TO SPITI TOU HYLAS...
| Hommage à ABÛ NUWÂS, "L'homme aux longs cheveux bouclés"... Assurément l'un des plus grands, voire le plus grand poète arabe ! |
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J'ai quitté les filles pour les garçons et pour le vin vieux, j'ai laissé l'eau claire. Loin du droit chemin, j'ai pris sans façon celui du péché, car je le préfère. J'ai coupé les rênes et sans remords j'ai enlevé la bride avec le mors. Me voilà tombé amoureux d'un faon coquet, qui massacre la langue arabe. Brillant comme un clair de lune, son front chasse les ténèbres de la nuit noire. Il n'aime porter chemise en coton ni manteau de poil du nomade arabe. Il s'habille court sur ses fines hanches, mais ses vêtements ont de longues manches. Ses pieds sont chaussés et, sous son manteau, le riche brocart offert se devine. Il part en campagne et monte à l'assaut, décoche ses flèches et ses javelines. Il cache l'ardeur de la guerre et son attitude au feu n'est que magnanime. Je suis ignorant, en comparaison d'un jeune garçon ou d'une gamine. Pourtant, comment confondre une chienne qui eut ses règles chaque mois et mis bas chaque année, Avec celui que je vois à la dérobée : Je voudrais tant qu'il vînt me rendre mon salut ! Je lui laisse voir toutes mes pensées, Sans peur du muezzin et de l'îmam non plus. |
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Janân a pris mon cœur, dont il ne reste rien : Les deux tiers de mon coeur Et les deux tiers du reste Et les deux tiers du dernier reste, Au serveur leste, Le tiers du tiers. Six parts pour les amants enfin. |
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Son corps est très bien fait, ses lignes sont parfaites et du cheval de race il a les sveltes flancs. Des coptes égyptiens son père est un des grands, qui tout Nabatéen, avec orgueil rejette. Il me servit de l'eau claire et pure du nil, coupée avec du vin des vignobles d'Asyoût, connu pour son odeur, sa couleur et son goût et qui, dans la bouteille, luit comme de l'huile. Quand au garçon, je l'ai pris tout seul dans un coin, pour mon plaisir, Et je lui chantai des poèmes... |
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Je meurs d'amour pour lui, en tout point accompli et qui se perd en entandant de la musique. Mes yeux ne quittent pas son aimable physique, sans que je m'emerveille à le voir si joli. Sa taille est un roseau, sa face est une lune et de sa joue en feu ruisselle la beauté. Je meurs d'amour pour toi, mais garde mon secret : Le lien qui nous unit est une corde sûre. Que de temps il fallut, pour te creer, aux anges ! Tant pis pour les envieux : je chante ta louange. Mon protégé a de la fièvre, qui remplace la couleur de ses joues par la rougeur. Je voudrais tant que sa fièvre m'habite deux fois plus forte Et qu'un jour me soit un mois, pour que le mal se transporte jusqu'à mon corps, jusqu'à moi ! J'ai demandé à la fièvre : " Il faut donc que tu y tiennes ? " Elle dit : " autant que toi. " Je lui ai dit : " Je te jure de ne plus penser à lui. " Comme s'il était besoin de le tirer de l'oubli... Alors, qu'à cela ne tienne ! Ses larmes coulent sur les roses de ses joues, parce que je l'ai embrassé à l'improviste. Mais quand je lui tendis un verre, déjà ivre, il défit sa ceinture en faisant une mue. Malheur à moi quand il sortira du sommeil de l'ivresse ! me tuera-t-il à son réveil, Pour , des yeus, me punir de sa mésaventure ? N'ai-je pas dérangé le noeud de sa ceinture ? Ce que les pantalons ont caché se révèle. Tout est visible. Rince toi l'oeil à loisir. Tu vois une croupe, un dos mince et svelte Et rien ne pourraît gâcher ton plaisir. On se chuchotte des formules pieuses... Dieu que le bain est chose délicieuse ! Même quand, venant avec leurs serviettes, Les garçons de bain ont troublé la fête. |
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Quand je vis ce beau jeune homme, Il riait à belles dents. Nous étions tous deux, en somme, Seuls avec Dieu. Cependant, Il mit sa main dans la mienne Et me fis tout un discours, Puis me dit : " Est ce que tu m'aimes ? " " Oui, au dela de l'amour. " " Donc, dit il, tu me désires ? " " Tout est désirable en toi. " " Crains Dieu alors, oublie moi ! " " Si mon coeur veut m'obéir.... " |
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Toi qui efface mon baiser, tu t'étais pourtant laissé faire... As tu pris peur - je me demande - que ton maître te réprimande ? Mais un baiser laisse une trace qui montre bien que l'on t'embrasse. Sais tu ce qu'il te reste à faire ? Rien d'autre qu'à recommencer. En voilà une belle affaire ! Reviens donc te faire embrasser ! Car je n'ai plus, sur ta joue ronde, que ce baiser qui vagabonde. Toi qui met le feu à la terre et tiens éveillés les dormeurs, Quand ton ombre, la nuit dernière, m'a visité, pour mon bonheur, Je lui ai dis : " Sois bienvenue ! Je m'offre en sacrifice à toi. mais j'aimeras mieux ta venue au réveil, quand je ne dors pas. " O, sentir ta joue ingénue ! Est ce un péché - ne l'est ce pas ? |
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Je regarde Hamdân et dis à mon amis : " Cela fait bien longtemps qu'il me l'avais promis de ne laisser pousser sa barbe qu'à condition de laisser galbre son entrecuisse. Souviens toi de sa splendeur, du temps heureux de sa jeunesse en fleur, quand sa beauté lui gagnait tout les coeurs. Mais après tout, que sais tu d'avouable ? " |
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Ses deux accroche-coeurs se cambraient sur ses tempes : on eût dit des scorpions. Et sa robe de soie était ouverte et ample. Il est comme un diamant, qui réveille les coeurs, excite le désir. Si un jour il t'invite, n'hesite pas, car tout est facile avec lui et son esprit habite le beau corps lumineux qui se fond avec lui, comme un nuage au vent. Imaginerait-on que, quelque part, existe un autre être vivant dont la beauté puisse être comme sa réplique ? |