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P@GICARE,
le site de l'ENVOL et de la PLUME, des LETTRES et des ARTS
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ICARE et la POESIE Est Pagicarien, absolument, parce qu'il faut être du bond, fondamentalement, tout élan vers la liberté, par tous les moyens, toute évasion, par-delà une réalité contraignante, oppressante, aliénante, vers une autre réalité, rêvée, à construire, à inventer, en devenir, osée. Audace et génie. Dynamisme et légèreté. Détermination et extatisme. Révolte et création. Pour créer des liens. Pour créer du sens . Le sens de la vie. Allier grâce, invention et générosité pour favoriser la communication et les échanges. PCB |
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Luc-Olivier d'Algange LA VICTOIRE DE CASTALIE
Maudites, les apparences ? Il fallait un jour en finir avec ce mensonge dont les conciles d'azur et d'or assistaient au péril de nos royaumes... Jadis, il m'en souvient, toute chose était dite en cet honneur. La Gloire, et les certitudes philologiques, l'empire et la tristesse des conquérants salutaires... Toute chose, oui, s'il m'en souvient, était ainsi dévouée à cette rive sablonneuse, toute chose en vain tout en bas de l'escalier de la nuit et des millénaires, toute chose évanouie dans l'illusion de l'heure dans cette flamme inextinguible sous le regard le plus clair, le coursier le plus blanc, telle cette Ode Olympique dont l'aube encore peuplée d'astres mystérieusement nous ôtait le sommeil. Et nous demeurions ainsi les yeux ouverts, nous demeurions immobiles, comme la descendante égorgée de l'ultime prodige sur les degrés du temple taurique - doucement elle feignit de s'endormir... Or, tout cela revint à ma mémoire comme une libation de la vive nature. Tout cela m'enjoignait à comprendre la joie et la douleur l'épreuve des enfers et la pieuse tristesse d'un jour pluvieux, l'automne... Car il était dit que nous devions douter de notre victoire, douter du Choeur et de cette saveur subtile de l'âme, alors même que la beauté en sa chantante terrestreïté, devisait avec la Mer et nos tempes ! Et nous rêvions alors d'un envol prodigieux, d'une race du libre ciel et de l'essor, car l'Ether, l'Ether toujours nous fut entre toutes, l'éblouissante promesse... Quelle légèreté alors nous saisissait dans le miroir argenté des feuilles d'olivier, et de quel promontoire auguste nous entendions la voile frémir et se défaire l'emprise des tristes générations ! Ainsi, la belle philosophie des hauteurs s'offrit à nous comme une jeune fille. Comme une nuit portée dans le sein du jour le plus vaste, notre âme s'éveillait à l'entendement divin,- car longtemps silencieuse elle fut, comme des forêts, des steppes dans le déclin crépusculaire d'invisibles civilisations... Longtemps elle ne fut qu'une ombre dans l'Hadès, une incertaine traversée de l'Ombre dans une Ombre... Longtemps elle ne fut qu'un murmure indistinct sur l'ardoise où agonise l'été Mais voici qu'à travers l'immanence de la joie l'immanence du Signe qui fulgure comme un diamant sur l'eau ensoleillée comme un feu clair dans le Jour le plus vaste, voici qu'advient la puissance nouvelle issue d'une avant-région encore sans nom, issue d'un nous-même dont nous ignorions l'existence et le sens, voici comme une brûlure, une folie, une parfaite constellation, la synthèse parfaite. Toute chose ne débute-t-elle point, strophe céleste, dans le prodige d'un voyage dans les Jardins de la Mer dont les roses tardives sont les plus douces légendes de l'Hellade rêvée ? Que l'illusion soit dans cette profondeur détruite ! Et qu'elle soit le recommencement. Tant d'errances dans les villes et les siècles en seront redimées, tant d'espérances exaucées, et le thème de l'ultime citation, en majesté concise dédiée à la patience du malheur dont le sens désormais nous sera vain ! Notre grâce était si légère dans notre combat contre Chronos que le ciel soudain fut envahi d'un turquoise d'une musique si belle que des larmes coulaient sur tes joues et les temps passés refleurissaient et se mariaient à ces ombres si délicates que le ciel nous dispensait comme si dans le décret de cette heure fière tout devait nous être donné et au-delà, car telle était la récompense de notre fuite amoureuse... Plaignons un instant ceux qui sont resté en arrière et oublions, sous l'arc immense du dernier jour du monde tous les déchirements seront des retrouvailles et songes, fumées, seront toutes les misères humaines. C'est pourquoi, en cet instant qui nous emporte en ce vaisseau qui nous éloigne de ce que nous étions en cette seconde salvatrice, cet élan vers l'Ether où nulle ombre défunte ne sourit, j'ai osé refuser le sens de la lignée,- et volent les fragments célestes dans l'urgence du Chant ! Et gloire à Eros qui donna le diapason à ces mélodies !
