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BIKUTSI:
Les vibrations de la forêt.
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Traduit de la langue Ekang vers le français, BIKUTSI signifie Frappons le sol.
Ce rythme ancien était à l'origine joué par un orchestre de Mendzan ( prononcez: meu-ndzan), balafon.
Il embrasse et conquiert l'univers de la guitare électro-acoustique grâce aux talents de MESSI martin dans les années 70. Ce grand monsieur du chant et de la guitare solo parfume les manifestations festives du triangle camerounais de sons sortis de la forêt équatoriale.Avec Gabari Jean,à la rythmique, ils ont trouvé l'astuce qui donne à la guitare le son sec, tropical, du mendzan. Un bout d'étoffe entre le chevalet et les crins fera à merveille l'affaire. En début des années 80, le groupe mythique des Vétérans d'Ongola reprend le flambeau du BIKUTSI et distille des mélodies envoûtantes dans les bars et cabarets du Cameroun. Leur album à succès Man onon (petit oiseau), conquiert nos esprits de jeunes gens, grâce à une cadence et des paroles qui nous entraînent de façon irrésistible vers les pistes de danse. Après ce gros rai lumineux des vétérans, MBARGA SOUKOUSS compose un véritable chef-d'œuvre avec son album Essamba. La musique est harmonieuse, les paroles, un brin provocant. Avec MBARGA Soukous, le tison du BIKUTSI enflamme la forêt musicale du triangle camerounais. La révolution se produit en 1985, grâce à un jeune homme de 25 ans, EPEME Zoa, alias ZANZIBAR. Virtuose de la guitare, il produit des sons inédits et des mélodies qui placent le BIKUTSI sur les cimes de la musique africaine. Il faut noter que ce jeune homme a déjà pris le temps d'aguérir sa culture musicale béti auprès de chanteurs comme Ange Ebogo, habitant alors sans souci les différentes cadences de ce vaste monde: le Koué, l'Essani, l'Ozila, l'Assiko, l'Ekang et autres. Son groupe musical, les têtes brûlées parcourt le monde et révèle toute la chaleur et la richesse de ce rythme de la forêt. Parti trop tôt rejoindre les ancêtres à l'âge de 27 ans, Zanzibar a semé une graine dont les fruits, succulents, se dégustent aujourd'hui encore. Une étoile nommée Sissy DIPOKO fera une apparition courte mais remarquée dans l'univers du Bikutsi. Son album Munam reste dans les mémoires pour la qualité de l'oeuvre. Pendant quelques années, le BIKUTSI se noie au fond de la rivière, jusqu'à l'arrivée d'un jeune homme audacieux et travailleur, FAM NDZENGUE. Il revient aux sources du genre, grâce à un rythme chaloupé, et des paroles pleines de sagesse. Véritable conteur du monde Ekang, Small no be seek (c'est son surnom) produit des albums de qualité et une musique qu'on ne se lasse d'écouter. Cet autre grand homme du BIKUTSI s'en est également allé bien trop tôt; cependant, son travail sérieux et cohérent a ouvert une voie que d'autres suivront sans doute. Actuellement, la scène du BIKUTSI est occupée par un guitariste au talent fou, ATINI, alias TINO BAROOZZA. " Yacoab" qui signifie Jacques, est natif de Yaoundé, à quelques pas d'Etoudi, le village d'un certain Yannick, Noah Bikié comme on l'appelle là-bas. Atini a la chance, à près de trente-huit ans, de savoir que ce qu'on désigne aujourd'hui sous le nom de BIKUTSI est devenu l'appelation générique de plusieurs tempos que les jeunes citadins ignorent. Intelligent, travailleur, d'un abord très aisé, TINO est devenu le meilleur créateur de BIKUTSI. Ses albums, deux jusqu'ici, s'arrachent à Yaoundé et environs. TINO s'est mis au Jazz et nous promet un BIKUTSI plus caméléon que jamais. Ses doigts crachent un venin qui envahit le corps à une vitesse foudroyante. Celui là a l'étoffe du génie et nous pouvons dire que ZANZIBAR aurait trouvé en TINO un partenaire idéal pour des voyages exaltants au pays des notes qui se suivent, se croisent et produisent des mélodies rares et inoubliables. Nous ne saurons clore ces quelques lignes sans parler des poètes du BIKUTSI que sont OTTOU Marcellin et Cyril EFFALA. OTTOU est l'égal du Gabonais Pierre Claver ZENG. Le recipiendaire de la tradition des aèdes que la littérature du MVET a si bien magnifiée.Sa collaboration avec le musicien Oliver SHANTI, la première opportunité réelle de partager ses qualités avec le public mondial, a été remarquée par Claude CHALLE, le premier DJ parisien. ONON MVENG, l'oiseau-pluie, est une chanson qui répand les effluves d'un chanteur-ensorceleur. OTTOU attend le producteur qui saura servir aux oreilles exigeantes le nectar des bois que seuls les Camerounais connaissent jusqu'ici. Cyril EFFALA, " Monsieur l'abbé" est quant à lui une particularité saisissante. Féru de poésie, ce fils de professeurs de lettres, frère de l'écrivain Gaston-Paul EFFA, tresse les mots, les idées, les notes l'air de ne pas y toucher. Son humanisme est celui des grands brûlés.Cyril EFFALA explore le vécu humain le scalpel très amoureux de l'homme. Avec eux, ce n'est pas le sol que vous faites vibrer, leur rayon à eux est celui de la langue, la langue maîtrisée, la langue désossée, la langue apprivoisée. Leur boulot à eux est de faire vibrer notre matière grise. Grâce à tous ces seigneurs de la forêt, MESSI, EPEME, MBARGA, TINO, OTTOU, EFFALA…, le BIKUTSI réalise l'union du corps et de l'esprit par la danse et le verbe. |
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