BIenvenue sur le site d'ouverture sur le monde
- Être, sous-entend et signifie être aimer ...
C'est la même chose ...
Émile Ajar -
Les mots pour le dire ...
21 Avril 2001


La sornette des amères hics

     Putain !! j'ai le sommet en bas de chez-moi. Je ne suis pas dans le périmètre mais tout proche et un escalier de fer conduit de la basse-ville à la haute ville en passant par le devant de ma porte.

     Les policiers sont soit fous ou débordés. Ils tirent comme des tarés sur des jeunes qui se vengent en leurs garochant tous ce qu'ils trouvent autour d'eux.

     Un vent de folie déferle sur mon paradis ! L'endroit ou je vis est une espèce de no mans land perché en haut de la falaise et y a personne d'autre que des promeneurs, ma chérie et moi qui passent dans cette rue qui ne fait que cinquante mêtres à tout casser.

     Depuis dix-neuf heures ce soir c'est la guerre. Ça tire de partout (gaz lacrymogène) autant par les forces de l'ordre que des manifestants. Y sont préparé en sacrament, y a trois groupes bien visible à leurs couleurs.

     Bien entendu ! j'ai pas résisté à la tentation de filmer ce merdier et suis sortit à minuit tout juste avant la charge de la brigade légère sur ces adolescents boutonneux bourré de testostérone et d'adrénaline des pieds à la tête.

     La force m'a dit de rentrer ! j'ai désobéi, après ça été le Vietnam, j'ai des images écoeurantes de tout ça. Un mur surement deux fois centenaire est mort décapité par les jeunes en mal de projectiles.

     Et une sacré chance qu'ils étaient là pour jouer au soccer avec les bombes qui tombaient tout autour de moi. Ça les faisaient marrer de voir que je ne voyait rien d'autre que ce qu'il y avait dans mon objectif.

     Mes enfants m'ont traiter de fou parce que je reste sur la ligne de feu heu !! pardon de gaz vu mon grand âge.

     3 heures et demi le matin !! Les hélicos tournent toujours au-dessus de moi, ma rue est bondée deux fois l'heure. Moi qui n'ait jamais vécu de guerres sinon celles intestines de style familliales, là je suis sur de ne jamais déménager à Beyrouth. Ça pète sans arrêt et ce vent de folie pue comme ça se peut pas.

     Les policiers refoulent les manifestants au bas de la côte d'Abraham et dix minutes plutard ils ressortent en haut d'on ne sait où !!

     C'est la première nuit ! une belle nuit ! un vendredi soir de fin de printemps où généralement on va se promener dans le vieux avec sa blonde.

     En lieu et place de ce conte de fée on a ici La sornette des amères Hics qui s'apprète à regarder notre culture sur le plateau d'argent dans lequel le chrétien l'a mise en offrande au vautour royal amères Hicains pour qu'il la débush, la sniffe à l'endoit à l'envers, la viole, l'encule et finalement la tue pour le bien de tous et faire de nous de bon petits amères Hicains, ce que nous somment déjà ...

À plus !!

Ésomagix -\}-…


20 Novembre 2000


Lettre ouverte à la petite ZLÉA

     Petite, tu reprends à ton compte le sigle vengeur, ZLÉA. Furtivement! Tu entraînes à ta suite, dans ta guérilla oedipienne, des marmots à leurs premiers poils, à leurs premiers désirs-délirs. Tu en es, toi aussi, à cet âge-là. Celui où on risque des cocktails de Bakounine avec un zeste de Céline. Le prétexte de vos jeux est la lutte au pouvoir à huis-clos, à la manipulation des politicards. Pour peu, tes compagnons en délinquance te fantasment comme une Louise Michel aux appâts revus, corrigés et convaincants. Ils tentent même, pour toi, de soigner l'orthographe, …en pure perte. Il s'y colle des S sur des adverbes et d'interminables mots à trois ou quatre syllabes-difficultés. Les L se dédoublent-ils? Les tempettes jouent de la trompête! Toi, petite égérie, tu écris en parfaits arrondis. Même tes mots en canettes puent le couvent des oiseaux, les Ursulines, Bellevue ou Jésus-Marie. Ta phrase est littéraire…

