Richard Bona Richard Bona

DOSSIER DE LA REDACTION

 

RICHARD BONA - Scenes From My Life

Columbia / Sony Music - CK 69768

sortie le 24 aout 99

 

Chanteur, compositeur et instrumentiste aux multiples talents, RICHARD BONA vient de rejoindre la famille des artistes de Columbia Jazz. Malgre son jeune age - il a 31 ans a peine - RICHARD BONA possede deja une vie artistique pleine de rebondissements. Tour a tour exuberants ou sensibles, les 12 morceaux de son 1er album (qui est sorti le 24 aout 1999 chez Columbia) puisent largement dans son experience. RICHARD BONA chante dans sa langue maternelle, et traite aussi bien de themes personnels - souvenir d'un ami emprisonne, d'un orphelin de guerre errant dans les rues en Roumanie, de la perte de son pere - que de sujets de portee plus universelle : il s'interroge sur la foi, la communication entre les etres humains, et lance meme un appel a vivre les choses plus lentement pour profiter plus pleinement de la vie.

Ne en 1967 dans le village de Minta, dans l'est du Cameroun, RICHARD BONA a grandi au sein d'une famille ou la musique est reine. Son grand-pere etait chanteur et percussioniste de renom. Sa mere, chanteuse egalement, remarqua tres tot que son fils avait de grandes affinites avec la musique.

"Vers l'age de 3 ans, je pleurais beaucoup, sans raison", se souvient BONA en riant. "Un jour, quelqu'un a apporte un balafon chez nous et s'est mis a jouer. J'ai cesse de pleurer ; je suis reste assis a l'ecouter pendant des heures." Ingenieux et assidu, l'enfant fabriqua bientot son propre balafon avec des chutes de bois glanees aux alentours du village, et s'entraina a jouer de son nouvel instrument 8 a 12 heures par jour.

RICHARD BONA se produisit pour la 1re fois en public a l'age de 5 ans, dans l'eglise de son village, en chantant avec sa mere et ses 4 soeurs. Comme il etait assez difficile de se procurer des instruments de musique au village, il devait souvent les fabriquer lui-meme. Ainsi fabriqua-t-il plusieurs flutes, diverses percussions en bois et meme une guitare a 12 cordes. L'absence d'un magasin a proximite etait un handicap majeur pour l'enfant qui trouva finalement un moyen original de se procurer des cordes de guitare.

"J'allais trainer du cote des ateliers de reparation de bicyclette", se souvient-il, "et quand personne ne faisait attention, je chapardais des cables de frein de velo pour en faire des cordes!"

La renommee du jeune prodige se repandit dans le village. Bientot on fit appel a ses talents de chanteur et de musicien pour animer baptemes, mariages et autres ceremonies religieuses. Mais l'attrait de la grande ville se fit rapidement sentir. RICHARD BONA partir vivre a Douala avec son pere et trouva immediatement du travail comme musicien.

"Je compris sans peine que la guitare etait l'instrument a la mode, hors duquel il n'y avait point de salut", nous dit-il. Il se rendit tres vite compte qu'il etait capable d'apprendre pratiquement n'importe quel instrument rien qu'en observant quelqu'un en jouer. Il loua donc une vraie guitare pour remplacer son instrument "fait maison" et trouva sans peine des engagements. Il n'avait alors que 11 ans.

Sa vie prit un tournant en 1980 lorsqu'un Francais s'etablit a Douala et ouvrit un club de jazz dans un des hotels de la ville. Il engagea le jeune prodige local et le chargea de constituer un groupe. "Je ne connaissais rien au Jazz", raconte RICHARD BONA, "mais j'etais bien paye, alors j'ai accepte." L'hotel fournissait les instruments : RICHARD y passait ses journees ; il s'y exercait a jouer de tous les instruments et apprenait tout seul a lire et a ecrire la musique. Le proprietaire du club possedait quelques 500 disques de Jazz qu'il fit envoyer sur place, en recommandant au jeune garcon de se familiariser avec ce repertoire.

Le hasard voulut qu'il choisisse en premier l'album eponyme de Jaco PASTORIUS, virtuose de la guitare basse electrique. L'interpretation de "Portrait Of Tracy" bouleversa litteralement sa vie. "Avant de connaitre Jaco", declare-t-il, "je n'avais jamais songe a jouer de la basse. Ma reaction immediate a la premiere ecoute fut de verifier si je ne m'etais pas trompe de vitesse sur le tourne-disques! Je ccroyais que le 33 tours passait en 45!"

