Lucien Marcotte
le clitoris cardiaque
et autres poésies
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À quatorze ans, j'entrevois maintenant le sexe d'un autre angle : callipygien ! Rabroué constamment pour mes Poésies masculino-juvéniles, mes nouveaux poèmes feront vite hausser le lecteur malavisé. Il m'apparaît opportun et légitime d'initier mon vocable aux poètes purs, non ceux qui bandent par amour d'auto-baise-estime, mais évidemment ces quelques Ducasse, Rimbaud ou Vanier que j'estime. Le clitoris cardiaque est une allocution certes naïve - mon pucelage le corrobore -, mais la conception naïve est la seule, me semble-t-il, qui puisse véritablement mettre à jour l'émotion, la musique et l'authenticité pures. De suite, ce site n'aura rien d'élaboré, en somme il se maintiendra en une unique page. Que ceux s'érectionnant pour le complexe quintessencié aillent se faire des phalanges ailleurs. |
Le clitoris cardiaque recueil * Découillement d'un dieu d'ailleurs Crânes diptères |
Pour m'écrire, faites-le.
Découillement d'un dieu d'ailleurs
À la mémoire de Pascal PAN
et à l’avenir de Landry
Il lui poussait des ongles aux pubis nasaux
- Paradoxe délicieux d’une querelle phalangienne -
Paix à lui qui ne crût jamais en l’ ôlam
Il éternisera, les appendices couvés d’équerres,
Tellement soudées qu’elles se maintiendront comme un juif emmuré :
" Yiddish habite un wagon hystérique ! pleureront ses larmes. "
[ Desservies sous les griffes - digitales - de Massada
(Forteresse de ces psychoses - agréables -)
Abrégées - quand l’esprit-serf ne fut qu’un pied de roi -
(Jardins - têtus - de ces schismes ferroviaires)
Colmatées par - le papier (peint) ganté - des filets à Reich
(Icône limite - de ces " grenades sapientielles " - ) ]
Il lui germera peut-être des ongles à la main et au pied
Vérole qui, à jamais, - dans l’asymétrie d’un gel nerveux -
Embaumera sa transe d’une herbe sucrée et belle
14 novembre 2000
La solitude est la seule forme
de solidarité dont l'écriture soit capable.
Maurice G. Dantec
Sous l’édredon des métaux le couvant
L’insecte de ses yeux ricane dûment
Dûment fielleux, comme au menhir peau
Où l’être homogène se multiplie à souhait ;
Son nombril naît chaque mois
Lorsque le cœur s’épluche l’épaule
Saturant ses ailerons de gourmandises incestueuses et avariées ;
Rien de plus psychotrope que leurs couches
Chacune regorgeant de bambins hérissés
De cailloux si molasses qu’ils goûtent le miel,
D’une armée d’intestins d’oiseaux, picorés en octogones,
De ces filles qui camouflent leur hymen d’un saint-bernard ;
Je parle à l’invertébré en battant des mains
À la manière des dictateurs en érection
Qui voient en leur paume la métaphore des moins dignes
Comme si le sperme se comparaît à de la cyprine christique...
Comme si le poing fermé pouvait débattre des ongles...
Rien n’est plus beau alors qu’un insecte aussi obtus !
Il faut croire l’indigne étoffe qui vous chauffe
Cerclant vos sexes-têtes
Lorsqu’en ces trous de nylon ainsi je vous déduis
L’appel des larves trans-nues :
" Ma mère n’a plus au foie qu’un fatras de sucs
Diégétifs, si peu épithètes,
Et l’arcade sourcilière fêlée jusqu’à l’extase facile
Un peu la plainte d’un agrégat d’asexués ! "
Il m’arrivait de l’aimer comme on aime une folle
(c’est-à-dire en rotant pour camoufler le bruit des fenêtres)
Mais aujourd’hui elle est belle mon nœud premier
Avec à la tête les quatre cent millions d’atomes d’une mouche cuivrée,
Libérée de mon flux par l’excitation précoce d’un calcul honnête :
Une joie circoncise est l’estuaire d’un sang poilu.
À ma virginité
"J'ai un projet, devenir fou"
Dostoïevski
Remerciements
Un orphelin ne peut dire merci faute d'une poitrine maternelle à injurier.
