Il y a huit mois, l'Amérique centrale était durement frappée par un cyclone qui a laissé la région exsangue.
Ce pays a été dévasté en quelques jours, perdant les deux tiers de sa production agricole. Comment le Honduras essaie-t-il aujourd'hui de s'en sortir ?
Rappel des faits : Du 26 au 31 octobre 1998, le cyclone Mitch déferle sur l'Amérique centrale, dévastant le Honduras, une partie du Nicaragua et causant d'importants dégâts au Salvador et au Guatemala. On dénombrera plus de 26 000 morts et 2,4 millions de sans-abri. Les dégâts sont évalués à plus de 5 milliards de dollars. Le seul Honduras accuse près de 6 000 morts et 8 000 disparus et la destruction de 70 % de sa production agricole, en particulier les plantations de bananes et de café, ses principales sources de devises.
Le jour se lève tôt à Tegucigalpa. · 6 heures, la ville commence à s'agiter. Du haut du Picacho, un Christ géant regarde le nuage de pollution qui s'étend déjà sur la ville blessée. Tout de suite, la poussière saisit la gorge, brûle les yeux. Les quelques gouttes qui tombent chaque jour sur la ville sont encore trop fines pour plaquer au sol la terre ocre rouge, souvenir de Mitch, qui couvre les murs, les toits, les cours ou les bords de rivière de la capitale du Honduras. La moitié de la prison, construite comme bon nombre d'édifices de Tegucigalpa, en briques d'" adobe " (terre mêlée à de la paille et séchée au soleil), est partie au fil de l'eau : le quartier populaire de la Olla, tout proche, a pratiquement disparu et avec lui une partie de la vie nocturne, bars et bordels.
Les passants se sont lassés du spectacle de plage dévastée qu'offre le lit de la rivière. Ils traversent, indifférents, le pont séparant le centre de Tegucigalpa et le quartier du marché de Comayagüela. Une femme se traîne, sans force, serrant dans ses bras un bébé décharné. Trois étrangers en short, nord-américains sans doute, s'accroupissent, l'une des femmes met la main sur le front de la mendiante, la seconde lui saisit une main et l'homme l'autre. · genoux, ils prient. Et s'en vont. Personne ne s'étonne. Ici la Lumière du monde, l'Eglise du Christ, les Témoins de Jehovah, l'Eglise pentecostale et bien d'autres sectes sévissent au milieu de la misère, prêchant sur les places, grondant contre les pécheurs, hurlant la venue du Messie et prédisant le châtiment.
[...] Plus de six mois après le passage de Mitch, qui l'a mis à plat, le Honduras tente, laborieusement, de se relever. Dans les esprits, le traumatisme est toujours là. Les sinistrés, pour la plupart, le sont encore. L'aide internationale, si elle apporte un peu de baume, reste loin des besoins. Le cyclone a frappé l'un des pays les plus pauvres de la planète. Le décompte, officiel, des morts (5 657), des disparus (8 052), des sans-abri (427 138), des sinistrés (1,9 million) est établi ; le contrecoup économique et social, lui, n'a pas fini de se faire sentir...
Ndlr : Ceci n'est pas sans rappeler que La Watchtower a été longtemps affiliée à l'ONU en tant qu'ONG, qu'elle a signé la Charte des Nations Unies alors qu'elle condamne cette organisation dans toutes ses publications et qu'elle la qualifie d'instrument du diable. Mais comme une ONG peut intervenir dans les pays en état de détresse, ceci explique cela...
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