Mascara) dans une famille de la tribu des Hachem établie dans la plaine de Ghris, Abdelkader, fils de Mahieddine reçut une éducation solide.

Très tôt initié aux sciences modernes, il fait ses études à Arzew et à Oran, et effectue son premier voyage en Tunisie, en Egypte puis à la Mecque et à Médine en 1826.

Le 21 Novembre 1832, les tribus réunies à Ersebia le proclament Emir à l’âge de 24 ans. Stratège militaire d’une grande intelligence, homme d’Etat doué d’un sens d’organisation inné et fin lettré à la vaste culture scientifique et religieuse, l’Emir Abdelkader a laissé dans l’histoire de l’Algérie une empreinte indélébile.

Stratège militaire, il lance l’appel au Djihad dès 1830, dirige la résistance à partir de Mascara, sa capitale. Il défait les troupes Françaises et oblige en 1834 le général Desmichels à signer un traité qui reconnaît son autorité. Après l’offensive coloniale contre Mascara et Tlemcen en 1836 il déplace sa capitale à Tagdempt (Tiaret). Une année après, ayant renforcé ses positions, il conclut le traité de la Tafna avec le Général Bugeaud le 30 Mai 1837 et s’attelle à la fondation d’un Etat capable de réaliser l’unité de la Nation et de chasser l’envahisseur. Il rassemble sous sa bannière les tribus de l’Oranie, du Sud, de l’est et de Kabylie qui se déplacent sous la direction de son Etat qui contrôle désormais les deux tiers de l’Algérie.

Homme d’Etat, il organise le territoire en Khalifas ( Mascara, Médéa, Miliana, Tlemcen, Zibans, Medjana) disposant de 59.000 combattants. Au cours de cette période, il lance un vaste programme de développement urbain, économique et administratif, bat la monnaie et ouvre de nombreux ateliers industriels dont des fabriques d’armement.

Devant la poussée de l’ennemi, servi par des moyens colossaux, l’Emir concède Médéa, Tagdempt, Saïda et Tlemcen et malgré quelques percées dans la Mitidja et le Chlef, il recule vers le Dahra. Contrecarré dans ses projets par le Sultan du Maroc qui lance contre lui ses troupes, il reprend cependant l’offensive dans l’Ouarsenis, en Kabylie et dans le Sud, au Djebel Amour.

Emprisonné au Fort Lamarque à Toulon jusqu’en Avril 1848, à Pau jusqu’en Novembre 1848, et à Ambroise jusqu’en Octobre 1852, il quitte la France en 1852. Il meurt à Damas en 1883 après 17 ans de combat et 36 ans d’exil.

Homme de grande culture, il a écrit de nombreux poèmes mystiques ainsi que la fameuse « RISSALA OU RAPPEL A L’INTELLIGENT, AVIS A L’INDIFFERENT, REFLEXION PHILOSOPHIQUE, ECONOMIQUE, HISTORIQUE et ETHNOGRAPHIQUE » d’un grand intérêt.

Ses écrits mystiques ont été publiés à Alger sous le titre générique « D’AL MAWAQIF »

La lutte.

1830, les Français débarquent, Abd el-Kader mène la lutte au nom de l'islam

Venu en bateau, le dey turc ne regarde que la lier. Il ne s'intéresse au pays intérieur que pour y lever l'impôt, en argent, blé ou orge. Un régime colonial, un Etat-milice rançonneur. Aussi jette-t-il tout son dévolu sur le pays utile et le divise en trois tronçons délimités, au sud, par l'Atlas saharien: Oran, Médéa et Constantine, Alger étant hissée au rang de Maison du Sultan. Aucune règle de succession, juste, le coup d'Etat ou le poison. Cohorte de Renégats - chrétiens convertis à l'islam -, de corsaires et de janissaires, la Régence ne vit que pour la «course» en Méditerranée et jusqu'en Islande 1 Suède, Hollande, Amérique et Angleterre achètent à prix d'or la liberté de circuler en mer.

