Poésie et engagement


    POESIE ET ENGAGEMENT


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Le poète dans la Cité

                par Silvaine Arabo

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   Parce qu'il n'est pas un être coupé des réalités de ce monde,parce qu'il signe avant

tout  son appartenance à une société,le poète véritable n'est pas le doux rêveur dont

on s'est complu à faire la caricature.

   Ecrire c'est agir.Dire,sans haine,mais avec la véhémence nécessaire,c'est combattre.

En poésie,la tradition est longue,de ces magiciens du Verbe qui n'ont pas dédaigné de

s'impliquer dans ce qui pouvait parfois paraître bien "terre-à-terre"... Mais que vaudrait

un poète qui ne saurait s'engager lorsque cela s'impose et que la dignité de l'Homme est

en jeu ? Quoi de plus noble que cette cause-là ? Quoi de moins terre-à-terre,au sens habi-

tuel de ce terme ?

   La tradition est longue,certes,de l'engagement socio-politique chez les poètes.Parce

que cet engagement a,derrière la coulisse des apparences,partie liée avec l'éthique et la

méta -physique : c'est le devenir de l'Homme qui est en jeu, son histoire, c'est-à-dire

l'histoire même de sa conscience évolutive .

   La tradition est longue,certes,des infortunés Lorca,Néruda et autres Nazim Hikmet,

à René Char,Aragon,Desnos ou Max Jacob ... J'en passe !

   Les plus grands se sont engagés,toujours. Parce que,par nature, le poète est un être

de liberté : farouchement indépendant,il ne peut être le valet d'aucun système , qu'il soit

politique ou intellectuel .Le poète épouse le mouvement de la vie : cette vie qu'il aime,

chante et respecte....Cette vie pour laquelle il est prêt à donner la sienne !

   Ecorché vif par nature,il sent la souffrance d'autrui ( homme ou animal ) comme s'il

la vivait dans sa propre chair : alors il crie,mais son cri est beauté.Il est par définition

le grand alchimiste : et parfois,parce qu'ils sont hommes,les "grands " de ce monde

l'entendent aussi ...

   Si le poète est souvent le chantre de l'amour égotique,il est aussi celui de l'amour

universel et rien de ce qui touche ses semblables ne peut lui demeurer étranger :

           " Homo sum, humani nihil a me alienum puto ", affirmait déjà Térence.

                 ( " Je suis homme, rien de ce qui est humain ne m'est étranger " )

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                              Silvaine Arabo,  26  Mai  1997

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