POLLUTION PAR LES PILES
Les différentes
formes d'effets toxiques
La toxicité aiguë :
La toxicité à long terme :
Le mercure dans l'environnement
Malgré toutes ses qualités, une pile pollue On peut observer plusieurs types de pollutions : le mercure est extrêmement dangereux sous forme de vapeur et sous forme de sels solubles dans l'eau, qui rongent les membranes du corps humains. L'empoisonnement chronique au mercure se produit lorsque de faibles quantités du métal ou de ses sels, en particulier méthylmercure, solubles dans les graisses, sont ingérées de façon répétitive dur de longues périodes. Cette intoxication provoque des dégâts irréversibles sur l'homme dans le cerveau,, le foie,, les reins. Du fait de la pollution croissante de l'eau, des quantités significatives de Mercure ont été trouvées dans certaines espèces de poissons.
LES DIFFERENTES FORMES D'EFFETS TOXIQUES
Il existe plusieurs formes de toxicité : il y a la toxicité aiguë et la toxicité à long terme.
Elle résulte de l'absorption par la bouche, les voies pulmonaires, et la pénétration à travers la peau. Les manifestations de ces effets sont spectaculaires, puisqu'elles peuvent même se traduire par une mort rapide. L'estimation de la toxicité se fait en déterminant les doses létales. On parle par exemple de létale 50 car la substance administrée aux animaux de laboratoire en a tué 50/100.
Ses effets ne résultent pas seulement de 1'absorption, de doses très minimes, dont la répartition finit par provoquer des intoxications beaucoup plus insidieuses, car elles apparaissent en général sans aucun signal d'alarme. Tel est le cas des métaux lourds comme le plomb, le mercure, le thallium.
28 000 tonnes de piles sont consommées chaque année en France, soit 0,3 kg/habitant.
Des métaux lourds, tels que le mercure, le plomb, le zinc, le cadmium, le nickel, se retrouvent dans les piles et nécessitent un traitement adapté.
LE MERCURE DANS L'ENVIRONNEMENT.
Dans les décharges : Le boîtier des piles s'oxyde, le métal s'échappe, se laisse emporter par les lixiviats et rejoint les nappes phréatiques, les rivières et la mer.
Dans l'incinérateur : Le boîtier est brûlé et le mercure vaporisé s'évade avec les fumées, puis retombe avec la pluie sur les sols, les rivières et la mer.
Dans l'eau : Le mercure est transformé par les micros organismes en méthyle et diméthylmercure, composes très toxiques, facilement absorbés par les organismes vivants. Le mercure se concentre dans la chair des poissons à des taux considérables. Absorbé par l'homme, il atteint ses nerfs,, son cerveau et a des effets mutagènes et cancérigènes.
On appelle piles bouton ces minuscules piles rondes et plates qui font marcher les montres, les appareils photos, les calculatrices, certains jouets, etc...
Elles ont un aspect bien inoffensif, et pourtant elles constituent un véritable danger pour l'environnement, car elles contiennent chacune 1g de mercure. Mélangé aux déchets domestiques, le boîtier des piles s'altère, s'oxyde et laisse échapper le mercure, lequel s'infiltre dans le sol et s'infiltre et pollue les nappes d'eau souterraines. En effet, le mercure, lorsqu'il est au contact de l'eau, se décompose en une substance toxique, le méthylmercure. IL suffit de 1 g de mercure pour polluer 400L d'eau. La consommation, par exemple, de poisson contaminé peut entraîner des troubles graves chez l'homme. C'est ce qui c'est passé au Japon, en 1956, où 230 personnes sont mortes tandis que 10000 autres demeuraient invalides parce qu'elles avaient mangé du poisson contaminé par les déchets d'une usine qui utilisait du mercure. Pour éviter qu'en France un tel drame ne se produise, on a organisé la collecte des piles bouton. Chacun est invité à déposer ses piles usagées dans les boîtes mises à leurs dispositions chez les commerçants, les professionnels médicaux et les établissements scolaires et publics. La croix-rouge récupère les piles, qui sont ensuite acheminées vers des centres de traitement en Espagne ou en Allemagne fédérale.
Les piles boutons à l'oxyde de mercure contiennent la
quasi-totalité de ce mercure résiduel. Elles sont progressivement remplacées par des
produits de substitution tels que les piles zinc air et les piles à l'oxyde d'argent. 47
millions de piles boutons ont été vendu en France en 1996 , elles contiennent 2 tonnes
de mercure. Le développement des déchetteries a permis de réduire fortement le coût de
collecte des piles et accumulateurs par rapport à l'enlèvement en porte à porte.
Parallèlement, un autre moyen de collecte des déchets ménagers spéciaux s'est
développé : il s'agit des collectes mobiles ou ambulantes. Ces collectes périodiques
sont doublées de collecte permanentes dans les pts d'apport volontaire. Les services les
plus connus sont proposés par Sita et par CGEA. La définition réglementaire des piles
et accumulateurs date de la directive européenne 91/157 du 18 mars 1991. Ce texte
précise que les états membres de L'UNION européenne doivent prendre des mesures pour
collectes séparément les piles et les accumulateurs en vue de leur valorisation ou de
leur élimination. Cela concerne les piles contenant plus de 0.025 % de cadmium ou plus de
0.4% de plomb ainsi que les piles alcalines au manganèse contenant plus de 0.025% en
poids de mercure.
Le décret n°97-517 du 15 mai 1997 relatif à la classification des
déchets dangereux classe les piles sèches au mercure et les accumulateurs au plomb et au
nickel-cadmium ainsi que les électrolytes extraits des piles et des accumulateurs dans la
nomenclature des déchets dangereux. Au contraire, les piles alcalines et autres piles et
accumulateurs sont rangés dans la rubrique des déchets ménagers et assimilés pouvant
être collecté et traités sans suggestion technique particulière.
