LA FICHE DE PAYE
SOMMAIRE
Mentions obligatoires
Modèle de fiche de paye et explications
Quelques Questions - Réponses |
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Le bulletin de paye est un
instrument de première importance pour le salarié
puisque c'est un instrument d'information mais aussi de vérification
par rapport à sa situation dans l'entreprise mais aussi
un instrument de justification de ses droits vis-à-vis
des caisses de sécurité sociale ou des Assedic
lui permettant de justigier ses revenus, tant pour les impôts
que pour un éventuel bailleur ou une agence immobilière.
C'est aussi le moyen de connaître la convention collective
applicable au salarié, et une pièce à conviction
qui déterminera sa place dans la hiérarchie et
le poste qui lui est confié. |
Mentions obligatoires
Le contenu du bulletin de paye
est indiqué avec la plus grande minutie par l'article
R.143-2 du Code du Travail. La dernière mouture de cet
article date d'un décret du 28 janvier 2000.
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Les coordonnées de l'employeur
et de l'établissement dont dépend le salarié, |
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L'URSSAF dont il dépend,
son numéro d'identité
en tant qu'entreprise qui comporte un numéro
dit "SIREN"(ou
SIRET si ce n'est qu'un établissement) et un code "NAF" très important car
il indique l'activité de l'entreprise et donne un indice
quant à la convention collective applicable, |
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La convention collective
s'il y en a une ou, s'il n'y en a pas, les articles du code du
travail qui vous permettent de connaître vos droits à
congés payés et à préavis, |
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Votre nom, votre emploi et, si vous relevez d'une
convention collective, votre position
dans la classification désignée par
1 niveau ou 1 coefficient, ou les 2 (ça dépend
de la convention), |
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La période et le nombre d'heures de travail auxquels
se rapporte le salaire, en mentionnant, s'il y a lieu, le nombre d'heures payées au taux normal
et le nombre d'heures supplémentaires avec
le taux de leur majoration (+ 25 %, + 50 %), |
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La nature et le montant de ce qu'on appelle "
les accessoires de salaires
" (primes, avantages en nature), à condition qu'ils
supportent les cotisations de sécurité sociale, |
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Le montant de la rémunération brute, |
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La CSG et la CRDS
que l'on soustrait de votre salaire. On les mentionne à
part car on les réintégrera dans le net imposable, |
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La nature et le montant des cotisations
salariales, |
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La nature et le montant des éventuelles
autres retenues sur salaire. Il peut s'agir d'un acompte
qu'on vous a déjà versé, d'une saisie-arrêt
sur salaire, du remboursement d'un prêt de l'entreprise,
de votre quote-part sur les titres-restaurants, |
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La nature et le montant des éventuelles
sommes s'ajoutant au salaire mais ne supportant pas
les cotisations (essentiellement, les remboursements de frais), |
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Le net à payer, |
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La date du paiement, |
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Si vous avez pris des vacances sur cette période, la date des congés et l'indemnité correspondante, |
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Enfin, en caractères très
apparents, une mention
vous incitant à conserver votre
bulletin de paye sans limitation de durée. |
Mentions prohibées
Après les 15
mentions obligatoires, l'article R.143-2 rajoute, au contraire,
2 mentions prohibées : |
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L'employeur n'a pas le droit d'indiquer les heures
de grève, ni les heures
de délégation des représentants du personnel.
Il doit les porter sur une fiche à part. Cette disposition
a été mise au point compte tenu du fait que les
bulletins de paye sont présentés à toutes
sortes de tiers (organismes sociaux, commerçants...) et
que cela pourrait nuire aux intéressés qu'on sache
qu'il ont fait grève ou exercé des mandats syndicaux. |
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Modèle de fiche
de paye
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1/ Période
Période à laquelle se rapporte le
bulletin de paye. Ce n'est pas forcément un mois civil,
bien qu'il s'agisse de la majorité des cas. En cas de
départ de l'entreprise, il est également possible
qu'un bulletin de paye, incluant le préavis non exécuté,
se rapporte à plusieurs mois. |
2/ Case Employeur
On indique le nom de l'employeur (Société
X, Etablissements Y, Monsieur Z...), son numéro unique
d'immatriculation sous lequel il verse les cotisations URSSAF
et la convention collective couvrant la branche professionnelle
de l'activité principale. Si l'employeur s'est trompé
de convention et que cela vous arrange de revendiquer celle qu'il
a inscrite, vous le pouvez. Si, au contraire, c'est celle dont
il relève vraiment (mais qu'il n'a pas mentionnée)
qui vous avantage, vous pouvez exiger l'application de la bonne
convention. |
3/ Case Salarié
On indique votre nom et votre prénom.
