| L'Observatoire de l'Afrique centrale Volume 3, numéro 16 Au rythme du coeur de l'Afrique |
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Attentat contre l'avion d'Habyarimana DES NOMS, DES LIEUX, DES DATES 24 avril 2000 La semaine dernière l'Observatoire de l'Afrique centrale a été contacté par quelqu'un au États-Unis avec la nouvelle de la publication imminente par Jean-Pierre Mugabe, l'ex-rédacteur en chef du journal rwandais Le Tribun du Peuple, qui avait quitté le Rwanda pour se réfugier au États-Unis après avoir dénoncé l'influence de plus en plus grande d'un nouvel Akazu autour du général Paul Kagame. Jean-Pierre Mugabe a obtenu la semaine dernière le statut de réfugié politique aux États-Unis. C'est ce qu'il attendait pour publier son témoignage accablant sur le événements qui ont précédé l'attentat qui a coûté la vie aux présidents Habyarimana et Ntaryamira le 6 avril 1994. Nous reviendrons sur ce texte, mais pour le moment nous vous le livrons, tel que reçu.
on April 6, 1994 Jean-Pierre Mugabe daté du 21 avril 2000 (mise en ligne : 24 avril 2000) dans sa version originale française 24 avril 2000 La liste des absents et les présents en dit long 28 avril 2000 La dépêche de l'agence Associated-Press sur Yahoo France laisse perplexe. Elle raconte qu'A l'initiative du chef de l'Etat algérien Abdelaziz Bouteflika, président en exercice de l'Organisation de l'unité africaine (OUA), un sommet sur la fin des hostilités en République démocratique du Congo (RDC) est organisé dimanche à Alger, en présence de sept chefs d'Etat africains. La rebellion congolaise et ses alliés, le Rwanda et l'Ouganda, n'ont toutefois pas été conviés à cette réunion. Mais en revanche seront présents à Alger, le président de RDC, Laurent-Désiré Kabila, de la Zambie, Frédéric Chiluba, du Mozambique, Joachim Chissano, de l'Afrique du Sud, Tabo M'Beki, du Mali, Omar Konare, et du Nigeria, Olusegun Obasanjo. Outre que le président Chissano demeure présent dans le portrait et qu'on ne mentionne pas la présence ou l'absence du facilitateur Ket Masire du Botswana, tout ça ressemble à s'y méprendre à une réunion de ceux demain qui contribueront le gros des troupes supplémentaires aux 5.000 soldats prévus de la force de protection des 500 observateurs de l'ONU. Des soldats qui seront Sud-africains, Algériens, Nigérians et Maliens, ce qui nous changera des Belges, des Français, des Américains et même... des Canadiens. Pas mal, on sent que l'Afrique commence à plancher sérieusement sur son devenir et son avenir. Si jamais cette volonté s'exprimait concrètement sur le terrain, il serait alors presque impossible pour le Rwanda de continuer à jouer la carte de la sécurité de ses frontières pour justifier la poursuite de son occupation à l'est de la RDC. P. B. ANGOLA Savimbi fait une apparition à la télé angolaise 28 avril 2000 Non ce n'était pas une apparition en direct, même si le gouvernement angolais caresse l'idée de parader Jonas en route vers son procès pour crimes contre l'humanité dans un bel uniforme à rayures depuis quelques mois déjà. Il s'agissait plutôt d'extrait d'une bande vidéo tournée à Nharea dans les plateaux centraux. Le bon docteur qui s'adressait à ses troupes, leur recommande de ne plus lui apporter les Blancs qu'ils pourraient capturer mais de les flinguers eux-même. Sympatique le Jonas. Mais je vous épargne les détails que vous pourrez lire sur le site web de la BBC. RDC Des instructeurs militaires nord-coréens en RDCongo 26 avril 2000 Selon l'AFP, des instructeurs militaires nord-coréens ont formé une nouvelle brigade des forces spéciales de l'armée de République démocratique du Congo (RDC), a annoncé mercredi soir la télévision officielle à Kinshasa. La formation de la 10-ème brigade d'infanterie spéciale des forces armées congolaises (FAC) a été "assurée par des instructeurs nord-coréens", a indiqué la télévision dans un reportage consacrée à la cérémonie de "remise de brevet" de la nouvelle unité de l'armée à laquelle assistait le président Laurent-Désiré Kabila. La télévision, qui n'a pas précisé le nombre de militaires nord-coréens présents en RDC, a également montré des officiers nord-coréens décorant des soldats congolais de la 10-ème brigade. Les rebelles de RDC avaient affirmé à plusieurs reprises que des militaires nord-coréens participaient à la formation des FAC. Jusque présent l'état-major de l'armée avait démenti ces informations. Forte de plusieurs milliers d'hommes, la 10-ème brigade compte, outre des fantassins, des unités d'artillerie, de transmission et de reconnaissance, selon la télévision. Cette nouvelle unité des FAC a été formée dans le cadre du programme de réarmement et de recrutement lancé par le président Kabila dès le début de la guerre qui déchire la RDC, en août 1998. D'autres unités de forces spéciales ont été formées par des instructeurs des armées angolaise, zimbabwéenne et namibienne qui appuient les forces gouvernementales face à trois mouvements rebelles soutenus par le Rwanda et l'Ouganda. AFP NDLR : Il y a de ça biens des lustres, les lecteurs du NCN et de l'Observatoire avaient été mis au courrant de la présence de ces intructeurs nord-coréens. La connection n'était pas seulement celle de l'uranium du Katanga, mais bien aussi celle du Zimbabwe de Mugabe qui avait déjà bénéficié de l'aide militaire de la République populaire de Corée. Connections pour connections, celle-là vaut tout autant que celle de la CIA américaine avec Mobutu et Jonas... Vivement qu'on «laisse l'Afrique tranquille», comme le souhaitait le colonel Khadafi lors du sommet du Caire. P. B. AFRIQUE CENTRALE ET DE L'EST BULLETIN IRIN 916 26 avril 2000 BURUNDI: Situation 'instable', selon l'armée
RDC La famille Lumumba proteste contre l'arrestation de François Emery Lumumba 24 avril 2000 26 avril 2000 Selon une dépêche de Reuters daté du 25 avril, Francois Lumumba, qui avait été arrêté par la police de la RDC samedi dernier, serait actuellement détenu par les services secrets, déclarait mardi un militant des droits de l'homme. Floribert Chebeya, président de l'organisation "la Voix des sans voix" (VSV) précise que le fils du dirigeant nationaliste de l'ex-Congo Kinshasa Patrice Lumumba, et le secrétaire général adjoint de son Mouvement national congolais-Lumumba (MNC-L), Boyeka Iyeli Pombo, ont été transférés à l'Agence nationale de renseignement (ANR) lundi. Leur situation exacte n'est pas connue, a-t-il encore indiqué. VSV signale également, dans un communiqué, qu'un autre opposant, Raphael Kumbu Ki Lutete, président de l'Alliance nationale des démocrates pour la reconstruction (ANADER), avait été arrêté ce mois-ci après une rencontre avec des partisans. Il a été relâché deux jours plus tard. Reuters Commission d'enquête belge sur l'assassinat de Lumumba 25 avril 2000 Selon l'AFP, la commission d'enquête parlementaire belge sur l'assassinat en 1961 du premier chef de gouvernement du Congo indépendant, Patrice Lumumba, se réunira pour la première fois le 2 mai, a indiqué mardi dans un communiqué la Chambre fédérale belge des députés. Voté le 24 février dernier la création, à l'unanimité moins les abstentions de l'extrême droite, cette "commission d'enquête parlementaire (sera) chargée de déterminer les circonstances exactes de l'assassinat de Patrice Lumumba et l'implication éventuelle des responsables politiques belges". Cette commission, à laquelle le nouveau chef de la diplomatie Louis Michel avait donné son feu vert début décembre, trouve son origine dans le livre "L'assassinat de Lumumba" du sociologue flamand Ludo De Witte, publié d'abord en néerlandais, puis en français aux éditions