Mon histoire est l'histoire du monde, ma mémoire est au-delà de moi. J'ai souvenance de plus vastes empires dans l'aube inconnue et le destin des couleurs s'unissait à mon chagrin de voir disparaître la patiente et lente science des nuages empourprés dont les métamorphoses en dehors de moi-même semblaient en vérité n'être plus que l'inexplicable adoration de l'émoi le plus secret, de l'émoi le plus intime et dont jamais, jamais je n'eusse deviné, ni espéré qu'un jour il fût ainsi offert à la théâtralité et l'évidence infinie du Ciel, véritable patrie... Oui, je bénissais cette heure, ce firmament, ce chant et la plus profonde pensée qui jamais ne s'achève et chante en moi sans cesse le regain de la puissance de l'invisible et sainte puissance des mots dont j'ignorais alors qu'ils viendraient une aube au devant de la plénitude... Car en ces temps-là j'ignorais l'unisson et la différence, j'ignorais l'histoire et même les voiles blanches des rituels,- ceux là mêmes que nous allions inventer en notre occidentale conjuration de l'Etoile Polaire, notre société secrète des pensées et des transparences... En ces temps-là, oui, j'ignorais tout, car les dieux ne m'avaient pas encore gratifié de splendeur. Tout n'était que pressentiment... Que personne jugeant cette douleur de l'être où je subsistais n'en vienne à dire le naufrage et la mélancolie car elles sont encore des récompenses destinées aux grandes audaces consacrées du lointain. Que nul ne vienne s'approprier cette déréliction qui fut la mienne et ce combat absurde où périssent les plus beaux dialogues ! Le Ciel s'abreuve à l'incertitude qui me hante. Le Ciel connaît le sens de ces batailles et de ces bannières dont je parlais jadis en d'autres poèmes orageux. Ce que j'aime est d'une plus imprévisible douceur. Tout ce que j'aime est dans cette fidélité à l'Instant source crée et incréée des millénaires qui dorment dans mes phrases et que ton souffle éveille dans la consolante aube sororale, Ides perdues et retrouvées.
Ma mémoire est un ciel d'été. Elle est dans le bleu et la chair ensoleillée de l'amante cette éternité conquise à jamais, dans la délicatesse des ombres et des baisers dans la clarté de vitrail de la seconde magicienne. ... Et les feuilles furent légères dans l'obscur abri du crépuscule. C'était un labyrinthe où je découvrais le Sel et la Somme du Dieu sans nom. Quelle pure pensée alors nous éblouissait dont nous entendions la voix sur les rochers , Quelle silencieuse et limpide fureur nous saisissait et nous arrachait au pouvoir de la douleur comme une sentence marine. Fils du Ciel et du soleil, l'audace était notre devise. Elle devançait nos rires sur l'abîme et l'océan ardent et cette joie d'être à soi-même la proie du plus secret désir des apparences, de plus secret désir des transparences... Cette ivresse était sans égale. Devant les portes consacrées et les forêts de l'aube pâle, devinant le sens des cendres et des empreintes, nous devancions le cri et l'enfer, et de larges voiles se faisaient accueillantes à notre ferveur. De larges voiles comme des Anges, de larges voiles sous un ciel plus sombre que la Mer...
Que la limpidité soit le Mystère, et l'allusion, cette transparence offerte aux sens, à la sagesse cardinale du désir qui sait que toute chose donnée par amour est inépuisable dans le Sens et dans la profondeur des cieux et de la nuit... Se peut-il que l'ignorance domine au point de laisser déroutées et hostiles des âmes humaines à l'approche du chant mystérieux ? Que le souvenir du saphir des mers les plus lointaines vienne à notre secours - et la fraîcheur et les embruns,- pour dire que jamais le Sens n'est obscur car la ténèbre toujours est dans le coeur délaissé des hommes... Que le souvenir du scintillement du Sel alchimique vole à notre secours pour dire que jamais le Sens n'est interdit sinon par timidité ou paresse humaine. Le Chant du poète est la Gloire retrouvée, sa patience infinie, retrouvée, son image divine, retrouvée, son audace, retrouvée, et cette immense puissance bienheureuse, ce soleil somptueux, retrouvé dans le coeur et l'être que nous sommes de toute éternité, dans la présence.
