| Cette Bible que vous le sachiez, est sensé
servir de propagande anti-chrétienne pour la cause musulmane. Mais
en faite, il n'en est rien et c'est même le contraire. En effet , car
aprés lecture de cette page rendez-vous sur
celle-ci
"UN ÉVANGILE REMANIÉ DANS LA LIGNE DU CORAN"
L'évangile apocryphe de Barnabé (XIV° - XVI°
siècles)
CE QUE L'EGLISE DIT :J'ai longuement
hésité avant d'ajouter Cet appendice. L'affaire de cet
évangile, non seulement apocryphe mais surtout très tardif,
est rocambolesque. Nous étions beaucoup à souhaiter qu'elle
se termine d'elle-même et le mieux, semblait-il, était de se
taire. Mais voici que depuis une dizaine d'années, ce faux évangile
sert à une propagande anti-chrétienne, discrète mais
fort nette : il est présenté à des chrétiens
penchant vers l'islam et peu au courant de la question dans le but de les
attirer. Il serait bon que tous ceux qui, à un titre ou un autre,
ont une responsabilité chrétienne sachent qu'il existe. Le
jour où tout sera retombé dans l'oubli, cet appendice n'aura
plus de raison d'être et pourra être supprimé.
En attendant, sa présence dans ce Cahier répond au fait que
l'auteur de cet évangile a remanié un donné très
ancien dans une ligne précise il a voulu fournir un évangile
qui s'harmonise avec le Coran.
C'est au XVII° siècle qu'en Hollande, des humanistes de tendance
déiste tombèrent sur le texte, écrit en italien, d'un
évangile soi-disant rédigé par Barnabé sur l'ordre
de Jésus. Barnabé est connu dans le Nouveau Testament comme
un lévite originaire de Chypre et qui accompagna saint Paul pendant
une partie de son apostolat. Ici il est présenté comme s'il
avait été l'un des douze apôtres, depuis le tout début
du ministère de Jésus. Il est dit avoir été le
témoin de toute l'activité évangélique de Jésus
Emmené partout par Jésus, il est dit dans ce texte avoir
été avec lui chaque fois que, dans les Evangiles synoptiques,
seuls les trois intimes, Pierre, Jacques et Jean, l'accompagnent. Et même
chez les Judéo-chrétiens qui font de Barnabé un
apôtre, celui-ci n'est agrégé aux onze qu'après
la mort de Judas et à sa place.
La première réaction de ces humanistes du XVIII° siècle
fut de se demander s'il ne s'agissait pas d'un évangile ancien qui
aurait eu cours en Arabie à l'époque de Mohammad. Ils ne se
prononcèrent pas, jugeant avec sagesse qu'un complément
d'enquête serait nécessaire. Ce manuscrit fut finalement
incorporé à la grande bibliothèque de Vienne où
il se trouve actuellement.
En 1907 il fut publié avec une excellente étude critique et
une traduction anglaise par Lonsdale et Laura Ragg (Oxford, Clarendon Press).
Il était net qu'il s'agissait d'un texte rédigé entre
le XIV° et le XVI° siècles, probablement dans l'Ouest du
bassin méditerranéen. Le manuscrit italien était
postérieur à 1575, date à laquelle commence la fabrication
du papier sur lequel il est écrit, comme en fait foi son filigrane.
La critique interne montrait, pour le texte lui-même, un auteur ignorant
la géographie de la Palestine, se servant des Evangiles d'après
le Diatessaron de Tatien, les coupant selon ses vues théologiques
à lui, y ajoutant de nombreux discours de spiritualité
chrétienne occidentale médiévale (certains thèmes
se datent clairement) et surtout, mise à part l'affirmation de base,
remodelant le tout selon la vision musulmane de l'histoire religieuse du
monde et celle de Jésus, y compris la substitution miraculeuse d'un
sosie arrêté et crucifié à la place de Jésus
qui lui est emmené au ciel, sain et sauf, par des anges. Dans son
état actuel, le texte est une rédaction que l'on doit dater
du XIV° au XVI° siècle, pas avant.
Traduit en arabe dès 1908, cet apocryphe a connu un très grand
succès en terre d'islam. Il fut retraduit en d'autres langues musulmanes
et périodiquement réédité. Même s'il est
relativement peu lu, beaucoup en parlent comme de l'évangile le plus
proche de celui que Dieu aurait communiqué du ciel à Jésus
et qui serait perdu. Et les vies musulmanes de Jésus, même l'une
d'elles écrite par un docteur d'université européenne,
s'en inspirent.
Un évangile de Barnabé, dont le nom seul est connu, avait
existé aux V°-VI° siècles comme en fait foi la
condamnation portée par le décret dit de Gélase à
cette époque. Mais il est impossible que, dans son état actuel,
le texte italien représente cet original inconnu.
