La Camargue
C'est à Arles qu'elle
commence
Jusqu'à la mer elle s'étend
Jalousement gardée dans les deux bras du
Rhône
Elle est terre sauvage
Royaume des taureaux
Des troupeaux de chevaux
Ecrasée de soleil
Balayée de Mistral
Bleue de saladelle
Blanche de sel
Et le soir dans le ciel
L'ocre, le violet, le rose, l' orangé
.
Camargue, riche de vie pour qui
sait regarder
Pour qui sait supporter les assauts des moustiques
Car c'est aux dernières lueurs du jour
A l'heure où le Vaccarès endort ses vagues
Que tout un petit monde s'anime :
Ca bruisse dans les roseaux
Ca couine dans la sansouiro
Ca clapote dans la roubine
Macreuses et poules d'eau s'aventurent hors du nid
Les flamants roses pataugent dans l'étang
Perché sur le tamaris, le grand-duc
Lance une oeillade à la chouette effraie
La terre craquelée libère ses locataires
Le marais résonne d'aubades et litanies
Le coucou entonne sa rengaine de nuit
Le jour, la nuit la Camargue
chante et rit.
Fifres et tambourins, descendus des Alpilles, ont
traversé la Crau, puis sauté le Grand
Rhône
pour venir jusqu'ici accompagner les danses des belles
arlésiennes.
Les chants des Fils du Vent
s'élèvent vers Sara, leur Sainte Patronne, et
Marie Jacobé et Marie Salomé.
Venues de la mer, les Saintes-Maries ont trouvé
refuge en terre camarguaise.
Leur âme vibre encore sur le sable des
dunes.
La corrida, hélas, est
entrée en Camargue mais c'est la course à la
cocarde qui a la préférence
et les jeux de chevaux et les danses et les
chants.
La Camargue, c'est aussi
l'accent qui chante autour des cabanes de gardians et des
mas aux murs blancs,
c'est la langue des troubadours
et c'est une croix. Une croix bien particulière
où tridents, ancre, coeur se mêlent pour
symboliser la foi, l'espérance et la
charité.