L'HISTORIQUE
LA CONVENTION DE CREATION ET D'EXPLOITATION
C'est du 15 Octobre 1897 que date la première proposition de construire un Funiculaire, présentée par l'ingénieur Alphonse Chambrelent au Maire de LOURDES, J-M Cazaux-Moutou.
Le 12 Novembre, le Maire confie l'étude de cette proposition à une Commission municipale. Le 17 Novembre a lieu le débat municipal.
C'est dans le but d'attirer à LOURDES le plus grand nombre d'étrangers et de leur offrir la possibilité de gravir une montagne sans fatigue, que le projet du Funiculaire est présenté dans les conditions suivantes :
a) La Ville concède gratuitement les terrains communaux nécessaires à la construction de la voie ferrée, en ménageant les passages des animaux vers les pâturages.
b) la Ville concède les terrains au-dessus de la côte de 910 mètres pour un prix annuel de 1200 F.
c) Le concessionnaire, M. Chambrelent, s'engage à construire et à exploiter le Funiculaire à ses frais et à ses risques.
d) Le concessionnaire pourra construire un hôtel de 20 lits, avec un magasin de photographies et de souvenirs.
e) La durée de la concession est de 75 ans. Ce délai passé, l'ensemble des installations revient à la Ville : bâtiments et matériels, sauf l'hôtel et ses dépendances.
f) La ligne devra être livrée à la circulation dans le délai de un an.
Dans la discussion qui s'engage, quelques conseillers s'opposent à la cession des terrains au-dessus de la côte de 910 m, c'est-à-dire entre la Gare supérieure et le sommet du Pic. Mais le Maire fait adopter le projet par 15 voix contre 4. Une convention est établie, qui sera approuvée par le Préfet en Février 1898, et par la Commission des bâtiments civils en Décembre 1898.
La Compagnie du Funiculaire du Pic du Grand Jer, Société Anonyme au capital de 500 000 F, dont le Siège Social est à PARIS, 45 rue Joubert, établira le projet de construction.
Les travaux commenceront en Août 1898 et seront terminés le 25 Décembre 1899. Le 16 Juin 1900, la Commission de Surveillance a fait procéder aux essais. Elle a reconnu que les travaux avaient été bien exécutés et que les essais ont été très satisfaisants.
L'INAUGURATION
L'inauguration du Funiculaire a eu lieu le dimanche 17 JUIN 1900, ainsi organisée :
A 1 heure de l'après-midi a lieu le départ de la Mairie du Conseil Municipal en Corps constitué, escorté des Sapeurs Pompiers et précédé de la Fanfare municipale et de l'Orphéon la Lyre Indépendante.
A 2 heures s'effectue la réception des pouvoirs publics à la gare du Funiculaire. Le Préfet vante le Funiculaire, qui permet d'apprécier la beauté des montagnes et le génie scientifique de l'homme.
A 2 heures et demie commence l'ascension du cortège officiel. A l'arrivée, les Cantadous du Labéda chantent le Halte-là des Montagnards. Aussitôt, on se dirige vers le sommet. Pendant ce temps, les Chanteurs montagnards font entendre leurs meilleurs morceaux. Un buffet est mis à la disposition des invités.
27 Mars 1901 :
La Compagnie du Funiculaire met gracieusement à la disposition de la population un train de plaisir le lundi de Pâques. Cette offre sera renouvelée pour les lundis de Pentecôte et de la fête de St Pierre.
Avec l'afflux des touristes, des débits de boisson vont s'installer. On en comptera quatre au Mont de Justice, au pied du Jer, en plus de la buvette de la Gare inférieure. Au sommet, un autre suppléera à celui de l'hôtel. Il y en aura même un à la station intermédiaire, entre les deux gares.
LA REDEVANCE A LA VILLE
16 Novembre 1926 :
La redevance de 1 200 F due par le Concessionnaire à la Ville pour la libre disposition des terrains au-dessus de la côte de 910 mètres est portée à 3 000 F.
En 1950 un litige va opposer la Ville au Concessionnaire après la décision de la revalorisation de la redevance. Le Conseil Municipal fixe à 200 000 F le nouveau tarif, non accepté par la Compagnie dans un premier temps. Après diverses interventions, un accord est signé le 10 Avril 1952 par M. Soreau, président de la Compagnie, qui stipule qu'elle versera 60 000 F à titre de loyer annuel et 140 000 F pour que la Ville assure une ligne de transport des touristes et pèlerins, de la Ville et des Sanctuaires à la Gare inférieure du Funiculaire.
LES MODIFICATIONS ULTERIEURES
1935 : La Compagnie achète l'ancien moulin de Latour, au quartier Soum de Lanne, et construit à sa place une nouvelle micro-centrale, en vue du remplacement de la production de l'usine de Lugagnan.
1948 : Un repère géodésique est matérialisé par l'Institut Géographique National au sommet du Pic.
1954 : Première rénovation.