Paris, qui entretient déjà une vieille relation avec lie Grand Turc, commerce avec la Régence d'Alger. Elle en importe cuir, corail et blé. A crédit. Au désespoir de ne pas recevoir son dû, le dey Hussein donne un coup d'éventail au consul de France. Pour sanctionner le Barbaresque, le gouvernement Polignac songe d'abord à son allié, le pacha d'Egypte Méhémet Ali. Et finit par envoyer une armada, qui investit, le 3 juillet 1830, la Maison du Sultan. Le dey gagne l'Italie, la milice janissaire rentre en Asie Mineure. Le nouveau tuteur français découvre une humanité indigène de trois millions d'âmes, mise en coupe réglée par le dey, émiettée en un archipel de tribus, une poussière de clans. Elle ne réagit pas d'un seul tenant. Et le colon peut claironner qu'il n'y a pas de «peuple algérien». La résistance à l'occupant éclatera à l'ouest. AbdelKader mène la lutte au nom de l'islam. Mais il n'arrive pas à soulever tout le pays. La Kabylie ignore son appel, le sultan du Maroc le lâche. Il finit même par accepter l'appui militaire

du général français Desmichels pour... combattre la milice du bey d'Oran ! Abandonné par tous, il décide, fin 1847, de se rendre au duc d'Aumale. Emprisonné à Amboise, AbdelKader termine sa vie à Damas, en Syrie. Paris reconduit et consacre le découpage administratif turc.

Un demi-siècle après la conquête, l'Algérie abrite plus de cent quinze mille colons accourus de France, d'Espagne, de Malte ou de Sicile. L'Oranais, dépeuplé, en reçoit la plupart. Tous obtiennent la nationalité française ; qui sera aussi octroyée d'office, en 1870, à tout juif indigène. Le musulman, seul, en reste exclu. Ce contre quoi proteste le mouvement- Jeune Algérien, créé à la veille de la Première Guerre mondiale. Il réclame l'«assimilation à la nation française». Le mot d'ordre d'indépendance jaillira, non du djebel mais de Boulogne-Billancourt où naît, en 1924, l'Etoile nord-africaine, le premier parti nationaliste algérien. Le centenaire de la prise d'Alger, en 1930, apporte de l'eau au moulin indépendantiste. On y célèbre le «retour» d'un peuple latin sur ce qui fut une terre latine ! Le colon se proclame chez lui, par la vertu d'un droit d'aînesse. «Musulman, le peuple d'Algérie se rattache à l'arabité», réplique Ben Badis, le dirigeant de l'Association des oulémas.

TEMOINAGES :
Ennemi vaincu, devenu ami, Abdelkader a été un personnage remarquable à plusieurs égards. Son secrétaire français, Léon Roches à dressé de lui ce portrait.

"Je crus rêver quand je vis fixés sur moi ses beaux yeux bleus, bordés de longs cils noirs, brillant de cette humidité qui donne en même temps au regard tant d'éclat et de douceur. Il remarqua l’impression qu’il venait de produire sur moi; il en parut flatté et me fit signe de m’accroupir devant lui. Je l’examinai alors avec attention.
Son teint blanc a une pâleur mate ; son front est large et élevé. Des sourcils noirs et bien arqués surmontent les grands yeux bleus qui m’ont fasciné. Son nez est fin et légèrement aquilin, ses lèvres minces sans être pincées; sa barbe noire et soyeuse encadre légèrement l’ovale de sa figure expressive. Un petit ouchem (tatouage) entre les deux sourcils fait ressortir la pureté de son front. Sa main, maigre et petite, est remarquablement blanche, des veines bleues la sillonnent; ses doigts longs et effilés sont terminés par des ongles roses parfaitement taillés ; son pied, sur lequel il appuie presque toujours une de ses mains, ne leur cède ni en blancheur ni en distinction.
Sa taille n’excède pas cinq pieds et quelques lignes, mais son système musculaire indique une grande vigueur... Un mélange d’énergie guerrière et d’ascétisme répand sur sa physionomie un charme indéfinissable... Sa physionomie est on ne peut plus mobile, et malgré l’empire qu’il exerce sur lui-même, elle reflète les sensations qui agitent son esprit ou son coeur.
Quand il prie, c’est un ascète.
Quand il commande, c’est un souverain, quand il parle guerre, ses traits s’illuminent ; c’est un soldat ".



IL Y A 150 ANS, IL ETAIT LIBERE PAR NAPOLEON III
L’Emir Abdelkader était de retour samedi au Sénat français

D’un De Nos Correspondants
A Paris: Arezki Benmokhta
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L’ombre de l’Emir Abdelkader a régné, samedi, dans les salons du Sénat français. L’hommage que lui a rendu la Fondation Napoléon III, à l’occasion de sa libération il y a 150 ans par celui-ci, a convoqué, l’espace d’une après-midi, l’histoire des premières années de la colonisation de l’Algérie et la longue résistance du peuple algérien.