Fascine par le son et le style de Jaco, il se mit immediatement a la guitare basse et imita son style. Il s'immergea egalement dans l'atmosphere et la musique de WEATHER REPORT et d'autres renseignements de Jazz, operant un retour stylistique de la Fusion vers des styles plus traditionnels. Quand son pere mourut - il n'avait lui-meme que 17 ans - RICHARD BONA comprit que le temps etait venu pour de nouvelles aventures. A 22 ans, il quitta l'Afrique pour Paris.

"Je suis arrive a Paris en plein hiver", se souvient-il. "Mais au Cameroun, il n'y a pas d'hiver et j'ignorais ce que c'etait. J'ai debarque a Paris en shorts et en chemisette, j'etais frigorifie a la sortie de l'avion! Il y avait de la neige partout. Je n'en avais jamais vu de ma vie. J'etais panique, je voulais tourner les talons et rentrer chez moi tout de suite!"

Un steward compatissant lui donna son chandail et parvint a le convaincre de tenter sa chance quand meme. 2 mois plus tard, RICHARD BONA participait regulierement aux concerts de grands jazzmen francais tels Didier LOCKWOOD et Marc DUCRET, ainsi que de stars africaines comme Manu DIBANGO et Salif KEITA.

Pendant les 7 annees de son sejour parisien, RICHARD BONA suivit des cours dans une ecole de musique pour affiner son talent de compositeur et s'investit a fond dans le repertoire de grands noms du jazz : Miles DAVIS, Chet BAKER et Ben WEBSTER. Lors d'un concert dans un festival de Jazz, au cours d'une tournee au Senegal avec son ensemble "Point Cardinale" (avec en invite Jean-Michel PILC, son clavieriste actuel), il fit la connaissance de la flutiste americaine Colette MICHAAN qui l'invita a New York pour une visite de 4 jours qui dura finalement 2 semaines. RICHARD BONA ne parlait pas anglais, mais Colette MICHAAN avait les contacts necessaires, et la musique du jeune homme etait son meilleur interprete. Les musiciens du cru l'accueillirent immediatement comme un des leurs et RICHARD BONA comprit qu'il avait trouve son port d'attache musical.

Installe a New York fin 1995, il reprit contact avec Joe ZAWINUL, avec lequel il avait joue a Paris et participa a l'enregistrement de son album "My People" ainsi qu'a la tournee mondiale qui s'ensuivit. De retour a New York, RICHARD BONA multiplia les engagements dans tous les clubs du centre-ville. C'est dans l'un de ces clubs que Jake HOLMES, auteur de nombreux morceaux pour Harry BELAFONTE, l'entendit. RICHARD BONA se retrouva directeur musical peu de temps apres et devint leader du groupe de ce dernier pendant un an et demi.

Il travailla ensuite avec de grands artistes tels que Larry CORYELL, Michael et Randy BRECKER, ainsi que Steve GADD. En 1998, il decouvrit Columbia Jazz par l'intermediaire d'un de ses consultants, Branford MARSALIS, qui lui proposa de jouer de la basse sur le 1er album de Frank McCOMB, chanteurde Buckshot LeFonque. A la fin de l'annee 1998, Columbia engagea RICHARD BONA et lui fit enregistrer son 1er album : ce disque aux multiples facettes, avec le clavieriste Jean-Michel PILC, compagnon de longue date, Michael BRECKER et Omar HAKIM, rend justice non seulement a sa celebre virtuosite instrumentale mais aussi a sa voix expressive et a ses talents d'auteur-compositeur.

RICHARD BONA vit a Manhattan avec son fils Leo, age de 6 mois. Sa fille Crystal, 12 ans, vit a Paris chez sa tante. Il se produit regulierement a Ilzzy Bar et au Zinc Bar, 2 clubs qui ont contribue a asseoir la reputation de cet extraordinaire bassiste a la voix envoutante. Avec cet album ou se metissent racines africaines, tendances Jazz et textes forts, RICHARD BONA contribue au developpement de sa musique a travers le monde, en repoussant encore un peu plus loin les limites du Jazz.

 

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