jacques louis david

Erosistrate découvrant la cause de la maladie d'Antiochus

1774

Bélisaire

1780

Le Serment des Horaces

1784

Les licteurs rapportant à Brutus le corps de ses fils conspirateurs contre Rome

1789

Le Marat

1793

Le serment du Jeu de Paume

1791

Les Sabines

1798-1799

détail du

Sacre

1807

Léonidas aux Thermopyles

1800-1812

Jacques Louis David (1748-1825)

Il est sans aucun doute la figure majeure de la peinture Néo classicique. Pourtant il est un cousin éloigné de François Boucher (Grand maître du Rococo). Ses premières oeuvres luttent entre le Rococo et la sévérité nouvelle du retour à l'antique. C'est Boucher qui le recommande à Vien. En 1773 Il décore l'Hotel de Ledoux à la suite et dans le style de Fragonard.

1771 Combat de Minerve contre Mars: Le style est très Rococo, et rapelle le Vénus et Vulcain de Boucher. Il y a dans cette toile un mouvement permanent des couleurs, et une sensualité qui font penser aux scènes galantes. C'est son premier échec au prix de Rome. Il n'est pas à la mode, par ce que trop coloriste. Suvet aura le prix et David en fera une dépression.

1773 La mort de Sénèque: nouvel échec au prix de Rome, qui revient à Peyron. L'oeuvre de David contient encore trop de "fioritures à la Boucher" qui sont en contradiction avec le cadre et les positions grandiloquantes. D'un côtès il y a des mouvements de pinceau dans les tissus, de l'autre une virilité des gestes de Sénèque (Retenue, ampleur et dignité). On peut également remarquer une opposition entre le masculin et le féminin (le femme étant du côtès de la sensiblerie et de la mièvrerie) Le clair obscur de l'ensemble fait référence à Carravage. Dans cette oeuvre, David se place entre la sensibilité des corps de Fragonard, Boucher et Rubens et le Néo classicisme plus dur et sobre.

1774 Erosistrate découvrant la cause de la mort de la maladie d'Antiochus: Il a enfin le prix de Rome. La lumière se place sur certains personnages et l'ombre sur d'autres. Le mourant a une attitude beaucoup plus virile. Donc en 1775, il part à rome avec Vien, il y étudie non seulement les antiques mais également Nicolas Poussin. Sa conversion au nouveau style se fera par la rencontre en Aout 1779, de l'amateur Denon et surtout du théoricien Quatremère de Quincy.

1778 Le corps d'Hector: Met en avant l'héroisme et le don de soi, obscurité du fond (Carravagisme) Idée que l'héroïsme donne l'immortalité.

1779 Les funérailles de Patrôcle: Confus et dramatique, cette mise en scène grandiose est dans le style de celles de Lebrun. Représentation picturale du thème du sacrifice.

1779 Portrait du comte Potocki: c'est une retransposition du thème antique de Marc Aurèle, ce portrait équestre d'un érudie Polonais est une annonce de son futur portrait de Bonaparte. Cette oeuvre dénote aussi l'influence de Rubens et de Van Dick.

 

1780 Bélisaire: le sujet est une histoire célèbre racontée par Marmontel, d'un général victime d'un souverain pour lequel il a risqué sa vie. Ce héros de la guerre se retrouve entrain de mendier, aveugle, mais également reconnu par un de ses anciens officiers qui se dirige vers lui pour le secourir. C'est évidemment un pamphlet contre l'aristocratie, en mettant en avant les dangers d'une dictature mal éclairée.

En 1784 il regagne L'Italie est réalise sont plus grand chef d'oeuvre: Le serment des Horaces: c'est une commande du roi, qui obtient un triomphe à Rome la même année. Cette peinture devient le manifeste de la nouvelle école. Sujet romain, sobriété du décor, solemnité contrastée de la scène, tension dramatique et morale, construction géométrique selon les partitions harmoniques, composition en frise et disposition en frise font de cette oeuvre l'exemple du style Néo classique. Les couleurs sont froides et claires et soumisent aux formes (dessin). Il exprime le thème du sacrifice pour le bien public, idée d'un art au service de la nation. Il sera influencé par le Serment de Brutus de Gavin hamilton, mais surtout par Poussin dont il empruntera le groupe de femmes de L'enlèvement des Sabines. Il utilisera également la technique de Poussin des petits manequins sur lesquels on place des drappés.

