Le développement par un pays d'un programme spatial a souvent une portée plus militaire qu'économique, pour deux raisons: d'abord car les fusées sont en général extrapolées de missiles balistiques, ensuite car l'une des premières applications d'une capacité à lancer des satellites est l'espionnage. Le dernier exemple en date de ces deux réalités est la Corée du Nord. En effet, la probable tentative de lancement par ce pays d'un satellite est avant tout une démonstration de sa capacité à fabriquer des missiles à longue portée, ce qui inquiète les occidentaux.
Les numéros entres parenthèses sont des liens qui renvoient aux annexes situées à la fin du texte.
L'histoire de la Corée du Nord est celle d'un état stalinien (le dernier) et ultramilitariste. En 1945, la Corée, colonie japonaise avant-guerre, est occupée au sud par les Américains, au nord par l'Armée Rouge. Le nord devient la République Démocratique Populaire de Corée, qui s'oppose immédiatement à la Corée du Sud, pro-américaine. Kim Il-sung devient président de la R.D.P.C.. En 1950, la Corée du Nord attaque celle du Sud avec l'aval de Mao et Staline. Les USA et leurs alliés interviennent et impose au pays un embargo encore en vigueur. Les Nord-Coréens sont repoussés mais la Chine vole à leur secours et,en 1953, on revient, sans signer de traité, aux frontières de 1945 . Voir ici une animation résumant cette guerre. Depuis cette "guerre de Corée", les deux pays se font face en une guerre froide miniature.
La Russie a stoppé toute coopération militaire et technique en 1993, acceptant encore néanmoins de vendre du matériel d'occasion (40 sous-marins en 94, une nouvelle vente serait en question). L'armée de la R.D.P.C. est impressionnante par ses effectifs : 5 millions d'hommes, 3400 chars, 700 avions... Mais le matériel est totalement dépassé. Par exemple l'aviation s'appuie sur les MiG-15 (de la guerre de Corée), -17, -19, -21 et -23. (les liens renvoient au virtual aviation museum). Seule une poignée d'appareils (16 MiG-29) est de conception postérieure à 1970. Le transport repose sur 250 Antonov-2, biplan conçu en 1946! La Corée du Nord équivaut au Canada en population (28 millions d'habitants) et est inférieure au Luxembourg en puissance économique (P.N.B.: 12 milliards de $). Cliquez ici pour plus d'informations (bibliothèque du Congrès).
En face, la Corée du Sud est la 11° puissance industrielle du monde et bénéficie d'un large soutien américain. Le combat est bien inégal. Il semble que Kim jong-Il qui a succédé à Kim Il-Sung à sa mort en 1994, présente de sérieux problèmes psychologiques. Le pays a subi ces dernières années une terrible famine, où il y a eu 3 millions de morts. Mais elle semble à peu près terminée. La R.D.P.C. continue un énorme effort de guerre, la défense absorbant 26.8% (estimation) des rescources du pays, record mondial. Son idéologie officielle Juche vise à la création d'un puissant état communiste auto-suffisant, ce qui est possible grâce à la variété de minerais dont le pays dispose. Le pays vit dans un climat de censure, de manipulation idéologique, de purges. Il est plus fermé au monde extérieur que la RDA ne l'a jamais été.
La R.D.P.C. a quitté le traité de non-prolifération nucléaire en 1993. En 1995, des ingénieurs atomistes russes ont été arrêtés alors qu'ils s'embarquaient pour ce pays. Le pays possède une centrale Uranium Naturel-Graphite-Gaz (filière utilisée en France dans les années 50!) qui produit chaque année un peu plus de plutonium qu'il n'en faut pour fabriquer une bombe atomique du modèle standart de ce pays, de 50kt (2.5 fois Hiroshima). (1)
Mais il semble que le régime nord-coréen, étouffé par la situation économique (des famines énorme y ont eu lieu il y a quelques années, totalisant des centaines de milliers de morts, et le gouvernement a refusé toute aide extérieur), comprenne désormais que la situation n'est plus tenanble, qu'il finira par s'effondrer si elle perdure. Des pourparlers entre les eux corées ont commencés, et sur plusieurs points les deux gouvernements se sont entendus. Les familles divisés pourront être regroupées. Mais une réuniffication est très lointaine, et poserait d'énormes problèmes vu la différence de développement économique entre les deux corées. La Corée du nord serait prête à accepter de geler ses programmes de missiles et d'armes nucléaires contre la levée de l'embargo et une indemnité d'un milliard de dollars en trois ans. Début 2001, le pays a annoncé qu'il pourrait reprendre les essais, après un mémorendum de deux ans, puis en Avril, il a annoncé ne faire aucun nouveau tir jusqu'à 2003 au moins.