Que faut-il en penser ? Du côté musulman, malgré l'engouement
général, quelques rares voix ont eu le courage d'aller à
contre-courant et de dire pourquoi le texte était inacceptable aux
yeux de la critique historique. Chez les Occidentaux, deux tendances sont
apparues. La première, la plus répandue, accepte les conclusions
de l'étude critique fournie par les éditeurs de 1907. Elle
considère ce texte comme composé au XVI° siècle
(peut-être au XIV° mais pas avant). L'hypothèse de recherche
actuelle la plus séduisante y verrait un faux lancé dans un
esprit de vengeance contre l'inquisition espagnole ou un moyen de défense
de la foi des musulmans d'Espagne persécutés au XVI°
siècle après la Reconquista. Les ou la seule référence
que l'on ait de ce texte provient de milieux morisques et, en Espagne à
cette époque, il a existé d'autres faux du même genre.
La seconde tendance, exprimée par L. Cirillo dans une thèse
de doctorat (éditée après avoir été
considérablement étoffée, à Paris chez Beauchesne
en 1977), y verrait un noyau primitif judéo-chrétien très
ancien auquel aurait été amalgamée, bien plus tard,
une apologie de l'islam. Le tout aurait été remanié
et réécrit au XVI° siècle.
De toutes façons, il ne peut s'agir d'un évangile sérieux,
le noyau judéo-chrétien mis à part au cas où
l'hypothèse de L. Cirillo encore bien fragile recevrait quelque
confirmation plus solide.
Le texte comporte 222 chapitres. Les deux chapitres et demi que nous donnerons
ici montrent Jésus revenant de faire le carême au mont Sinaï
et trouvant la Palestine en effervescence. Pendant son absence, les trois
autorités, Pilate, Hérode et le Grand Prêtre, se sont
réunies avec trois armées de deux cent mille hommes chacune
pour faire face au peuple sur le point de s'entre-tuer (chapitre 91). Parmi
les juifs, les uns disent que Jésus est Dieu ou Fils de Dieu, les
autres s'y opposent absolument. Tous décident de se réconcilier
et d'attendre le retour de Jésus pour pouvoir l'interroger. Jésus
arrive. Le Grand Prêtre veut se prosterner devant lui. Jésus
l'arrête. Il demande au Grand Prêtre quelle est la foi juive.
Le Grand Prêtre la lui explique Jésus adhère publiquement,
article par article, à tout ce qui est dit et rejette formellement
ce que l'on affirme sur sa divinité C'est alors que le Grand Prêtre
l'interroge et lui demande qui il est.
La réponse est importante. Jésus nie être le Messie et
annonce Mohammad qui sera le Messie attendu. Ce point qui aurait dû
frapper les musulmans est passé inaperçu aux yeux de la plupart
d'entre eux, probablement parce qu'ils ne se rendent pas compte de la forme
du mot. Le texte italien est net Jésus affirme ne pas être "il
Messia". Et de son côté le Coran enseigne explicitement à
propos de Jésus : "Son nom est le Messie, Jésus, fils de Marie"
(Coran 3, 45). L'affirmation de base de ce faux évangile va donc
directement contre le Coran. Ce point devrait être souligné
dans les échanges avec les musulmans et cet argument est le plus fort
qui puisse leur être proposé.
Il est inutile de faire remarquer tout ce que ce passage a de factice, y
compris l'intervention du Sénat Romain. Jamais la question de la personne
de Jésus ne s'est posée si crûment de son vivant. Par
ailleurs le thème de la correspondance entre Pilate et le Sénat
Romain est classique dans la littérature légendaire du moyen
âge ; il a été exploité à maintes reprises.
Le cas de Barnabé n'est pas le premier.
EXTRAITS :
CHAPITRE 96.
Après la prière, le pontife dit à haute voix : :
"Arrête, Jésus, car pour la tranquillité de notre peuple,
il nous manque de savoir qui tu es ". Jésus répondit : "Je
suis Jésus, fils de Marie, de la race de David, homme mortel et craignant
Dieu. Je m'emploie à ce que l'honneur et la gloire soient rendus à
Dieu".