*
Je voue un culte à mon pénis pour l'unique raison qu'il pue parfois par ma seule faute.
******
Amour quiescent
La pureté, en mon état cardiaque constipé,
N'est qu'une légende sous l'icône d'un mythe
Rien du tout, donc, balivernes feignant la phtisie !
L'ordre de mes tripes est parisien, présomptueux,
Clôturé par les pierres charbonneuses du mal
Maladie d'alcool et d'altitude coulante
Maladie des phallus qui singent les gibets
Maladie des prépuces qui lisent nos mains :
" Quarantaine idiote en tes lignes barbelées "
J'achète aux comptoirs un goulag cacochyme
Et accoutume le désespoir à la rémission lactée
L'odeur des hormones mouille ma nuisance
Les biceps de ma fidélité gonflent dépareillés
Je capte les ondes d'une émission sarrasine
Harem, sérail, gynécée... va chier, quidam abstrait !
Va chier aussi, maladie incurable des mites à Darwin !
Je préfère mon cancer aux baises de nos aristocrates
Comme le lépreux fuit le toucher de la cyprine acidulée.
Conne moquerie d'une époque sensible, va !
**************
Sexe alité
Mon pathétisme se transmet les nuits de viol
dans la courbure de mon membre raide
J'intercepte alors l'écho de la cotissure voisine
celle des vessies interpellées par l'excroissance d'un demi-ton
L'ombre saccadée sur ma cuisse dans l'épanchement
ombrage derechef mes déraisons inchoatives
Mes orteils coiffés comme des naïades schizophrènes
camouflent les ingrédients napiformes de ma gorge viscérale
Vous eûtes versé vos entrailles dilapidées
pourtant ma plante tiède se tourmente sur le taraudage
Tu concoctais naïve tes saveurs synthétiques
alchimie d'une gargamelle au doigt d'isotope
*************
Pa poum
aux faibles
Fidèlement, il m'arrive de tousser si fort
Qu'un drame commun me perce la poitrine
Une image plutôt idolâtre se confond
Avec la maladie des faibles dirons-nous
Pourtant, pourtant, si belle semble-t-elle
Sous les pendaisons d'organes qu'elles obsèquent
Un cœur en courroux se fendille la veine
Pour dragonner un brasier musical
Pa poum, pa poum, pa poum, pa poum,
Stéréo des fidèles du dancing solitaire
Eh ! toi ! Oui, chantonne un instant
Histoire de me raconter quelques amours !
Ici tournoie le pathétisme hagard d'un artriste
Innocence fendillée par quelque trottoir nu
Et Bacchus qui urine à même ma vessie
Et les putes qui se masturbent dans leur tombe
Histoire de me narguer, défuntes amours !
Pa poum, pa poum, pa poum, pa poum,
Entendrais-je le nez sur le tien, pa poum,
Mais pa poum est la balle qui m'effondre
La corde qui frotte dans le cul de la Mort
Ces pulsions létales de l'arsenic en canne
Eh ! toi ! Oui, enterre-moi un instant
Histoire de couver ce sein mosaïque
Que tu exposes les jours d'abattement.
Pa poum, pa poum, pa... rdon, je t'aime, hélas !
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Mortel arbuste
à Victor Hugo ( !)
L'œil de la vache s'écarte en chacun des dévots
Tributaire conscient du fascisme dorloté
D'un cadran terreux vautré sous l'aiguille
Pincement marqueur du chromosome fidèle
Alléluia morbide d'une sainteté icône d'un flic
Policemen mandaté par l'ouïe à l'abandon teint
Botaniste chloroforme des semences d'Olympio
VH ! VH ! VH ! Mélopée des moins que nous
Le garde mou des escaliers de l'Enfer
Tombez, imbéciles couvertures des masses pesées !
Un arbre, certes, apprivoisé par le vice naturel.
Écorce mortifiée, jambe aux abois !
Le suicide a ses effets qui pédophilisent Dieu.
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Poèmes aériens
Une énorme prédominance du riz dans
l'alimentation pousse à l'emploi de l'opium
et des narcotiques, de même qu'une énorme
prédominance des pommes de terre à l'alcool.
Nietzsche
I
Ne point garnir sa liqueur d'une litote
C'est échapper à l'huile un oreiller d'aigreur.
