Date

La feuille du spoutnik n°14

Ttre : Perte de la navette Columbia
Mots-clefs : navette, columbia, NASA, accident.
Date : 1e Février 2003

 

    Cette date restera celle de l'un des drames de l'astronautiques. Une nouvelle fois, l'Humanité entière a vécu en direct la mort de plusieurs de ses "ambassadeurs" selon l'expression de l'ONU. Pour la deuxième fois, une navette a été perdue avec ses sept membres d'équipages. Columbia s'est désintégré lors de la rentrée dans l'atmosphère, sans que la cause précise ne soit connue pour l'instant.

    L'équipage se composait de :

- Rick Husband, commandant de bord, qui avait déjà volé sur STS-96 (1999). Né en 1957, marrié, deux enfants.

- William McCool, pilote. STS-107 était son premier vol spatial. Né en 1961, intégré au corps des astronautes en 1996. Marrié.

- Ilan Ramon, premier astronaute israëlien. Il avait procédé à de nombreuses expériances à bord. Né en 1954, pilote vétéran des guerres du Kippour et du Liban, il était marrié et avait quatre enfants.

- Kalpana Chawla, de la double nationalité américaine et indienne. Née en 1961, il entra eux Etats-Unis pourvue d'un diplome d'ingénieur et travailla au centre de Ames à partie de 1988 avant d'être choisie comme "spécialiste de mission" en 1994.

- Michael anderson : Né en 1959 dans l'Etat de New York, il mène de brillantes études scientifiques. Il devient pilote d'avions de guerre électronique dans l'US Air Force, puis est sélectionné par la NASA en 1994.

- Laurel Clark : Après des études de biologie, elle était devenue mèdecin militaire (dans l'US Navy) puis entre dans le corps des astronautes en 1996. Elle avait 43, était marriée et avait un fils.

- David Brown : Sélectionné lui aussi en 1996, il était pilote de l'Aéronavale américaine. Il avait 46 ans. 

    Le vol STS-107 devait être le dernier vol de navette "en solo" (c'est-à-dire sans amarrage à l'ISS ni travail sur un gros satellite genre Hubble). Ce vol, de 16 jour seulement, avait été décidé pour procéder à des expériances dont les commanditaires ne voulaient pas attendre la commercialisation des missions sur l'ISS.

    Le contexte actuel tendrait à faire penser à un attentat (plus précisément un sabotage), la navette, symbole de la puissance technique américaine, constituant une cible de choix pour des terorristes, plus particulièrement du fait de la présence à bord d'un Israëlien. Cependant, il paraît extrêmement difficile d'infiltrer les équipes de préparation des vols de navette, et à plus forte raison de concevoir un quelconque sabotage échappant à tous les contrôles.

    La cause de la catastrophe n'est, une semaine plus tard, pas établie. Un morceau d'isolent a frappé l'aile au décollage, celà pourrait avoir endommagé le revêtement thermique, mais cette hypothèse semble peu convaincre la NASA : ce genre d'incident était fréquent, et n'a jamais porté à conséquence, l'isolent n'était qu'une mousse platique a priori peu susceptible de faire beaucoup de dégâts. Parmi les autres causes évoquées, citons le vieillissement de la structure d'une navette agée de 22 ans, une rerreur de pilotage (à mach 6, un mouvement en lacet non voulu peut casser l'appareil) ou un impact (débris orbital ou micro-météorite) ayant endommagé le revêtement thermique.

    Cette catastrophe est extrêment inquiétante pour l'avenir des programme spatiaux, en particulier des programmes habités américains et de l'ISS. Les vols de navette seront suspendus jusqu'à compréhension complète de la cause de l'accident, et même lorsqu'ils reprendront (si ils reprennent) trois navettes ne pourront pas assurer le plan de vol qui était déjà difficile à tenir avec quatre (la construction d'un nouvel orbiter est quasiment exclue).

    Dès lors, il est très probable que la construction de l'ISS soit à nouveau retardée (de nombreux modules ne pouvant guère être lancés et assemblés sans navette) et qu'elle ne puisse jamais être habitée en permanance. Le rôle des russes dans l'assemblage de la station, son  ravilaillement et le transport des équipage va sans doute être accru, ce qui impliquera de nouvelles aides financières américaines.

  Le statut même des navettes pourrait être remis en cause. aucune navette n'a été construite depuis plus de dix ans, et les moyens de production n'existent plus. Hors leur remplacement n'est encore qu'un vague projet, et elles sont donc supposées servir encore de très longues années. Peut-être verra-y-on un petit programme transitoire (comme des capsules habitées montées sur dans lanceurs classiques comme Atlas 5 ou Delta IV) pour remplacer ou seconder les navettes en attendant un véhicule récupérable de deuxième génération.

  En fait, la navette a été conçue dans le cadre de projets post-apollo pharaoniques (comprenant une station spatiale avec un équipage permanent de 50 personnes et une base sur la Lune, elle aussi habitée en permance) qui devaient nécessiter une soixantaine de vols par an. Elle seule a survécu à ses projets grandiose, et elle est surdimensionnée pour le programme, son entretien avanlant une large part du budget de la NASA.

 

 

 

rt du budget de la NASA.