Les découvertes significatives de nouveaux gisements bonne qualité devraient être, en revanche, de plus en plus rares

Les découvertes significatives de nouveaux gisements bonne qualité devraient être, en revanche, de plus en plus rares.

-Les orientations de la recherche: substitution et recyclage. COIDI pour les combustibles, certains chercheurs s'intéressent de près aux possibilités de substitution. On a, par exemple, remplacé le cuivre par de l'aluminium dans les fils conducteurs d'électricité et on attend beaucoup des « nouveaux matériaux » : fibres de carbone, céramiques et polymères, qui exige des composants de base d'une grande pureté mais à faible dose.

Le recyclage, quant à lui, représentera de plus en plus une réponse double problème de l'élimination des déchets et de la raréfaction relative certaines ressources. Le taux de recyclage est, en France, de 27% pour l'al minium, de 45 % pour l'acier et de 80 % pour le platine.. La sidérurgie absorbe une part de sa production après utilisation (cuivre, zinc, plomb, nickel, étain et aluminium) : elle consomme chaque année 900000 des 16 milions de tonnes de déchets métalliques produits.

Toutefois, les évolutions techniques ne simplifient pas le recyclage dans mesure où les produits comprennent de plus en plus fréquemment c mélanges de matières (matériaux composites, alliages complexes). Aussi l'accroissement du recyclage est soit corrélé à une augmentation du prix c ressources, soit le fait d'une décision administrative.

 

BI Les ressources renouvelables

 

.Les terres cultivables

Pour les agronomes, la qualité des sols peut être appréciée au travers de deux caractéristiques: la fertilité et la durabilité.

-La question de la fertilité est complexe. Grâce aux moyens technologiques existants, on sait produire sans 'Sol, sur des substrats inertes et stéri1 Parallèlement, on sait que les pratiques agricoles intensives appauvrissent qualités naturelles du sol et modifient sa structure. C' est le cas, par exemple lorsqu'on ne rend pas suffisamment de matière organique par rapport à qui a été prélevé. Ces insuffisances sont corrigées par des transferts de fertillité comme les engrais chimiques, mais leur utilisation massive peut modifier l' équilibre chimique des sols. Dès lors, la fertilité ne se raisonne plus

comme donnée a priori mais relativement à un système de culture donné et en fonction de ce que l'on veut produire.

Il va de soi que ce constat ne doit pas servir de justificatif à n'importe quelle pratique culturale. La correction d'une dégradation du milieu peut se révéler soit trop coûteuse, soit impossible du fait d'une irréversibilité. De surcroît, l'interdépendance est forte entre le sol, l'air et l'eau. Ainsi, une altération de la porosité du sol modifie le cycle de l'eau et la perte de matière organique contribue à enrichir l'atmosphère en CO2. Enfin, le recours à la chimie entraîne une perte de qualité des aliments et peut s'avérer nuisible pour la santé, même si l'industrie a sensiblement amélioré la qualité des pro- duits proposés.

L'exportation des pratiques culturales intensives sur des sols fragiles peut donc se révéler catastrophique. Il semble par exemple que l'abandon forcé d'une partie de la surface agricole sur le pourtour du bassin méditerranéen puisse s'expliquer par une surexploitation ancienne.

-Le problème de la durabilité est un peu différent. Le sol se constitue à partir de la roche mère, il se régénère et se rajeunit en permanence. Les pratiques culturales contemporaines, l'absence de couverture végétale à certaines périodes de l'année, la diminution de la teneur en matière organique, la monoculture et, bien entendu, la déforestation font que l'érosion va plus vite que la reconstitution du sol. Chaque année, c'est O, 7 % du capital sol qui disparaîtrait ainsi. Une carte élaborée par l'Organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO) montre d'ailleurs qu'une partie du Brésil, de l'Argentine, de la côte ouest des États-Unis, les parties équatoriale et sud de l'Afrique, ainsi que l'Australie et l'ensemble du Moyen-Orient sont menacés de désertification. Chaque année, 200 000 krn2 sont transformés en désert. Notons, enfin, que de nombreuses incertitudes scientifiques demeurent sur les mécanismes de l'érosion, ce qui a pour conséquence que les solutions évoquées pour l'enrayer procèdent encore du tâtonnement.

Par ailleurs, le potentiel d'expansion rentable des surfaces cultivées est limité. La surface céréalière par habitant est passée de 0,16 hectare en 1980 à 0,14 en 1990, or on s'attend à une diminution de l'évolution de la productivité dans les prochaines décennies (courbe en S), celle-ci étant, dans l'état actuel des connaissances, fatalement soumise à une limite due aux mécanismes de la photosynthèse. Cette inquiétude, qui vient se greffer sur le spectre d'un accroissement démographique incontrôlé, est très présente dans la plupart des ouvrages académiques et des rapports d'experts, même si un optimisme relatif quant à la capacité de la terre à nourrir une population mondiale double de celle d'aujourd'hui prévaut actuellement.

 

.Les forêts

Les forêts sont à la fois productrices de ressources spécifiques, dont la principale est le bois, et support de vie par le maintien des écosystèmes, la protection contre l'érosion et la régularisation du cycle de l'eau. Le rôle souvent attribué aux forêts concernant la production d'oxygène semble en revanche habituellement surestimé. La forêt consomme, par respiration et décomposition des matières organiques mortes, autant d'oxygène qu'elle en produit. Occupant le sol, les forêts sont en concurrence avec l'agriculture et constituent une réserve à défricher. La plupart des plaines céréalières de l'Europe ont été prises sur la forêt.