La lignée des scuds :
Les premiers "Scud-B" (SS-1, R-17) arrivés en Corée
du Nord semblent être venus d'Egypte vers 1980. C'est un missile
à courte portée soviétique, remontant aux années 50, lançant
une charge d'une tonne à 300 km. Il pèse 1400 kg à vide et
emporte quatre tonnes d'ergols liquides, à savoir comme
comburant un mélange à base d'acide nitrique et comme carburant
du kérosène. Son moteur délivre une poussée au sol de 13.4
tonnes. Le pilotage combine déflecteurs (2 axes) et empennage (roulis),
comme sur le V-2. Sa précision est mauvaise, avec un Coefficient
d'Erreur Probable (CEP) de 450 mètres. Les Nord-coréens l'étudièrent
à fond puis se mirent à fabriquer des copies (scud B mod A).
Ils fabriquèrent ensuite le Scud B mod. B, avec une portée passée
à 320 ou 340 kilomètres, ce qui d'après le spécialiste David
Wright s'expliquerait par l'emploi d'UDMH au lieu du kérosène.
Cette version, testée en 1984, produite en masse à partir de
1987, fut employée par l'Iran contre l'Irak.
Pour améliorer encore la portée, les ingénieurs nord-coréens s'y prirent exactement comme les Irakiens concevant le Al-Hussein. Ils allongèrent le fuselage, pour contenir cinq tonnes de carburant, et réduisirent la charge utile. Le carburant pourrait aussi être différent. Le résultat est le scud B mod. C, ou scud C, qui lance 500 kg à 550 km, ou 700-800 kg à 500 km et fut testé en 91. Les Nord-coréens purent employer les compétances acquises avec le DF-61, éphémère programme de SRBM avec la Chine, dans les années 70. La corée du Nord possèderait maintenant 500 à 700 scuds, et en fabriquerait 100 par an, dont 40 à 50 exportés. Durant la première moitié de l'an 2000, les Israëliens rapportèrent que la Corée du nord développe avec la Syrie le scud-D, portant à 700km. Aucun détail technique n'a filtré, mais je pense à une structure allégée en aluminium/lithium, comme le Nodong 2, et/ou un système de guidage plus moderne (la Corée du Nord a acheté à la Syrie un SS-21, de courte portée mais précis -50 m de CEP- et assez moderne, avec sans doute l'intention d'en copier le système de guidage; un système GPS pourrait aussi être employé). Cependant la charge utile serait encore réduite (on parle de 350-400kg).
Voici les performances du scud-B et de ses dérivés. On remaque que le Al-Hussein irakien (dont les performances sont connues avec imprécision) est au moins égal au scud-C et que le Scud-d est beaucoup plus performant .

Le nodong : Le missile suivant , testé dès 93, fut le Nodong ou Rodong, soit travail en coréen. Ce Medium Range Balistic Missile (MRBM), semblant en service depuis 97, est un engin mono-étage (16 tonnes, 1.3 mètre de diamètre, 17 de long) avec une portée de l'ordre de 1000 km avec une tonne de charge utile, 1300 avec 700 kg. Il ressemble fort aux missiles russes tirés de sous-marin SS-N-4 (14 tonnes, 600 km de portée) et SS-N-5 (20 tonnes, 1400 km), peut-être parce que les nord-coréens ont l'aide d'ingénieurs russes mis au rencard après la chute de l'URSS (venant de Makayev, qui réalisa scud, SS-N-4 et SS-N-5 et d'Isayev qui en fit les moteurs). La technologie ressemble à celle du scud, et on peut le voir comme une copie d'un scud à l'échelle 150% environ. L'ogive se sépare du corps du missile, ce qui est nécessaire pour tout missile à moyenne/longue porté, sinon le fuselage pourrait se casser à la rentrée et dévier l'ogive (c'est arrivé à des Al-Hussein irakien d'une portée de 650 km), et tourne sans doute sur elle-même pour ne pas dévier à la rentrée.
Le nodong aurait un moteur d'une poussé au sol de l'orde de 30 tonnes, qui serait selon la FAS dérivé du S2.713 du SS-N-4 qui se caractérisait par 26 tonnes de poussée au sol, une chambre principale et quatre verniers, comme carburant le TG-02 (xylidine, triéthylamne, kérosène) et comme comburant du AK-27I. Si c'est le cas, le moteur a dû être gonflé de 10 ou 15% de poussée en plus, car un S2.713 ne peut consommer 13 tonnes de carburant en 95 secondes. Cependant, le Nodong emploie des ailettes de déviation de jet (comme le scud, et avant le V-2) alors que le S2.713 avait des verniers.
