Verlaine : notice bio-bibliographique



   PAUL VERLAINE



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   Né à Metz en 1844 dans une famille aisée qui s'établit à Paris en 1851, Verlaine

manifeste très tôt son goût pour la poésie : dès l'âge de 14 ans il envoie ses premiers

vers à V. Hugo.

   Devenu étudiant en droit, il fréquente les cafés littéraires avec les Parnassiens

( Banville, Hérédia, Coppée...), dont il admire et partage le sens de la rigueur et le

travail d'orfèvre sur la langue.

   Le poste administratif qu'il obtient en 1864 à l'Hôtel de Ville lui laisse de la dispo-

nibilité pour ses travaux poétiques. La jeune revue "L'Art " publie deux de ses poèmes

en 1865 ainsi que deux articles : sur Barbey d'Aurevilly et sur Baudelaire; articles qui

dénotent une grande pénétration d'esprit et contribuent à la création d'une nouvelle sen-

sibilité poétique.

   En 1866, son premier recueil ," Poèmes Saturniens ", révèle déjà un ton très person-

nel : à la rigueur parnassienne s'ajoute une musicalité subtile et une envoûtante

mélancolie.Verlaine est un être profondément déchiré : doux et sensible, il s'adonne

parfois à l'alcool et l'absinthe déclenche en lui des crises d'une rare violence.

   En 1865, la mort de son père ainsi que celle d'une cousine très aimée vont accentuer

son drame personnel .Peu après, la rencontre d'une jeune fille de 16 ans, Mathilde Mau-

, lui apporte l'espoir d'une stabilité...les poèmes de " La bonne Chanson " en sont le

témoignage. Ils paraissent en 1870, l'année de son mariage avec Mathilde.

   Un an auparavant, il avait publié les " Fêtes Galantes ", recueil inspiré par les

tableaux de Watteau. Dans cet ouvrage s'affirme l'originalité de Verlaine ( un des poè-

mes du recueil ," Clair de Lune ", sera mis en musique par Gabriel Fauré et Claude

Debussy ).

   Le bonheur conjugal de Verlaine sera de courte durée : la guerre de 1870, l'enrôle-

ment dans la garde nationale, vont le déstabiliser. De plus, ses sympathies pour la

Commune lui font perdre son emploi .

   En 1871 il accueille Rimbaud, dont il a pressenti le génie, et le présente au groupe

des " Vilains Bonshommes ", où des Parnassiens convaincus côtoient des dissidents à

l'esprit gouailleur,comme Germain Nouveau qui va très vite sympathiser avec Rimbaud.

   Verlaine, tiraillé entre sa soif de stabilité et son humeur vagabonde, part finalement

avec Rimbaud en Angleterre puis en Belgique : amitié féconde mais orageuse...les poè-

mes de " Romances sans Paroles "  - qui seront publiés en 1874 - portent à la perfecti-

on l'art de Verlaine. En 1873,Verlaine tire sur Rimbaud.C'est l'emprisonnement .Il

apprend alors que Mathilde, son épouse, a obtenu la séparation légale. Repentir et souf-

france vont conduire Verlaine à retrouver peu à peu la foi de son enfance et à écrire les

poèmes si émouvants de " Sagesse " ( recueil qui paraîtra en 1881 ).

   A sa sortie de prison, on le retrouve professeur en Angleterre puis en France.

   En 1882, il revient vivre chez sa mère. Le voici de nouveau déchiré par ses tendan-

ces contradictoires...La mort de sa mère en 1886 le plonge dans la détresse morale et

matérielle.Cependant sa célébrité s'est progressivement accrue : plusieurs revues ( Le

Chat Noir, Lutèce, Le Décadent...)lui rendent hommage et sollicitent sa collaboration.

La publication des " Poètes Maudits " joue un rôle décisif dans l'élaboration du Sym-

bolisme.

   En 1886 le " Manifeste Littéraire " de Jean Moréas reconnaît Verlaine comme un

des maîtres de l'école nouvelle : son " Art Poétique ", paru dans " Jadis et Naguère "

en 1884, est revendiqué par les Symbolistes qui se retrouvent à ses " Mercredis ".On

le sollicite pour conférences et articles...

   Les recueils qu'il fait alors paraître reflètent ses déchirements ( le titre " parallèle-

ment " est significatif ).

   Après de fréquents séjours à l'hôpital, il meurt en 1896 : une foule d'artistes et

d'admirateurs se presse pour rendre un dernier hommage à celui qui fut, en 1894,

sacré " Prince des Poètes ".
 

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