Toute chose dérive d'une source unique, et mes pensées et mes rêves... Comment ne pas voir que nos rencontres étaient écrites dans les registres de la lumière ? L'amour de notre belle trinité amoureuse nous sauvait de l'insignifiance, de l'insensibilité et de l'Insensé dont l'otage était le monde. Notre rencontre fut l'eau castalienne pour notre soif que seule comble une soif nouvelle... Elle fut le rêve silencieux, le rêve dont la profonde et douce et calme lumière lavande abreuve l'âme et l'esprit tandis que le corps exulte entre tes bras. Elle fut ces larmes de bonheur dans tes yeux. L'Etre cependant fulgure dans la mathématique des transparences. l'Etre, dont l'exactitude s'émeut des plus lointaines litanies dont l'adoration dore le front d'un Christ Vainqueur... L'Etre qui n'est point le Tout, exige le divin qui le fonde,- de même que la raison oublieuse du Verbe n'est plus qu'une pitoyable superstition. Ainsi, il m'en souvient, d'amples considérations déployaient leurs arcs au-dessus de nos têtes... Telle fut pour nous l'interprétation infinie du monde cette impétuosité du Sens ailé cette conflagration céleste et silencieuse en nous dont l'oeuvre s'attardait en notre souvenir, avec la solennité acquise de l'assouvissement et de la pensée, qui transparaît, de la pensée advenue dans la trace comme une promesse d'accomplissement... Telle fut pour nous la Saison divine la Saison de l'heure adonnée au rivage d'une plus haute légitimité, la Saison amoureusement éperdue sous le triomphe multicolore des Anges. Telle fut pour nous l'Anadyomène éternellement surgie des eaux pour nous ceindre de sa clarté et de sa fougueuse juvénilité... Ainsi débutait l'épopée heureuse de la Sagesse, l'aventure hauturière sous le Signe de la Conjuration de l'Etoile Polaire. C'était un éloge de la vie et des plus hauts reflets de la vie, un éloge des temporalités secrètes en nous dont l'aube et le crépuscule divulguaient les splendeurs... Bénies étaient les apparences dans le ciel d'été de ma mémoire. La métaphysique du Jour stylisait nos gestes en perfection. Sous le ciel ordonné notre destin était un empire, et la beauté devineresse... Pourquoi vivre dans la banale confusion alors que la métaphysique du Jour précisait le site de nos envols écartant de nous les malentendus et les équivoques,- et nous offrant la désinvolture de surcroît . Celui qui parle au vif de l'instant sauve ce qui est dit et ce qui n'est point dit, en un seul geste dans la subtile justice de la métaphysique du Jour.
Qu'elles osent l'azur attique de la pure pensée... Qu'elles y reviennent, avec leurs danses comme dans un temple d'enfantement: ce furent les germinations de la Saison divine. Il fallait bien que nous fussions vengés de connaître ce premier don cette première cadence véhémente dont la limite était un front de lumière. Il fallait bien que nous eussions secoué le poids des attentes vaines, oublieuses, pour que sans armes visibles l'on nous jugeât dignes d'accéder aux présages,- ce serait, disaient les devineresses, ce serait sur une autre terre et sous un autre ciel... Ecumes, Muses, printemps, vertus, vols dans l'aube éternelle. Ecoutez cette rumeur de mes jours, comme des ondes... Telle fut pour nous la Saison divine, en ce septentrion léger d'une traversée, d'une saveur, soudain, prés des fontaines de Thèbes là où la pureté ressemble à tes chevilles fines... Telle fut pour nous le belle espérance romaine, la folie solaire dans le cercle de plus en plus vaste dont elle honore la beauté sonore. Offertes nous furent tant de richesses inconnues, tant de vigueurs. Les Cités étaient lentes sous nos regards et nous connaissions le signe de la justice infinie et le trident marin. Qu'elle fût touchée, par la mystérieuse parabole des reflets qu'elle fût nommée, je devinais cette éblouissante théurgie... Son nom s'éveillait à l'angle des apparences, dans la ligne brisée de la transparence, entre l'ordre du monde et son abîme, entre le rêve et le sommeil... Là, je pressentais une feuille frémissante et le royal accord de nos contrées et de nos âmes.
