Beaufour - atlas d'imagerie gynécologique  
 
Le cancer du col utérin
Bilan d'extension du cancer du col:
Introduction 

 
Le col utérin est un organe facile à explorer cliniquement. Le toucher, l'examen au speculum et la colposcopie apportent une masse considérable d'informations très précises. Ces performances, malheureusement, ne concernent que la portion intravaginale. Or, les cancers infiltrants se développent volontiers aux dépens de la portion dite supra-vaginale et vont mordre, une fois franchie la frontière du col, sur le tissu cellulaire pelvien. Le toucher (les touchers : ne jamais négliger le toucher rectal qui donne sur le col et les paramètres plus d'informations que le toucher vaginal) devient le seul mode d'appréciation : les erreurs sont très nombreuses même pour les opérateurs expérimentés.

Il est hors de question de traiter un cancer du col utérin sans avoir recours à l'imagerie pour en préciser les dimensions, le mode de développement et l'extension. Depuis des décennies, les instances qui promulguent les règles de la classification des cancers du col exigent l'urographie intraveineuse (pour évaluer le trajet intra-ligamentaire des uretères), et la cystoscopie (pour évaluer le trigone vésical). Ces informations basiques restent indispensables mais on se doit, aujourd'hui, d'être plus exigeant si on veut faire un traitement sur mesure.

Nous n'entrerons pas ici dans les querelles concernant les modalités du traitement du cancer invasif du col utérin. On peut les résumer en disant que jusqu'à un certain degré d'évolution le traitement chirurgical représente la solution la plus économique. Mais à partir d'un certain degré d'évolution les traitements combinés s'imposent. C'est sur ce point que portent les querelles. Les uns cessent d'opérer dès que le cancer n'est plus un cancer micro-invasif. Les autres opèrent... tout. Quelles que soient les options prises, on a besoin d'évaluer avec précision la lésion aussi bien pour poser les contre-indications opératoires que pour fixer, dans le cas où on décide d'irradier, les modalités de la radiothérapie.

Pour l'évaluation du volume tumoral et de l'extension dite loco-régionale, l'échographie est encore à l'âge des promesses (c'est l'échographie endorectale qui est la plus informative et sa pratique n'est pas encore vraiment entrée dans les moeurs des radio-gynécologues). La tomodensitométrie en est déjà à l'âge des illusions déçues. L'IRM est au-devant de la scène. Les images montrées prouvent que ce succès est justifié.

Pour l'évaluation des ganglions satellites, la " vieille " lymphographie est généralement considérée comme désuète et beaucoup de radiologues disent lui préférer la tomodensitométrie. Cette dernière est peut-être plus performante au niveau des ganglions de la région pré-rachidienne. Mais c'est au niveau du pelvis que se pose avant tout le problème. Et la lymphographie, qui demande au radiologue un investissement personnel plus important, reste la moins mauvaise des méthodes, même si elle n'est pas parfaite (les ganglions situés hors du courant qui draine la circulation des membres inférieurs ne sont pas imprégnés et les micro-métastases échappent). L'atlas lui fait la part belle.

La toute-puissance de l'image est actuellement menacée par l'endoscopie pour ce qui concerne en tout cas l'évaluation des ganglions lymphatiques. Longtemps cantonnée à l'exploration de la cavité péritonéale, la cœlioscopie étend aujourd'hui son domaine aux espaces rétro-péritonéaux et spécialement à l'espace pelvi-sous-péritonéal (mais l'espace rétro-péritonéal pré-rachidien, lui non plus, ne fait pas peur aux audacieux). L'atlas mentionne les prouesses d'aujourd'hui qui seront, sans doute, la pratique quotidienne de demain.

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