Le nodong-2 est une version améliorée avec une structure en aluminium-magnésium qui lancerait une tonne à 1500km. La Corée du sud et le Japon sont dores et déjà à portée des missiles nord-coréens, avec des charges nucléaires. Shahab III (Iran) et Ghauri I (Pakistan) en semblent issus. Le Ghauri II lancerait 700 kg à 1500 km, le Shahab III 1200 kg à 1350 km, ce qui est cohérent. La précision est très difficile à estimer, les plus "optimistes" donnent 700 mètres de CEP, d'autres des kilomètres.
Le total des lancements de Nodong, en comptant ceux effectués par l'Iran et le Pakistan, atteind une dizaine (deux tirs en mai 2002, un en Iran et un au Pakistan), et les derniers n'ont posé aucun problème, on donc peut considérer que ce missile est opérationnel.
Exportations : La Corée du Nord exporte ses missiles vers plusieurs pays et joue ainsi un rôle perturbateur à l'échelle globale :
La Corée du Nord est l'un des plus importants exportateurs d'armes. C'est une source intéressante pour des états islamistes ou d'autres dictatures auquel les occidentaux, russes et chinois ne vendent plus de matériel "sensible". On estime que depuis 85 la RDPC a vendu 540 missiles (dont 50 nodongs) riens qu'aux pays du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord. Les exportations de missiles Nord-Coréens provoquent d'onéreuses courses aux armements régionales (entre l'Inde et le Pakistan et au moyen-orient) et poussent les Américains à réaliser une couverture anti-missile qui cause des frictions avec Moscou et Pékin. Mais la Corée du Nord propose d'abandonner ses exportations en échange de la levée de l'embargo. L'Iran et le Pakistan (peut-être aussi la Lybie) prendrait alors la succession comme "proliférateurs". Un scud est vendu 2 à 2.5 millions de dollards, un nodong environ 7.
C'est en 1994 que les Américains ont vu deux maquettes de missiles bi-étage à Taepodong (ville du nord-ouest de la RPDC). Ces deux engins, semblant développés en parallèles, furent baptisés, pour le plus petit, Taepodong 1 (nodong-2 en 1er étage, scud-C, semble-t-il raccourci, en 2ème), pour le plus gros, Taepodong 2.
Taepodong 1 : Le 31 août
1998, une Taepodong I, a été lancée de Cap Musudan (photos
ici).
Le tir a eu lieu sans préavis dans des zones aériennes et
navales fréquentées. En cas de panne, le deuxième serait tombé
en plein Japon. Mais les protestations Japonaises s'expliquent
plus par l'inquiétude suscité dans l'opinion par ce lancement,
qui prouve que le Japon est à portée de tir de la RPDC. Le 14
septembre, un communiqué expliqua qu'il s'agissait d'un
lancement de satellite, un troisième étage portant l'engin sur
orbite. Par la suite furent envoyées à la presse des photos du
lancement et une animation montrant le satellite (baptisé Kwangmyongsong
1 ou "petite étoile étincellante"). La mise à
feu du troisième étage a été vue. En septembre 99, à la conférence
UNISPACE III , le délégué nord-coréen a promis pour bientôt
un nouveau lancement avec une expérience de télécommunication.
Peu d'analystes avait pensé avant ce tir que la Corée du nord développerait
un missile bi-étage aussi vite, le pays a, semble-t-il reçu de
l'aide chinoise (livraison de pièces détachée) et celle d'ingénieurs
russes (certains sont partis en Corée du nord, beaucoup en ont
été empêchés), surtout pour la séparation des étages et la
rentrée atmosphérique. L'autre susrprise fut la présence du
troisième étage, totalement imprévue.
Cependant, aucun observateur étranger n'a pu repérer le satellite. Le Pentagone considère maintenant qu'un lancement de satellite était vraiment prévu, et que le troisième étage serait tombé en panne. Les Nord-coréens continuent d'affirmer que le lancment a réussis. On s'accorde souvent à donner au Taepodong 1 , employé comme missile sans le 3e étage, une portée de 2000 km environ. Les deux étages seraient construits en aluminium-lithium. Le troisième est un moteur à poudre non guidé, en forme de radis, et on ignorait que la RPDC possédait ce type de propulseur. (3). Certains pensent qu'en configuration tri-étage, le TP1 pourrait lancer une ogive militaire à 6000 km environ, mais elle serait très petite (100kg?) et la précision exécrable.