Pourtant, la saleté elle-même témoin
Scande partout le cri que les îles fruitières
Ne devinent en rien le pouvoir du rocher.
Une pierre triangulaire au derrière du fourneau
Camoufle souvent le devant d'un fanal.
Ah ! lumière d'omission ! Tu craches au toit
Puis, le nez dans les aisselles, oh ! lumière !
Tu avales la tempérance du genre pied.
Mais, toutefois, sur le crachat te scandant
Se tiennent piédestales les faveurs de vos Muses :
Doigtée, tabloïd, sac à merde et le pouce gauche...
Les minutes se taisent dans l'attention
De vomir au destin une cage de palmiers
Renfermant un trottoir de mendiants nyctalopes.
II
Il n'importe guère le rondelet sain
Le bel estomac bondé par les fleurs ;
Ces filles nues d'uniformes oléagineux
Arrosent extrinsèquement à nos salives
Le pourtour de la bouche de rebuts viciés.
La viande jappe
Le légume réfléchit
Le vin s'équationne
Les passagers diarrhéeisent
Vivat l'Afrique et son tiers !
Car on y mange peu, mais toujours avec bonheur.
****************
Pourrie pomme
J'ai chié une pomme en mangeant un enfant
N'importe, préférence aux fruits !
En Chine, on jette les chérubins
Faute de pommade made in vitraux
Cette pomme, rouge d'abord, bleue jadis
A quelque temps dormi à même ma femme
Enterrée sous sa croûte crânienne
Elle a gémi, la pauvre, la bâtarde,
Tandis que je la nourrissais d'une fiente
Le tic habituel de nos corps vidéos
Idiote ! Va chinier, bridée conne !
Et ne chie qu'en présence d'une pomme
Histoire de pourrir ma honte maritale.
*************
Érection
Sauf l'envie diablotin qui guerroie en Ukraine
Nous pûmes, mes lenteurs mentales, voir s'étouffer
De pures étoffes émoussées perdues en vos aigreurs
Un peu d'amidon au fond d'un livre à feuillages squelettiques
Nous prîmes, mes douceurs digitales, nos abois honteux
Pour, en soufflant frais sur ces chauds rivages épidermiques,
Causer en de justes et pâles orgueils masculins
Ce filament tordu qui fermente le cul du ventre
Poussière s'unissant à l'octave d'oxygène
Perdition s'amollissant au toucher des tricheries mammaires
Pantoufle en laine vaginale et aux aiguilles de plomb
Encore faudrait-il que nous eûmes terni ce coloris verni
Qui coulait de cuisse en pubis sur votre torpeur légitime
Chasteté intègre d'une féminité disparate.
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Exemption cutanée
Quand le soleil éternua dans les nuées blanches de mon nombril
je crus, sans même battre de l'œil, apercevoir un hideux insecte
C'était la femme, sans teint ni teinture, homologuée aux noceurs
Un sein lui pendait à l'oreille de ses petites lèvres
L'autre éjaculait quelques gouttes de fèces végétales
" Tu as joui, chéri ? "
Le verbe jouir devrait être exempté de participe passé
" Moi non ! "
La femme devrait être exemptée d'éloquence à la débandade
quand l'homme s'évertue à sentir la langue du bétail.
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Xanthocéphale
Ils ont tous une scie à même les testicules
Suffit d'une baise et l'héroïne hoquette
Elles ont toutes une main à même la poitrine
Suffit d'une bosse et l'opium viole l'encens
J'ai à la fois une scie et une main
Histoire de faire chanter les cons
Bander les mouches à marbre rose
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Grosse-de-fonte
En grattant une gale sur mon genou
Je fis expulser double ration de mercure
(Soif tanière d'un donjon ombragé
Petit soupir de sang pour vétérinaires éclopés)
Sans doute le sparadrap honteux de la maternité
N'aurait de baume que la mouillure de son sein
Encore qu'une mamelle fasse phobique utérin ;
Commettez donc, village plaqué à la fertile boue,
Ce doigt d'honneur à l'anus de vos blessures
Vous en serez bénis comme je transvase du sang
Sur le clitoris haché de la nymphomanie.
*****
Pour m'écrire, faites-le.


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