L'éperon central a été exploité sur ses deux faces Est et Ouest. En lui, on extrait du marbre lumachelle, de la pierre à bâtir et de la pierre à chaux. Les fours à chaux seront très accessibles, à proximité du centre ville.
LES CARRIERES FACE OUEST
A - LES CARRIERES DARRE ESPOUEYS
Du château de Soum aux Grottes des Sarrazins, tout l'éperon calcaire sera travaillé en carrières. Le boulevard Cazenave, ancien chemin Darré espoueys, en délimite quatre, deux à droite : Lindro et Baylac, deux à gauche : Sarrat et Cazaux Troubat.
Enfin, au départ du chemin de l'Arrouza, face à l'entrée Sud du cimetière de l'Egalité, les fours à chaux de la parcelle 655 ont été installés par Théodore Clos. Il a demandé en Mai 1878 à acheter la parcelle de 34 ares pour 3 000 F, plus 600 F par an à la Ville pour la ferme des deux fours. L'acte de vente passé en Juillet 1880 chez Me. Lescaillet à permis le fonctionnement jusqu'en 1895. Les fours ont été supprimés en 1940.
B - LES CARRIERES RUE DE LA GROTTE
1) LA CARRIERE DES BAOUS
En Mai 1898, M. Cassagnous présente une demande d'ouverture de carrière dans la masse rocheuse qui va de la rue de la Grotte, Hôtel de Rome au carrefour des Baous, jusqu'au Garnavie, avec promesse de rétablir le chemin existant en bon état. En fin d'année, M. Cassagnous a terminé les travaux et veut acquérir le terrain inexploitable sous le chemin du Garnavie, qu'il occupe déjà. Il entre alors en litige avec Mlle Pambrun sa voisine qui l'accuse d'empiètement. Celle-ci sera déboutée, sur la raison que l'usurpation de terrain étant antérieure à 1894, le terrain doit être cédé à l'amiable.
2) LA CARRIERE SENTIS
La carrière de marbre lumachelle Sentis, située face au couvent des Clarisses, est la dernière carrière qui à fonctionné en pleine ville.
En Mars 1927, le Maire Latapie demande à M. Sentis d'enlever les blocs de marbre déposés sur un terrain à Darré Espoueys. Un sursis de dépôt lui sera accordé. Lorsque la carrière s'arrêtera, sur son vaste emplacement, trois hôtels seront construits: l'Astoria, de 80 chambres, l'Impérial, quatre étoiles, et le Lavallière, 72 chambres.
C - LA CARRIERE DE L'ARBERET
C'est l'une des plus anciennes de la Ville, située chemin de Paradis, à niveau de l'extrémité sud du cimetière, près de l'ancienne usine à gaz.
En Novembre 1884, un différent surgit entre M. Labourie, exploitant, et M. Jourda qui ne veut pas laisser passer dans son champ: le Conseil municipal demande un bornage des lieux.
En 1909, Firmin Castérot demande à prendre la suite de l'exploitation de son oncle Labourie. La carrière est exploitée depuis 130 ans par la famille.
En Août 1910, nouvelle dispute : le Conseil municipal exige un second bornage entre la carrière Jourda-Castérot-Fontan et le champ de M. Poueyto, afin d'apaiser le conflit permanent du passage accès à la carrière.
Sur le sol de cette carrière, a été créé un parc à voitures et cars, derrière la résidence Sue Ryder.
D - LA CARRIERE FONTAN
Au bout du chemin du cimetière (rue de l'Egalité), en surplomb du Chemin de Paradis se trouve la carrière Fontan. Un tunnel dans la roche, actuellement obstrué en partie, rejoint la carrière de l'Arberet, sans doute pour l'acheminement des pierres. Sur l'emplacement de la carrière s'est installée la laiterie de M. Placide Fernandez.
E - LA CARRIERE DE L'ARROUZA
Le 24 Mars 1930, l'entrepreneur Salvador Simonet demande à exploiter la parcelle 578 qui avait été déjà travaillée en 1874 et en 1910. Elle est située côté sud, à 10 m. du boulevard du Gave, à 9 m. du chemin du Caoutchiou et à 22 m. du gave, exploitée auparavant par M. Baylac. Malgré la virulente opposition du voisin François Brenjot (parcelle 571), la concession est accordée à M. Simonet, avec des conditions de protection quant à la projection de pierres. Le bail signé en Juin 1930 est de 1 an au prix de 2 400 F l'an et avec fourniture gratuite de 50 m3 de pierre à la Ville.
Le 4 Décembre 1930, nouvelle plainte de M. Dadé Brenjot pour nuisances, suivie d'un rapport de l'architecte M. Seyrès qui préconise la continuation de l'exploitation avec protections renforcées. La carrière est à 10 m du boulevard nouvellement créé et elle a une profondeur de 10 à 12m.
En Juin 1931, M. Simonet demande à exploiter la carrière du Caoutchiou, celle de l'Arrouza étant épuisée. Refus de la Municipalité : le bail de l'Arrouza sera renouvelé en 1933.
Du fait qu’il ne paie plus ses redevances, un procès va s’engager entre la ville et lui.
La Ville veut interrompre l'exploitation car le danger de projections sur le boulevard est réel, il n'y a pas assez de protection. De plus, M. Simonet a transformé son exploitation en 1933, lui donnant un caractère agricole en produisant du carbure de calcium qu'il vend alentour.
En Juin 1937, la Ville a demandé 2 629 F de fermage de la carrière. M. Simonet refuse, prétextant qu'il a acheté la carrière à M. Baylac. Un jugement d'Avril 1938 donne le gain du procès à la Ville. En Juin, M. Simonet fait appel du jugement : il est débouté et va être saisi.
En Août 1939, M. Simonet veut aller en Cassation. Pour se rendre insolvable et bénéficier de l'aide judiciaire, il vend son matériel avant la saisie imposée pour le non paiement de la redevance. Le jugement d'Octobre 1939 le condamnera finalement.
LES CARRIERES FACE EST
On peut les dire situées en ville, c'est d'ailleurs pour cela qu'elles n'auront qu'une très courte vie, car provoquant trop de nuisances.
A - LA CARRIERE BARRAU, impasse Blancard
Elle est exploitée par Léon Barrau, dans un quartier habité. Aussi en Octobre 1910, Mme Faure dépose une plainte contre l'exploitant car des pierres tombent sur le toit de ses immeubles, après les tirs de mine. Le rapport établi constatant le danger de la production du moellon – les charges de poudre sont importantes – défense est faite d'exploiter. Cela ne sera que provisoire, car en Février 1911, c'est M. Ducasse qui reprend la carrière pour le compte de Mme Haubelat.
B - LA CARRIERE DES ROCHERS
En Décembre 1903, Justin Cazaux demande à faire délimiter la carrière communale des Rochers pour l'acquérir.
En Janvier 1914, on signale une fissure importante dans un bloc de 100 m3 qui menace de s'effondrer, d'où nécessité de travaux urgents. Abandonnée un certain temps, la carrière sera reprise en Novembre 1931 par Etienne Cazaux. On y accède par la route d'Argelès, très près du four à chaux de M. Cazaux Moutou.
Une autre carrière de moellon est signalée aux Rochers : elle est exploitée par M. Castaing.
C - LA CARRIERE DU GARNAVIE
Plus avant vers la ville, M. Courrouau exploite une carrière au Garnavie. Tout comme pour le four à chaux vingt ans avant, on lui interdit en 1886 l'exploitation trop dangereuse : il demande en compensation 600 F de dommages intérêts.