Au bord de cette Mer, le sable est la blonde pensée des dieux... Infinie si l'on songe et salvatrice et mortelle si l'on compte. En ces temps-là, nous nous laissions griser par les scintillements de l'eau et de la lumière. Le crépuscule était une immense promesse. Notre allégresse précédait les évènements du récit. Notre âme était forte de sa vision et notre compréhension de la bataille. Quel souvenir de ciel austral étendait alors ses ailes sur nos refuges, nos ancêtres ? Et de quel autre souvenir cette âme humaine fut détruite ? Etait-ce d'un seul refus la croyance cruelle ou bien dans l'exactitude d'un compas géant la rosace d'un univers dont les architectes seraient la nécessité et le hasard ? Pieux mensonge ! Toute chose dément cette triste habitude et même notre honte à nous y résigner et notre nostalgie d'une certitude plus haute et la branche de laurier dans l'azur profond et l'immobilité vibrante de la pierre: toute chose dément... Toute chose devine et j'en détiens la connaissance mélodieuse.
Mais nous connûmes aussi de sombres clameurs, les déchirements, le soliloque de l'effroi... Instants irrespirables, haines, mélancolies, à l'intérieur de ces ténèbres en tentation où toute chose ressemble à une confuse prostitution, à une misère machinale, sous les affreuses évaluations du Règne de la Quantité... Les temps modernes avaient cette allure qui ne pardonne et quand bien même nous n'eussions rien connus d'autre l'imperfection était visible spectre visible outrance banale où toute chose n'est qu'un autel de la vengeance, une idole du ressentiment. Fuir ! C'était la seule éclatante destinée ! Aller vers les cieux verts et les feuilles brillantes et les chevaleries irréelles d'une gloire oubliée... Fuir cet inavouable rétablissement de Chronos et cette triste et banale barbarie... Ainsi notre sillage inventait une subtile civilisation de lueurs et de caresses entre nos regards et nos corps ainsi l'instant méditait en nous la victoire de cette exquise énigme bleuïssante qui portait en nous ce nom de la Conjuration de l'Etoile polaire. L'Instant dont jadis nous écrivîmes le Sacre portait en nous ce nom qui nous unissait, ce nom qui nous destinait aux plus vertigineuses et calmes ivresses, Isis voilée et dévoilée...
Et que de monstres frappés d'inconsistance ! Que de belles victoires sur le front du resplendissement, la large absence farouche de quelle vie antérieure ! Etait-ce un zénith moins pur, un bec d'azur dans la présence majeure ? Notre audace devenait pensive et Sphinx dans le péril... Et dans le grand théâtre des châtaigniers dans l'ample dramaturgie de ces phrases, nous inventions le tourment délicieux d'une liberté injustifiable... Le Soir évanouïssait en nous un trône transfiguré par les nombres somptueux de la Mer. Et pourtant de ces folies il ne resta que la haute abstraction du Ciel, et la louange angélique. Car nous savions que la souffrance, en vérité, était une fausse nudité de l'être, et Virgile riait avec ses épreuves claires dans ce jour pluvieux que nous traversions sans y croire dans cet effondrement du monde que nous subissions sans y croire, sombres clameurs, déchirements, soliloques de l'effroi... Pieux mensonges ! Il était dit que nous ne nous laisserions point encombrer de ces écorces mortes... La messagère était trop belle en sa présence perpétuelle, la séduction de sa bouche et de sa hanche, car l'éternité est dans cette heure qui ressemble à la grande distance du bonheur et du malheur telle qu'elle nous touche dans le silence de notre enfance dans ce silence d'aigue-marine qui prédit à notre première espérance le ciel nocturne et pur où chante l'écume prodigieuse des astres...
Vous qui étiez de la jeunesse perdue l'éloge et le conseil, cette mémoire dont l'accueil eût tari mes paroles vous seules, vêtues de l'Aube profonde comme la contemplation, n'ai-je aimé que votre réalité passive ? Quel esseulement et quelle fierté navrée se courbait sous la funèbre incertitude... Vous étiez, il m'en souvient, douce de lassitude apprise avant que ne surgisse l'autre merveille ! Un char brillant hors de la brume vous regardait et vous n'osiez dire, vous n'osiez acclamer cette étincelante finitude... Jadis l'Inanimé effarouchait l'Esprit,- mais notre course fut plus rapide ! Plutôt que l'ombre, c'était la vie, la cathédrale sonore de notre amour !
