Finis Terrae:terminus, plus rien, c'est bel et bien fini, tout le monde descend, (et plus vite que ça). Après c'est la flotte, quedalle, c'est mouillé, c'est le déluge, les sirènes à moitié à poil qui sentent le poisson.Facile de voir ce département (immatriculation 29), planté au bout de la France (ou au cul du monde) sous cet angle fandard. Facile de se faire morfler. Après tout, l'autoflagellation, le pleurnichardisme à grosses gouttes, ça arrange beaucoup de monde. Surtout nous. Que les ploucs que nous sommes, restent mijoter dans leur crachin. Que ces sauvages qui parlent trop fort, sangsues de comptoir toujours prêtes à gueuler, aillent se faire pendre à leur ligne d'horizon. On a même pas le blaireau. On a Olivier de Kersauzon. Loin, très loin de l'onctuosité balladurienne, ces fils de marins ou de pécors, fronts butés, sourcils bas, accent rauque, n'ont qu'à se soigner. Avant d'aller emmerder les autres de l'autre côté des Monts d'Arrée. |
Après tout ils ont suffisament de salles de concert, de clubs exités, de public survolté(tout le monde le dit), de sirènes à moitié à poil, pour vivre tranquillement en autarcie, tranquille, peinard, bourré. Car le finistère bouffe de la musique à s'en faire péter la panse. Des groupes comme s'il en pleuvait, des programmateurs assez félés du bocal, pour organiser dans des endroits incroyablement paumés, des concerts à longueur d'année. Et pourtant de cette agitation personne n'en sait strictement couic. A part peut-être deux ou trois touristes belges qui n'ont pas trouvé de chambre libre à Carnac. Du coup, pour bien montrer qu'on peut boire jusqu'au bout de la nuit, six groupes ont été convoqués à Rennes (renno têtes de veau, rennais tête de raie, comme on dit ici entre nous. Autrement on ose pas). Car il ne faut quand même pas se voiler la face: depuis des temps immémoriaux (bonnets rouges ? Anne de Bretagne ? Louis Le Pensec ? Edouard Leclerc ? ) |
le musicien finistérien de base aime casser du sucre et des choux fleurs, sur les gens de la capitale (le parlement ! le parlement!). A eux tout le frichti. A eux les numéros "spécial Rennes" dans les magazines spécialisés, les stars à moitié à poil, les reportages sur TF1 et les Transmusicales, festival à gratin. Et dans ce festival, on y arrive, on y arrive, point de finitériens. Sentons-nous mauvais ? Avons-nous dit des choses qu'il ne fallait pas dire ? Parlez-nous, parlez-nous, envoyez-nous des fasques ! Du coup cette année, car ça ne pouvait plus durer, le Finistère se met en Transe dans deux bistrots. On ne se change pas. Rien de vraiment révolutionnaire. Pas de Beck léonard, pas de L7 cornouaillaises à moitié à poil, pas de Portishead à Camaret, ni de Massive à Logonna-Daoulas. Et le Morbihan ? Et les Cotes d'Armor dans tout ça ? Qu'ils se démmerdent. |