     Tu viens du beau monde! On fera une exception pour toi. Bienvenue dans la plèbe, jeune patricienne dévoyée! Du Chanel en tenue de camouflage! Oh, comme tu sais te dérober! Toi-même, tu ne t'aperçois pas clairement; tu t'occultes le désir d'éveiller ton père, ce traître, ce héros, cet inaccessible dormeur, qui dans le dernier épisode de cette aventure extraordinaire, viendra te récupérer au sens propre comme au sens figuré.

     Le week-end, c'est la nuit! Vengeurs, vous souillez l'édifice Lafayette récemment rénové. Pour dénoncer le règne (abject, dites-vous!) des administrateurs! Les badauds qui passent s'enferment dans leur rôle de badauds: réprobateurs, prêts à alimenter le fleuve des lignes ouvertes, pas du tout convaincus de vous comprendre ou d'y comprendre quelque chose. Ils ruminent, ils rumineront … contre vous; ils voterons pour le renforcement de la loi et de l'ordre. On leur fera accroire que l'idée vient d'eux; pour une fois qu'on donne l'impression de répondre à la volonté populaire! Toi, ZLEA, tu risques moins que rien, sinon l'humiliation d'être identifiée et prise … et récupérée. Tu risques moins que tes " mauvais compagnons" nés de personnes qui ne sont personne. Tu vivras l'espace d'un temps d'ivresse l'incarnation banlieusarde de Patricia Hearst. Tes copains, fils de badauds, seront condamnés à la liste noire, à la mort vivante, le parcours obligatoirement disciplinaire des mauvaises têtes. À moins qu'ils ne se recyclent dans la délation professionnelle.

     Plus tard, lorsqu'on t'aura fait "voyager" tu pourras passer, dans le cercle des familles qui comptent, pour une femme de caractère. Mais tes amants, pour la vie, seront des administrateurs. Au-delà de la culture de la nostalgie, tu croiras, Alice, avoir enfin découvert l'autre côté du miroir, de l'aventure, la grande révélation des chevaliers d'industrie. Les damoiseaux sans culture ni intention de culture, les tâcherons plébéiens, n'auront eu que l'indécence de carburer à ton parfum.

     Cette histoire me rappelle des anecdotes de naguère. Demandes-toi, ZLÉA, fils de qui j'étais!

Obélix…



14 Novembre 2000


Les ogres du trou de beigne

     Navré ! Contemporains sans mémoire, vous arrivez trop tard; vous avez connu cette ville sur le tard, comme une stricte utilité; vous en ignorez l'histoire, le caractère foncier. C'est tout autre chose que la propriété foncière !

     Faute de savoir-vivre, vous avez participé, passivement ou activement, au saccage sous divers prétextes modernistes. Compréhension unidimensionnelle ! Pas d'autre notification de mémoire que l'archive, l'acte notarié ou les statuts des cités et villes ! Vous n'auriez lu, si vous aviez lu les œuvres de Fréchette (Louis) et de Lemelin (Roger) qu'à la manière d'écrits de divertissement. Un tant soit peu de réussite, et, faute de vous installer sur les vieux podiums réservés de l'aire des Braves, vous avez installé vos pénates dans des paradis fiscaux banlieusards. Vous continuiez à vous imposer des aller-retours travail-maison, quitte, puisque la loi du rôle l'exige, à vous conserver un pied-à-terre à l'îlot St-Nicolas. Pour éviter les surcoûts, ne voulez-vous pas maintenant annexer les sites de vos expansions, à quelques exceptions paradoxales, des sites qui auraient pourtant pu depuis des décennies être tout bonnement et naturellement rattachés, ainsi que naguère Limoilou, à la cité-mère au fur et à mesure de l'élargissement du territoire urbain.