Vous qui étiez le soleil d'hiver, l'humeur tragique, la précipitation des illustres blancheurs, des ancêtres et des alliances, de ce flot assombri que d'autres que moi choisirent ! Tout cela me fut-il autre chose qu'une capricieuse beauté à moins que l'encre et le sang n'eussent le même emblème ? Et quelle excellence nous bénissait quelles allégories ? Où donc débutait ce monde qui nous abandonnait ainsi sans remord ? Où donc débutait l'enfance de cette jeunesse sans nom, où donc le vain repos ? Où donc le fanatisme des mers ingouvernables, les gestes d'Ossian ? Tout doit-il encore une fois retourner dans la nuit ? Devons-nous, une fois encore, nous perdre dans ce face-à-face ?
O vous qui étiez l'éternité immanente, le message et le témoignage du sommeil et des yeux ouverts dans le sommeil ? Vous qui étiez la réprimande et la tragédie,- aujourd'hui notre conjuration nous éloigne de vous car nous sommes l'instant, le miroir, où brille l'éclat du dieu dorique de la lumière...
Et de ce Songe que fut le monde en son bonheur, et de ce Songe singulier comme un voeu exaucé avant toute formulation, nous étions les devins de même que nous fûmes princes pour nos amantes... Alors les constructions florales de l'été rayonnaient dans l'intemporel... Le Songe gardait en lui ces légendes comme des semences et nos mains dansaient dans les mosaïques de l'air comme des voyelles, des oiseaux dont l'extrême courtoisie céleste s'emparait de nos erreurs passées... Car tout cela était déjà loin de nous dans cette extrême proximité où toute chose brûle dans la distance infinie de l'immédiat. Ainsi, nous exercions notre raison à comprendre l'euphorie, l'eau tranquille, et cet éros cosmogonique dont les apparences dévoilaient la corolle... C'étaient des images sauvées, un orient où l'illusion s'abandonnait au ravissement du Jour et la maxime de l'Instant nous éblouissait... Et de ce Songe que fut le monde en son bonheur, l'équilibre fut l'atteinte du Jeu, sa figure de splendeur surgie dans l'audace souveraine d'une ronce, ultime logique d'une histoire sainte encore inconnue... Ce Songe, en vérité, hantait le signe du dauphin, scintillante perfection volant dans le bleu du ciel et de la mer
Les dieux seuls connaissent les rougeoyantes feuilles du Songe cette immense Atlantide abandonnée à l'emphase de la destruction. Mais qui donc disait: " La destruction est un rêve"- quel échos de nos propres paroles dans la lente connaissance de soi-même où tout commence et recommence. Et nul ne saurait en contester la classique pudeur ! Les dieux seuls connaissent l'automne du Songe, Les dieux seuls peuvent parler de destruction et de fin d'achèvement et de disparition. Aux hommes qui ne vivent qu'un instant, qu'un battement de paupière il est prescrit de connaître l'éternité vivante, la présence auguste d'Atlantis, sa beauté, dans la seconde qui nous ravit. Toute notre existence est dans cette certitude parcourue de pluies et de clartés, dans cette certitude dont le cours, l'embouchure et la source témoignent de l'illimitée prière du désir et ses métamorphoses dont l'ultime ivresse me rédime. O sainte simplicité du message,- ce que je veux dire s'éveille dans la légèreté: les dieux seuls connaissent la mort parfois. Le pur espace est le deuil où le semblable va à la rencontre du semblable... Mais autour de nous et du monde ce sont d'éternelles tragédies et les paroles du bonheur et le sens dont l'ardeur nous unit dans l'interprétation infinie de la naissance de l'être... Que peuvent les dieux contre notre ignorance altérée, contre la recherche infinie qui nous porte au-devant des empires de la terre et du ciel de la mer et du feu. Les dieux seuls connaissent le crépuscule. A nous l'aube fleurie où la frémissante attente s'accorde à l'accomplissement des gestes, à l'éclairement du monde sous les savantes caresses et les baisers qui s'attardent en ces belles impudeurs de chevelures et de lèvres,- et l'aube du visage humain reconnait l'éternité qui le songe dans un tumulte ondoyant
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2000 - 2002 etc.©Luc-Olivier
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