Les carrières du Béout

Départ : entrée sud de LOURDES

A - La CARRIERE DU CAOUTCHIOU

Parcelles 508 et 518 de la Section C 2 du cadastre, rive gauche du Gave.

Le quartier du Caoutchiou, en limite d'Aspin lorsque le Gave entre à Lourdes, sera très exploité pour sa carrière de marbre et ses sablières.

1) Dès Février 1849, le marbre lumachelle de la carrière près du Caucheu est exploitée par J.L.Fourcade, qui a un bail de 3 ans à 150 F de redevance annuelle. L'exploitation sera reprise par J.L.Claverie à partir d'Octobre 1864; son bail sera renouvelé en 1867 et en 1870, au prix de 55 F l'an.

2) Le 18 Mai 1903 : MM. Pécoste et Bénaben demandent la location d'une parcelle 508 bis et proposent d'y adjoindre les parcelles 524, 526 et 518 bis. Leur but est l'extraction de pierre suivie de leur traitement mécanique, avec possibilité d'y installer une usine hydraulique.

Mais les tailleurs de pierre vont s'opposer et exiger que l'exploitation de la pierre leur soit réservée. Le Conseil municipal va quand même établir en Août un bail à MM. Pécoste et Bénaben sur les parcelles désignées, pour 100 F de redevance annuelle et pour une durée de 30 ans. S'ajoutent les droits d'extraction et d'octroi.

Voici qu'en Novembre 1903 M. Lafitte fait opposition car sa famille, qui avait offert le terrain à la Ville, avait stipulé qu'il ne devait servir que pour l'exploitation des Fontaines. L'année suivante, passant outre à cette plainte, le Conseil municipal assure la reprise du bail sur toutes les parcelles, rive gauche du Gave. On y ajoute la condition de vente du m3 à moins de 40 F et la priorité donnée aux tailleurs de pierre de Lourdes pour leurs besoins.

3) Cette exploitation sera reprise en Janvier 1911 : un nouveau bail sera donné à MM. Lalanne et Camille et Alphonse Clos pour 30 ans à 100 F par an plus les droits d'exploitation, avec projet de remplacer le câble aérien par une passerelle avec une voie Decauville (rails et wagonnets). C'est en 1912 qu'elle sera construite.

Cette exploitation sera terminée après jugement du 20 Mars 1926. Cela après la décision du Conseil municipal de porter le prix de location à 400 F l'an, au lieu des 100 F du bail initial. La majoration étant refusée par l'adjudicataire, la résiliation du bail est jugée légale.

Le PONT du CAOUTCHIOU

Le 26 Janvier 1926, M. Seyrés, architecte communal, fait fermer le pont construit en 1912, par suite du danger présenté par son état. Il constate que les fils de fer barbelés ont été sectionnés. Il demande au Maire d'autoriser le passage en modifiant le pont : celui-ci à 3 m de large; en son milieu et sur une largeur de 1,20 m, il y a un passage en bois d'épaisseur suffisante. De chaque côté, il y a 1 m de large sans fermeture, ce qui est dangereux. Les gens des villages de Batsurguère désirent conserver le pont pour venir à Lourdes.

En Août 1962, un plan de remise en état de la passerelle est présenté au Conseil municipal. C'est l'entreprise Malaval qui réalisera la réfection métallique du Pont, et l’entreprise Ducasse les travaux de maçonnerie en janvier 1963.

Bien des jeunes lourdais l'auront emprunté pour rejoindre les plages du Gave, lieu obligé des baignades d'alors. Le pont a été détruit lors d’une violente crue du gave vers 1975.

B - LA CARRIERE DE CARBURE DE CALCIUM,

simple projet

Le 13 Juillet 1896 : M. Sajous Ferdinand, représentant de la Société de carbure de calcium, sise à Paris, demande l'autorisation d'exploiter un rocher à Peyramale pour faire du moellon pour le carbure de calcium. Il prévoit de construire un canal avec chambre d'eau, et utilisera le terrain où étaient les anciennes fontaines, pour y établir 25 fours électriques qui occuperont 150 ouvriers. Il demande une concession de 50 années.

Le carbure de calcium sert à la production de gaz acétylène pour l'éclairage. Cette proposition n'aura pas été renouvelée et aucune suite ne lui sera donnée.

C - LES CARRIERES PEYRAMALE

Les Carrières Peyramale sont dans leur ensemble des carrières privées. Très sollicitées dans la seconde moitié du XIXème s. par le fait de leur proximité du lieu des Apparitions, ce sont elles qui ont fourni la plupart des matériaux qui ont servi à l'édification des constructions du domaine de la Grotte.

1) Un procès de l'année 1818 prouve le désintérêt de la Ville pour l'entretien de ce quartier au début du siècle. Le garde municipal Azavant dresse un constat prouvant que Jean Théas, 75 ans, tailleur de pierre, extrait des pierres et coupe le chemin de Peyramale par ses dépôts. Il refuse de remettre le chemin en état car il se dit propriétaire des lieux depuis 35 ans et avant lui, ses ancêtres.

