Leur élimination pose de
nombreux problèmes techniques. En dehors des mesures prises en amont afin de
réduire leur volume, on peut, selon le type de déchets, les valoriser (comme
par exemple les scories de la sidérurgie qui deviennent des engrais agricoles),
les recycler (c'est le cas du verre et du papier), les traiter (le plus souvent
par incinération après désintoxication, avec possibilité d'avoir, ici, une
source d'énergie potentielle) ou encore les enfouir (voire les immerger, comme
cela est pratiqué dans la plupart des décharges publiques ou pour certains
déchets hautement toxiques qui sont enfouis dans des containers imperméables).
-Retraiter: des investissements
nécessaires. Le traitement des différents produits dépend évidemment de leur
nature. Le recyclage, sur lequel reposent beaucoup d'espoirs, ne concerne
encore que 2 à 3 % de la totalité des déchets. La biodégradation naturelle peut
être utilisée pour les déchets organiques, voire pour certains plastiques.
L'enfouissement peut servir à reboucher les trous creusés par l'homme (mines),
voire à construire des collines artificielles comme cela s'est fait en
Virginie.
Face à ces propositions
pratiques, quelques problèmes sont souvent évoqués : le volume des déchets
urbains, souvent supérieur aux capacités de retraitement; la longévité de la
toxicité de certains déchets, notamment nucléaires, et l'absence de débat
public à ce propos; l'exportation de déchets
en direction de certains pays du
tiers monde qui sont prêts, du fait de leur grande pauvreté, à accepter sur
leur territoire des activités industrielles dangereuses ou des décharges de
produits hautement toxiques pour des « prix » nettement inférieurs à ceux
pratiqués dans les pays industrialisés.
Au terme de ce premier chapitre,
ce qui apparaît à l'évidence, c'est l'inter- dépendance et l'enchaînement des
phénomènes liés aux ressources et aux atteintes à l'environnement. Une
pollution locale peut avoir des conséquences sur des écosystèmes éloignés.
Ainsi, le plomb dégagé par les pots d'échappement se retrouve dans les glaces
de l'Antarctique. La combustion de fuel acidifie les pluies, lesquelles font
mourir les forêts, ce qui provoque de l'érosion et entraîne la baisse des
rendements agricoles. Des exemples de ce type sont nombreux et le tableau peut
sembler bien sombre.
Il revient à l'homme de
maîtriser ses activités afin qu'elles ne mettent pas en danger sa propre
survie. Tout semble lié: l'incertitude fondamentale qui commande le monde
naturel, les risques de rupture des équilibres écologiques par accumulation de
charges au-delà d'un certain seuil, la raréfaction de certaines ressources,
l'ambivalence de la relation marchés-exploitation
patrimoniale des ressources collectives, la contradiction entre mondialisation
de l'économie et accroissement des inégalités et, enfin, la perte de contact
culturel entre les sociétés modernes et le milieu naturel. L'objectif de la
suite de ce travail sera de présenter les analyses économiques et les solutions
que préconisent les économistes face à ces questions.