La machinerie est revue par Alsthom et von Roll, la voie par von Roll. L'ancien moteur est remplacé par deux moteurs Alsthom en ligne : un de 150 CV, tournant à 1442 tours/minute, assurant la vitesse nouvelle des voitures à 3,20 m/sec, l'autre de 18 CV, donnant la vitesse minimum de 0,8 m/sec, en prévision de l'arrêt des voitures. Le frein automatique a été remplacé par un frein à poulie, de même que le frein d'urgence.
Chaque voiture est équipée d'un frein système parachute.
Concernant les véhicules, si l'on a gardé le châssis Bell de 1900, la caisse est recomposée par les Etablissements Soulé.
1956 : Passage de la déviation Est de la Route Nationale 21
Les démolitions nécessitées par les travaux de voirie entraînent la reconstruction des bâtiments détruits.
1956 : Exploitation des Dolines
Un second litige va opposer la Ville et la Compagnie à ce sujet. La Société des Dolines et la Compagnie du Funiculaire ont fait creuser une galerie de 359, 50 mètres, taillée dans le roc, qui débouche près du sommet, dans le but d'un complément à l'excursion. La Ville, prétextant que les terrains traversés par cette galerie ne sont pas inclus dans la Convention d'exploitation, obtient une ordonnance de référé en Janvier 1955. Après discussions, les choses s'apaisent et le litige est réglé par le désistement de la Ville en Décembre 1956.
Celle-ci accorde 100 000 F d'indemnités, dues en réparation du préjudice causé par le passage de la déviation Est de la Route Nationale 21 (démolitions et reconstructions de bâtiments). Cette indemnité sera répartie entre la Compagnie du Funiculaire et la Société des Dolines.
1959 : Redevance Forestière
La Ville doit une redevance forestière annuelle de 60 000 F aux Eaux et Forêts. Elle oblige la Compagnie à une contribution de 10 000F. pour l'implantation du Funiculaire sur une partie de la forêt du Ger Mayou.
1985 : Reprise de l'exploitation par la Mairie de LOURDES. La Compagnie garde la propriété et l'exploitation des deux micro-centrales de Vizens et de Latour. Ces usines vendront plus tard leur production à E.D.F.
LE MONOPOLE E.D.F.
1er JUILLET 1957 ; Un contrat de fourniture d'énergie électrique par E.D.F. au Funiculaire est signé. Il prévoit que:
a) La Compagnie du Funiculaire s'engage à n'utiliser aucune autre source d'énergie autre que le réseau E.D.F., sauf accord préalable.
b) Le raccordement au réseau 15 kw se fera au poste d'arrivée de l'énergie de l'usine de Latour, au pied du Funiculaire.
c) E.D.F. achètera l'énergie en provenance de l'usine de Latour. Celle-ci pourra compenser celle fournie par E.D.F. quand la puissance accordée sera insuffisante.
La Compagnie utilisera alors sa ligne privée, reliant le poste E.D.F. d'arrivée de l'énergie à la Gare supérieure, en suivant la voie du Funiculaire, pour alimenter le moteur du système.
En 1989, cette ligne privée sera supprimée en partie, car l'énergie sera fournie directement à la Gare supérieure par une dérivation de la ligne joignant Lugagnan à Sarsan le long du Pic du Jer, à niveau du viaduc.
Le pavillon près de la Gare du bas, qui servait au couplage de l'énergie qui venait des deux usines, sera supprimé.
REMISE EN CONCESSION
La remise en concession du Funiculaire sera décidée le 4 Août 1995 et la convention d'exploitation signée avec la Société TRANSMONTAGNE en Février 1996.
1995 : Grande visite du Funiculaire qui entraînera :
1996-97 : Seconde modernisation :
Le maître d'ouvrage est la Sopygest. La machinerie sera confiée à l'entreprise Skirail. Elle prévoit l'amélioration de la protection contre la foudre. L'alimentation en énergie par le poste privé de la gare supérieure est abandonnée au profit d'une alimentation directe d'E.D.F., adéquate en puissance et tension.
Le nouveau moteur SICME MOTORI venant de Turin d'une puissance de 130 kw assure, comme auparavant, une vitesse de 3,20 m/s aux voitures, le trajet étant de 6 minutes. Ce moteur est aussi un réducteur d'énergie : tournant à 1500 tours/minute, il peut descendre à 24 tours/minute. pour diminuer la vitesse des véhicules.
Les Gares et ouvrages d'art de la ligne sont en maçonnerie de pierre de granit. Seules des reprises seront à prévoir sur l'évitement.
Les commandes ont été regroupées dans une nouvelle armoire à la Gare supérieure, et un pupitre moderne indique la position des voitures et leur entrée en gare.
Les freins : leur conception rénovée est conforme à la nouvelle réglementation.
Les transmissions-sécurité : leur modification a porté sur le signal du frein et sur la télécommande à partir du véhicule.