Le pontife reprit : "Au livre de Moïse (note : Livre de Moïse
: est-ce une allusion à Dt 18, 18), il est écrit que notre
Dieu doit nous envoyer le Messie. Celui-ci viendra annoncer ce que Dieu veut,
et il apportera au monde la miséricorde (p. 241) de Dieu. Je te supplie
de nous dire la vérité : "Es-tu le Messie (il Messia di Dio)
de Dieu que nous attendons ? " Jésus répondit : "Il est vrai
que c'est ce que notre Dieu a promis, mais ce n'est pas moi, car il est fait
avant moi et il viendra après moi (note : Jean-Baptiste, le
précurseur a disparu ; ses paroles sont mises dans la bouche de
Jésus devenant le précurseur de Mohammad)". Le pontife reprit
: : "De toute façon à cause de tes paroles et de tes prodiges,
nous croyons que tu es prophète et saint (note : Cf. Lc 5, 34, parole
d'un démon) de Dieu : aussi je te supplie au nom de toute la Judée
et d'Israël, de nous dire, pour l'amour de Dieu, comment viendra le
Messie ". Jésus répondit : " Vive Dieu en présence de
qui se tient mon âme, je ne suis pas le Messie (il Messia) (note :
Messie n'est plus qu'un titre d'honneur, glosé "envoyé" en
note dans la traduction arabe.) qu'attendent toutes les tribus de la terre,
comme Dieu l'a promis à notre père Abraham en disant :
"Dans ta semence, je bénirai toutes les tribus de la terre !" Mais
quand Dieu m'enlèvera du monde, Satan suscitera de nouveau cette maudite
sédition : il fera croire aux impies que je suis Dieu et fils de Dieu,
et mes paroles et ma doctrine seront si contaminées qu'il restera
à peine trente fidèles (note : D'après les traditions
musulmanes, moins de cent chrétiens adhèrent à l'islam
du vivant de Mohammad.). Alors Dieu aura pitié du monde et il enverra
son messager (p. 242) pour lequel il a tout fait. Il viendra du Midi avec
puissance et il détruira les idoles avec les idolâtres, car
il enlèvera à Satan l'empire qu'il a sur les hommes. Il apportera
avec lui la miséricorde de Dieu pour le salut de ceux qui le croiront.
Bienheureux qui croira à ses paroles !"
CHAPITRE 97
Moi, qui suis indigne de délacer ses chaussures (note : Cf. Jn
1, 27 : toujours Jésus le précurseur), j'ai eu la grâce
et la miséricorde de Dieu de le voir ! "Le pontife, le gouverneur
et le roi répondirent alors : "Ne t'inquiète pas Jésus,
saint de Dieu : ce conflit ne se produira plus de notre temps. Nous
écrirons en effet au sacré sénat romain, et par décret
impérial, personne ne t'appellera plus Dieu ou fils de Dieu".
Jésus dit alors : " Vos paroles ne me consolent pas, car les
ténèbres viendront d'où vous espérez la lumière
(note : Pointe contre Rome). Ma consolation se trouve dans la venue du messager
de Dieu (nontio di Dio) qui détruira toute idée fausse en ce
qui me concerne (note : idée musulmane : Mohammad a rétabli
le vrai message de Jésus corrompu par les chrétiens)".
"Sa foi (p. 243) se diffusera et s'emparera du monde entier, car c'est
ce que Dieu a promis à Abraham, notre père. Ce qui me console,
c'est que sa foi n'aura pas de fin, mais que Dieu la conservera intacte".
Le pontife reprit : "D'autres prophètes viendront-ils après
le messager de Dieu ?" Jésus répondit : "Après lui,
il ne viendra pas de vrais prophètes envoyés par Dieu, mais
il viendra une quantité de faux prophètes (note : Jésus
dans nos évangiles met en garde contre les faux prophètes (Mt
7, 15-20). Le Coran n'attire pas l'attention sur ce point.), et cela me cause
de la peine, car c'est Satan qui les suscitera par un juste jugement de Dieu
et ils se couvriront du prétexte de mon évangile ". Hérode
dit : "Comment est-ce par un juste jugement de Dieu que viendront de tels
impies ? ". Jésus répondit : "Il est juste que celui qui ne
veut pas croire à la vérité pour son salut, croie au
mensonge pour sa damnation : aussi je vous le dis, le monde a toujours
méprisé les vrais prophètes et aimé les faux,
comme on peut le voir au temps de Michée et de Jérémie.
Car chacun aime son semblable".
Le pontife dit alors : "Comment s'appellera le Messie ? Et (p. 244) quel
signe prouvera sa venue ?". Jésus répondit : "Le nom du Messie
est Admirable (note : "Ahmad" cf. Coran 6 1, 6), car Dieu lui-même
le lui donna quand il eut créé son âme et qu'il l'eut
placé dans une splendeur céleste. Il dit : "Attends, Muhammad
par amour pour toi je veux créer le paradis, le monde et une grande
multitude de créatures dont je te fais présent (note : Idée
de Mohammad, le premier de toutes les créatures, commune et mystique
musulmane.). Aussi celui qui te bénira sera béni et celui qui
te maudira sera maudit ! Quand je t'enverrai dans le monde, je t'enverrai
comme mon messager de salut. Ta parole sera si vraie que le ciel et la terre
passeront mais que ta foi ne manquera jamais !" Muhammad est son nom béni".
