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Skinhead, remember your roots
 

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Chacun a déjà entendu parler des skinheads. Le mot fait peur et ceux qui portent ce nom encore plus. A son évocation apparaît de suite l'image d'une brute rasé, bras droit tendu vers le ciel, barre de fer à la main, emplie de mauvaise bière et nostalgique du temps où un certain Adolf tentait d'asservir l'Europe. Ces individus dangereux n'ont pourtant rien à voir avec le vrai mouvement skinhead qui les rejette. Pour tenter d'éclaircir cela, jetons un oeil sur son état aujourd'hui.

Skinhead remember your roots

Angleterre, année 60. Les mods fils d'ouvrier désoeuvrés sont partout dans les quartiers populaires. Ils singent la bourgeoisie avec leurs fringues top-class et vont de pubs en concerts de soul au rythm'n'blues sur leurs scooters et Vespa ou Lanbretta. Ennemis jurés des bikers et rockers, les batailles rangées qu'ils leur livrent comptent parfois des centaines de participants. La tendance dite des "hard mods" dont la devise pourrait être "hard and smart", délaisse le soir ses costumes pour une tenue plus adaptée à la rue : jeans, chemises de travailleurs, bretelles et chaussures de sécurité. Les cheveux sont cours pour éviter d'être empoignés par la police montée quand cela dégénère dans les stades de football. Les rudes bwoys sont les fils des immigrés jamaïcains. Ils s'habillent comme les gangsters de Shantytown, ghetto de Kingston et se tondent le crâne comme le chanteur Derrick Morgan. Ils écoutent du ska et du rocksteady, forme jamaïcaines de jazz ancêtres du reggae actuel. De la rencontre de ces deux courants de la jeunesse britannique et des affinités qu'ils vont se découvrir va naître un nouveau mouvement : les skinheads.

Spirit of 69

Amateurs de fête, d'alcool et de football, les skinheads envahissent rapidement les rues des villes d'Angleterre et les plages lors des "bank holidays". Préférant souvent de part leur condition et leur vie dans les rues des quartiers populaires un bon coup de tête à une longue discussion, ils effrayent et défraient les chroniques. Leur habillement reflète leur apparence à la classe ouvrière et les oppose diamétralement aux hippies qu'ils haïssent, les considérant comme des fils de bourgeois psychédéliques coupés des réalités. Leur rangs comptent des tas de garçons et de filles tous jeunes. L'apogée de ce mouvement se situe en 1969, d'où le "spirit of 69" revendique aujourd'hui par les skins "roots". Apres 1970, le mouvement s'essouffle et il ne reste bientôt que peu de skinheads aux coins des rues.

Oi! Oi! Skinheads are back

En parallèle du mouvement punk dans la seconde moitié des années 70, s'opère un retour des skinheads. D'un style plus radical, ils apparaissent autour du streetpunk ou Oi! dont les groupes phares sont Sham 69, Cock Sparrer, Cockney Rejects ou encore Angelic Upstart. Les cheveux raccourcis, parfois même jusqu'à disparaître, les chaussures montent à la rencontre des genoux, les blousons d'aviateur américains -bomber's jackets- font leur apparition et les jeans se tachent souvent de javel. Si les racines sont toujours là dans l'habillement, la forme puise de la OI! assure la tonicité de l'ensemble. tout repart de plus belle.

Bad cropped guys gone bad

Comme tout groupe ou mouvement, les skinheads ont compté dès le départ des brebis galeuse dans leur rangs. Les idiots pratiquant le "paki-bashing" ne comprenaient pas qu'ils n'avaient rien à faire chez les skins, les origines de ces derniers ne laissant pas de place au racisme. Vers la fin des années 70, les partis néo-fascistes anglais et surtout recruter parmi les skins. Ils opèrent dans les tribunes et autour des stades de football où les jeunes prolos anglais se massent allant jusqu'à éditer un journal spécialement : "Bullgod", organe officiel du Young National Front. Les crétins qui se laissent entraîner commettent de telles exactions que les médias se fixent sur eux. Tant et si bien qu'aujourd'hui, 20 ans après, l'équation "skinhead = nazi " est acceptée bien que totalement fausse, par la quasi-totalité des gens. Ce qui rend parfois le fait d'être skinhead dur à assumer au quotidien. Certains skins tentent de rétablir la vérité sur leur mouvement, refusant d'être assimilés à cette lie de l'humanité que sont les nazis. Parmi eux les SHARPS conceptet ramené des Etat-Unis par Roddy Moreno, chanteur du groupe Oi! "The Oppressed". Ou encore les Redskins, militants antifaschiostes n'hesitant pas à s'impliquer physiquement quand il le faut, parfois aux cotés de SHARPs. Refusant aux nazis le nom de skinhead, on les appelle "boneheads" pour bien marquer le vide absolu qui leur emplit le crâne.

Youth of today : sinks not dead

Aujourd'hui on peut rencontrer des skinheads dans la plupart des pays dits développés. Le mouvement est présent dans toute sa diversité. Du fêtard au fouteur de merde, du gamin excité au trentenaire vivant paisiblement sa skiniture, du ska à la Oi! et de plus parfois au hardcore voire au hip-hop. Personne n'a à définir et encore moins à décider ce qu'est ou qui est "vrai" skinheads. Ce mouvement est vivant et doit s'enrichir, aujourd'hui et demain comme hier de mélanges culturels.

Pour en savoir plus sur le mouvement skinhead et la Oi! en France - Le Juraskin Site

  Caroline et Lionnel le Red