( 1867 - 1916 )
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Haïku de 1895
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Brise automnale
Je monte la pente
Pour contempler les montagnes
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Montagnes automnales
Tranquilles les nuages
Circulaient
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Les nuages viennent
Les nuages vont
A la cascade érables rougis
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Sôseki s'amuse ici à des allitérations à la Buson : quatre voyelles avec la consonne k : ku, ki, ko, ka.
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La brise automnale
Souffle sur la cascade
L'incline vers le nord
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On sèche le maïs
Sur une unique maison
Dans la vallée
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Pleine lune estivale
Il est bien loin mon village natal
Ombres
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Parfum des chrysanthèmes
Il est bien loin mon village natal
Même si c'est mon pays ici
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Poissons blancs
La jolie fille
Les effleure voir
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Ah ! les deutzies
Je sors en offrir
Un vase plein
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Début de l'hiver dans la montagne
J'entends le son des coupe-coupe
Coupant les bambous
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On s'est calfeutré pour l'hiver
Martèlement des pilons à riz
A peine perceptible
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Sur le lac gelé
Sur la glace
Un brasier
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HAIKU DE 1896
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Abricotiers épanouis
Matinée à Nara
Adorable !
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Dans l'auge dispersés
Les pétales de camélia
Ont gelé
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Navire incendié
On fait son possihle
Cris des pluviers
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Herbes nouvelles
Le panier aux palourdes
Tout dégouttant
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Les shijimi sont exactement des corbicula atrata , sorte de palourdes d'eau douce. L'eau
ruisselle à travers le panier.
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Voile en nattes
Juste au-dessus s'élève tout droit
Et chante l'alouette
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Vieux sentier
Odeur des champs brûlés
Pluie sur le chapeau conique
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On anonne l'abécédaire
Ciel terre mystère jaune
Fleurs d'abricotier
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Un enfant apprend à écrire dans le Manuel des Mille Caractères, qui commence précisément
par les mots "Ciel, terre, mystère, jaune".
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Hirondelles
Avec ses rideaux rouges
Le magasin Matsuzaka
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Pleine mer
Fraîcheur
La lune apparaît
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Début d'automne
Mille pins se sont mis
A remuer
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Sur une lune pleine
Bien ronde se détache
L'ombre d'un bonze
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Luffa la longue
Gourde éponge
Est descendue
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Luffa est une sorte de cucurbite assez fade, que nous mangions, au Tonkin, durant la guerre,
faute d'autre chose.
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HAIKU DE 1898
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C'est le départ.Lune voilée
On souffle dans l'orgue à bouche
On se sépare
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Nuit de printemps
Un garçon au pair
Joue de la flûte d'herbes
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Des lutteurs nus
Le visage anxieux
Pluie de midi
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Saumons mis à sécher
Accrochés
A des poteaux
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HAIKU DE 1899
Vraiment imposant
Se dresse le portique d'entrée
Allées d'arbres effeuillés
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Mousses sur les pins
Les grues sont élancées
Printemps des dieux
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Dans le divin jardin
Les grues en liberté
Fleurs de prunier
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Je prie les dieux
Je suis sans amour
Printemps à Usa
*
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Ces poèmes sont extraits de TANKA HAIKU RENGA, Edit. LES
BELLES - LETTRES,traduction et annotations de Maurice COYAUD.
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Je remercie les Editions des BELLES LETTRES ainsi que Maurice Coyaud de
m'avoir aimablement autorisée à reproduire ces textes.
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