J'ai découvert l'automutilation que récemment.
Cela consiste d'une manière ou d'une autre, à se faire mal, à s'infliger des douleurs, physique, psychologique...
Il y en a qui se coupe, au cutter, au couteau, se fouette, se brule, se fait saigner, gratte les croutes pour ne pas que la blessure guérisse.
L'automutilation, ça a commencé quand en me grattant, j'ai saigné, puis j'ai vu que j'en étais heureuse, j'exibais ma blessure, miroir de mes blessures interieures
Une fois, moi qui déteste l'alcool, toute seule, je me suis mise à picoler et à parler toute seule et raconter des bétises et des gros mots.
L'automutilation passe aussi par ces phases de boulimie-anorexie, ces envies de m'affamer et de devenir un squelette et ces moments où je mange trop à vouloir me faire vomir.
Dans ces moments là, j'ai envie de me ratatiner, oublier tout, redevenir petite et sans forme, ne plus etre la salope qu'on m'a fait devenir, ne plus sentir ce corps souffrir, ne plus sentir cette part de feminité en moi qui a fait qu'on a tant abusé de moi!
Avant, je me cognais la tete contre les murs (au collège)
Je me tire les cheveux, me met des gifles, me mords.
J'ai laissé ma main sous l'eau bouillante, j'aimais me faire mal, et j'ai pris une fourchette et j'ai donné des coups dans
la main à en saigner...
je me brule parfois les poignées et je me coupe au rasoir!
la vue du sang me soulage!
je veux que ça laisse des traces.
Il y a aussi d'autres symptomes:
la tricchotillomanie
C'est une manie assez bizarre , qui au début est celle de s'arracher les cheveux.
Pour ma part, depuis toute petite, je m'arrache les sourcils, les poils des jambes, des bras, tout ce qui peut s'arracher.
Mes parents ont toujours cru que je le faisais en dormant. j'en avais honte. Je pensais qu'on me traiterait de folle à cause de cela, mais je me suis rendue compte que je n'étais pas la seule.
http://www.automutilation.org
Tout cela pour vous dire que l'automutilation n'est pas un acte de sadomasochisme mais le miroir d'une souffrance bien reelle et interieure...
quand la parole ne peut pas se faire, ou qu'on ne nous entends pas, nous faire mal nous permet de faire sortir cette souffrance. C'est un exutoire , une manière de dire aux autres ou à soi que l'on souffre...
cet acte est souvent très mal compris à cause de sa violence.
Personnellement, je me dis que je prefère faire cela que de devenir folle, en gardant toute ma souffrance en moi.
C'est une sorte d'appel au secours, mais un appel dont on a honte aussi.
On a envie que cela se voit, mais en meme temps, on se dit que les gens vont nous croire fou.
Notre corps violenté parle pour nous, car la violence de l'inceste est une violence qui ne se voit pas.