On inscrit également votre numéro de sécurité
sociale (très important, car la caisse d'assurance
vieillesse ne vous connaît que vous cet identifiant).
Enfin, on mentionne votre emploi (dénomination
courante de votre poste de telle sorte que vous vous y reconnaissiez)
et votre coefficient tel qu'il ressort de la convention
collective. Si c'est faux, vous pouvez toujours faire rectifier
: les erreurs ne se retournent jamais que contre l'employeur,
qu'on se le dise ! |
4/ Case Salaire
C'est là qu'on porte votre salaire
mensuel brut (salaire avant cotisations). On indique la base
de calcul, c'est-à-dire le nombre d'heures,
pour la plupart des salariés, sauf pour les cadres à
mission pour lesquels, en vertu d'un accord d'entreprise, on
calcule en jours.
On rajoute, s'il y a lieu, les heures supplémentaires.
Outre le salaire de base, on rajoute dans cette case, toutes
les sommes supplémentaires ayant le caractère
de salaire. Ici, il y a une indemnité différentielle
destinée à maintenir le niveau du salaire après
le passage à 35 heures et une prime d'ancienneté.
Il pourrait aussi bien s'y trouver une prime d'assiduité,
de salissure, de panier... |
5/ Case Cotisations
Désormais, seules les retenues salariales
sont obligatoires sur le bulletin de salaire. Mais, comme
pendant 12 ans, il a été obligatoire d'y mettre
les cotisations patronales, la plupart des logiciels continuent
d'éditer des bulletins avec des charges patronales. Comme
on peut le voir, certaines lignes sont remplies uniquement dans
la colonne patronale, nous les négligerons pour nous centrer
sur les retenues salariales. Nous avons situé ce bulletin
au 30 juin. Il faut savoir que les taux changent assez souvent
et même quelquefois, les bases de calcul (en langage codé,
on parle d' " assiette de cotisations "). Mais
une fois qu'on a compris le principe, si ce n'est qu'une question
de taux, on peut toujours se renseigner auprès du service
du personnel.
Sur ce modèle, on a distingué la cotisation
d'assurance maladie (0,75 %) et la cotisation d'assurance
veuvage (0,10 %). Il arrive qu'on les globalise et qu'on
indique " Sécu " : 0,85 %.
Ces 2 cotisations sont prises sur la totalité du salaire
brut, salaire de base + accessoires de salaires.
L'assurance vieillesse (retraite sécu) est prise
sur le salaire réel, dans la limite du plafond (on dit
encore sur la tranche A). Dans ce modèle, le salarié
touche au total 12 326,29 F (ou 1 879,13 E) : il est donc en
dessous du plafond. Sa cotisation d'assurance vieillesse sera
donc prise sur son salaire total. S'il avait été
payé au-delà du plafond (pour 2001, 14 950 F soit
2 282 E), la cotisation aurait été prélevée
sur le plafond, pas un sou de plus.
L'assurance chômage est prélevée au
taux de 2,1 % pour la tranche A (donc ici, sur la totalité
du salaire) et au taux de 2,6 % (redescendu à 2,1 à
compter du 1er juillet 2001) sur la tranche B (qiu part du plafon
jusqu'à 4 fois le plafond). Ici, il n'y en a pas. Ces
taux incluent l'Assurance Garantie des Salaires (AGS) qui vous
couvrent en cas de faillite.
L'assurance retraite complémentaire se monte à
0,80 % sur la tranche A et à 0,90 % sur la tranche B.
La retraite complémentaire se distingue par un système
à part. Ce serait trop simple s'il n'y avait que la tranche
A et la tranche B : l'ARRCO (Association des Régimes de
Retraite COmplémentaire) a déterminé, au-delà
de la tranche A, une autre tranche (appelons-là B') qui
va du plafond jusqu'à 3 fois (et non plus 4) le plafond
de la sécurité sociale.
Il est possible de trouver des cotisations à une caisse
de prévoyance dans les entreprises où c'est obligatoire
par accord collectif.
Enfin, la CSG et la CRDS. Ces 2 cotisations sont
prélevées (faisons simple) sur 95 % du salaire
brut (primes et autres avantages comprises). La CRDS n'est pas
déductible de la base imposable. Quant à la CSG,
elle est divisée en 2 parties, la plus grande (5,10) est
déductible, la plus petite (2,40) ne l'est pas.