     Vous y allez maintenant d'un coup-de-force ! Vous êtes pour le mariage forcé ! Les Saules pleure encore de votre annexion sans dot et sans manières ! Limoilou se demande s'il n'est pas l'aut'ville; le Mesnil jalouse Ste-Foy; faute d'autres hauteurs, St-Roch rêve d'incarner la ville haute et le Vieux-Québec nous chie ses vieux clous en se réfugiant dans le patrimoine, autre dénomination d'une mémoire morte: la montre arrêtée au poignet de la victime d'un assasinat commercial.

     En banlieue, il n'y a plus personne pour se croiser sur la rue. On s'est réfugié en famille dans les gazebos de la cour. Les enfants, autistes nés, ne parlent et n'ont jamais parlé à personne, hors des hurlements de réclamations ou des échanges d'insignifiances avec des parents distraits et occupés, si occupés, d'une collection d'inepties de plastique. Une seule chose réunit encore ces familles-là : l'allergie épidermique à l'existence des autres, l'allergie profonde à la différence.

     Alors, les ogres, avec vos calculs financiers et politiques, vous ramenez tout ce beau monde, le temps d'un travail de concentration, de 8 à 5, au centre-ville. Malgré qu'ils n'ont pas encore fini de gâcher les proximités de leurs nids de banlieues. Avec vos immeubles nouvellement graffités, vous ramenez encore les institutions résiduelles déjà existantes dans le carré des nouvelles technologies. Vous êtes mille dans autant de villes en Amérique à faire semblablement. Vous rêvez d'argent pour acheter du plastique et de plastique pour multiplier "votre" argent. Sans mémoire, sans mémoire autre que mécanique, vous pouvez bien oublier les gens, eux-mêmes éradiqués de mémoire, et entasser toute l'absurdité du monde dans des "stades d'achat" à ciel ouvert.

     Gourmands, méditez cet adage d'Alphonse Allais : on devrait construire les villes à la campagne. Tout ça pour vous dire que vous n'avez jamais tenu en compte la ville sensible, la ville de la famille Plouffe, quantité toujours négligeable au vu et au su de vos éminentes qualités d'administrateurs, messieurs !

Obélix…



24 Octobre 2000

Ô ! Patience

Je cherche la patience… « Le Comment », vivre avec elle !

     Tous les jours elle est là et me nargue… Ce qu’elle veut en somme; est que j’abandonne et lâche prise avec elle !

Plus j’avance et grossis le centre de ma recherche plus elle grossit, - elle aussi. S’insinuant dans ma pensée animée de mille choses intéressantes, elle ralentit et obstrût les voies de communications. Elle veut me faire craquer à chaque fois …. dans le champignon cérébral, tout comme si la jouissance intellectuelle lui semblait infantile.

     Peut-être est-elle mon ennemie ? ou peut-être, a-t-elle? peur de moi ! Je suis trop vite et trop bien sans elle, ça c’est sùr. Elle veut me faire silence en m’attachant béate de servitudes incalculables, brisant ainsi le fruit de ma course.

     Je ne sais quoi faire avec elle !

     - Dès fois elle est mon amie et me sert fort utilement, fort savamment.. En cela je lui suis reconnaissante, elle est toute puissante ! - D’autre fois elle m’embarrasse et je perds un temps fou à cause d’elle. Là, elle me fait rage à l’intérieur j’ai le goût de lui botter le cul : - Fout le camps, débarrasse mon espace vital, j’ai pas besoin de toi !

     Comment faire pour qu’elle ne vienne, soit là, juste en ces moments importants où je l’invite en ma pensée et non ce - toujours là, me talonnant sans arrêt !

     Ô ! Lumière C’est peut-être ça - ce trop de perfection dont j’entoure mon esprit… Cela l’existe et l’innerve à l’extrême. Cela a du sens puisque je la sent partout à la fois, autour de moi, voulant à tout prix et tout le temps être mon amie !

     Ah si tu pouvais comprendre ce que j’écris là - « Patience », peut-être me laisserais-tu courir et danser dans ma tête de temps en temps…

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