1. GENERALITES
1.
1. Mucoviscidose
1.
1. 1. Présentation générale
La mucoviscidose, ou fibrose kystique du pancréas, est la plus fréquente
des maladies autosomiques récessives graves des populations d’origine
européenne aux phénotypes très divers. Les mutations du gène de la
mucoviscidose entraînent des dysfonctionnements d’une protéine appelée
Cystic Fibrosis Transmembrane conductance Regulator (CFTR) située au niveau du
chromosome 7.
Toutes ses fonctions ne sont pas encore bien déterminées : elle
serait utile au passage des ions à travers les épithéliums, au transport de
substrats, à la régulation de sécrétion de protéines, à la défense contre
l’infection,…. Les organes touchés ont tous du tissu épithélial, siège de
transports hydroélectriques : glandes sudoripares, poumons, intestin, pancréas,
vésicule biliaire, glandes salivaires, organes reproducteurs, sphère ORL (7).
En France, la médiane de survie était de 29,6 ans en 1999 et le nombre de patients vivants atteints était
estimé entre 5000 à 6000 en 2001 (14).
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1. 2. Atteinte pulmonaire
Elle est responsable de plus de 90 % de la mortalité
et de la morbidité.
A la naissance, les poumons sont normaux. Puis une
dégradation pulmonaire s’installe suivant différentes étapes (1, 7) :
-
hyperabsorption active
de sodium favorisant l’absorption de sel et d’eau, d’où défaut de sécrétion et
même hyperabsorption passive de chlore,
-
déshydratation du
liquide de surface, le surfactant, et modification des propriétés rhéologiques
du mucus,
-
altération de la
clairance par diminution de la phase aqueuse,
-
infections broncho-pulmonaires
répétées entraînant une inflammation secondaire. Notons que l’inflammation,
conséquence directe des mutations, pourrait précéder l’infection.
-
destruction du tissu
broncho-pulmonaire,
-
insuffisance respiratoire
(stade ultime) amenant au décès si aucune transplantation n’est réalisée.
1.
2. Centres de Ressources et de Compétences de la Mucoviscidose
(CRCM)
1. 2.
1. Présentation théorique
A partir de 2001, pour une meilleure organisation des soins au bénéfice
des patients mucoviscidosiques, des réseaux de professionnels de différents
corps médicaux et paramédicaux ont été mis en place sous la responsabilité de
CRCM en milieu hospitalier (10). Les patients y sont suivis au moins quatre
fois par an (14).
Dès le début de l’année 2002, le dépistage néonatal est généralisé progressivement
à l’ensemble du territoire national, par le test de la sueur qui permet la
prise en charge précoce de cette maladie évolutive afin de diminuer la
morbidité, de prendre en charge les troubles nutritionnels et d’améliorer la
fonction respiratoire dans les premières années de vie (14).
Il existe trois types de CRCM (Annexe 1) :
- 22 CRCM pédiatriques,
- 15 CRCM adultes,
- 13 CRCM mixtes.
Notons toutefois que certains patients, après l’âge de 15 ans et 3 mois,
continuent à être suivis dans les centres pédiatriques.
1. 2.
2. Pourquoi avons-nous contacté les CRCM ?
Tous les patients mucoviscidosiques de France ne sont pas suivis dans les
CRCM, mais ces derniers étant répartis sur tout le territoire, ils nous ont
semblés représentatifs des thérapeutiques actuellement proposées (Annexe I).
1.
3. Ventilation à Percussions Intrapulmonaires (VPI)
La VPI est une technique de
traitement des pathologies respiratoires obstructives et/ou restrictives
majeures. De nombreux appareils sont présents sur le marché (Fig. 1).
Figure
1 : un type d’appareil de VPI, le BREAS IMP2.
Elle permet d’administrer de façon continue
des débits d’air pulsés, par un circuit respiratoire ouvert en continu, composé
d’un Phasitron® (Fig. 2) couplé à un jet nébuliseur réalisant un aérosol et
instaurant une pression positive (4).
Lors de la phase inspiratoire, le Phasitron®
va transformer de petits volumes à haute pression en plus gros volumes à basse
pression enrichis de substances aérosolisées. Lors de la phase expiratoire, il
y a sortie rapide de l’air en provenance des poumons. Le tout sans provoquer ni
de surcharge cardiaque, ni d’augmentation importante de la capacité résiduelle
fonctionnelle et en respectant la physiologie des pressions intrapulmonaires
(5).
Figure
2 : Phasitron® Duo™ -
A50007-10
Les sept buts théoriques de la VPI sont
(19) :
- la mobilisation des sécrétions pulmonaires et
modification de leurs propriétés rhéologiques,
- le recrutement des territoires pulmonaires
perfusés mais non ventilés,
- l’amélioration des échanges gazeux,
- le travail de la compliance
thoraco-pulmonaire,
- l’action sur les trois circulations (bronchique,
pulmonaire et lymphatique),
- la limitation de la ventilation
préférentielle,
- la lutte contre l’autopeep (interruption précoce
de l’expiration).