Karthala. Selon M. De Witte, "La mort de Lumumba a toujours été présentée comme une affaire entre Congolais qui s'entredéchirent, ce qui est faux. Les conclusions de mes recherches sont que la Belgique porte la plus grande responsabilité dans son assassinat". Pour l'auteur, le but de cette élimination était, en pleine guerre froide, de maintenir l'ex-colonie belge dans la sphère d'influence occidentale, en attendant l'avènement en 1965 de Mobutu, ami des Etats-Unis et de la France. Le Congo, colonie belge depuis 1885, a accédé à l'indépendance le 30 juin 1960. Sept mois plus tard, le 17 janvier 1961, Patrice Lumumba était assassiné, officiellement sur ordre des dirigeants katangais. AFP NDLR : on comprendra peut-être pourquoi tant d'intellectuels congolais sont si hostiles vis-à-vis de l'Amérique et de la Belgique. Pour les Occidentaux l'attitude des Congolaises et des Congolais et particulièrement du régime Kabila est caractérisée par une paranoïa et une hostilité incompréhensible et donc irrationnelle. Évidemment, quand on ne connait pas le fonds de l'histoire et l'ampleur des blessures laissées par plus de 30 ans de manipulations occidentales et de kleptocratie mobutiste on peut peut-être penser cela. Pourtant, la règle de droit qui veut que l'ignorance ne peut constituer une excuse s'applique aussi à l'histoire. C'est donc un exercice nécessaire et non moins important que les excuses présentées au peuple Rwandais par le gouvernement belge qu'entreprend le parlement belge. La question qui finira par en obséder plusieurs sera celle de l'immunité, du pardon ou de la poursuite des personnes responsables encore vivantes tant en Belgique, au Congo qu'aux États-Unis. Gros dilemme en perspective, non moins important que celui du TPIR dans le cas de figure du président Paul Kagame. P.B. Le procès Misago reporté 24 avril 2000 Selon l'AFP, la dernière phase du procès pour génocide et crimes contre l'Humanité de l'évêque catholique rwandais de Gikongoro, Mgr Augustin Misago, a été reportée lundi de deux semaines, en raison, cette fois-ci, de l'état de santé de l'accusé... (La dépêche) Le retrait des troupes rwandaises lié à la sécurité 24 avril 2000 Selon l'agence britannique reuters, le nouveau président rwandais, Paul Kagame, a déclaré dimanche qu'il ordonnerait le retrait de ses troupes déployées en République démocratique du Congo (RDC) et stopperait le soutien à la rébellion si un plan de paix régional garantissait la sécurité du Rwanda. "L'essentiel est que nos préoccupations liées à la sécurité soient prises en compte", a-t-il dit à un petit groupe de journalistes étrangers... (L'article complet) Amnesty dénonce les conditions carcérales "inhumaines" au Rwanda «certains détenus ont été interpellés en RDC» ! 5 avril 2000 Six ans après le génocide rwandais, des dizaines de milliers de personnes soupçonnées d'avoir pris part aux massacres sont maintenues en prison dans des conditions "inhumaines" au Rwanda dans l'attente d'un procès, affirme Amnesty International. (L'article complet) 25 avril 2000 Arusha, 25 avril 2000 (FH) - La défense de l'ancien maire de Mabanza (préfecture de Kibuye, ouest du Rwanda), Ignace Bagilishema, entend demander la publication d'un mémorandum interne de l'ONU sur la mort du président Juvénal Habyarimana à la suite d'un attentat contre son avion le 6 avril 1994, a-t-on appris mardi à Arusha. (L'article complet) Les Nouvelles d'Addis numéro 11 23 avril 2000 La Lettre numéro 11 des «Nouvelles d'Addis» consacre une bonne partie de son numéro au bruyant débat autour des "responsabilités" des uns et des autres face à la grave crise humanitaire bat son plein. Souhaitons que le bruit ne couvre pas l'appel à la mobilisation et à l'action rapide pour la solutionner. Les Nouvelles d'Addis a relevé deux déclinaisons intéressantes