La case cotisation se termine, une fois soustraites les charges
sociales, par la détermination du salaire net. |
6/ Autres données
Ce n'est pas parce qu'on connaît le
salaire net, qu'on connaît enfin le net à payer.
Il peut y avoir des sommes non soumises à charges sociales,
à soustraire ou à rajouter.
A rajouter : les remboursements
de frais professionnels et, en région parisienne, le remboursement
de la moitié de la carte orange.
A soustraire : quote-part
des titres restaurants (selon les entreprises, 40 ou 50 % de
la valeur des titres), cotisation à la mutuelle, un acompte
qui vous aurait déjà été versé,
avantages en nature déjà perçus et qui ont
été évalués en haut du bulletin,
pour les cotisations.
Après ces additions et ces soustractions, on obtient
enfin le net à payer.
Autre case, le net imposable : ce n'est pas une mention
obligatoire mais il est d'usage de l'indiquer. C'est l'addition
du salaire net et de la CSG/CRDS non déductible.
Enfin, il est fréquent que vous trouviez une case congés
et repos où l'on récapitule les congés que
vous avez acquis, ceux que vous avez déjà pris,
et ceux qui vous restent à prendre. De même pour
les jours RTT ou les repos compensateurs. |
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Questions - Réponses
" J'ai demandé
en juillet une avance sur mon 13ème mois. Ils me l'ont
donnée. J'ai quitté ensuite l'entreprise en septembre
et ils ont tout récupéré. Pouvais-je exiger
un échelonnement " ?
Vous auriez en effet pu
le faire. Le code du travail limite les possibilités de
prélèvement sur le salaire. Selon l'article L 144-2,
l'employeur ne peut se rembourser des avances qu'il a faites
que par des retenues ne dépassant pas un dixième
de la rémunération. Autrement dit, si vous avez
un salaire net de 9 000 F (soit 1 374 E), il ne pourra se rembourser
que par des retenues successives de 900 F (ou 137,40 E). |
" On a rajouté
des avantages " repas " à mon salaire de base,
avant de les retirer en bas de ma fiche de paye. Qu'est ce que
ça signifie " ?
Vous avez dû bénéficier de repas directement
pris en charge par votre employeur. Il s'agit donc d'avantages
en nature pour lesquels vous devez cotiser.
On évalue ces repas selon les valeurs forfaitaires déterminées
chaque année au 1er juillet par la sécurité
sociale, en fonction du minimum garanti fixé par arrêté
en même temps que le SMIC. On porte la somme obtenue dans
la colonne des sommes soumises à cotisations, après
le salaire de base, et les primes s'il y en a, et on calcule
les cotisations. Mais cette somme n'est qu'une évaluation
abstraite d'un avantage concret dont vous avez déjà
bénéficié sous forme de repas. Une fois
qu'on a calculé les cotisations, on retire donc cette
évaluation du salaire net afin de déterminer le
net à payer (on ne va quand même pas vous l'offrir
2 fois, ce repas...). |
" Ma fiche de paye
mentionne la convention collective des Services de l'Automobile.
Où puis-je me la procurer " ?
En principe, votre employeur doit la tenir à votre disposition
et avoir affiché dans l'entreprise où vous pouvez
la consulter.
S'il ne l'a pas fait, vous pouvez, d'abord protester et la lui
réclamer, ensuite, lui demander, au moins, le numéro
de brochure aux Journaux Officiels. En effet, les Journaux Officiels
éditent les conventions collectives en les numérotant.
Le numéro de la brochure n'a rien à voir avec le
code NAF, c'est une numérotation propre aux JO. Il existe
également des solutions Minitel ou Internet.
La brochure de la convention collective des services de l'automobile
porte le numéro 3034. Vous pouvez l'acheter 142 F (soit
21,65 E) à la Direction des Journaux Officiels, 26 rue
Desaix, 75727 PARIS CEDEX 15. |
" Depuis que nous
sommes passés aux 35 heures, nos bulletins de paye indiquent
un nombre mensuel d'heures de 151,67. Comment a-t-on obtenu ce
chiffre " ?
C'est tout bête : on a pris le chiffre de 35 heures, on
l'a multiplié par 52 semaines et on l'a divisé
par 12 mois. On aurait pratiquement obtenu le même chiffre
en multipliant 35 par 4,333 (52/12). |
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