Les législations et les labels écologiques obligent les entreprises à tenir compte des
restrictions en vigueur ou conseillées applicable à la production des piles et
d'accumulateurs.
Le recyclage des piles chimiques :Un remède qui peut mettre fin à la pollution créée par celle-ci
Piles bâtons, boutons, au lithium... Chaque année, en France, il
s'en vend la bagatelle de 600 millions d'unités ! Un prochain décret devrait
imposer le recyclage des piles considérées comme les plus polluantes, soit 10 %
seulement de ce chiffre. Une politique sévèrement critiquée par les organisations de
consommateurs. Elles demandent un traitement de la totalité des produits.
C'est à reculons et de la plus mauvaise manière possible que la
France se lance dans le recyclage des piles électriques. Il a fallu que Bruxelles menace
Paris de sanctions pour non applications de la réglementations européenne pour que le
gouvernement français se décide à annoncer des mesures. Un prochain décret va en effet
obliger les consommateurs à rapporter chez les vendeurs les piles usagées considérées
comme les plus polluantes. A charge pour les distributeurs et les producteurs de
s'organiser afin que ces produits nocifs pour l'environnement soient retraités dans des
unités de recyclage et n'échouent plus dans les décharges ou les incinérateurs. Tout
contrevenant, usager ou distributeurs, qui jettera ces produits polluants à la poubelle,
pourra se voir affliger une amende de 3000 F .Consommateurs et défenseurs de
l'environnement sont loin d'être satisfaits par ces dispositions, qu'ils jugent
totalement inefficaces. Le décret, en train d'être peaufiné dans les arcanes
administratives, se contente de reprendre les obligations timides découlant de la
directive européenne du 18 mars 1991. En fait, sur les 600 millions de piles et
d'accumulateurs portables, vendus chaque année en France, 90% vont échapper à cette
nouvelle obligation de retraitement. Seules les piles ayant une certaine teneur en
cadmium, en plomb et en mercure sont en effet visées par la directive européenne et donc
la réglementation française. Les piles boutons et les piles au lithium constituent la
plus grande masse des produits dépassant les teneurs maximales en cadmium, plomb et
mercure. Les accumulateurs portables au nickel-cadium, qui alimentent par exemple les
téléphones portables ou les outils de bricolage sans fil, sont concernés. En revanche,
les classiques piles bâtons ne seront pas recyclées.
Constitué à l'initiative de l'association Force ouvrière
consommateurs (Afoc), un groupe de travail réunissant les consommateurs, les
distributeurs, les professionnels du recyclage des piles et les collectivités locales a
récemment publié un rapport dénonçant l'incohérence d'une telle politique. Le rapport
du groupe de travail " piles " souligne notamment que la directive ne prend pas
en compte tous les polluants, tels le lithium ou les électrolytes. Mais ce sont sur tous
les effets pervers de cette politique sélective de recyclage qui sont mis en avant. Les
expériences de collectes sélectives menées à l'étranger prouvent que le consommateurs
ne peut pas faire la différence entre accumulateurs au nickel-cadmium, piles au lithium,
alcalines ou salines ... Pour l'usager, une pile est une pile, tant les formes et les
tailles se ressemblent.
Résultat, les distributeurs vont récolter la totalité des produits
et devront ensuite faire eux-mêmes le tri. Des centaines de tonnes de piles échappant à
l'obligation de recyclage vont donc se retrouver concentrées chez les collecteurs qui
pourront s'en débarrasser en décharge. Si l'on considère que les quantités minimes de
polluants contenues dans chacune de ces piles ne présentent pas de danger significatif
pour l'environnement, ce n'est plus le cas dès lors que ces produits ont rejetés en
masse.
Selon les normes européennes, les piles alcalines au manganèse contenant plus de 0.025%
en poids de mercure doivent être obligatoirement être retraitées et sont d'ailleurs
interdites de mise sur le marché depuis le 1er Janvier 1993. Les industriels du recyclage
constatent pourtant que, globalement les quantités de mercure utilisées restent
importantes. A la sortie de la chaîne de traitement de l'usine suisse Recymet, le mercure
récupéré représente 0. 15 % du poids des piles traitées. Soit six fois plus que ce
que prévoit la norme. Les gros fabricants européens et américains renvoient la
responsabilité sur les fabricants asiatiques, qui utilisent des procédés de
fabrications abandonnés par les occidentaux.
Cette situation rend nécessaire la mise en place d'un recyclage
généralisé. C'est d'autant plus logique que la commission européenne s'apprête à
revoir la directive de 1991 dans ce sens. La France prend donc avec retard des
dispositions déjà dépassées. Le ministère de l'environnement lui-même semble se
rendre à ces évidences, en prônant une collecte généralisée des piles dans une note
adressée par Corinne Lepage aux préfets.
A l'unanimité, les différents acteurs du groupe de travail sur les
piles jugent cette nouvelle réglementation d'autant plus absurde que la filière de
recyclage des piles et accumulateurs en France est prêtre ? Le traitement est
techniquement possible et économique viable.
L'Autriche , la Suisse et la Belgique ont déjà organisé une collecte
généralisée. La plupart des autres pays européens s'y préparent. Le coût de la
récupération et du traitement de 50% du gisement français, soit 300 millions de piles
par an, est estimé à 20 millions de francs par an, soit 20 centimes l'unité. Ce coût,
répercuté par les fabricants et distributeurs sur le prix de vente, occasionnerait une
dépense de 1OFrs par an et par famille.