1786 La mort de Socrate: il s'inspire du Phédon de Platon, ici mise en avant du courage face à la mort, c'est une commande des Truden qui font partie de l'aristocratie intellectuelle et cultivée. De retour à Paris il rencontre John Trumbell le futur peintre de la révolution américaine. 1789 Hélène et Paris: c'est une commande du Comte d'Artois (frère de Louis XVI), ici c'est un couple illégitime en opposition avec le couple "Davidien" modèle Hector et Andromaque. Le décors possèdent de vrais antiques, un brule parfum d'Herculanum et les cariatydes du Louvres.

 

1789 Les licteurs rapportant à Brutus le corps de ses fils conspirateurs contre Rome: David fait ici référence au Brutus de Voltaire de 1730. Il oppose dans son tableau le calme du groupe des hommes à l'agitation de celui des femmes. Brutus est dans la pénombre, il exprime la méditation, la mélancolie et la réflexion. Une statue de Rome s'interpose à contre jour entre le père et les fils, elle est une figure dominatrice. Idée du citoyen qui se donne librement à la cité. La corbeille des femmes (nature morte) semble symboliser l'univers de la maison s'opposant à celui de la loie. Le contour des hommes est plus présent que celui des femmes ces dernières sont du côtès du passé, celui du Rococo. Ambiguïté de l'ombre de Brutus (Est il un meurtrier?) Présence d'un bas relief antique célèbre en décors celui de Rémus et Romulus, le groupe de femmes s'inspire d'une scupture antique Les filles de Niobé et la tête de Brutus s'inspire d'un buste romain. Le comte d'Anguiliomier fait demander à Vien de refuser le tableau, par ce que trop critique envers la monarchie. Le 12 Aout le journaliste Fedel fait une campagne violente contre la non exposition.

Aprés la révolution, David devient député à la convention, qu'il préside à deux reprises. Il vote la mort du roi. En 1793, il obtient la suppression de l'académie de peinture, il réorganise l'enseignement et les institutions artistiques sur des bases libérales, il s'occupe des musées, des monuments, du théâtre, de l'urbanisme, des uniformes, des sabres et des rideaux de l'opéra. il sera également ordonateur des fêtes révolutionnnaires, celle en l'honneur des Suisses de Chateauroux, celle pour la reprise de Toulon, celle en l'honneur de Marat, celle en l'honneur de Viala, la fête de la fraternité de 1793, et la fête de l'être suprème de 1794 (dans laquelle il met au point une montagne artificielle)

Parallèlement à ses nouvelles fonctions, il continue à peindre et réalise trois peintures de martyre de la révolution:

Le Bara: Il est à la fois une sorte de St Sébastien révolutionnaire, sous la forme d'un nu idéalisé, rapellant les spartiates de Wincklemann mais aussi le Narcisse de Poussin. Enfin on peut noter ici l'absence de décors.

Le péletier de St Fargeau: C'est un noble qui à voté la mort du roi et que ses anciens amis ont assassiné pour trahison. la toile est aujourd'hui disparue. David a représenté au dessus du malheureux une épée de Damoclès symbolisant la vengeance qui menace tout les régicides.

Le Marat: c'est une représentation laïque du Christ mort. Dans cette peinture l'horreur y est sublimée, l'éclairage est contrasté et la géométrie stricte. Le linge est traitté comme une nature morte, et la baignoire semble être un lit. Dans la main droite du défunt se place une plume l'arme avec laquelle il a défendu la cause révolutionnaire, présence aussi d'un billet de Charlotte Corday (sa meurtrière). Sur la Stèle est gravé "A.MARAT DAVID" idéalisation de la mort, véritable transfiguration. Marat devient une sorte de héros antique comme Phocion ou Socrate. David fera également la mise en scène de ses obsèques.

