Gotlib

gotlib3.gif (28 Ko)GOTLIB

Marcel Gotlieb
Dessinateur, scénariste et surtout humoriste
1934, France

 

gotlib1.gif (32 Ko)Marcel Gotlieb (voir photo ci-dessus et caricature de Julien Solé ci-contre) naît le 14 Juillet 1934 à Paris. Après une scolarité - selon lui - sans aucun intérêt romanesque, il suit les cours du soir de l'école des Arts Appliqués où Georges Pichard lui enseigne le dessin publicitaire. Il répète également chez un copain dont le père dessine une vie du Christ pour "Le Pèlerin".
Galvanisé par cet exemple, il porte son dossier au monsieur qui signe Onc'Léon dans "Mickey" et gagne en 1954 une place de lettreur chez Opera Mundi puis dans les studios d'Edi-Monde jusque 1959. Ensuite il décroche quelques travaux - albums de coloriage, contes pour enfants qu'il exécute avec sa future épouse Claudie.

 

En 1962, il dépose un dossier à "Vaillant" (futur "Pif Gadget" avec Arnal), et épouse Claudie. Il crée entre autres "Nanar et Jujube", série qui dure jusque 1970 (avec sur la fin Henri Dufranne) et dans laquelle va naître Gai-Luron, qui finira par piquer la vedette à tout le monde. En 1965, il se présente à "Pilote" avec un échantillon de son travail qu'il croit impubliable : une histoire en six pages qui raconte les affres d'un dessinateur à qui on a commandé une histoire en six pages... et il est publié. Trois mois plus tard, René Goscinny (un monstre de la BD qui a travaillé aux côtés d'Uderzo, Morris, Berck, Maréchal, Will, Tabary, Franquin, Sempé, ... et qui est décèdé en 1977) lui propose de collaborer avec lui sur une série tendance "Mad", dont ils sont tous les deux de fervents supporters. Dégoulinant de trac mais honoré et ravi, Gotlib s'embarque pour deux ans et demi de "Dingodossiers".
Et quand Goscinny le pousse à continuer seul, c'est sur la lancée de ces "Dingodossiers" qu'il crée "La Rubrique à-brac", avec le succès que l'on sait. Dans le même temps, il collabore avec Mandryka ("Clopinettes"), Alexis ("Cinémastock"), Giraud (alias Moebius), Druillet, et Lob avec lequel il crée, en 1972, "Superdupont". A la sortie du premier album en 1977, il recevra deux coups de fil : Coluche souhaitant incarner le héros superfranchouillard dans un éventuel futur film, et Savary souhaitant le monter (ce qu'il fera dailleurs plus tard, en 1982).

 

Toujours en 1972, Gotlib, Brétécher et Mandryka créent "L'Echo des Savanes". Gotlib, qui goûtait déjà les joies de la liberté avec la "RAB" et, depuis 1971, avec "Hamster Jovial" dans "Rock & Folk", pousse le bouchon beaucoup plus loin en rigolant très fort avec les choses sérieuses comme Dieu, le sexe et la scatologie. L'explosion de l' "Echo" (façon cocotte-minute) éclabousse largement le monde de la BD avec "Rhââ Lovely !" et, plus tard, "Rhââ-Gnagna".
Côté cinéma, c'est aussi en 1972 que Gotlib incarne un gardien de prison dans "L'An 01" de Gébé - on l'apercevra à nouveau en 86 dans "Je hais les acteurs" de Gérard Krawczyket dans "And my name is Marcel Gotlieb", court-métrage de Patrice Leconte. En 1975, sur le tournage des "Vécés étaient fermés de l'intérieur", film de Patrice Leconte dont il est le coscénariste, il distribue fièrement le n°1 de "Fluide Glacial", mensuel édité par les éditions Audie, qu'il vient de fonder avec son copain d'enfance Jacques Diament. Et on sait le succès que remportera la revue par la suite.

 

En dehors de "Pervers Pépère" en 1981 et du retour de Gai-Luron affublé d'un slip sur la tête en 1985, il abandonne peu à peu le dessin. Co-scénariste du film de Pierre Tchernia, "Bonjour l'angoisse", en 1988, il est enfin intronisé Grand Prix d'Angoulême en 1991... Il ne s'agit plus de reconnaissance mais de décoration d'un ancien combattant de la BD.
Aujourd'hui, après plus de 30 ans de plume, de pinceau, de gotlib2.gif (28 Ko)papier et d'encre de chine, Gotlib ne dessine pratiquement plus. Il consacre la majeure partie de son énergie à observer, non sans attendrissement, les Goossens, Binet, Edika, Maëster et consorts croître et s'épanouir chaque mois dans "Fluide Glacial". Déjà, il vogue vers d'autres horizons, s'essaie à l'écriture (pour Alexis et Solé notamment), signe l'Edito mensuel du journal, et joue un rôle important dans le choix des auteurs. Il a publié son autobiographie d'adolescence chez Flammarion sous le titre "J'existe, je me suis rencontré". Par ailleurs, il a vu se concrétiser l'un de ses rêves d'enfant les plus fous en réalisant pour la chaîne Canal + une série d'animation. Celle-ci met en scène la coccinelle de la " RAB ", évoluant parmi les oeuvres des peintres les plus célèbres ; on en retrouve des extraits dans un album complet (voir ci-contre).

 

 

Gotlib reste pour tous l'un des " grands " du monde de la BD.

 

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