Coucy - Le -
Château 
Page 2/4 : De 1440 à 1829 :
III) Le réaménagement
Enguerrand IV, ayant fait pendre sans jugement trois jeunes nobles qui chassaient sur les terres de Coucy, fut jugé par Saint-Louis et condamné à une très forte amende. Mais il faut attendre le dernier personnage de cette illustre lignée pour voir le château s'embellir à nouveau.
Celui-ci, Enguerrand VII, eut une vie exceptionnelle, petit-fils de l'archiduc d'Autriche, gendre du roi d'Angleterre, fidèle vassal du roi de France, il se distingua par ses expéditions militaires et diplomatiques à travers toute l'Europe et il transforma la vieille forteresse en un somptueux palais. Les rez-de-chaussée furent revoûtés pour supporter les nouveaux bâtiments résidentiels : la salle d'honneur, décorée par les statues de Preux, ainsi que le logis seigneurial où se trouvait la cheminée des Preuses. Ces embellissements sont caractéristiques de cette époque où le roi Charles V achève les travaux du Louvre et de Vincennes. Enguerrand VII mourut en Turquie, après la bataille de Nicopolis, sans laisser d'héritier mâle.
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Sceau d'Enguerrand VII de Coucy (1369). Demay inventaire des sceaux de Flandre (2eme volume, Paris 1873) |
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En 1400, Louis d'Orléans frère de Charles VI et constructeur des châteaux de Pierrefonds et de la Ferté-Milon achète le domaine de Coucy pour compléter la défense de son duché du Valois. Il fit achever les aménagements d'Enguerrand VII. Ce furent les dernières étapes de la construction médiévale, car le XVe siècle est une période de guerre.
Après l'assassinat du Duc d'Orléans en 1407, le château devient un enjeu dans la lutte entre Armagnacs et Bourguignons. Il est assiégé et pris plusieurs fois, en 1411 son premier siège dura trois mois mais la garnison se rendit avec les honneurs. En 1498, devenant roi de France sous le nom de Louis XII, le petit fils de Louis d'Orléans fait passer Coucy dans le domaine de la Couronne, ce qui permit à huit rois de France d'hériter du titre de Sire de Coucy à leur avènement, faisant ainsi mentir la célèbre devise.
Vers 1540, nouvelle période de construction, François 1er y fait construire un logis Renaissance au-dessus de l'entrée et Henri II renforce les fortifications de la porte de Laon pour les adapter à l'artillerie. C'est de cette époque que date la plus ancienne représentation graphique du château, on la doit à Jacques Androuet Du Cerceau, architecte qui réalisa vers 1576 un inventaire des demeures royales d'Ile de France intitulé "Les plus excellens bastiments de France". Henri IV y réside probablement, mais c'est dans un hôtel particulier de la ville que sa maîtresse Gabrielle d'Estrées donne naissance à César, duc de Vendôme.
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Représentation du château par Jacques Androuet Ducerceau (1576). Côté Nord (à gauche) . Côté Sud (à droite) |
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IV) L'Abandon
En 1652 pendant les troubles de la Fronde, le gouverneur du Duc d'Orléans refusa de remettre le château aux troupes royales. La place s'étant rendue après trois mois de siège, Mazarin décida le démantèlement de cette forteresse, devenue trop dangereuse pour le pouvoir royal. L'ingénieur Métezeau fit détruire les portes, la chemise ainsi que les voûtes des tours et du donjon, rendant désormais le château militairement inutilisable.
| Abandonné, pillé par la population, transformé en prison à la Révolution puis en carrière de pierres jusqu'en 1829 où Louis-Philippe l'achète pour 6000 Francs et le sauve ainsi de la destruction totale. |
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