Une cérémonie labellisée «Djazaïr 2003» - elle devait initialement se tenir en novembre 2002 - à laquelle a été conviée la Fondation Emir Abdelkader. «C’est un symbole extraordinaire. Abdelkader et Napoléon III étaient de grands hommes politiques visionnaires», a déclaré le Baron Gilbert Ameil, président de la Fondation Napoléon III. «Si leur politique avait été appliquée dans le respect et l’entraide mutuels, les relations entre la France et l’Algérie n’auraient jamais été ce qu’elles ont été». Une interprétation partagée du côté algérien. «Les deux personnalités auxquelles nous rendons hommage aujourd’hui ont contribué très largement à la promotion de l’amitié entre nos deux peuples, tout en lui donnant un caractère personnel», a souligné Mohamed Boutaleb, président de la Fondation Emir Abdelkader.
Cette «mémoire à deux» est incontournable pour Zohra Drif Bitat, vice-présidente du Conseil de la nation. «Que pouvons-nous y faire les uns et les autres, si ce n’est recevoir ce legs pour ce qu’il est, mais dans la pleine reconnaissance de notre responsabilité morale, à jamais conjointe, envers un passé co-assumé et un avenir dans la confiance retrouvée.L’histoire de l’Emir Abdelkader se confond avec les dates peu glorieuses de l’empire colonial. Elle rappelle ses trahisons et ses drames. En 1847, le général Lamoricière obtenait la reddition de «l’Emir des croyants», auquel le gouvernement de l’époque promettait l’aman (protection) et donnait sa parole pour l’exiler dans un pays musulman, en l’occurrence Damas. Il sera incarcéré en France jusqu’au 16 octobre 1852, quand le Principe-Président Napoléon III - lui aussi a éprouvé l’amertume de l’exil - décide de «tenir les promesses de ses prédécesseurs». A son égard, l’Emir dira: «D’autres m’ont terrassé, d’autres ont pu m’enchaîner. Mais Louis Napoléon est le seul qui m’avait vaincu».
L’Emir partira à Damas, où il mourut le 26 mai 1885. En 1860, il sauvera des milliers de chrétiens lors des émeutes de Damas. Sur son domaine, il a planté le drapeau français et l’a déclaré maison de l’aman. Suite à son action héroïque, la loge maçonnique «Henri IV» du Grand Orient de France lui proposera une initiation à la franc-maçonnerie. La cérémonie eut lieu le 18 juin 1864 à Alexandrie. De la rencontre de Napoléon III et de l’Emir Abdelkader subsiste le souvenir de leur profonde amitié et de leur admiration réciproque. Napoléon III rêvera même un instant de faire de son «nouvel ami» le gouverneur du «royaume arabe», qui s’étendrait du Maghreb au Machreq. Une idée trop révolutionnaire pour son époque. En signe de cette amitié, l’Emir Abdelkader exigera, avant sa mort, que sa dépouille soit transportée dans la voiture que Napoléon III lui avait offerte. Pour Ahmed Boutaleb, les deux personnages ont «compris la nécessité d’oeuvrer à l’instauration d’une paix juste et durable (...). Les gouvernants (des grandes puissances) devraient s’inspirer de l’exemple de ces deux grands hommes pour rechercher les solutions pacifiques aux conflits qui déchirent le monde». Le président de la Fondation Napoléon III, lui, n’hésite pas à qualifier «l’amitié» entre Bouteflika et Jacques Chirac d’une «résurgence de l’entente entre Napoléon III et Abdelkader».

TIARET
Victor Hugo écrit à l’Emir Abdelkader (15.0203)

A l’occasion de l’anniversaire de la naissance de Victor Hugo, le département de langue française relevant de la faculté des sciences humaines et des sciences sociales de l’université «Ibn Khaldoun» de Tiaret, a organisé, du 08 au 10 février, une exposition sur la vie et l’oeuvre de l’écrivain français, dans le hall de la faculté. Ainsi, des revues spécialisées et des articles de presse ont été exposés; les étudiants avaient le choix de compulser des revues telles «Le Monde littéraire», «L’Histoire de la littérature française» ou encore «Le Français dans le monde». Le clou de l’exposition a été ce poème écrit par Victor Hugo en hommage au père de l’Etat national moderne, l’Emir Abdelkader ou encore un article dans lequel l’auteur de «Les Rayons et les Ombres» exprime sa position vis-à-vis de la guerre d’Algérie. Une projection de films traitant de l’exil du poète et romancier français, a également eu lieu, aux côtés de l’organisation d’un concours ouvert aux étudiants du département de langue française.

El-Houari Dilmi