Le serment du Jeu de Paume: mise en scène d'un des évènement mytique de le révolution française. Le Roi refuse "l'assemblée nationale" au Louvres, Guillautin trouve une autre salle. David y fait le portrait de nombreux participants célèbres de cette assemblée improvisée. Bailly le président de l'assemblée est sur une estrade. Les rideaux au fond sont comme emportés par le vent de l'histoire. Un seul ne fait pas le serment, il tient sa tête entre ses mains (Martin Dauch de Castillane). "Nous jurons de ne jamais nous séparer" Ils fondent l'assemblée constituante présidée par le tièrs Etat. Il y a ici une idéalisation de la salle du jeu de Paume. Ce tableau semble être un équivalent du tableau d'autel mais à la mode révolutionnaire. Sorte de miroir de la foie du peuple. Pauvreté de la salle compensée par la noblesse du peuple. Mirabeau dira "Une prison transformée en temple de la liberté".

Aprés Thermidor et la chute de Robespierre, David va en prison en 1794 mais il est amistié en Octobre. Sous le Directoire, il fait un repli provisoire, intermède calme et de purification stylistique. 1794-1799

 

Les Sabines: Symbolisant la réconciliation nationale. Il part d'une illustration de Flaxmann de l'Iliade. Cette oeuvre se compose d'une succession de plans en profondeur, comme une succession de bas relièf dans lesquels les figures se juxtaposent "Je veux faire du grec pur" "Je me nourris les yeux des statues grecques" "Je veux ramener l'art aux principes des gecs". Cette oeuvre illustre le moment de la fin de la guerre, en ligne droite du Directoire. Changement du rôle des femmes, elles s'interposent entre les romains et les sabins. Hersilie se place entre Romulus et Tatius (entre son mari et son père). David devient ensuite le peintre de l'empire. Il cite Plutarque: "J'avais toujours bien pensé que nous étions pas assez vertueux pour être républicain" A partir de 1797 il voue son art à Napoléon.

1801 Bonaparte franchissant le mont St Bernard: le traitement du cheval est presque romantique. La présence de lettres romaines ( Annibale, Charlemagne) rapproche Bonaparte des grands conquèrants de l'histoire. La présence du vent fort rajoute à l'héroisme. Il trahit la réalité historique, car en réalité le mont St Bernard fut franchi à dos de mulet. Il fait de Napolèon une incarnation de l'histoire.

 

1807 Le Sacre: Dans cette oeuvre il utilise une composition savante non sans rapeller Les noces de Cana de Véronèse. Le décors est le coeur de Notre Dame décorré par Piercé et Fontaine. Ici aussi David à modifier la réalité, en effet Napoléon s'est couronné seul, et de nombreuses personnes présentes sur la toile étaient en réalité absentes. On peut reproché à cette peinture sont côtés "galerie de portraits" qui nuit à l'unité de l'ensemble, lui donnant un côtés pompeux. Il réalisera dans le même genre La remise des aigles.

Juliette Récamier: Il la représente en Sybille antique en peplum. Il se dégage de ce portrait une froideur glaciale et sculpturale, rapêllant certaines sculpture de Canova, alors sclpteur de l'empire.

 

1800 puis 1812-14 Léonidas aux Thermopyles: C'est une apologie de la Grèce et du nu viril. grande froideur de l'ensemble, et composition dispersée. Léonidas au centre de la scène est sans passion ni mouvements. Il est une sorte de rhétorique abstraite, une addition de dogmes esthétiques.

Sapho et Phaon: Ce n'est plus une peinture héroïque mais bien une peinture galante sous une forme Néo classique, ce que l'on appelle un ana créontisme d'empire. Il met en avant les rondeurs érotiques des corps. C'est un intèrieur somptueux, c'est l'époque d'une antiquité sucré.

L'influence n'est plus l'art classique du cinquième siècle, mais plutôt les oeuvres grecques plus suggestives de la pèriode hellenistique. A la Restauration, il est exilé et se réfugie à Bruxelles. Dans le même esprit il réalisera d'aures toiles dont l'antiquité n'est plus qu'un décors dans lequel se déroule des scènes d'un érotisme glacé: L'amour et Psyché 1817; Apelle et Campaspe 1815; Mars désarmé par Vénus et les grâces 1824: Les tensions viriles ont été relachées au profit de langueurs érotiques. Véritable maniérisme des corps.