Cette fusée pèse 18 à 20 tonnes, pour 26 mètres de haut. La charge utile serait entre 50 et 100 kg. Il faut remarquer que la réalisation d'un ICBM/lanceur en partant du SS-1 n'est pas une première, les Irakiens ayant essayés avec le Tamouz (lien vers l'encyclopedia Astronautica). Les valeurs de ce tableau sont synthétisées de différentes sources (CNS, CSIS et FAS notemment). Ces données sont très approximatives. Le troisième étage pourrait être issu du booster du missile antiaérien HQ-2 (version chinoise du SA-2 soviétique), et, faute de mieux, j'en reprend les caractéritiques dans ce tableau (sauf le temps de combution). Notons que l'impulsion spécifique et la poussée données le sont après une légère perte (4-5 secondes) dues aux vannes de contrôle. Le moteur du second étage, surdimentionné, fonctionne bien au-dessous de sa puissance nominale. Un moteur moins puissant et moins lourd conviendrait mieu et offrirait de meilleures performances. Le AK-27I comprend 73% d'acide nitrique et 27% de peroxyde d'azote, le TM-185 est fait de 80% de kérosène et 20% d'essence.
| Etage | 11- Nondong-2 | 2- Scud C | 3 |
| Ergols | AK-27I/TM-185 | AK27I/TM-185 | Solide |
| Masse, tonnes (à vide) | 15.1 (2.2) | ~5.5 (~1) | 0.5 à 0.9 |
| Longueur (m) | 13.7 | 10 | 2 |
| Diamètre (cm) | 132 | 88 | 70 |
| Impulsion spécifique2 | 235/216 | ~275? | ~250? |
| Poussée (tonnes-poids) | 30.4 | ~15? | ? |
| Temps de combution | 95 sec | 170 sec | 27 sec |
1 Ces données sont basées sur l'hypothèse
voulant que le Nodong emploie un S2.713 amélioré. Connaissant
le temps de combustion, il est facile de calculer qu'avec 13
tonnes de carburant (estimation basse) et en pensant que l'ISp
n'est pas améliorée, la poussée attiendrait 32 tonnes dans le
vide, 30 au sol. Avec 14 tonnes de carburant et 250 sec. d'Ips,
elle ateindrait 37 tonnes-poids dans le vide.
2 Impulsion spécifique : durée en secondes pendant
laquelle 1 kg de carburant fournit 1 kgp (9.8 newtons) de poussée.
Pour le premier étage, les deux chiffres correspondent au vide
et au niveau du sol pour le S2.713. Pour le deuxième étage, on
pense qu'elle elle est meilleure que celle du scud, la tuyère étant
élargie pour l'optimiser pour à la haute altitude.
Il est bien entendu impossible de considérer ce missile comme opérationnel après un seul tir qui a de plus échoué. L'absence d'autres tentatives en quatre ans laisse imaginer que le programme aurait été abandonné (au profit du TP-2 plus performant?), qu'il n'était qu'un démonstrateur pour tester la séparation des étages (ce qui a été fait avec succès), qu'il était surtout publicitaire pour aider à vendre les nodongs et les scud, ou qu'il était surtout un moeyn de pression politique destiné au Japon et aux Etats-Unis (encore que ces possibilité peuvent se combiner). Dans le dernier cas, il pourrait en être de même pour le TP-2, cette hypothèse est détaillée plus loin.
Taepodong 2 : Le misssile Taepodong-2 aurait une portée de quelques 4 à 6000 km avec une charge utile de l'ordre d'une tonne. Le premier étage est inspiré du CSS-2 chinois mais plus petit, avec un moteur quadrichambre (qui aurait été testé en Mai 99): un système de pompes unique et 4 chambres et tuyères de moteurs de Nodong, sans doute codéveloppé avec l'Iran. Le deuxième étage est un Nodong. Ce missile pourrait donc avoir un poids de l'ordre de 65 tonnes et une poussée au décollage de quelques 100-120 tonnes. Son diamètre dépasserait 2 mètres, sa hauteur serait de 32 mètres. On remarquera que le Nodong n'est pas optimal comme deuxième étage : il faudrait mieux un étage avec le même moteur, plus court, mais du même diamètre que le premier. Celà offrirait un gain de poids, donc de performances, et rendrait le missile plus aisé à transporter et à mettre en silo, sans que la fabrication soit plus complexe. En fait, le grand allongement (environ 15) du Taepodong-2 a du poser bien des problèmes de résistances. La même remarque vaut pour le Taepodong-1. Un Taepodong 3 (pour certain à trois étages, pour d'autres une version allégée, peut-être justement aveccette amélioration pour le deuxième étage) pourrait porter à 10 000 km.