Le juge de paix sollicité par la Ville pour agir contre Théas, constate qu'aucune preuve n'est apportée que le chemin soit public. Au contraire, les voisins : Doucet, 9 enfants; Vilon, 9 personnes; Sarie, 8 personnes; Michou, 6 personnes, accusent la Ville de manque d'entretien de leur quartier : on passe par les prairies, les charretiers créent des ornières.

Décision du juge de paix Roque : la preuve n'étant pas rapportée du caractère public du chemin, Théas est relaxé sans peine, ni amende, ni dépens.

2) LA CARRIERE MENIGOU-MOUNIQUET

Elle consiste en plusieurs chantiers situés sur la gauche du chemin de Batsurguère, au quartier de Barraou, au-dessus de l'actuelle cité St Pierre.

Le 16 Juillet 1839, les quatre chantiers sont affermés par la Ville. En Décembre 1840, un bail est concédé à Antoine Sajous pour 3 ans à 250 F l'an. Sur chacun des trois chantiers, il pourra faire travailler au plus 6 ouvriers.

En Octobre 1858, J.L. Claverie reprend la carrière à 95 F l'an pour 3 ans. Il sera reconduit en 1861, mais sera dispensé de rétribution pour un an car il est âgé et a 3 enfants dont l'un est aveugle.

La carrière sera reprise en 1864 et en 1867 par Espérou et Dussert. Elle fournira sa production aux entrepreneurs des Sanctuaires.

3) LA CARRIERE DE SOUM DE LANNE : parcelle C2 n° 562

Son exploitation date d'avant les Apparitions : c'était la carrière de Louis Bouriette, premier miraculé de Lourdes, appelée " carrière Bégarie ".

  1. En février 1913, M. Duplaa, éleveur de chiens, désire acquérir les droits d’exploiter la carrière communale. Il a acheté à M. Fanlou les droits sur la carrière qui a 80 à 100 m2 de superficie.
  2. M. Cazaux-Moutou a acquis la construction de Duplaa et Fanlou sur la carrière Bégarie n°562. Il revendique le droit d’exploiter en octobre 1925.
  3. Restée dans la famille, le dernier descendant Jules Vilon a présenté une demande d'acquisition pour son commerce de marbrerie, en Octobre 1931.

D - LA CARRIERE DES BESCUNS :

parcelle G2 n° 289

1) La création de la carrière date du 28 Mars 1899. Le Préfet autorise l'ouverture de la carrière de pierre de taille à 3 m. du chemin communal n° 27. Les mines seront tirées deux fois par jour, à 10h 30 et à 16h 30, avec toutes précautions. Cette autorisation est donnée à M. Cazaux-Debat.

En Septembre 1905, le Conseil municipal autorise la construction d'une cabane atelier sur le terrain de la Ville, à distance prohibée de la forêt communale. Le Préfet confirme cette autorisation. Une pétition de M. Abbadie, propriétaire des Grottes du ROY, visant à arrêter l'exploitation à cause du danger des projections de pierres, oblige M. Cazaux-Debat à renforcer les protections.

La carrière sera abandonnée en 1910. En 1926, les fils de M. Cazaux-Debat veulent reprendre l'exploitation, mais cela durera peu de temps.

2) Le 9 Juillet 1931 : Sur une mise en adjudication, M. Louis Philippe reprend l'exploitation pour 4 500 F de redevance annuelle, montant qui sera ramené à 3 500 F le 7 Novembre 1936. Fin Décembre, M. L. Philippe cesse l'exploitation et résilie son bail.

3) Le 27 Mai 1937 : M. Jean Marin présente une demande pour exploiter les marbres lumachelles de Bescuns. En Décembre, l'adjudication lui est accordée à 1 500 F l'an et pour 9 ans. Deux ans après, M. Marin arrête l'exploitation. Il la reprend en Décembre 1943, avec un loyer augmenté à 5 000 F l'an, car entre temps, la Ville avait loué la carrière à M. Béguère en 1941 et 1942. En 1947, M. Marin résilie son contrat, repris par la Société Pyrénéenne du béton qui, elle aussi, se retire deux ans après.

4) A partir de 1950, l'exploitation est mieux suivie, reprise par MM. Cuyeu et Gaye le 27 Mai 1950 pour 9 ans, de Janvier 1948 à 1956, au prix de 50 000 F l'an.

En Septembre 1953, les sus-dits désirent confier la gérance de la carrière et de la sablière de Subercarrère à la Société Pyrénéenne des Transports Lourdais. En fin de bail, le renouvellement est accordé le 19 Décembre 1956 avec un nouveau prix de location fixé à 100 000 F l'an, avec fourniture à la Ville de 50 m3 de gravier par an.

Nouveau renouvellement en 1965, et l'année suivante, prise de gérance par la Société des Carrières Lourdaises SOCARL, fondée par MM. Cuyeu et Gaye.

5) En 1972, rachat par M. Raujol de la SOCARL qui va exploiter jusqu'en 1975. A cette date, devant les difficultés d'exploitation – carrière trop près de la route très fréquentée, épuisement du marbre lumachelle – les installations sont transportées au Pibeste où une importante carrière est toujours en exploitation. Dès lors, la carrière des Bescuns est abandonnée, offrant aux usagers de la route de Batsurguère un vaste espace repris par les herbes conquérantes.