ETUDE D’UN TEXTE ARGUMENTATIF
SUJET TYPE 1
SERIES L, ES, S – ACADEMIE DE LYON
LE SUJET ;
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L’HOMME ET LA COULEUVRE
Un Homme vit une couleuvre :
"Mais que faut-il donc faire ? - Parler de loin, ou bien se taire." Les mots seraient-ils donc sans pouvoir contre la force ? Exposez votre point de vue dans un développement argumenté. |
LE CORRIGE.
I . Questions
Le serpent a recours lui aussi au champ lexical de la justice: " condamner " vers 15, " tranche-les ; ta justice " vers 20, " selon tes lois, condamne-moi " vers 21. Pour lui, il s’agit de feindre de s’en remettre à la justice des hommes. On pourrait résumer son discours ainsi : " Je reconnaîtrai ma culpabilité à condition qu’elle soit prouvée ". Remarquons les adjectifs possessifs " ta justice, tes lois " qui montrent la ruse du serpent qui entre dans cette parodie de justice engagée par l’homme pour mieux établir son innocence et sauver sa vie. L’appel à témoins qui va suivre permettra à La Fontaine de dénoncer l’arbitraire de la justice rendue par l’homme.
Ainsi, la vache rappelle dans les vers 35 à 38 qu’elle a nourri l’homme : " Je nourris celui-ci depuis longues années ", qu’en outre elle a permis de sauvegarder sa santé (vers 39 à 41) : " Même j'ai rétabli sa santé, que les ans /Avaient altérée ." et que pourtant, devenue vieille, elle est laissée à l’abandon et sans nourriture.
L’arbre rappelle également ses nombreux bienfaits dans les vers 68 à 72 : " refuge/Contre le chaud, la pluie, et la fureur des vents ; ornait les jardins et les champs ; les fruits ". Cette fois la contradiction est rendue explicite par un connecteur logique d’opposition: " cependant " (vers 72) et on retrouve le comportement ingrat de l’homme : " Un rustre l’abattait ".
Si ces deux argumentations sont très proches par leur construction, La Fontaine soucieux de varier les tons pour ne jamais ennuyer par la répétition, a souhaité qu’elles diffèrent par leurs tons.
Le discours de la vache est pathétique : le discours direct, les questions oratoires des vers 34 et 45/46, l’opposition entre la première personne " je " et la troisième " il, lui " ou encore les adjectifs possessifs " mon lait, mes enfants, mes peines " forcent notre compassion.
Le discours de l’arbre semble plus virulent que pathétique. La Fontaine le rapporte au discours indirect libre plus impersonnel que le discours direct et l’introduit par " Ce fut bien pis encore. " (vers 68) ce qui confirme la progression dans la mise en cause de l’homme. Le premier hémistiche du vers 73 dit bien par sa brièveté et par l’adjectif choisi la violence des propos de l’arbre : " Un rustre l’abattait ". Le " nous " qui généralise la portée de la critique confirme l’intention différente de La Fontaine qui après nous avoir attendri avec le discours de la vache, accuse ici l’homme en général.
II - TRAVAIL D'ECRITURE
Proposition de plan :
Ce sujet se prêtait bien à un plan thèse/antithèse mais il était possible de ne développer qu’un point de vue.