2) Les qualités de
l'ardoise.
Cette roche doit posséder de nombreuses qualités.
Outre sa résistance mécanique, elle doit se laisser cliver
en feuillets de 3 à 4 millimètres d'épaisseur.
Peu de phyllades répondent à ce dernier
critère. Dans la région de la Salm, on n'en trouve qu'à
Vielsalm; ailleurs, les phyllades ont la même qualité chimique
mais ne se clivent pas bien; ils ne peuvent donc pas convenir à
la confection d'ardoises.
Pour être clivable, le phyllade doit avoir une
schistosité parralèle à la stratification; celle-ci
étant bien mise en évidence par l'allure de petits joints
colorés, appelés "minants" par les anciers carriers. Ces
"minants" étaient des guides précieux car ils renseignaient
l'exploitant sur la qualité de la pierre.
3) L'exploitation de l'ardoise
à Vielsalm.
L'ardoise a été extraite à Vielsalm
depuis très longtemps. Dans un rapport de 1840, on cite une toiture
en ardoises de Vielsalm datant d'au moins 150 ans. L'ardoise y était
donc extraite et commercialisée en 1690.
Il est cependant vraisemblable d'admettre que le début
des exploitations est encore plus ancien. Victor Gomez, ancien exploitant
carrier, estime que le début de l'exploitation remonterait au moins
à la fin du XVe siècle.
L'ardoise se présente comme un énorme panneau
d'une trentaine de mètres de puissance ayant un pendage de l'ordre
de 60 à 65° vers le sud et s'étendant d'ouest en est
sur plus de 2 km.
Dans les premiers temps, la "veine" était attaquée
partout où elle affleurait.
Les exploitations étaient nombreuses et s'établissaient
sur toute la longueur de l'affleurement. Les fosses à ciel ouvert
sont encore en partie visibles au "tier des carrières".
Rapidement, du fait du fort pendage des couches, les exploitations
de surface ont été confrontées à des difficultés
techniques importantes. Il fallait approfondir, ce qui fut fait jusqu'à
la fin du siècle passé. A cette époque, les fosses
atteignaient alors une soixantaine de mètres de profondeur et devenaient
dangereuses, difficiles et coûteuses à exploiter.
A la fin du XIXe siècle, des galeries souterraines
furent creusées et, à partir de ce moment, l'ardoise n'a
plus été exploitée que par des chambres souterraines.
Economiquement, les ardoisières ont été
fortement concurrencées par des produits synthétiques
("eternit" en asbeste-ciment); ce qui a progressivement entraîné
leur fermeture dans les années soixante pour les dernières.
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