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A la frontière des provinces du Yunnan et du Sichuan, non loin du Tibet, se trouve le lac Lugu. Il est d’une grande beauté et entouré de hautes montagnes dont la Montagne du Lion.
Dans cet environnement encore préservé (pour combien de temps ?) survit l’une des dernières sociétés traditionnelles dominées par les femmes. C’est le royaume des Mossos, de la branche de l’ethnie non-hun des Naxis.
Chez Les Mossos, la femme la plus âgée est le chef de clan. Elle est l’administratrice des biens de la famille, soit la maison, les animaux, les récoltes, etc. Avec l’aide de ses sœurs, elle gère les affaires sociales et économiques.
Vers l’âge de 20 ans, les jeunes ont le droit de nouer des relations « azhu ». L’homme rend visite à son amie à la tombée de la nuit, puis retourne chez lui au petit matin. Lorsqu’ils le désirent les deux amants peuvent rompre leur relation, ils ne sont pas liés par un contrat de mariage. Lorsqu’un enfant naît de cette union, il reste avec la mère.
Malgré la vie dure qu’ils mènent, les Mossos sont des gens cultivés. Leur costume traditionnel est fait de velours et de soie, qui transforme chaque jeune femme en princesse. Les couleurs traditionnelles sont le blanc (la longue jupe plissée) le rouge (la veste de velours) et le noir pour la coiffe. Les variations indiquent l’âge de la femme. Les femmes plus âgées (les plus puissantes de la communauté) sont en principe habillées exclusivement avec des vêtements de toile foncée. Le costume des hommes est plus simple. Ils portent des chapeaux semblables à ceux des cowboys américains et montent des petits chevaux. C’est pour cette raison que les chinois les ont nommés les Mossos, c’est-à-dire « cowboy = garçon fermier ». Pendant les milliers d’année qu’a duré l’expansion de l’empire chinois, les Mossos ont été traités comme les indiens d’Amérique.
A l’heure actuelle, le peuple Mossos subit la grande pression au développement moderne de la Chine. Leur culture est menacée par l’exploitation continue de leur environnement. Des routes sont construites, l’électricité est installée et la beauté du Lac Lugu et des femmes Mosos attirent les touristes chinois.
Luoshui, ancien village de pêcheur, est devenu un centre touristique. De là, il est possible de faire des excursions en bateau, dans des embarcations taillées dans un tronc, à destination de l’île de Liwubi. De nombreux hôtels et auberges sont en construction aux alentours de Luoshui. Chaque soir, les touristes assistent à la danse du feu et photographient les danseurs revêtus pour l’occasion de leur costume traditionnel. Il serait même question de construire un centre de loisir et un parc d’attraction.
Seule la partie sichuanaise du lac reste encore préservée grâce à l’absence de route et d’infrastructures.