de la mise en accusation de la communauté internationale... BURUNDI attaque des rebelles en banlieu de Bujumbura 25 avril 2000 Selon des témoins cités par l'agence France-Presse, une cinquantaine de rebelles ont attaqué mardi matin (25 avril) le quartier Musaga, situé à l'entrée sud de la capitale Bujumbura, sans faire de victime. Dans la matinée, la population de Musaga était réunie sur la Route nationale 3 (RN3) en bas des hauteurs surplombant le quartier, regardant en direction des collines avoisinantes, a constaté une correspondante de l'AFP. "Ils étaient très nombreux sur cette montagne. C'est de là qu'ils tiraient sur nous. La fusillade a duré près de trente minutes avant l'intervention des force de l'ordre", a raconté un habitant. "Nous avons peur bien sûr. Comment n'aurait-on pas peur quand l'on voit que ces assaillants attaquent notre quartier en pleine journée. Même les policiers de la zone ont pris la fuite", a affirmé un autre habitant. Un employé administratif de la zone de Musaga a expliqué à l'AFP que le chef de zone était parti "tranquilliser la population qui a très peur". Par ailleurs, toujours selon la même dépêche, une personne a été blessée lors d'une embuscade tendue mardi matin par la rébellion contre un bus de transport en commun à Kamesa, à moins de 15 km du quartier Musaga. "Nous sommes tombés dans une embuscade des assaillants. Ils ont tiré sur nous, un des passagers a été blessé à la jambe et le chauffeur s'est arrêté. Ils nous ont pris de l'argent, ils ont pris mes chaussures", a raconté Sébastien Nyandui, arrivant en courant à Musaga pour chercher de l'aide. Selon lui, les agresseurs étaient environ cinquante. Vingt-six civils ont été tués dimanche et lundi lors de trois attaques différentes de la rébellion hutue, deux dans le sud du pays et une dans la province de Bujumbura-rural, autour de la capitale. Ces violences surviennent à quelques jours de la visite de Nelson Mandela, médiateur du processus de paix inter-burundais, attendu vendredi à Bujumbura. AFP Selon l'Associated Press (AP - 25 avril), l'Ouganda a retiré
quelque 2.000 hommes du territoire de la RDC après avoir
constaté une baisse des attaques menées depuis
l'est de ce pays par des rebelles ougandais des Forces démocratiques
alliées (ADF), a annoncé mardi le ministre ougandais
de la Défense, Stephen Kavuma. «Il ne s'agit
que d'un redéploiement de troupes, décidé
parce que la menace des ADF a fortement reculé»,
a expliqué M. Kavuma à l'Associated Press, précisant
que deux bataillons forts de 800 à 1.000 hommes chacun
s'étaient effectivement retirés de RDC. Il a ajouté
que ce «redéploiement» n'était
pas lié à l'accord de paix conclu en juillet dernier
à Lusaka, en Zambie, qui prévoit le retrait de
toutes armées étrangères présentes
en République démocratique du Congo. Selon le quotidien
gouvernemental ougandais New Vision, les quelque
2.000 soldats redéployés ont quitté samedi
les villes de Beni et Lume, dans le nord-est du Congo-Kinshasa.
L'ASADHO affirmait aujourd'hui que le pricipal groupe rebelle de RDC, le RCD-Goma terrorisait les civils et laissait dans son sillage les vestiges d'une politique de terre brûlée. L'organisation de défense des droits de la personne exprimait une préoccupation profonde par rapport à la resurgence de telles attaques et pointait du doigt le RCD-Goma commandité par le Rwanda. L'ASADHO affirme que les villageois de la province du Sud-Kivu
ont été la cible de «représailles
brutales» en guise de vengeance contre les actions des
partisans armées qui sont alliés au gouvernement
Kabila. Par ailleurs, l'ASADHO affirme dans ce même rapport
que le 16 avril des soldats rwandais ont mis le feu au village
d'Izege, forçant ainsi les habitants à se réfugier
dans la campagne environnante.
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