Alors les gens élevèrent la voix et dirent :
"O Dieu, envoie-nous ton messager ! O Muhammad, viens vite pour le salut
du monde !"
CHAPITRE 98
Après ces paroles, la foule s'en alla ainsi que (p. 245) le pontife,
le gouverneur et Hérode, en faisant de grands discours sur Jésus
et sa doctrine. Le pontife pria le gouverneur d'écrire tout cela à
Rome, au sénat. Ce que fit le gouverneur. Aussi le sénat, pour
complaire à Israël, décréta que sous peine de perdre
la vie, personne n'appellerait plus Jésus de Nazareth prophète
des juifs, ni Dieu, ni fils de Dieu. Ce décret fut placé dans
le temple en lettres de cuivre. [...].
RACINES
L'Evangile de Barnabé et le Coran.
Ami Abdel,
j'ai mis dans "les nouveautés" (et plus tard ce texte ira dans l'aire
Bible" quelques réflexions (reprise d'une étude) sur le Coran
et l'évangile "de Barnabé). Il me semble que vos remarques
dans cette aire s'inspirent essentiellement de cela ? J'attends vos prochains
textes, si vous voulez bien poursuivre ces échanges.
Que Dieu répande sur nous tous sa miséricorde!
Voici, pour alimenter le débat actuel dans notre rubrique REAGIR,
quelques pages extraites de "LE CORAN, textes choisis en rapport avec LA
BIBLE" paru dans "cahier EVANGILE (supplément 48) (édition
du Cerf).
Allez écrire et discuter sur ce sujet ! Bonne lecture (et étude).
ABDEL KADER
C'est avec une grande attention que j'ai pu grâce à vous lire
ces quelques lignes a propos de cette fameuse Bible "l'Evangile de
Barnabé".Je la découvre et je n'en avais jamais entendu
parler....(?)
Bref, dans tout les cas mes références Bibiques a propos du
théme "l'islam dans la Bible" sont tirées de la Sainte Bible
que j'ai personnellement, qui est aussi celle dont vous vous référez
et que tout les Chrétiens se référent.Je n'ai nullement
besoin d'une telle "Bible " pour maintenir et justifier l'arrivée
du Prophéte Muhammed (saw) par les Prophéte Jésus et
Moise.
De plus dans la religion musulmane, il n'appartient pas au musulman de
contraindre qui que ce soit à embrasser l'islam car Allah dit dans
le Coran :
"Est-ce à toi de contraindre les gens à être
croyant?"(S10.V99)
Et concernant les croyants d'une autre religion :
La liberté de culte : Allah dit:
" Dis : Ô mécréants ! Je nadore pas ce que
vous adorez.
Et vous nêtes pas adorateurs de ce que jadore.
Je ne suis pas adorateur de ce que vous adorez
Et vous nêtes pas adorateurs de ce que jadore.
A vous votre religion et à moi ma religion ! ". (Sourate 109,
Versets 1, 2, 3, 4)
Comme vous me l'avez dit, la foi c'est la foi ! Mais il vrai (et je le regrette
tres sincérement) que le Christianisme perd du terrain et de sa
crédibilité vis à vis de ses fidéles car trop
de lois Bibliques ont été dissipés et
supprimés.L'homme a besoin de croire en un bloc puissant qui ne mue
ni dans le temps et ni dans l'espace.Et il se trouve que l'islam depuis 14
siècles n'a cedé aucune loi Divines. Nous ne voulons pas croire
au Pére Noël car on sait qu'il n'existe pas; ni au Pére
Fouettart.Nous ne voulons pas élever nos enfants dans un monde
irréel tel que Walt Disney ou autre monde de réve se
détachant de toutes réalités terrestre et spirituelle
.Dans le Christianisme il est aussi trés regrettable d'assister à
des innovations en tout genre ...
En Islam il n'a jamais été question d'une soit disante substitution
de Jésus par un soit disant soisie crucifié à sa
place.Justement à propos de cette situation dont le théme est
en faite la "Crucifixion de Jésus " une étude trés precise
à été faite sur sa "mort", dont nous musulmans (et comme
vous le savez) nous ne croyons pas.(c'est ce qui fait là notre seule
et unique grande diffèrence, car nos pratiques si on se référe
aux Ecritures, sont les mêmes).Ce théme que j'exposerai sera
bien évidement appuyé qu'avec des versets Bibliques. Mais pour
le moment voici ce que l'on peut dire sur Jésus d'aprés certains
théologiens Chrétiens et réputés...
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