Le métro inattendu / Stations fantômes
   
 

 

 

1. LES STATIONS FERMÉES
Alors que le métro parisien est l'un des plus denses du monde, le réseau comporte également quelques stations qui ne figurent plus sur un plan habituel de métro. Et pourtant, certaines de ces stations ont reçu du public à une époque pas si lointaine. Effacées des cartes, elles n'en restent pas moins physiquement présentes et auréolées de tout leur mystère.
En cette rentrée de 1939, la France entrait en guerre. La mobilisation du personnel entraîna dès le 2 septembre 1939 la fermeture de plusieurs stations. Le métro fonctionnait alors en réseau réduit. À la Libération, toutes les stations ainsi fermées ne furent pas immédiatement rouvertes.
On décida d'abandonner l'exploitation de celles qui étaient considérées peu rentables ou trop proches d'arrêts voisin. Les stations Arsenal, Champ de Mars, Saint-Martin et Croix-Rouge sont les seules à ne pas avoir été rouvertes. D'autres stations fermées en 1939, comme Liège, Rennes ou Cluny, ont attendu longtemps avant d'être rouvertes à l'exploitation.

Arsenal (ligne 5)
La station est située entre Quai de la Râpée et Bastille. Autrefois, l'Arsenal était l'endroit où l'on fabriquait les canons, les armes et la poudre nécessaires à la défense de Paris. Aujourd'hui, ces mêmes locaux abritent une importante bibliothèque. En 1996, des salles ont été aménagées dans la station pour la formation des techniciens et ingénieurs en électricité.

Champ de Mars (ligne 8)
L'arrêt est situé entre La Motte Picquet - Grenelle et École Militaire. Ce grand terrain était utilisé comme champ de manoeuvre à la fin du 18ème siècle. Les expositions universelles de 1867, 1878, 1889, 1900 et 1937 s'y déroulèrent. Gustave Eiffel y construisit sa tour en 1889 à l'occasion de l'exposition de 1889.

Saint-Martin (ligne 8 et 9)
Entre Strasbourg - Saint-Denis et République, Saint-Martin fut la seule station à être rouverte à la Libération, avant d'être à nouveau fermée. La station, qui tire son nom d'un évêque de Tours, était une station phare : dans les années trente, jusqu'à 34 000 voyageurs par heure et par sens y transitaient sur la seule ligne 8 (les quais de la 9 n'étant ouverts qu'en 1933). Ce débit fut dépassé plus tard par le RER A. La proximité avec ses arrêts voisins a eu raison de son existence. Une exposition publicitaire y fut néanmoins organisée en 1950 pour vanter les espaces du métro et du bus comme support de réclames. On trouve toujours dans les couloirs d'anciennes publicité en faïence. Enfin, la station a servi pendant plusieurs années à héberger les sans-abris pendant les périodes hivernales. En 1999, la RATP a réhabilité la station en Espace Solidarité Insertion, géré par l'Armée du salut, afin d'aider les plus démunis à se réinsérer dans la société.

Croix-Rouge (ligne 10)
Localisée entre Sèvres-Babylone et Mabillon, cette station ne porte pas le nom de l'organisme de secours du même nom mais celui d'un carrefour où fut érigée une grande croix peinte en rouge par l'abbé Guillaume Briçonnet. Installée en 1514, elle fut enlevée en 1650. À cette station, on dénombrait une moyenne de... 400 voyageurs par jour en transit, soit la fréquentation la plus faible de tout le réseau ! Au début des années quatre-vingts, la RATP fit appel à un artiste pour y installer un aménagement original pour égayer la vision des voyageurs. La station a ainsi été décorée en plage, avec ses parasols, chaises longues et stands divers ! Peut-être l'illustration la plus parfaite du slogan "sous les pavés la plage" !

  2. LES STATIONS QUI N'ONT JAMAIS VU LE JOUR
Plus insolite, il existe également des stations qui n'ont jamais été ouvertes... Lors de leur construction, l'exploitant ne s'était d'ailleurs même pas donné la peine d'en construire les accès !

Haxo (voie des Fêtes)
Les stations Porte des Lilas (ligne 3) et Pré Saint-Gervais (ligne 7) auraient dû être reliées entre elles dans les années vingt. La ville de Paris soutenait cette idée, mais la CMP n'y voyait que des inconvénients et des résultats peu profitables. Les tunnels furent néanmoins construits et les voies posées. Une voie unique (surnommée "la voie des Fêtes") relie la Place des Fêtes à la Porte des Lilas et une station intermédiaire fut construite ("Haxo"). Pour le trafic dans le sens inverse, une autre voie a été construite en reliant directement Porte des Lilas à Pré Saint-Gervais sans station intermédiaire. Finalement, les deux lignes ne fusionnèrent jamais, et l'exploitant avait mis en place un système de navette entre Porte des Lilas et Pré Saint-Gervais. La station Haxo ne fut donc jamais desservie et ses accès depuis l'extérieur n'ont jamais été construits !

Porte Molitor (voie Murat)
Les lignes 9 et 10 sont reliées entre elles par la voie Murat (construite en 1923), baptisée ainsi du nom du boulevard sous lequel elle se trouve. Cette voie unique comporte une station à quai central destinée à l'origine à la desserte du Parc des Princes les jours de matchs. Les accès de cette station ("Porte Molitor") ne furent jamais construits, et les voies servent au garage des trains.