Il semble qu'un test de Taepodong 2 était prévu mais est repoussé en raison des négociations en cours avec la Corée du Sud et les USA. Ce missile pourrait être mis au point et déployé rapidement, mais il semble que la politique s'y oppose (voir première partie). Le 2 Juillet 2001 a été testé au banc un puissant moteur-fusée, sans doute celui de TP-2 (semble-t-il avec le premier étage entier), le mémorandum interdit uniquement les essais en vol, et non le tests au sol. Il semble que Le Shahab-3D/IRIS iranien corresponde au composite supérieur du TP-2 (C'est un Nodong doté d'un deuxième étage à poudre et d'une grande coiffe). Il se peut que le TP-2 soit testé par l'Iran, en raison du mémorendum nord-coréen. L'Iran, selon plusieurs sources, lancerait un satellite dès 2002.
Il est toutefois à signbaler que des nalystes considèrent le Taepodong-2 comme un faux, un programme fantôme, n'existant que sous formes de maquettes pour effrayer la communauté internationale. Dans ce cas, le gouvernement de Pyongyang aurait réussi une des opérations d'intoxication les plus efficaces de ces dernières décennies : les Etats-Unis et d'autres pays seraient en train d'accorder des aides économiques et techniques en échange de l'abandon d'un programme n'ayant jamais existé.
Crédibilité de la menace des missiles nord-coréens : La menace de la Corée du Nord est un prétexte révé pour lancer les systèmes anti-missiles (4), pour subventionner l'industrie américaine. Le Japon pourrait y collaborer (la menace Nord-coréenne l'a déjà fait lancer un programme de satellites-espion). La R.P.D.C., dans l'esprit américain, vient remplacer l'Irak dans le rôle de la menace, de l'ennemi, du méchant pauvre contre lequel les USA doivent se défendre. Cette menace doit cependant être relativisée car :
Mais ces cinq idées sont à leur tout mises en cause par (1) les quelques charges nucléaires de la Corée du Nord qui donne à un petit nombre de missile une puissance redoutable, (2) le fait que certains missiles nord-coréens pourraient être dotés de système GPS améliorant fortement la précision. En plus des Scud et Nodong, la DRPK possède possède des FROG (selon la version, jusqu'à 70km de portée avec 400kg) et des SRBM dérivés du missile antiaérien HQ-2, version chinoise du SA-2 soviétique (150 à 200 km de portée).
En cas de guerre intercoréenne, les villes sud-coréennes seraient sans doute soumise à un bombardement intensif de scud à têtes chimiques destiné à terroriser la population, comme les villes irakiennes pendant la guerre de 1980-1988.
1- La centrale de Yongbyong, à 90 km au nord de Pyongyang, possède aujourd'hui trois réacteurs expérimentaux, le dernier ayant été achevé en 94, donc sans aide soviétique. On peut exprimer des craintes sur les conditions de sûreté de cette installation. La R.P.D.C. possèderait une dizaine de bombes A.
2- Ce missile a été testé le 14 Avril 99 en réponse au test indien de Agni-2. L'Inde a d'ailleurs reproché aux USA leur passivité à l'égard de l'armement Pakistanais, qui tranche avec les vives protestations adressés par Washington à New Dehli face aux dévelopement des Agni.
3- C'est ce que l'on trouvait sur plusieurs lanceurs comme les Diamant français. Le dernier étage s'allume simplement quand l'altitude idoine est atteinte et, ni guidé ni piloté, donne la vitesse nécessaire à la charge utile.Cette méthode réduit bien sûr la précision de mise en orbite, mais permet d'éviter d'emporter le système de guidage avec le dernier étage; ce qui est précieux quand on est à un stade où les fusées sont limitées en puissance et les unités de guidage très lourdes.
4- Ils sont interdits par des traités datant de la guerre froide. Celà visait à éviter que l'un des deux "supergrands" puisse se doter d'un tel arsenal d'anti-missiles qu'il soit par la suite capable d'attaquer l'autre sans avoir à craindre les représailles. Chacun n'eut donc le droit de se doter que d'un site d'Anti-Ballistic Missile, ce qui ne permettait que de couvrir une petite zone. Or les USA veulent protéger tout leur territoire par un réseau complet d'ABM.
Sources :
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Cyril
MEYNIERMailez-moi toute correction, question ou commentaire. Dernière mise à jour : Août 2002. Retour à l'index. |
Cyril
MEYNIERMailez-moi toute correction, question ou commentaire. Dernière mise à jour : décembre 2002. Retour à l'index. |