TOULOUSE LAUTREC,
l'homme des cabarets de Montmartre
Henri Marie Raymond de Toulouse Lautrec Monfa naît à Albi le 24 Novembre 1864 du comte Alphonse de Toulouse Lautrec et de Adèle Tapié de Ceyléran, sa cousine germaine. La famille viendra vivre à Paris 8ème arrt puis à Neuilly.
Dès son plus jeune âge, Henri est d'une santé très fragile ; il se déplace avec une canne et est très petit (à cause de la consanguinité de ses parents ?). A 14ans, l'adolescent tombe et se brise la jambe gauche. Quinze mois après, alors qu'il ne s'est pas encore remis de sa première fracture, il se brise l'autre jambe. Son corps se tasse et cesse de grandir : il mesurera 1m52. Il a un défaut de prononciation, son visage est de plus en plus laid, son buste et ses mains sont très développés par rapport à ses membres qui restent désespérément courts. Il ne se plaindra jamais et ironisera volontiers sur son physique, faisant de l'humour et la gaîté ses meilleures armes. Lautrec est passionné par le dessin et en particulier par l'expression des personnages (hommes et animaux) et s'intéresse peu à ses études où il excelle néanmoins.
En 1881, sa fragilité et sa difformité physique lui fermant bien des portes, sa mère accepte de l'envoyer à Paris étudier la peinture chez Bonnat, puis chez Cormon . Lautrec y rencontrera Van Gogh dont il sera l'ami pendant tout son séjour parisien .
Lautrec quitte le domicile paternel à 20 ans et installe son atelier 7 rue Tourlaque en plein Montmartre. Il y trouvera ses modèles dans les lieux de plaisir du quartier : cafés concerts, théâtres, bals ... Il y travaillera avec frénésie, sans relâche (il était d'une grande exigence avec lui-même et cherchait toujours à s'améliorer) .
Au cabaret le Mirliton, il devient l'ami d'Aristide Bruant, qui l'influencera pendant plusieurs années . Au cabaret, sont exposées les premières oeuvres de Lautrec et ses dessins sont reproduits dans le journal Le Mirliton qu'édite Bruant .Suzanne Valadon sera son modèle pour son tableau La Buveuse en 1889 .
En 1887, Lautrec partage avec son ami, le docteur Bourges, un appartement au 19 puis au 21 de la rue Fontaine jusqu'en 1893. Lautrec peint A l'Elysée Montmartre, Au Moulin de la Galette (Valentin et une danseuse), au Moulin Rouge, au Cirque Fernando (Lautrec adore le cirque depuis son enfance, et créé avec "au cirque Fernando" son uvre la plus moderne. - ce tableau acheté par Zidler, directeur du Moulin Rouge, était exposé dans l'établissement ).
En 1891 Sur les conseils de l'imprimeur Ancourt et de Pierre Bonnard, Lautrec débute dans la lithographie. Sa première affiche paraît: Le Moulin Rouge (La Goulue). Jusqu'à la veille de sa mort, il produira près de 400 estampes (en noir et en couleurs) et 31 affiches dont il renouvelle l'art.
image issue du site : http://www.artchive.com
En 1892, à la réouverture du Moulin-Rouge, ce cabaret inspire à Lautrec de nombreux tableaux avec Jane Avril, La Goulue, Valentin-le-Désossé et toutes les vedettes qui s'y produisent.
1894 est l'année des maisons closes. Ce milieu constitue pour lui un champ d'études inépuisable. Il en retire un nombre impressionnant d'études, de portraits et de scènes. Surnommé "pine à pattes" ou "pine à roulettes", Lautrec fait entrer les bordels dans les musées. Le thème des maisons closes lui est obsessionnel, une quarantaine de peintures sur le sujet en témoigne, avec une prédilection pour les filles rousses .
En 1895 , il réalise de nombreux portraits dont celui d'Oscar Wilde.
En 1897, Lautrec quitte son atelier de la rue Tourlaque et s'installe au 15, rue Frochot .
A 34 ans, sa production est considérable, mais l'alcool dont il a abusé, les veilles, les plaisirs, le travail, ont gravement altéré sa santé. Il continue néanmoins à peindre. En 1899, Son état de santé devient de plus en plus inquiétant (il a la syphillis). Les troubles se multiplient et il est devenu gravement alcoolique. Pourtant, en 1899 paraît l'illustration des "Histoires naturelles" de Jules Renard. Mais la même année une crise plus grave, avec hallucinations, probablement du "delirium tremens", contraint à interner Lautrec, à la maison de santé de Neuilly, avenue de Madrid. Seul son ami Joyant vient à son aide : avec son aide, Lautrec va réaliser, de mémoire, pour un futur album consacré au cirque, trente-neuf dessins aux crayons de couleurs. Ce sera son "passeport" pour la libération conditionnelle. Dès sa sortie, il se remet au travail.
En 1901, A bout de résistance, ruiné par son mal, Lautrec va chercher refuge auprès de sa mère. Le 9 septembre, à 37 ans, Henri de Toulouse- Lautrec meurt.
Mise à jour : Mai 2002