Les Amis du musée d'art religieux et d'art mosan.

 

 

Vierge à la donatrice et sainte Marie-Madeleine

 

Bruxelles (?), attribué au Maître de Sainte-Gudule, vers 1475.

Huile sur bois. Dimensions : 56 x 49 cm (H x L).

Le tableau est divisé en trois espaces successifs. La scène principale occupe le premier plan, pièce ouverte sur l'extérieur par une triple baie cintrée reposant sur deux colonnettes de marbre. Une lumière égale y éclaire la Vierge assise portant l'Entant, sainte Marie-Madeleine debout et la donatrice agenouillée devant un prie-Dieu sur lequel repose un missel enluminé ; le lien moral entre celle-ci et le groupe marial est concrétisé par un rosaire que l'Enfant espiègle saisit des deux mains. L'espace suivant se découvre au-delà de la baie ; c'est une agréable échappée, agrémentée de jardins en plates-bandes, que le peintre ménage à la fois pour l'œil et pour l'esprit ; ce jardin délicat et poétique semble en effet conçu comme une transition entre l'espace sacré du premier plan et celui tout profane que l'on découvre par delà le muret crénelé. Y prennent appui trois personnages élégamment vêtus qui contemplent le paysage, englobant sur la gauche une ville portuaire cernée de murailles, à droite des rochers déchiquetés, et entre les deux un bras de mer sillonné de quelques nefs. L'héritage eyckien est dominant dans cette composition : c'est en effet la Vierge au chancelier Rolin qui l'a inspirée par l'intermédiaire d'une œuvre de van der Weyden, représentant saint Luc peignant la Vierge. Cet héritage se perçoit également dans ces valeurs picturales que portèrent à leur perfection les maîtres flamands à partir de van Eyck : le sens de la matière (brocart de la robe de la Vierge, velours de Venise du dais, fourrure de la robe de la donatrice) celui des coloris (les gammes de rouge carmin de la robe de sainte Mane- Madeleine), l'émerveillement qui naît de chacun des détails. Mais le Maître anonyme auquel on attribue outre ce tableau, plusieurs œuvres dans lesquelles se reconnaissent des monuments de Bruxelles (d'où son pseudonyme de Maitre de Sainte-Gudule), ne nous montre plus uniquement une vérité poétique dans le recueillement mystique de van Eyck.Il imprègne sa composition de formes de vie nouvelles, à travers une recherche d expression, de dynamisme et d'espace, tendances qui annoncent un important changement de la tradition picturale flamande vers 1480.

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Réalisation : Fabrice MULLER.
Dernière modification : 4-02-2002 .