Armées
de Pologne |
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Katin ...
Zygmunt Berling
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Comme nous vous l'avons déjà expliqué, les relations entre le gouvernement en exil à Londres et Staline ont toujours été très difficiles. Le gouvernement de Londres n'a jamais admis le pacte soviéto-germanique ainsi que l'invasion de la Pologne par l'Armée rouge. Ce coup de poignard donné dans le dos aux polonais au moment le plus critique pour la Pologne a été catastrophique pour l'armée polonaise qui a dû combattre sur deux fronts. Beaucoup plus grave, l'arrivée par l'Est des hordes rouges a compliqué l'exode des troupes polonaises vers la Roumanie et la Hongrie. Le gouvernement en exil a donc rompu ses relations diplomatiques avec le régime communiste, complice et frère de lait du régime nazi. Notons que la résistance communiste, à la solde du dictateur Staline ne s'est réveillée qu'après l'invasion de l'URSS par les troupes nazies. Beaucoup de soldats polonais ont été faits prisonniers par les russes. Ils ont été envoyés dans des camps en Union soviétique. Il faudra attendre 1941 et l'invasion de l'Union soviétique pour que le gouvernement polonais en exil renoue ses relations diplomatiques pour obtenir la remise en liberté des soldats polonais qui seront massivement expédiés sur le front occidental. Ils sont alors libérés et rejoignent l'armée polonaise du général Wladyslaw Anders. En 1943, le crime de Katyn avait été rendu public, les relations diplomatiques avec la Pologne furent à nouveau rompues (avril 1943) et Staline prit la décision d'organiser une armée polonaise auprès de l'Armée Rouge. La majorité des cadres étaient recrutés parmi les officiers soviétiques et le corps d'officiers politiques parmi les communistes polonais, alors que les Polonais déportés au fond de l'Union Soviétique dans les années 1939-1941 constituaient la masse des soldats, rejoints à partit du printemps 1944 par les habitants des confins orientaux polonais. Les pseudo officiers polonais, de nationalité soviétique, avaient pour mission non pas de libérer la Pologne mais bien d'être un support pour l'Armée rouge soviétique. Les relations avec la résistance polonaise étaient ambiguë. Ils combattaient aux côtés de la résistance mais dès que les combats étaient terminés, ils arrêtaient les officiers de l'A.K. et donnaient le choix aux soldats : soit rejoindre l'armée à leur solde soit une exécution en bonne et due forme. Les officiers de la résistance étaient éliminés physiquement. L'Armée polonaise qui combattit sur le front oriental contribua d'une manière non négligeable à la victoire finale. A l'origine, c'était une division (1ère Division Tadeusz Kosciuszko, commandée par le colonel Zygmunt Berling) de 11.000 soldats, formée depuis le mois de mai 1943. En 1944, elle atteignit l'effectif de presque 100.000 hommes et à la fin de la guerre, de plus de 330.000 soldats organisés en deux armées qui disposaient de toutes les formations de terre (infanterie, artillerie, sapeurs et intendance). L'armée eut son baptême de feu a la bataille de Lenino (en Biélorussie) en octobre 1943. En juillet et août 1944, les troupes polonaises luttèrent aux postes avancés sur la rive occidentale de la Vistule ; la brigade blindée livra sa première bataille contre les Allemands a Studzianki. En septembre 1944, l'Armée polonaise entreprit une tentative échouée, terminée par d'importantes pertes, de secours aux insurgés de Varsovie. Notons au passage que le Général Berling refusa d'exécuter les ordres de Staline. Staline a donné ordre à l'Armée rouge de laisser les allemands exterminer la résistance de Varsovie. Berling a donné ordre de venir en aide aux insurgés. Berling a été rappelé à Moscou pour son insubordination. Des janvier 1945, l'armée populaire polonaise a pris part à la grande offensive lancée par les troupes soviétiques : en février et mars, elle combattit dans la lutte dramatique visant a rompre le mur de Poméranie, ligne fortifiée de défense allemande. Elle a pris Kolberg, transformée en forteresse. Elle prit part aux combats pour Dantzig et Gdynia, de même que sur la Baie de Stettin. La participation a la conquête de Berlin vint couronner ce parcours de combat. Toute l'opération berlinoise engagea 180.000 soldats polonais des 1re et 2e Armées, et la 1ere Division (Kosciuszko) contribua à l'attaque du centre de Berlin. Hormis l'Armée Rouge, elle fut l'unique formation combattant dans la capitale allemande a avoir accroché le drapeau polonais sur les ruines de la ville. Les troupes polonaises avancèrent jusque sur l'Elbe où elles entrèrent en contact avec les unités américaines. En avril 1945, la 2e Armée traversa la Neisse pour se battre ensuite dans les environs de Dresde et Bautzen en subissant d'immenses pertes. Son parcours de combat prit fin en Tchécoslovaquie au mois de mai. Les formations aériennes polonaises composées essentiellement de pilotes soviétiques se battirent aussi contre les Allemands sur le front oriental. De la bataille de Lenino aux combats de l'Elbe 17.500 soldats périrent et presque 10.000 furent portés disparus. Les luttes en Poméranie coûtèrent le plus de victimes (5.400 soldats tués et 2.800 portés disparus), il en fut de même pour l'opération de Berlin (7.200 morts et 3.800 portés disparus). Vu l'intégration des régiments polonais dans la structure intégrée avec les soviétiques, il est difficile d'évaluer les pertes infligées à l'ennemi par les Polonais. A Berlin, les soldats de l'Armée Kosciuszko prirent entre autres quatre stations de métro et les bâtiments de l'Ecole Polytechnique et firent prisonniers 2.500 soldats allemands. L'armée polonaise à l'est était la plus importante formation militaire régulière à se battre aux côtés de l'Armée Rouge. Son parcours de combat de presque deux ans comptait plus de mille kilomètres. Situation en 1945. La Pologne a été libérée par l'Armée rouge et l'armée populaire de Pologne. L'Armée rouge a réduit au silence les cadres de l'A.K. (voir le fameux et fumeux procès de Moscou). Les pays occidentaux reconnaissent comme légal le seul gouvernement mis en place par Staline. Pour la population polonaise, coupée des sources d'information de l'occident (a radio Free Europe en langue polonaise n'existe pas encore), elle constate une occupation russe, une armée polonaise qui a libéré le territoire national, pour elle l'armée populaire de Pologne a tous les aspects de la légitimité. Il faut ajouter à cela la création d'un pseudo gouvernement d'union nationale et une propagande communiste efficace. Lorsqu'on propose à mon beau-père d'entrer à l'armée comme officier, lui qui n'a fait que son école primaire, lui qui a eu faim et froid pendant la guerre, lui qui est d'origine modeste, la question est vite réglée. L'armée polonaise se présentera comme l'héritière des combats de 39-45 et développera une idéologie simple : nous sommes les garants de la souveraineté de la Pologne enfin libre. Le silence sur Katin ne sera levé que vers 1990 ! La création de la Bundeswehr en violation des accords de Paris, les guerres colonialistes en Occident et la guerre du Viet-nam seront autant de raisons pour les officiers de l'armée polonaise de croire en la pertinence de leur combat vis-à-vis d'un Occident présenté comme un ennemi de classe et un ennemi tout court pour la souveraineté de la Pologne. La Pologne redoute à cette époque que ses nouveaux territoires soient à nouveau revendiqués par les allemands. lire la page communisme avec le dossier sur les tortures et l'élimination de l'A.K. |
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