Il semblerait
que la VPI ait aussi un rôle indirect de prévention des infections par
traitement au long cours (3, 9).
Notons cependant qu’aucun critère ne
permet de prédire les réponses cliniques (17).
Sa contre-indication absolue est le
pneumothorax non drainé ; ces contre-indications relatives restent le
syndrome de Lyell, l’hémorragie pulmonaire et l’hémoptysie (19, 4), les
troubles de la crase sanguine et le traitement anticoagulant à dose
hypocoagulante (17).
2. TRAITEMENTS DE LA MUCOVISCIDOSE
2. 1. Au
niveau médicamenteux
Les prescriptions médicales peuvent
porter sur les fluidifiants, les broncho-dilatateurs, les anti-inflammatoires, les
antibiotiques, les anti-reflux, l’insuline. Des compléments vitaminiques et
alimentaires peuvent être proposés, ainsi qu’une oxygénothérapie ou bien encore
une ventilation non invasive (VNI).
2. 2. Au
niveau orthopédique
Les objectifs
masso-kinésithérapiques sont : la lutte contre les déformations
thoraciques et l’amyotrophie généralisée, la conservation de la mobilité
costale et de la tonicité.
2. 3. Au
niveau respiratoire
Les techniques
masso-kinésithérapiques sont : les modulations de volumes et de débits
pulmonaires comprenant le Drainage Autogène (DA), L’Expiration Lente Totale à Glotte
Ouverte en infra Latéral (ELTGOL), l’Augmentation du Flux Expiratoire (AFE)
lente ou rapide, l’Expiration Lente Prolongée (ELPr), L’Exercice à Dédit
Inspiratoire Contrôlé (EDIC).
Les différents types de toux sont
aussi réalisables : réflexe, dirigée, provoquée, à haut ou bas volume
pulmonaire.
En cas d’hyperréactivité bronchique,
l’expiration à lèvres pincées ou bien encore le Flutter peuvent être utilisés
(18). Ce dernier favorisant aussi la clairance du mucus (2).
Des conseils d’hygiène de vie,
allant dans le sens de la protection pulmonaire, de la lutte contre la
surinfection bronchique et d’une autonomie pour certaines techniques de
désencombrement, sont aussi à fournir au patient.
Deux catégories de techniques instrumentales peuvent être
proposées :
- directement sur les
voies aériennes avec les Pressions Positives Continues (Bi PAP, CPAP, …),
les Pressions Positives Intermittentes inspiratoires (VPI, Bird, …) et les
Pressions Positives Intermittentes Expiratoires (Flutter, PEP Mask, …),
- indirectement par le
thorax avec les pressions barométriques (Chest vest, …) (18).
3. Matériel et méthode
3.
1. Matériel
Nous avons réalisé un questionnaire (Annexe II), destiné à l’ensemble des
CRCM de France, soit 50 centres contactés par téléphone (Annexe I). Le CRCM
adulte de Marseille en cours de création, n’a pas été consulté.
3.
2. Méthode
3. 2.
1. Personnes interrogées
Nous avons décidé de nous adresser en priorité aux Masseurs-Kinésithérapeutes
spécialisés en matière de mucoviscidose et de VPI, les mieux placés pour
répondre à nos questions. En l’absence de ces derniers, les médecins référents
ont été contactés. Les chiffres cités dans ce travail écrit sont donc donnés à
titre indicatif.
3. 2.
2. Questions posées en fonction de l’utilisation
Nous avons déterminé quatre groupes de CRCM en fonction de leurs
utilisations de la
VPI et nous
avons posé un certain nombre de questions à nos interlocuteurs.
Les quatre groupes sont :
- groupe 1 : les CRCM utilisant actuellement
la VPI avec certains patients, l’ayant arrêtée avec d’autres et ne l’ayant
jamais utilisée avec le reste des patients. Nous leur avons posé les questions
I, II, et III (sauf le premier item),
- groupe 2 : les CRCM suivant à la
fois des patients qui utilisent la VPI et d’autres qui ne l’ont encore jamais
utilisée. Les questions posées étaient la I et la III (sauf le premier item),
- groupe 3 : les CRCM dont les
patients ont, soit arrêté l’utilisation de la VPI, soit ne l’ont jamais commencée.
Ils ont répondu aux questions II et III (sauf le premier item),
- groupe 4 : les CRCM n’ayant aucun
patient utilisant la VPI. Ils ont seulement répondu à la question III (sauf le
deuxième item).