D'après le rapport Brundtland (Commission mondiale sur l'environne- ment et le développement [CMED], 1989), on détruit près de Il millions d'hectares de forêts tous les ans. Le Brésil a déjà détruit 8 % de sa surface forestière et, en Afrique, 0,6 % des formations forestières disparaissent chaque année. La principale cause de déboisement est la pauvreté. En Afrique, les méthodes traditionnelles de culture (brûlage, culture, jachère), cumulées à l'accroissement démographique, entraînent les agriculteurs dans un cercle vicieux: réduction du temps de repos, perte de productivité, accroissement des surfaces cultivées. De plus, plusieurs pays vendent leur bois à un rythme trop rapide pour le maintien ou la reproduction de la ressource.

Même si l'image de la forêt « poumon de la planète » est à relativiser, sa disparition progressive, dans plusieurs régions du globe, présente un certain nombre de risques. La forêt constitue la plus grande banque génétique de la planète. De plus, sa surexploitation détruit l'équilibre des sols qui s'érodent et peuvent devenir stériles. Les climats risquent de s'en trouver modifiés (sécheresse) et des catastrophes « naturelles » peuvent se produire. En 1988, les deux tiers du Bangladesh se sont retrouvés inondés, inondation attribuée au déboisement opéré sur les bassins versants du massif himalayen. Enfin, la déforestation constitue une diminution du stock de carbone terrestre: le tiers de l'augmentation de la teneur en carbone de l'atmosphère est imputable à la déforestation.

 

.Le capital génétique

La protection de la biodiversité a fait l'objet d'une convention lors de la conférence de Rio. Cette convention fait suite à une charte signée par l'ONU, en 1982, et au rapport Brundtland qui en faisait une priorité.

Il existerait entre 10 et 50 millions d'espèces animales et végétales, dont 1,4 millions ont été identifiées. C'est principalement pour les insectes, les

algues, les champignons et les micro-organismes que nos connaissances sont les plus limitées.

-L'indispensable diversité. En termes de ressources, cette diversité constitue la base du monde vivant. L 'homme utilise le matériel génétique de deux façons: par croisement et sélection, afin d'augmenter les rendements, et par manipulation génétique, afin de créer des variétés nouvelles. Dans les deux cas, ce travail se fait en puisant dans le stock des variétés naturelles.

Or, pour certaines espèces, la diversité génétique devient étroite. Le maïs et le riz n'existent plus que dans quelques variétés représentant une petite partie de ce qu'on trouvait encore au début du siècle. La grande diversité des forêts tropicales est menacée par la déforestation. Les espèces vivant dans les milieux arides, très utiles à cause de leur adaptation à des conditions extrêmes, sont mises en danger par l'extension des pâturages. Les coraux, dont on suppose qu'ils représentent un demi-million d'espèces, s'épuisent également à un rythme très rapide.

En remontant un peu dans notre histoire, on trouve des exemples de catastrophes qui auraient pu être évitées grâce à une plus grande variabilité génétique. En Irlande, en 1846, le mildiou décime les récoltes de pommes de terre; une seule variété de pommes de terre, spécialement sensible à ce champignon, étant cultivée, s'ensuit une famine sans précédent, entraînant la mort ou l'émigration de plus d'un million de personnes. Entre 1860 et 1865, en France, un million et demi d'hectares de vigne (soit plus de la moitié du vignoble français) sont détruits par le phylloxéra; c'est le changement variétal qui permettra d'enrayer l'épidémie. En 1960, un champignon appelé Helminthos décime les champs de maïs aux États-Unis ; là encore, il se trouve que la variété la plus utilisée était aussi la plus sensible à ce parasite.

En dehors des catastrophes ponctuelles comme celles décrites ici, l'espèce humaine en général pourrait être menacée par la diminution de la biodiversité. En effet, l'homme est apparu sur la terre à un moment où la diversité génétique était maximale. Cette diversité diminuant à un rythme important, de nombreux auteurs considèrent cette diminution comme un désastre, même si les connaissances actuelles ne permettent pas d'évaluer précisément les conséquences réelles à court et moyen terme.

-La protection de la biodiversité. La protection de la biodiversité pose des problèmes particuliers en termes de droit. La FAO donne aux ressources génétiques le statut de patrimoine commun de l'humanité. En revanche, le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) revient à la notion de souveraineté des États, et les États-Unis ont ouvert la voie de

l'appropriation privée de certaines ressources génétiques en délivrant, en 1980, un brevet sur des souches de micro-organismes. Or certains auteurs considèrent que ces pratiques contribuent à abaisser la diversité génétique. Nous verrons les éléments de ce débat dans le chapitre 6.

 

.Déchets: la pléthore

Pendant longtemps, la question des déchets est restée secondaire. Aujourd'hui, leur quantité pose des problèmes et leur retraitement devient priori- taire. Nous avons déjà abordé la question de la récupération des métaux, mais nous n'avons pas encore évoqué les problèmes locaux engendrés par la conservation ou le traitement de certains déchets toxiques (p~ lesquels les déchets nucléaires), ainsi que la destruction ou le retraitement des déchets ménagers, qui se chiffrent en millions de tonnes. Une ville comme New York doit évacuer chaque jour 25 000 tonnes d'ordures ménagères.

-Des outputs indésirables, Tous les produits finis sont voués à devenir, à plus ou moins long terme, des déchets. On peut les classer en trois catégories: les déchets industriels, les déchets ménagers et les déchets organiques.